Basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien (Nantes)


Basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien (Nantes)
Basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien
La façade de la basilique, avec devant une statue équestre de Jeanne d'Arc signée Charles-Auguste Lebourg (1829-1906)
La façade de la basilique, avec devant une statue équestre de Jeanne d'Arc signée Charles-Auguste Lebourg (1829-1906)
Présentation
Culte catholique romain
Type basilique
Rattaché à diocèse de Nantes
Début de la construction 1872
Fin des travaux 1889
Architecte(s) Émile Perrin
Style(s) dominant(s) néogothique primitif
Protection  Inscrit MH (1984, chapelle du cimetière)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Ville Nantes
Coordonnées 47° 13′ 45″ N 1° 32′ 33″ W / 47.2292588, -1.542441847° 13′ 45″ Nord
       1° 32′ 33″ Ouest
/ 47.2292588, -1.5424418
  

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Basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien

La basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien de Nantes est une basilique française située dans le centre-ville de Nantes. Elle est l'une des deux basiliques de Nantes, avec la basilique Saint-Nicolas.

Datant du XIXe siècle, elle est dédiée à saint Donatien de Nantes et à son frère saint Rogatien, premiers chrétiens nantais, martyrisés dans la ville à la fin du IIIe siècle. Outre la basilique, le site est également composé d'un cimetière et d'une chapelle, protégée au titre des monuments historiques[1].

Sommaire

Historique

Selon la tradition, l'édifice s'élèverait à l'emplacement de la villa gallo-romaine où résidaient les parents de Donatien et Rogatien, les enfants nantais. Après le martyr de ces derniers, le 24 mai 304 (selon la date de leur fête), leurs corps furent enveloppés de suaires et inhumés au sein de la propriété familiale, dans une nécropole païenne qui devait accueillir leurs deux cercueils de bois placés dans une fosse creusée près du dépôt d'urnes funéraires. L'emplacement exact de leur sépulture est aujourd'hui signalé par une plaque de marbre placée dans la crypte de la basilique.

La promulgation de l'édit de Constantin, neuf ans plus tard, verra se développer un culte autour des corps des deux frères qui furent placés, 21 ans après leur mort, dans un sarcophage en marbre gris des Pyrénées, mesurant 2,25 mètres de long et 75 centimètres de large. Les reliques attirèrent alors des pèlerins, nécessitant la création d'une « Garde d'honneur » constituée des moines de Saint-Martin.

À la fin du Ve siècle fut érigée une première église qui, d'après les fouilles réalisées, était constituée d'un rectangle de 30 mètres de long sur 10 mètres de large, complété par une travée plus étroite et une abside en cul-de-four. À son chevet, l'édifice avait une abside circulaire de 4 mètres de long sur 5 mètres de large. Un mur semi-circulaire du chœur fait retour aux deux extrémités, laissant un passage d'ouverture ultérieurement clos par un muret de briques. C'est cette abside qui renfermait le tombeau, dont l'orientation, du sud-ouest au nord-est, commandait l'ensemble de l'édifice. Sur le flanc sud, un réduit servait de sacristie.

Sur ordre de Charlemagne, la garde d'honneur fut remplacée par des Bénédictins, l'empereur demandant à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons de fonder un monastère où s'installèrent les moines en 787. Puis les invasions normandes détruiront le premier édifice qui, une fois la paix revenue, laissera place à une nouvelle église vers l'an 980. Cependant, selon Dubuisson-Aubenay, des vestiges du sanctuaire primitif existaient encore au XVIIe siècle.

À partir du 16 mars 1739, date de pose de la première pierre, la façade et le clocher sont reconstruits. Sommée d'une courbe, la façade est dominée en arrière par un campanile carré, couvert d'ardoises. L'ensemble architectural disparaît néanmoins en grande partie pendant la Révolution. En effet, l'église fut transformée en hôpital provisoire, puis vendue comme bien national. La nef et l'abside seront alors rasées par les frères Louis et Mathurin Peccot (tous les deux architectes) en 1798 : seules la façade et l'église sont conservées. Les parties manquantes sont reconstruites à partir de 1804, donnant naissance à une église plus vaste de forme cruciforme, consacrée par Mgr Duvoisin, le 28 mars 1806. Surmonté d'une flèche pointue, on ajoute un transept, l'abside est prolongée, et une tribune est aménagée au bas de la nef.

Comme la population augmentait sur la vaste paroisse, qui s'étendait jusqu'aux limites de Carquefou (au nord-est de Nantes), on songe, dès 1868, à construire une nouvelle église encore plus vaste. Le projet commence à prendre forme après la guerre franco-prussienne de 1870.

Ainsi l'architecte Émile Perrin, le frère du curé de Saint-Père-en-Retz dont il était également en train de construire l'église[2], dresse-t-il les plans d'un sanctuaire dans le style néogothique primitif, et Louis Liberge, fils de l'architecte François Liberge, le constructeur de l'église Saint-Clément de Nantes, ordonne les travaux qui débuteront le 10 octobre 1872 par le creusement des fondations et vont durer près de trente ans. Après avoir effectué quelques fouilles, 12 septembre 1873, en présence de 300 prêtres, la première pierre qui est placée au pilier droit du sanctuaire.

Cinq ans après, en 1878, on met en place la charpente monumentale et les voûtes, après avoir achevé les murs. Le 9 septembre de la même année, 1881 et inaugurée le 10 octobre par Mgr Lecoq. Le 13 juin, on commence la construction de la façade, inspirée à Louis Liberge par celle de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Début 1889, on achève l'appuie-main au dessus de la rosace. L'église reçoit les honneurs de la consécration le samedi 19 octobre 1889, avant d'être terminée. Pour la circonstance, elle est ornée de somptueuses décorations. Neuf prélats, entourés de Mgr Lecoq et de Mgr Richard, archevêque de Paris, sont présents lors de la cérémonie.

Les travaux sur la façade achèvent l'édifice, celle-ci recevant deux tours jumelles d'une hauteur de 44 mètres (au lieu des deux flèches initialement prévues). Les tours furent achevées, on mit en place la croix qui domine le chancel des pignons qui sera bénie par 1901.

Il faudra attendre l'année 1902 pour que l'église reçoive enfin ses dix cloches, pesant chacune entre 291 et 4 614 kg, fondues par la maison Bollée du Mans et bénies par Mgr Rouard le 18 juin. L'horloge complétant la sonnerie, le carillon reproduira le célèbre air de celui de la Tour de l'Horloge du Palais de Westminster, le siège du parlement britannique à Londres.

Le cimetière Saint-Donatien et la chapelle Saint-Étienne

Cimetière Saint-Donatien : la chapelle Saint-Étienne.

Les terrains jouxtant la basilique au sud et à l'est sont occupés par le cimetière Saint-Donatien, le plus ancien lieu de sépulture chrétienne à Nantes. Au centre de la partie méridionale de celui-ci se trouve la chapelle Saint-Étienne (anciennement connu sous le vocable de « Saint-Georges » ou de « Saint Agapit »). Une construction rectangulaire de 17,5 mètres de long par 7,5 mètres de large, couverte d'un toit à deux rampants ou versants dont le faîte atteint à peine huit mètres. Il s'agit du plus vieux édifice religieux du diocèse (et probablement l'un des doyens de l'Ouest, et même de France) puisque les plus anciennes parties remontent au tout début du VIe siècle. En effet, ce bâtiment aurait été construit selon l'historien Albert Travers sur ordre de l'évêque Epiphane afin d'abriter les reliques de Saint Étienne ramenées de Jérusalem au plus tard en 506. Le mur occidental de la chapelle dont les dimensions n'ont guère variées depuis des siècle est un vestige de l'édifice primitif. Celui-ci présente un appareil typique de l'antiquité romaine dit en « Opus Vittatum Mixtum ». On retrouve sur le mur gouttereau, haut de quatre mètres environ, l'appareil en petite pierre cubiques, mal équarries, rangées parallèlement, et soulignées de distance en distance par des cordons et des assises doubles de briques rouges, liées de ciment un peu rosé de l'époque gallo-romaine.

La façade a été remaniée dans un style néoclassique. Des baies ou fenêtres de plein-cintre et une porte à linteau horizontal du XVIIIe siècle percent les murs latéraux. Le mur du chevet porte le tracé d'une vaste baie en arc brisé, ou s'inscrit une seconde baie de forme rectangulaire.

Un puits « traditionnel » aujourd'hui disparu était creusé à l'extérieur, juste devant la chapelle, pour permettre aux fidèles pélerins de se laver les mains avant de pénétrer dans le sanctuaire (aujourd'hui fermé au public). Ce puits, visible encore il y a quelques années, était pour Léon Maître une preuve de plus de l'ancienneté de la chapelle.

Cette chapelle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 décembre 1984[1].

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Notes et références

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