Apologie de la pédophilie

Apologie de la pédophilie

L'apologie de la pédophilie est l'ensemble des actions entreprises par certains groupes de personnes, ou par des individus isolés, ayant visé à faire accepter socialement la pédophilie. Elle s'est principalement développée à l'époque dite de la révolution sexuelle, essentiellement dans les années ayant immédiatement suivi 1968. Elle a été le fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de « sympathisants ».

Cette mouvance n'a jamais atteint de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée. La relative acceptation dont la pédophilie a fait l'objet durant cette période dans certains milieux politiques ou intellectuels[1]sont aujourd'hui majoritairement considérés comme un débordement[2] dû aux idéaux utopiques d'alors[3],[4], et d'une forme de complaisance ayant pu exister dans quelques secteurs d'opinion[1]. Le « militantisme pédophile » a quasiment disparu, et la défense de la pédophilie est exclue du débat public : toutefois, quelques groupes très minoritaires continuent de représenter une mouvance pro-pédophile, principalement par le biais d'Internet.

Sommaire

Apparition des mouvances pro-pédophiles

Les discours pro-pédophiles sont notamment apparus aux Pays-Bas, à travers l'activité de personnes comme Edward Brongersma, docteur en droit et sénateur et Frits Bernard, psychologue. Ces derniers sont alors membres du Cultuur en Ontspanningscentrum (Centre de culture et de récréation[5], aujourd'hui COC Nederland), association de défense des droits des homosexuels. Constatant le peu de travaux consacrés au phénomène pédophile et souhaitant combattre la réprobation sociale dont il ferait injustement l'objet, Brongersma et Bernard ont écrit de 1959 à 1964 plusieurs articles présentant la pédophilie sous un jour positif dans la revue du COC Vriendschap (Amitié), mais n'ont pu obtenir la création d'un groupe de travail interne.

L'Association néerlandaise pour la réforme sexuelle (Nederlandse Vereniging voor Seksuele Hervorming, NVSH), tête de proue du mouvement pour les libertés sexuelles, a alors, de l'aveu de Frits Bernard, une attitude très critique envers les pédophiles[6]. À la même époque, Bernard fonde à La Haye l’Enclave Kring (Cercle de l'Enclave). Ce groupe se définit comme un mouvement visant à « briser les préjugés sur les conséquences des contacts et relations sexuels entre mineurs et adultes, fournir des informations et conseils à ce sujet et mettre en place un programme d'assistance direct ». Une maison d'édition du même nom est fondée en 1958, afin de propager les idées du groupe. Cependant, l'audience de l’Enclave Kring reste très faible et ne dépasse guère les cercles d'initiés néerlandais ou allemands, bien qu'ayant développé, selon Bernard, des contacts dans différents pays[6].

À partir de 1969, en raison de l'évolution sociétale et de la radicalisation de certains discours politiques ou intellectuels, les positions de la NVSH évoluent, et un groupe de travail sur la pédophilie y est formé, avec pour membres Frits Bernard, Edward Brongersma, Ids Haagsma, Wijnand Sengers et Peter van Eeten[7]. Ce groupe publie en 1972 Sex met kinderen (Le sexe avec les enfants), ouvrage qui se présente comme le bilan de dix années de recherches sur les relations sexuelles entre adultes et enfants, dans l'optique pro-pédophile du mouvement. L'ouvrage fait parler de lui aux Pays-Bas[6], mais hors de ces deux pays, peu de personnes s'intéressent à la « défense de la pédophilie » avant le milieu des années 1970.

Les « militants pédophiles » contestent le caractère nocif des relations sexuelles entre enfants et adultes et souhaitent l'intégration des pédophiles dans la société, le retrait de la pédophilie des listes de troubles mentaux et l'abolition des majorités sexuelles généralement fixées à 14 ou 15 ans.

Le militantisme pédophile et la Révolution sexuelle

Au moment de la Révolution sexuelle se développe un activisme pédophile revendicatif, qui cherche à attirer l'attention des médias pour faire avancer sa cause. Regroupements, pétitions, publications de recherches sont les méthodes les plus utilisées. Certains milieux intellectuels ou militants politiques apportent leur soutien à l'idée que les enfants doivent pouvoir vivre leur sexualité, au moins entre eux et, parfois, dans le cadre de relations inter-générationnelles[8]. Celles-ci restent cependant lourdement pénalisées et l'ensemble de la société comme les avant-gardes féministes les réprouvent en général. Aux Pays-Bas, dans la continuité des pistes lancées dans les années 1950 par Bernard, l'activisme pédophile vise à coïncider avec une réflexion plus globale sur la sexualité, sur la famille et sur l'enfant.

Pays-Bas

Au début des années 1970, c'est toujours aux Pays-Bas que sont écrits la majorité des articles défendant la pédophilie (la plupart cherchant à définir l'impact à court et long terme de contacts sexuels entre enfants et adultes sur les premiers), à partir de points de vue théoriques comme pratiques, par Bernard, le psychologue Theo Sandfort, l'avocat et homme politique Edward Brongersma ou le psychologue Frans Gieles. Les données utilisées par ces auteurs proviennent de pédophiles en analyse, et d'entretiens avec des adultes et des jeunes ayant eu des relations sexuelles avec des adultes dans leur enfance ou leur adolescence. Bernard affirme en 1988[9] qu'à cette époque, en tant que psychologue et qu'expert appelé souvent en cour de Justice, il a parlé à et analysé « plus d'une centaine d'adultes pédophiles et environ trois cents enfants et adolescents ayant eu des contacts sexuels avec des adultes ». Au sein de l'Association Néerlandaise pour la Réforme Sexuelle (NVSH), le Studiegroep Pedofilie (Groupe d'études sur la pédophilie) regroupe des spécialistes de l'enfance, des psychiatres, des juristes, et fournit un important travail d'information.

Le 22 juin 1979, la NVSH et d'autres organisations néerlandaises envoient au parlement du pays et au ministre de la justice une lettre et une pétition demandant la légalisation des rapports sexuels consentis entre enfants et adultes[10]. La pétition est signée notamment par l’Association hollandaise pour l'intégration des homosexuels (COC, la principale, ainsi que par des organisations politiques comme le Parti socialiste pacifiste) et diverses personnalités. Les pédopsychiatres de la Société psychiatrique néerlandaise s'opposent à la décriminalisation des rapports sexuels enfants-adultes en arguant que cela risquerait d'affaiblir l'autorité parentale[11].

L'année suivante, la COC déclare que la cause des pédophiles est liée à celle des homosexuels et que la libération des homosexuels ne sera jamais complète sans la « libération des enfants et des pédophiles »[12]. En 1981, la « Fondation néerlandaise protestante pour un développement familial responsable » (PSVG) édite et distribue dans les écoles élémentaires néerlandaises des dizaines de milliers de copies d'un livret illustré intitulé Pedophilia[13], pour informer les enfants sur ce qu'est la pédophilie[14]. Jusqu'au début des années 1980, les défenseurs de la pédophilie se disent satisfaits des progrès de leur discours aux Pays-Bas; Edward Brongersma affirme en 1984 : « Aux Pays-Bas, la pédophilie est discutée objectivement pendant les cours d'instruction des académies de police. Là, tout comme dans les universités, on s'efforce d'en finir avec les préjugés. »[15]

France

Le statut particulier des intellectuels en France, qui avait permis, à une époque où la majorité sexuelle était fixée à 13 ans (soit avant août 1942), à certains écrivains comme Henry de Montherlant ou André Gide d'assumer leurs goûts sexuels pour les jeunes garçons sans être inquiétés ou, comme Roger Peyrefitte, d'en retirer un succès de scandale[8],[16], permet aussi à plusieurs écrivains, à partir de la fin des années 1960, de tenir des discours présentant la pédophilie de manière positive. Tony Duvert, qui publie son premier roman, Récidive, en 1967 et remporte le Prix Médicis en 1973, se dit ouvertement pédophile tout en demeurant régulièrement publié par les Éditions de Minuit. Gabriel Matzneff parle abondamment dans ses livres de son goût pour les jeunes adolescents des deux sexes (Les moins de seize ans), entretenant ainsi une ambigüité entre pédophilie et pédérastie, sans être attaqué par les médias, assurant même des chroniques dans divers journaux, dont le quotidien Le Monde. En 1974, Duvert publie Le Bon sexe illustré, essai écrit en réaction au succès rencontré par L'Encyclopédie de la vie sexuelle publié par Hachette, et où il stigmatise les méthodes d'éducation sexuelle en France, et plus globalement, d'éducation, et Matzneff, Les Moins de 16 ans, pamphlet exaltant l'amour des jeunes adolescents, allant jusqu'à évoquer des amours vécues avec des garçons de douze ans[17]. Le philosophe René Schérer, professeur au Centre universitaire expérimental de Vincennes, publie la même année Émile perverti, essai contestant le caractère nocif de la sexualité pour les enfants et déplorant que l'éducation contemporaine dénie et exclue les « rapports pédérastiques entre maîtres et élèves »[18].

Ces publications, soutenues par des éditeurs qui s'inscrivent souvent dans une perspective révolutionnaire plus que dans la justification d'un goût particulier, est assez bref[8]. Selon les termes de l'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, le discours selon lequel « les enfants ont aussi droit à la sexualité » trouve une niche « à l’ombre des mouvement alternatifs, de l’antipsychiatrie et du militantisme homosexuel. Du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) créé en 1971 au magazine Gai Pied lancé en février 1979, tous réclament, avec Michel Foucault, la reconnaissance des « sexualités périphériques ». »[19]. En 1975 Daniel Cohn-Bendit publie Le Grand bazar dans lequel un chapitre, "Little big men", est consacré à la « sexualité des enfants ». En 1976, René Schérer et Guy Hocquenghem dirigent un numéro de la revue Recherches sur l'enfance et l'éducation, « soutenu notamment par Michel Foucault et François Châtelet [et qui] marque sans doute l'apogée de ce type de discours » intellectuel sur la pédophilie et l'hébéphilie[20]. En avril 1978, invité avec Guy Hocquenghem de l'émission Dialogues sur France Culture, Michel Foucault dénonce le cadre juridique qui « vise à protéger les enfants en les confiant au savoir psychanalytique », à nier l'existence de leur désir sexuel et à postuler la sexualité avec les adultes comme dangereux pour eux[19].

Le Monde et Libération, journaux orientés à gauche, contribuent à la diffusion de ces idées, en publiant des pétitions liées au sujet, des lettres, ou des interviews de pédophiles rapportant leur expérience. Des pétitions contre la majorité sexuelle sont publiées en France. La plus célèbre, publiée dans Le Monde du 26 janvier 1977, et relayée également par Libération, concerne « l'affaire de Versailles » : trois hommes ont alors comparu devant la Cour d'assises de Versailles pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans », ce qui a l'époque était qualifié comme un crime, et pour avoir pris en photo leurs « partenaires ». Leurs trois ans de détention préventive suscitent une pétition de soutien, signée par diverses personnalités publiques : le texte affirme que les enfants n'ont subi «aucune violence», et qu'ils étaient «consentants», ajoutant en outre « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire? » et « trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit »[4],[21]. Parmi ses signataires figurent Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, André Glucksmann, Guy Hocquenghem, Bernard Kouchner, Jack Lang, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Jean-Paul Sartre, René Schérer et Philippe Sollers (ce dernier déclarera plus tard ne pas s'en souvenir, ajoutant « Il y avait tellement de pétitions. On signait presque automatiquement. »[4]).

En janvier 1979, un pédophile nommé Jacques Dugué, arrêté pour abus sexuels et accusé de faire partie d'un réseau de proxénétisme pédophile, publie ainsi sur deux jours dans Libération une tribune libre où il fait l'apologie de la « sodomisation » d'enfants, affirme que « l'enfant qui aime un adulte (...) aime ressentir dans son corps le membre viril de celui qu'il aime, d'être uni à lui, par la chair » et demande « qu'on arrête de persécuter ceux qui aiment les enfants, même s'ils les aiment aussi avec leur corps »[22]. Au procès de Dugué, René Schérer et Gabriel Matzneff témoignent en sa faveur[23]. (Des années plus tard, multirécidiviste et plusieurs fois condamné, pour l'affaire de 1979 et pour d'autres, Jacques Dugué est arrêté dans le cadre d'une affaire de viol et de pornographie enfantine : il est condamné en 2002 à trente ans de réclusion pour abus sexuels[24],[25],[26]). Toujours en 1979, Libération publie une interview de Tony Duvert recueillie par Guy Hocquenghem, dans laquelle l'écrivain réaffirme sa pédophilie et préconise de retirer les enfants à leurs mères, ou du moins d'« empêcher que les femmes aient un droit exclusif sur les enfants », qu'elles oppriment et dont elles nient le droit à la libre sexualité[27]. Il développe ses convictions dans l'essai L'Enfant au masculin, paru l'année suivante, où il affirme en outre avoir eu des partenaires sexuels âgés de six ans[28]. Le 20 juin 1981, Libération publie un article intitulé « Câlins enfantins », qui présente de manière complaisante le témoignage d'un pédophile sur ses rapports sexuels avec une enfant de cinq ans[4].

Ces publications relèvent souvent, pour les éditeurs et journalistes, d'une stratégie globale de remise en cause de la société, et sont revendiquées avant tout au nom de la liberté d'expression[2]. Le journaliste Sorj Chalandon estime, en 2001, que l'attitude adoptée par Libération dans la décennie 1970 relève d'un « vertige commun » de l'époque, durant laquelle, pour l'équipe du quotidien, « tout ce qui se dresse sur le chemin de toutes les libertés est à abattre »[4]. Dans la même optique, des groupes informels d'extrême-gauche[29] ou des organisations plus importantes, comme la Ligue communiste révolutionnaire[30]soutiennent les pédophiles. La défense de la pédophilie, ainsi que des discours ambigus sur la « sexualité infantile »[31] apparaissent comme une remise en cause des interdits : en 1975, Daniel Cohn-Bendit publie aux Éditions Belfond le livre Le Grand Bazar, dans lequel il écrit, au sujet de son expérience d'éducateur dans un jardin d'enfants «alternatif» à Francfort, « Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : " Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m'avez choisi, moi, et pas les autres gosses ? " Mais, s'ils insistaient, je les caressais quand même »[32]. Il regrettera plus tard ses propos et ses écrits, parlant de provocation destinée à «choquer le bourgeois des années 70»[33]. Le journal L'Express commente en 2001 : « la complaisance de l'époque pour les excès de langage — et parfois d'actes — des militants de la libération sexuelle s'accompagnait d'un véritable aveuglement : l'enfant, croyaient-ils, ne demandait qu'à exprimer sa sexualité, et c'était l'interdit qui constituait un abus sexuel. Cette complaisance, qui a servi d'alibi et de caution culturelle à bien des pédophiles, masque aussi une autre réalité, l'infantilisme d'une mouvance. »[34].

Des discours très minoritaires

Cependant, l'élargissement ou non du « jouir sans entraves » aux relations sexuelles entre enfants et adultes est dès 1968 très controversé au sein des groupes d'extrême-gauche et des milieux de gauche : la dissolution de Vive la révolution dirigé par Roland Castro en 1971, est en partie due aux débats autour de ce thème. A la même époque, la rédaction de Politique-Hebdo refuse, selon le témoignage de son rédacteur en chef adjoint d'alors Hervé Hamon, de publier une interview de René Schérer, en raison des « positions pro-pédophiles » de ce dernier. Le périodique Tankonalasanté, revue critique de l'institution médicale, cesse de paraître à la suite des tentatives d'un courant favorable à la pédophilie de s'en servir comme vecteur de ses idées[35].

Malgré l'activité de quelques personnes et une tolérance pouvant exister dans des groupes politiques minoritaires, la pédophilie demeure globalement condamnée dans les sociétés contemporaines. Les adultes ayant des contacts sexuels avec des enfants ou des pré-adolescents sont réprouvés et se retrouvent très souvent en prison, et lorsque les groupes pédophiles se structurent et se font connaître des opinions publiques des années 1970-80, les réactions sont le plus souvent très négatives.

Au sein même des avants-gardes « progressistes », les féministes sont souvent perplexes[36] quant à la réelle possibilité de relations librement consenties entre adultes et enfants, la pédophilie étant considérée comme un miroir de l'aliénation des faibles par le sexe masculin[37]. Le fait que la grande majorité des pédophiles ainsi que des consommateurs de pornographie et de prostitution enfantine soient des hommes vient appuyer cette thèse[38].

Structuration de plusieurs groupes à la fin des années 1970

À partir du milieu des années 1970 apparaissent des organisations spécifiquement pédophiles, au-delà des associations homosexuelles et de penseurs isolés. Cette radicalisation et la multiplication des groupes jusqu'au milieu des années 1980 permet aux pédophiles de se rencontrer et d'échanger des idées, même si les différents groupes ont été plus juxtaposés que coordonnés. Elle leur permet également de tenter de se faire connaître par les opinions publiques.

En Europe du Nord et germanique

Aux Pays-Bas, en plus du Studiegroep Pedofilie de la NVSH, de nombreux groupes voient le jour, impulsés notamment par l'action prosélyte d'Edward Brongersma et Frits Bernard[39] : le Stiching Studiegroep Pedofilie (SSP) ; le Landelijke Werkgroep Jeugdemancipatie (ex-Pedofilie), groupe spécifique de l'organisation Nederlandse Vereniging Voor Seksuele Hervorming (NVSH -LWGJ) ; Spartacus, éditeur d'une revue en anglais, Pan Magazine, à diffusion internationale, et du guide Spartacus qui cause un scandale au milieu des années 1990[40] ; à partir de 1982, MARTIJN, seul groupe en Europe qui subsiste encore aujourd'hui, mais sans avoir beaucoup d'influence.

C'est en Flandre belge que se forme le premier groupe pédophile hors des Pays-Bas, après une conférence donnée à Anvers en avril 1973 par le groupe d'étude sur la pédophilie de la NVSH. Le Studiegroep Pedofilie organise des rencontres hebdomadaires et collecte des informations sur la pédophilie (regroupées dans un centre de documentation basé à Hasselt). En 1981 s'ajoute Stiekum, plus militant (tracts, interventions en milieu institutionnel, à la radio, etc.)[41]. Ces groupes, qui restent plutôt informels, sont à partir de 1984 l'objet d'attaques de partis de droite, dont le Vlaams Blok, qui, leur reprochant « d'habituer les gens au phénomène de la pédophilie », diffusent dans leurs publications et dans les journaux flamands des appels à les interdire, et organisent des manifestations de protestation lorsque se tiennent en Flandre conférences et débats sur la pédophilie[42].

En Allemagne de l'Ouest, le Deutsche Studien und Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (DSAP, Société allemande d'étude et de travail sur la pédophilie) regroupe à partir de 1979 plusieurs groupes locaux et publie Befreite Beziehung (douze numéros) puis Die Zeitung. À la fin de 1981, ses deux cents membres, ne parvenant plus à s'entendre, provoquent la dissolution de fait du mouvement. L'Arbeitskreis Päderastie (AKP, Groupe de travail sur la pédérastie), petit groupe de réflexion formé en 1979, devient alors le principal mouvement germanique, bien qu'il s'adresse presque uniquement aux pédérastes. Kinderfrühling, qui reprend l'édition du Befreite Beziehung, naît de la dissolution de la DSAP[43].

Dans d'autres pays d'Europe du Nord, les petits groupes qui existent ont une influence anecdotique, que ce soit le Schweizerische Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (SAP) en Suisse, le Paedofil Gruppe au Danemark, le NAFP en Norvège ou le Paedofilia Arbeitsgruppen (PAG) en Suède[39]. En 1985, la Danish Pedophile Association (DPA) est créée au Danemark.

Dans les pays anglophones

À la fin des années 1970, le militantisme pédophile se développe également au Royaume-Uni et aux États-Unis avec la formation en 1974 en Écosse du PIE (Paedophile Information Exchange, plus tard basé à Londres), et en 1978 à Boston de la NAMBLA (North American Man/Boy Love Association). Ces deux groupes ont une certaine notoriété au début des années 1980 suite au tollé que suscitent les propos de certains de leurs membres, activistes radicaux[44], et à la diffusion de leurs revues, le Magpie et le NAMBLA Bulletin. En 1984, le PIE se dissout, face à la pression publique. Les procès se multiplient à partir de 1981, alors que la NAMBLA existe toujours. Les réactions que suscitent le PIE et la NAMBLA à leurs naissances respectives montrent le rejet des sociétés anglophones envers de tels mouvements.

Quelques « cercles de documentation et de réflexion », comme la René Guyon Society, le Childhood Sensuality Circle (CSC, créé en 1975 par Valida Davila voient le jour mais ont une audience très limitée car ils n'essayent pas de se faire connaître[39].

En Australie est fondé en 1983 (ou 1980) l'Australian Paedophile Support Group, qui se dissout après l'intrusion de policiers en son sein. Ses membres se regroupent alors dans le BLAZE (Boy Lovers and Zucchini Eaters), qui est assez vite rendu inactif par la police[45].

Les mouvements européens francophones

La première organisation pédophile francophone naît dans le cadre de l'« affaire de Versailles ». Paraît également dans Libération un appel à participation à une réunion pour constituer le FLIP (Front de libération des pédophiles). Si cette réunion a bien lieu, le FLIP ne lui survit pas, des divergences survenant entre les personnes présentes. Les plus radicaux fondent à la mi-77 le FRED (Front d'action de recherche pour une enfance différente), qui définit en décembre de la même année un programme, publie quelques textes en 1978[46], puis disparaît début 1979, par manque d'organisation et à cause de dissensions entre ses membres[47].

Le premier groupe militant pédophile francophone à durer est le GRED (Groupe de recherche pour une enfance différente), fondé en juillet 1979, membre du CUARH (Comité d'urgence antirépression homosexuelle) et de l'IGA (International Gay Association). Le GRED déclare dans sa revue Le Petit Gredin (10 numéros de 1981 à 1987) vouloir « élargir son public aux « professionnels » de l’enfance, aux parents eux-mêmes, aux juges et aux éducateurs. Et aux enfants ! »[48] afin d'être un organe de débat plus que de militantisme, attitude que le mouvement adopte également lors des conférences et tables rondes auxquelles il est convié[48].

Le CRIES (Centre de recherche et d'information sur l'enfance et la sexualité) est fondé en Belgique, suite à la disparation du Groupe d'étude sur la pédophilie (GEP), par Philippe Carpentier afin de « rassembler des gens comme [lui] » indépendamment du mouvement homosexuel[48]. De début 1982 à fin 1986, le CRIES publie vingt-huit numéros de L'Espoir. Cette revue est avant tout un organe militant qui, à travers récits, illustrations et articles sur les autres mouvements, fait l'éloge des amours pédérastiques.

Dans les années 1980, parallèlement à ces organes de mouvements militants, paraissent divers magazines[48], plus ou moins liés au militantisme pédophile comme Palestra, dirigée par Jean-Manuel Vuillaume et François Valet, qui ambitionnait de « recenser les grandes figures culturelles de l’enfant » et propose à ses lecteurs « une synthèse agréable et divertissante sur l'enfant dans la culture »[49], ou Gaie France (1986-1993), publiée par Michel Caignet et qui soutient pédérastes et pédophiles[50]. De nombreuses revues de photographies sont aussi publiées : Backside (1983-1985)[51], Jean's (1985)[52], Beach Boys (1985-1986), Eklat (1985) et Photokid (1986).

Ces groupes, qui se rattachent encore à l'esprit contestataire post-soixante-huitard et aux mouvements homosexuels, reconnaissent un changement des mentalités, aussi bien de la part de leurs anciens alliés que de la société en général[48].

Certains membres du milieu « pédophile militant » sont par la suite discrédités avec l'implication de membres dans des affaires de viol sur mineur ou de vente d'images pédopornographiques ; le CRIES disparaît brusquement en 1987 lorsque l'on découvre que, derrière les photos « soft » de L'Espoir, Philippe Carpentier organisait un trafic d'images et de vidéos pédopornographiques impliquant dix-huit pays[53] ; Jean-Manuel Vuillaume est condamné en 1997 pour avoir tourné en Colombie des vidéos pornographiques mettant en scène des adolescents mineurs[54], affaire à laquelle Michel Caignet est également mêlé. Ces revues et mouvements ont donc pu contribuer à la formation de réseaux dits « pédocriminels ».

Des groupes dispersés

Ces mouvements, s'ils se font des publicités réciproques dans leurs publications, sont cependant peu nombreux, peu influents et surtout peu coordonnés, bien que certaines tentatives de regroupement soient effectuées, souvent à l'échelle nationale.

Les 5 et 6 juillet 1986, la NAMBLA, la SAP suisse, un groupe australien et des mouvements scandinaves se rencontrent à Copenhague. Ils cherchent les moyens de réinsérer le combat pour l'acceptation de la pédophilie dans celui pour la liberté sexuelle et proposent que les homosexuels continuent à combattre de front avec les pédophiles, tout en constatant affronter une très vive hostilité de la part des féministes[55]. Cette rencontre, qui survient alors que le mouvement s'essouffle, n'a pas d'effet concret. Actuellement, l'IPCE organise depuis sa création une rencontre annuelle de ses membres mais celle-ci n'accueille que très peu de personnes (quatre en 2006)[56].

Depuis les années 1980 : la condamnation générale de la pédophilie

La pédophilie exclue du militantisme des minorités sexuelles

Rapidement les groupes pédophiles militants connaissent un déclin, lié pour l'essentiel à un rejet de leur action de la part des sociétés, même les plus « progressistes », et notamment des acteurs de la Révolution sexuelle.

En octobre 1982, éclate en France l'affaire du Coral, autour d'abus sexuels présumés commis dans un « lieu de vie communautaire ». Plusieurs personnalités publiques, dont René Schérer ou Gabriel Matzneff, sont un temps accusés. S'ils sont mis hors de cause et si les condamnations de plusieurs personnes, pour relations sexuelles consenties avec de jeunes adolescents, sont au final légères, l'affaire connaît un fort remous médiatique, qui contribue à attirer l'attention sur les lieux de vie et à remettre en cause l'antipsychiatrie[16]. Gabriel Matzneff est quant à lui renvoyé par Le Monde à la suite de sa mise en cause[57].

Après 1982, l'activisme pédophile d'Europe occidentale, s'il n'essuie pas autant d'attaques que l'activisme américain, commence à décliner : les médias n'en parlent plus, et les principaux militants se lassent (Bernard prend sa retraite de psychologue, d'expert et de membre d'organisations internationales en 1985[9]). Aux Pays-Bas, les discours en faveur de la pédophilie connaissent un reflux dans les années 1980 quand, de l'aveu même de Frits Bernard, la pédophilie est à nouveau couramment traitée comme une maladie mentale[6].

Lorsqu'en 1985, les Verts allemands, parti en pointe lors de la Révolution sexuelle, incluent dans leur programme, après plusieurs mois de travail, des propositions visant à abolir les articles de loi sur la majorité sexuelle, en insistant par exemple sur le fait que « les rapports sexuels avec des enfants sont pour les deux parties [enfants et adultes] (...) productifs », cela suscite un tollé, et beaucoup d'électeurs habituels du parti reportent leurs voix sur le SPD[58]. Même les électeurs les plus « progressistes » n'acceptent plus l'idée de la défense des pédophiles.

À partir de la même année, la police néerlandaise se met à collaborer étroitement (des réunions hebdomadaires au moins jusqu'en 1989[14]) avec le FBI pour apprendre à « traquer les producteurs et consommateurs supposés de pédopornographie »[11], car le Congrès américain (via le Sous-comité permanent aux investigations du Comité sur les affaires gouvernementales, dirigé alors par le républicain William Roth), pense que les Pays-Bas sont alors « parmi les principaux exportateurs de pédopornographie aux États-Unis » et qu'il y aurait à Amsterdam des ventes aux enchères d'enfants afin de les prostituer, allégations qui sont invalidées en août 1986 par le rapport définitif d'un groupe de travail sur la pédopornographie dirigé par le ministre de la justice Altes[11],[14]. Cette action de la police néerlandaise montre un changement de mentalité dans ce pays où l'activisme pédophile avait rencontré le plus de succès.

C'est surtout au sein même des anciennes mouvances « progressistes » des années 1970 que le militantisme pédophile est de plus en plus décrié. La défense de la pédophilie à l'époque est majoritairement interprétée comme un « aveuglement collectif » (selon l'expression de Jean-Claude Guillebaud[59]). Les acteurs de l'époque reviennent, ou sont parfois obligés de s'expliquer et de revenir, sur les propos qu'ils avaient tenu à l'époque : en 2001, une polémique éclate autour du passage relatif aux enfants dans le livre Le Grand Bazar, de Daniel Cohn-Bendit : attaqué, ce dernier parle de « provocation intolérable », et dit son remords d'avoir écrit ces lignes, par « inconscience insoutenable ». Pour lui, « Il s'agissait de transgresser des frontières et de briser les interdits. Cela n'avait rien à voir avec des abus sexuels »[60] ; il affirme en outre : « prétendre que j'étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L'abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n'y a eu de ma part aucun acte de pédophilie[33]. » Plusieurs anciens élèves de Daniel Cohn-Bendit, et leurs parents, prennent la défense de Daniel Cohn-Bendit et le défendent de toute accusation d'abus sexuels ou de proximité avec des « personnes coupables d'abus sexuels sur enfants »[61]. Gabriel Matzneff déclare en 2002 : « Lorsque les gens parlent de “pédophilie”, ils mettent dans le même sac le salaud qui viole un enfant de huit ans et celui qui vit une belle histoire d’amour avec une adolescente ou un adolescent de quinze ans. Pour ma part, je méprise les salauds qui abusent des enfants et je suis partisan de la plus grande sévérité à leur égard[62]. »

Certes, ce rejet de la part des acteurs de la Révolution sexuelle avait commencé avec la naissance du militantisme pédophile : Geneviève Fraisse rappelle en 2001 que dès 1975 elle « vivait très mal » la volonté d'une « sexualité commune adulte-enfant », propos que l'on retrouve très souvent de la part des femmes impliquées dans la Révolution sexuelle[2], et déjà dans des revues homosexuelles d'époque[63] mais qui ne se fait clairement entendre qu'après la période.

Les lesbiennes avaient été les premières à s'opposer aux pédophiles au sein des mouvements GLBTQ : en 1980, un « rassemblement lesbien du comité pour la Gay Pride » (« Lesbian Caucus – Lesbian & Gay Pride March Committee ») appelle à boycotter la Gay Pride de New York à cause d'une supposée mainmise de la NAMBLA sur son comité d'organisation[64]. En 1983, lorsque le mouvement homosexuel britannique CHE (Campaign for Homosexual Equality) soutient le PIE, en proie à une campagne de presse négative, le magazine condamne cet appui comme nuisible à la cause homosexuelle[65].

Ce processus de marginalisation[66] se poursuit jusqu'en 1994, date à laquelle l'International Lesbian and Gay Association, afin d'obtenir un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies, décide d'exclure quatre groupes pédophiles militants : les américains NAMBLA et Project Truth, le néerlandais MARTIJN et l'allemand Verein für Sexuelle Gleichberechtigung (VSG, « Association pour l'égalité sexuelle »)[67]. La Révolution sexuelle, à la fin des années 1990, s'est débarrassée de son passé pédophile[8].

Déclin du militantisme

Au cours des années 1980, quelques nouveaux groupes de pédophiles apparaissent, mais le militantisme décline rapidement, jusqu'à disparaître presque totalement dans les années 1990, en se limitant aux activités sur internet.

Au début des années 1990 est créée l'IPCE (International Pedophile and Child Emancipation, qui gère un site web regroupant de nombreux documents en quatre langues[68], mais se limite rapidement à une simple présence sur internet. En 1993 apparaît Krumme 13, organisation allemande, qui se dissout en 2003, de même qu'en DPA en 2004, face à l'opprobre publique générale et au manque de soutien de la part des anciens défenseurs de l'activisme pédophile[69].

Très peu de personnes s'affichent aujourd'hui publiquement comme pédophiles ou favorables à la pédophilie. L'activisme pédophile est concentré autour de groupes de taille très modeste, dont les membres demeurent la plupart du temps anonymes, ou à l'occasion autour des initiatives de personnes isolées. Les rares personnes s'exprimant encore aujourd'hui sont anglophones ou néerlandaises : il s'agit notamment de Tom O'Carroll (auteur de l'ouvrage Paedophilia : The radical case), Frans Gieles ou Lindsay Ashford, citoyen américain ayant témoigné à visage découvert en 2004 et animé un site internet où il faisait l'apologie de son propre penchant sexuel pour les petites filles[70]. Le site de Lindsay Ashford a été durant plusieurs années l'une des vitrines en ligne de la pédophilie - s'attirant même des menaces de procès de la part du futur Président des États-Unis Barack Obama après la mise en ligne de photos des filles de ce dernier[71] - avant que son auteur décide de le fermer, arguant que la notoriété qu'il lui attirait l'empêchait de conserver un emploi[72].

John Robin Sharpe, un pédophile canadien, a contesté certains aspects des lois sur la pornographie enfantine de son pays qui, contrairement à la France, condamne également les écrits incitant à la pédophilie. Arrêté en 1995 pour possession et diffusion de textes et d'images à caractère pédophile[73], il a fait valoir que ses propres photos et écrits de fiction ne pouvaient être illégaux du fait de leur caractère « artistique » et que la possession de pornographie répondant à ses goûts sexuels relevait de sa liberté d'expression. La Cour d'Appel de Colombie-Britannique lui a tout d'abord donné raison, occasionnant une polémique et un recours du gouvernement canadien : la Cour suprême du Canada a finalement annulé le jugement en 2001, réaffirmant la validité de la loi canadienne contre la pédopornographie, et ne reconnaissant d'exceptions que pour des textes autoproduits pour un usage strictement personnel, qui ne seraient diffusés en aucune manière par leur auteur[74],[75]. En 2002, Sharpe est acquitté pour la diffusion des textes - la justice estimant que ses écrits n'incitaient pas explicitement à la pédophilie, se contentant de décrire les actes - mais condamné pour la possession des photos[76]. En 2004, il est condamné à deux ans de prison pour un abus sexuel commis dans les années 1970[77].

Le 31 mai 2006 est annoncée la création aux Pays-Bas du Parti de la charité, de la liberté et de la diversité (Partij voor Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit, PNVD), parti politique proposant l'abolition de toute majorité sexuelle. Les trois fondateurs du parti, tous militants pédophiles, comptent parmi eux un ancien président de MARTIJN. Le PNVD propose également d'autres mesures jugées par beaucoup comme fantaisistes (gratuité totale des transports, légalisation de la zoophilie, etc.) sans s'attaquer aux réels problèmes de la société contemporaine néerlandaise. Il est soit moqué, soit attaqué (par des associations chrétiennes, le parti conservateur et la grande majorité de l'opinion publique, 80 % des Néerlandais déclarant dans un sondage que des mesures devraient être prises)[78]. Le PNVD n'a jamais compté que ses trois fondateurs comme membres connus, n'a jamais pu participer à aucun scrutin faute d'avoir recueilli le nombre de signatures de citoyens prévu par la loi néerlandaise, et a annoncé sa dissolution en 2010. En 2010, seuls la NAMBLA et MARTIJN continuent d'avoir une existence officielle.

Des opinions publiques de plus en plus défavorables

À la fin de 1981, on pouvait lire dans un éditorial du Petit Gredin : « La pédophilie, la pédérastie sont de plus de plus les objets de la vindicte sociale alimentée par les mass media »[79]. En effet, depuis cette époque, la pédophilie fait l'objet d'une « condamnation unanime » et « le pédophile apparaît comme l'incarnation du criminel le plus abject »[8],[80],[20]. Si un auteur comme Matzneff continue à être bien perçu par une partie des médias[81], on n'entend plus beaucoup parler de lui (Hugo Marsan l'a qualifié de « dandy oublié »[82]) et les artistes contemporains qui, sans être pédophiles, mettent en scène des relations sexuelles d'adultes avec des enfants consentants[83],[84] ou font des œuvres assez ambiguës pour que certains puissent les interpréter comme posant la possibilité d'un tel rapport[85] provoquent des scandales. Il y a donc eu un « changement radical »[20] d'attitude de la part des sociétés, pour différentes raisons.

En premier lieu, « un changement dans l'appréciation des violences sexuelles »[8]. Si les pédophiles prétextent la liberté des enfants à disposer de leur corps pour justifier leurs discours[6],[86], ils ne se posent généralement pas la question du discernement des enfants et de la facilité à les abuser, ni celle de leur perception a posteriori du contact sexuel ; à partir des années 1980, l'idée que tout contact sexuel entre un adulte et un enfant provoque des séquelles psychologiques très graves chez le second devient une « opinion commune »[87]. La réprobation du viol sur mineur, qui perd son statut de tabou[88], grandit. Selon Anne-Claude Ambroise-Rendu, ce sont les années 1990 qui marquent un véritable changement dans la vision de la pédophilie par les médias français. Un numéro de l'émission Bas les masques est consacré au thème en 1995 : pour l'historienne, « pour la première fois, on y entend et on y voit les victimes : ces enfants à qui on n'ose plus demander s'ils étaient consentants ou non, qui disent sans équivoque leur souffrance. Pour la première fois, un média évoque les effets de la pédophilie sur les enfants, laissant aux témoins le soin de dire leur mal être, leur incapacité à oublier, à se construire une vie heureuse et équilibrée » [16]. Anne-Claude Ambroise-Rendu estime que « Seul Gabriel Matzneff ose encore, en 1990, sourire devant Bernard Pivot des petites filles de 12 ans qu’il met dans son lit »[89].

En 1996 l'affaire Dutroux, qui éclate en Belgique, a un retentissement international et contribue à marquer durablement l'opinion.

De plus en plus d'affaires sont jugées par les tribunaux : en France, le nombre de viols sur mineurs constatés passe de 100 en 1984 à 578 en 1993[90], et celui des atteintes ou agressions sexuelles sur mineurs avec circonstances aggravantes de 355 en 1984 à 882 en 1993 et 3815 en 2004[91].

La prévention devient une priorité aussi bien législative[92] que populaire, comme en témoigne en octobre 1996 la première Marche Blanche, qui réunit à Bruxelles suite à l'Affaire Dutroux plus de 300.000 personnes et le sujet est l'objet d'une attention renforcée de la part des médias[93].

Enfin, avec l'accroissement de la prise de conscience des violences sexuelles envers les mineurs et le retour subit de la pédophilie dans le champ médiatique, la pédophilie n'est plus perçue que comme un viol infligé aux enfants[94]. Aux Pays-Bas, la relative tolérance ayant pu exister envers la pédophilie disparaît progressivement : Edward Brongersma fait l'objet de harcèlement de la part de ses voisins et d'agressions sur la voie publique, du fait de sa notoriété ; déprimé, il finit par se suicider par euthanasie en 1998[95]. L'apparition du PNVD en mai 2006 a suscité en général consternation et indignation[96],[78].

Un activisme sur Internet

Dans les années 1990 l'arrivée d'Internet offre au militantisme pédophile de nouveaux moyens d'expression et de contact. Un certain nombre de pédophiles attirés par les garçons (Boylovers) et par les fillettes (Girl Lovers) se revendiquent du terme générique « Childlove ». En 1995, est mis en ligne le forum de discussions BoyChat qui mène en 1997 à la création du groupe Free Spirits ayant pour objectif de fournir des services Internet sécurisés aux pédophiles amateurs de garçons dans de nombreuses langues. L'équivalent francophone de BoyChat, La Garçonnière, est créé en 1998. Des pédophiles amateurs de filles créent des ressource équivalentes dès 1998. Depuis, plusieurs autres organisations se sont développées en ligne sur ce modèle, dont des entreprises commerciales (hébergeurs web essentiellement)[97],[98].

Plus que de l'activisme militant à proprement parler, ces forums constituent avant tout des lieux de discussions et contact virtuels entre pédophiles, parfois suivis de rencontres et rassemblements réels[99]. Afin d'éviter les poursuites judiciaires, ces réseaux à vitrine publique se gardent de toute activité illégale comme l'échange d'images pédopornographiques ou l'incitation au crime, par l'intermédiaire d'une modération adaptée aux législations des divers pays qui les hébergent. Toutefois, le côté borderline jouant avec les limites de la loi leur a régulièrement valu des problèmes de la part de leurs hébergeurs ou fournisseurs Internet. Ainsi en 2006, l'hébergeur commercial Epifora, principal hébergeur du groupe Free Spirits, fut déconnecté du web par le fournisseur d'accès canadien Vérizon suite à une campagne médiatique menée par une association antipédophile[100]. Toutefois, les sites ainsi évacués reviennent généralement en ligne très rapidement, utilisant par exemple les services de fournisseurs d'accès ayant une conception extensive de la liberté d'expression[101].

L'activité en ligne de pédophiles continue d'attirer l'attention de certains médias : en 2010, Fox News Channel publie un reportage accusant Wikipédia de tolérer sur ses sites les activités de propagande de certains pédophiles cherchant à présenter leurs goûts sexuels sous un jour positif, ce à quoi la Wikimedia Foundation répond qu'elle demeure vigilante face à ce type de dérives[102]. Le forum 4chan fait régulièrement parler de lui comme d'un lieu où circulent des textes pro-pédophile ou images pédophiles, souvent dans un but provocateur[103].

L'Internet permet également la circulation accrue de pédopornographie[104]. En mars 2011, un vaste réseau de pédophiles a été démantelé par Europol, conduisant à l'identification de 670 suspects sur quatre continents, et à 184 arrestations : l'enquête ayant amené à ces arrestations a établi que le forum boylover.net, hébergé aux Pays-Bas, avait servi à l'échange de photos et vidéos pédopornographiques. 230 enfants abusés sexuellement par des membres du réseau ont pu être identifiés[105],[106],[107].

Terminologies et revendications officielles

Les membres des groupes et mouvances pédophiles actuels se présentent comme des militants et revendiquent notamment le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales. Ils promeuvent les termes de boylover, girllover et parfois childlover, pour remplacer les termes de pédophiles ou pédérastes,qu'ils jugent trop négativement connotés. Ces termes ont été popularisés auprès des pédophiles eux-mêmes à travers les communautés virtuelles liées aux forums boylove et girllove sur Internet.

Les activistes pédophiles s'appuient parfois sur un texte des psychologues Underwager et Wakefield, faisant la distinction entre désir sexuel et pédophile et passage à l'acte[108]. Bien qu'ils prônent la distinction entre désir et action, ces auteurs déplorent l'utilisation faite de leur travail par le mouvement « childlove » et considèrent que les contacts sexuels adulte-enfant sont dommageables, qu'il existe ou non une relation d'autorité ou même des sentiments entre l'adulte et l'enfant[109].

Enfin, au sein même des milieux pédophiles, le terme général de childlover, qui peut se traduire littéralement par amoureux de l'enfant, est parfois contesté. Certains refusent ces néologismes et préfèrent se qualifier de pédophiles, pédérastes, ou hébéphiles, selon les cas. D'autres encore lui préfèrent les termes spécifiques boylover et girllover, prétextant que les attirances pédophiles homosexuelle et hétérosexuelle ont peu à voir entre elles.

Bien qu'un très grand nombre d'opinions parfois opposées soient représentées au sein du « mouvement », une majorité de ses sympathisants s'accordent sur les objectifs suivants :

  • changer la perception du public sur la pédophilie, la pédérastie et l'éphébophilie ;
  • poser une différence entre la pédophilie et l'abus sexuel ;
  • promouvoir la dépénalisation de certaines formes d'expression érotique impliquant des enfants ou adolescents (textes, dessins, photos, etc.) ;
  • promouvoir une abolition ou une révision de la notion légale de majorité sexuelle ;
  • accroître la connaissance sur les effets de l'activité sexuelle chez les enfants, en favorisant la recherche dans le domaine ;
  • soutenir les mouvements et organisations qui luttent pour les droits de l'enfant.

Certains pédophiles disent également que le sexe n'est pas la raison d'être de leurs relations avec les enfants. Edward Brongersma, dans Boy-Lovers and Their Influence on Boys (Les Boy-Lovers et leur influence sur les garçons), où il rapporte le résultat d'interviews de personnes engagées dans des relations avec des enfants, écrit : « Dans une relation, le sexe est généralement un élément secondaire[110]. »

De plus, les activistes pédophiles affirment que les contacts sexuels avec des adultes ne sont pas nécessairement dangereux pour les enfants. Parmi leurs principaux argumentaires figure une étude scientifique publiée en 1998 dans la revue Psychological Bulletin, signée des psychologues Bruce Rind, Philip Tromovitch et Robert Bauserman : A meta-analytic examination of assumed properties of childsexual abuse using college samples. (Méta-analyse des conséquences de l'abus sexuel sur enfants, à partir de cas non cliniques[111]) ; cette étude analyse et compare les résultats d'un ensemble d'enquêtes menées auprès de lycéens ayant connu une relation sexuelle précoce avec un adulte. Les conclusions de l'étude relativisent beaucoup les effets négatifs de telles relations. Elle est donc souvent citée en référence par la mouvance « Childlove ».

Toutefois, cette étude ne fait pas l'objet d'une reconnaissance scientifique, sa publication ayant suscité une vive polémique aux États-Unis. Une résolution du Congrès a condamné sa publication par une revue scientifique, réaffirmant dans le même temps la nécessité de la protection de l'enfance contre les abus sexuels[112] et une majorité de chercheurs estiment que cet article est biaisé dans sa méthodologie et ses intentions. Dans Science or Propaganda? an examination of Rind, Tromovitch and Bauserman (1998) (Science ou propagande ? Une étude de Rind, Tromovitch and Bauserman (1998)), la pédiatre Stephanie J. Dallam écrit : « Après un examen minutieux des preuves, nous concluons que Rind et al. peut être décrit comme un article militant qui utilise la science de façon inappropriée pour essayer de légitimer ses vues »[113] L'étude a été largement critiquée, tant pour sa méthodologie que pour ses conclusions, et dénoncée comme un travail de propagande davantage que comme un texte scientifique[114],[115],[116]. Différents psychologues ont souligné les liens de deux des auteurs de l'article - Rind et Bauserman - avec des mouvances pro-pédophiles, leur participation à des conférences de groupes militants et leur collaboration avec Paidika : the Journal of pedophilia, un journal pédophile publié aux Pays-Bas. L'affaire a également suscité des interrogations quant au travail des comités de lecture dans les revues scientifiques américaines : l'article avait en effet été rejeté par un premier comité de lecture de Psychological Bulletin, proposé une seconde fois après un changement de comité, et finalement publié malgré un avis défavorable d'au moins l'un des membres du nouveau comité[117],[118].

Certains activistes pédophiles arguent que l'enfant a une sexualité innée depuis sa prime-enfance. Ils contestent notamment la pertinence des notions de majorité sexuelle en se référant aux travaux de plusieurs chercheurs, comme Alfred Kinsey, Floyd Martinson, Alayne Yates ou William Masters, qui montrent des exemples de réponses sexuelles, masturbations et jeux sexuels avec d'autres jeunes enfants. Toutefois, Alfred Kinsey fut une personnalité controversée et beaucoup de psychologues influents de son époque, comme Abraham Maslow, étaient très critiques vis-à-vis de sa méthodologie. L'institut Kinsey a fini par reconnaître que les éléments des rapports Kinsey décrivant la capacité sexuelle des enfants venaient tous d'une même personne[119], et que cet homme utilisé comme source par Kinsey abusait sans aucun doute sexuellement les enfants dont il prétendait décrire les réactions[120]. - Les pédérastes et hébéphiles de la mouvance sont dans leur ensemble opposés aux lois sur le consentement. Certains d'entre eux avancent que par le passé, la puberté était considérée comme le passage à l'âge adulte dans la plupart des sociétés, et qu'il s'agit d'une indication naturelle du fait que le corps est sexuellement mûr. Ils critiquent la définition légale, qu'ils jugent aussi arbitraire que discriminatoire. Opposés au concept de majorité sexuelle légale, ils préconisent que chaque individu qui souhaite s'engager dans des activités sexuelles puisse pouvoir prendre sa propre décision. Ce point de vue ne tient pas compte de la question de la maturité minimale nécessaire pour mesurer pleinement les conséquences de ses actions, question classique pour n'importe quel domaine concernant le consentement de mineurs (droit de vote, permis de conduire, etc.).

Dans beaucoup de pays, l'âge de la majorité sexuelle est plus élevé que l'âge de la puberté. Si un adolescent entretient des relations sexuelles avec un adulte entre ces deux âges, ce dernier peut être considéré comme un agresseur sexuel - bien qu'il ne soit pas pédophile.

Certains pédophiles affirment connaître la « sexualité infantile » et présentent officiellement des principes préalables aux relations sexuelles avec des enfants, se résumant principalement au consentement de l'enfant et de ses parents.

En 1998, Frans Gieles, membre du groupe NSVH proposait quatre « règles éthiques » à suivre lors d'une relation adulte-enfants[121]. À la même époque, des principes équivalents étaient proposés par d'autres groupes ou personnalités[122], donnant lieu plus récemment à une synthèse par le groupe MARTJIN sous la forme suivante[123] :

  • consentement de l'enfant et de l'adulte ;
  • ouverture envers les parents de l'enfant ;
  • liberté pour l'enfant de cesser la relation à tout moment ;
  • harmonie avec le développement de l'enfant.

Il est toutefois difficile de savoir quel crédit attribuer aux principes officiels présentés par ces mouvances. Si certains groupes comme MARTIJN prônent le respect des lois[124], décourageant ainsi de fait les relations sexuelles adulte-enfant, d'autres comme KRUMME n'ont pas ces réserves[125].

Les objections les plus avancées à ce « code éthique » sont les suivantes  : l'enfant n'est pas suffisamment mûr pour avoir la liberté de faire cesser une relation abusive et il pourrait très facilement être contraint à maintenir la relation contre sa volonté, le pédophile pouvant user de force ou de manipulation. Par ailleurs, la majorité des psychologues de l'enfance affirment qu'une relation sexuelle entre un adulte et un enfant ne peut se faire en harmonie avec un développement normal de celui-ci.

Réactions dans l'opinion publique et affaires criminelles

Les membres de la mouvance contemporaine affirment qu'ils n'approuvent pas l'abus d'enfants ni les activités illégales : l'opinion publique sur ce point est sceptique. Ce scepticisme a été renforcé par des incidents rendus publics impliquant des membres et des groupes associés au mouvement dans des affaires d'abus sexuel, ainsi que par les similitudes entre le discours de la mouvance et celui des abuseurs sexuels cherchant à justifier leurs actes[126],[127].

Les mouvances pro-pédophiles ont suscité une forte opposition et leur progression sociale et politique est restée très limitée. Presque tous les gouvernements nationaux se conforment aux protocoles de Nations unies pour définir les lois sur la majorité sexuelle et sur la criminalisation de la pornographie enfantine. Cette dernière a fait l'objet d'un traité aux Nations unies, signé par près de 130 pays entre 2000 et 2004[128]. Quant à la convention des Nations unies sur l'âge de consentement (1962), elle fait force de loi un peu partout depuis 1990[129].

Des militants pour la prévention de l'abus sexuel, des professionnels de la loi et des journalistes notent que les proclamations due la mouvance quant à sa désapprobation de l'abus sexuel n'ont pas toujours été suivies dans les faits. Les membres de la mouvance répondent souvent que les abuseurs n'appartiennent pas au mouvement, ou que le mouvement aurait pu les aider à ne pas franchir la ligne jaune[130]. Les observateurs estiment dans leur majorité que les promoteurs d'un amour et d'une sexualité inoffensive entre adultes et enfants n'agissent pas toujours comme ils le prétendent, en citant ces arrestations comme preuves[131].

Beaucoup de ces incidents impliquent l'association NAMBLA, l'organisation la plus connue de la mouvance. Certains affirment que ces arrestations sont limitées à cette association et ne sont pas représentatives du mouvement global. Pour la plupart des observateurs, ces incidents sont révélateurs de la face réelle de la mouvance et symbolisent les problèmes posés par ses objectifs.

Quelques exemples d'affaires récentes aux États-Unis :

  • Le révérend P.S., un prêtre accusé d'avoir abusé des enfants dès 6 ans pendant une période de 30 ans, aurait participé aux premiers travaux et actes militants du mouvement à ses débuts, d'après le journal Boston Globe[132].
  • C.J., également soupçonné d'appartenir à NAMBLA, fut condamné pour le meurtre et le viol d'un enfant de 10 ans. Les parents de l'enfant ont poursuivi NAMBLA et ses responsables en affirmant que C.J. aurait écrit dans son journal personnel que sa participation à NAMBLA et les lectures des publications de l'association l'auraient aidé à dépasser ses inhibitions vis-à-vis du sexe avec les jeunes garçons[133].
  • J.D.S., un homme condamné à San Francisco d'avoir agressé un garçon de 11 ans lors d'un baby-sitting, a rencontré un enquêteur anonyme en tant que membre de NAMBLA. D'après l'enquêteur, l'homme utilisait ses contacts auprès de NAMBLA pour échanger de la pornographie enfantine et avoir des relations sexuelles avec des enfants[134].
  • J.T. fut condamné pour agression sexuelle sur un enfant en 1989 puis libéré sur parole en 1992 avec la condition de ne pas posséder de pornographie enfantine. Après avoir déménagé sans informer les autorités de sa nouvelle adresse, il fut retrouvé à la suite d'une émission télévisée américaine sur la recherche de criminels (America’s Most Wanted). Il fut arrêté et condamné pour pornographie enfantine. Lors du procès, la cour a déclaré que J.T. était membre de NAMBLA, que l'association aidait un orphelinat en Thaïlande où des enfants étaient abusés, et que J.T. et d'autres personnes y voyagaient pour rencontrer de jeunes garçons. Les preuves apportées étaient des photographies fournies par les autorités thaïlandaises, montrant J.T. en compagnie de jeunes garçons thaïs assis sur lui[135].
  • J.C.P., un New-Yorkais ayant affirmé à la police, d'après les archives judiciaires, être membre de NAMBLA, a été arrêté en 2000 et condamné en 2001 pour avoir pratiqué la sodomie sur un jeune garçon[136]

La publicité faite autour de ces incidents, ajoutée à la profonde opposition de l'opinion publique aux idées de la mouvance, ont mené à une grande controverse autour des activités et des membres de l'association. Beaucoup de ces membres ont pris leurs distances avec la NAMBLA et ses idées à cause de ces controverses et des crimes suscités.

En France, dans les années 1980 et au début des années 1990, certaines personnalités proches de l'extrême-droite ont repris à leur compte des idées pro-pédophiles et pro-pédérastes[137],[138].

Cette récupération s'est notamment exprimée dans les colonnes du magazine Gaie France, interdit de publication en 1993 pour « incitation à la pédophilie ». Elle s'est cristallisée autour de personnalités comme Michel Caignet, Bernard Alapetite (producteur de documents cinématographiques homosexuels mettant en scène des acteurs à l'apparence juvénile) ou Jean-Manuel Vuillaume, tous trois anciens responsables ou rédacteurs de revue d'organisations néo-fascistes et/ou néo-nazies (FANE pour le premier, Défense de l'Occident pour les deux autres) qui seront plus tard impliqués dans des affaires judiciaires de pornographie enfantine[139],[140].

Réactions du corps médical

La littérature médicale actuelle est très documentée sur le sujet des graves et profonds dommages psychologiques qu'occasionnent aux enfants les contacts sexuels avec des adultes[141]. Les pédophiles militants citent quant à eux plusieurs articles scientifiques controversés pour appuyer leurs dires. Aujourd'hui, le corps médical est très largement en désaccord avec les affirmations des pédophiles sur l'innocuité des contacts sexuels entre adultes et enfant dans un grand pourcentage de cas ; aucune étude sur des résultats allant dans le sens des idées du mouvement n'a été acceptée par la communauté scientifique[142].

Le psychiatre et expert judiciaire français Michel Dubec déclare : « Tous les pédophiles revendiquent leur amour des enfants et parlent de “nouvel amour”. Mais pour eux, ça va de soi, aimer c'est baiser. (...) Ces grands “intellos” rationalisant la pédophilie prônent une recherche pour une “enfance différente”, totalement émancipée. Mais ils ne disent pas que cette émancipation est d'abord la leur, celle qui leur permet de s'affranchir des interdits et de séduire les enfants. Ils prétendent nous faire découvrir un vrai savoir, avec des affirmations du genre “La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d'en aborder les rivages” (ainsi que l'écrivait Gai Pied hebdo du 31 janvier 1991). Tant de puérilité dans le raisonnement devient désarmante. Une chose est pour un enfant de rêver en se livrant à des jeux sexuels avec soi-même ou avec ceux de son âge, autre chose est d'être confronté au réel de la jouissance orgastique de l'adulte. Jouissance à laquelle lui, l'enfant, n'est pas encore en mesure d'accéder et qui peut le plonger dans des émois qu'il ne pourra gérer psychiquement »[143].

Le psychiatre français Bernard Cordier, membre dans les années 1990 du groupe de travail interministériel santé-justice sur le traitement des délinquants sexuels, distingue comme une catégorie spécifique de pédophiles « les prosélytes, qui invoquent des arguments pseudo-culturels et militent pour la dépénalisation de la pédophilie au nom du droit des enfants consentants au plaisir »[144]. Il précise, concernant le cas de Gabriel Matzneff et des écrits complaisants en général : « Je ne dis pas que [le type d'écrits comparables à ceux de Gabriel Matzneff] sème la pédophilie. Mais il la cautionne et facilite le passage du fantasme à l'acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu'ils ne sont pas les seuls de leur espèce. D'ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l'égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments : si des gens éclairés défendent cet écrivain, n'est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d'arrière-garde ? Ils veulent croire et prétendre que la société libérera un jour la pédophilie, comme elle l'a fait pour l'homosexualité, au nom de la défense des différences. Rien n'est plus faux ! Dès qu'il y a un enfant et un adulte, il y a un abuseur et un abusé. Cela n'a rien à voir avec une relation entre deux êtres véritablement consentants[145] ».

Le psychanalyste français Pierre Lassus, directeur de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance, déclare pour sa part : « Je ne supporte pas qu'un petit cercle de mondains défende cette pose du pédophile esthète. Leur défense est la perversion même : selon l'inversion bien connue du discours, la victime devient le bourreau »[146].

William E. Prendergast, psychologue clinicien américain, juge « ridicules » les discours pro-pédophiles sur les bienfaits de la sexualité adultes-enfants, et considère que les groupes soutenant ces vues ont pour finalité de fournir des justifications aux abuseurs sexuels[147].

Symboles utilisés par les groupes pédophiles militants

En 2007, Wikileaks a publié un document interne du FBI indiquant les symboles de reconnaissance utilisé par les différents groupes de militants pédophiles[148]. On y voit entre autres un triangle spiralé de couleur bleu utilisés par les BoyLovers (pédophiles attirés par les garçons) et nommé BLogo, censé représenter la relation entre l'adulte (triangle extérieur) et l'enfant (triangle intérieur). Divers pendentifs, bijoux et médailles ont été frappées avec ce logo. Quant aux pédophiles attirés par les filles (GirlLovers), ils utilisent un logo proche du premier, une spirale en forme de cœur de couleur rose.

Références

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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Essais :

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  • Tony Duvert, L'enfant au masculin, Éditions de Minuit, 1980.
  • Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir, Seuil, 1988
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  • (de) Angelo Leopardi (sous la direction de), avec des articles ou contributions d'Edward Brongersma, Volker Beck, Bruno Bendig, Peter Mangold, Volkmar Sigusch, A. Siegel, W. Vogel, Frits Bernard, Der pädosexuelle Komplex, Foerster Verlag, Francfort, 1988.
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  • Gabriel Matzneff, Les passions schismatiques, Stock, 1977.
  • (en) PSVG, Pedophilia Protestantse Stichting voor Verantwoorde Gezinsvorming, 1981.
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  • Christiane Rochefort, Les enfants d'abord, Grasset, 1976.
  • René Schérer, Émile perverti, Laffont, 1974.
  • René Schérer et Georges Lapassade, Le corps interdit, E.S.F., coll. « Sciences de l'éducation », 1976.
  • René Schérer, Une érotique puérile, Galilée, 1978.
  • René Schérer, L'emprise des enfants entre nous, Hachette, 1979.
  • Leïla Sebbar, Le pédophile et la maman, Stock, 1980.
  • Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. « Points Histoire », 2004.

Collectifs et revues :

  • « Co-ire » (dir. René Schérer et Guy Hocquenghem), Recherches n°22, 1977.
  • Le fou parle n°7, juillet/août 1978.
  • « Fous d'enfance, qui a peur des pédophiles ? », Recherches n°37, 1979.

Articles

Articles directement liés à l'histoire du militantisme pédophile ou à l'activisme pédophile :

Autres articles utilisés comme références :

Documents officiels

Ressources en ligne

Notes et références

  1. a et b « Les amateurs d'enfants ont longtemps bénéficié d'une indulgence nourrie de discours pseudo-libertaires. » : La Pédophilie, enquête sur un sujet tabou, L'Express, 2 février 1995
  2. a, b et c Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001.
  3. Roger-Pol Droit, « De la subversion par la sexualité à la reconnaissance des droits de l'enfant », Le Monde, 1er mars 2001.
  4. a, b, c, d et e Sorj Chalandon, « “Libé” en écho d'un vertige commun », Libération, 23 février 2001.
  5. Selon la traduction donnée sur le site du COC Nederland.
  6. a, b, c, d et e Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987.
  7. Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987, note 14.
  8. a, b, c, d, e et f Anne-Claude Ambroise-Rendu, 2005.
  9. a et b Angelo Leopardi, 1988.
  10. Edward Brongersma, « Schutzalter 12 Jahre? - Sex mit Kindern in der niederländischen Gesetzgebung », dans Angelo Leopardi, 1988.
  11. a, b et c Jan Schuijer, 1990.
  12. Theo Sandfort, 1990.
  13. Texte en ligne
  14. a, b et c Frits Bernard, 1997.
  15. Edward Brongersma, 1984.
  16. a, b et c Anne-Claude Ambroise-Rendu, Un siècle de pédophilie dans la presse (1880-2000), Le Temps des médias n°1, 2003
  17. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, page 65
  18. René Schérer, Émile perverti, Laurence Viallet-éditions du Rocher, édition de 2006, pages 145-146
  19. a et b La Pédophilie entre les lignes, Médias
  20. a, b et c Roger-Pol Droit, 2001.
  21. lire en ligne
  22. Jacques Dugué s'explique. Libération 21 et 22 Janvier 1979
  23. L'Archange aux pieds nus, interview de Gabriel Matzneff, Gai Pied, 1er janvier 1983
  24. Les principales affaires de pédophilie depuis 2000, Le Nouvel Observateur, 26 novembre 2005
  25. Avec le pédophile Jacques D., des victimes de père en fils?, Libération, 11 juillet 2000
  26. Un pédophile condamné à trente ans de prison, Libération, 14 février 2002
  27. « Non à l'enfant poupée », propos recueillis par Guy Hocquenghem et Marc Voline, Libération, 10 avril 1979
  28. Tony Duvert, L'Enfant au masculin, éditions de Minuit, 1980, page 106
  29. Les « Comités communistes pour l'autogestion » publient en 1978 une brochure intitulée Homosexualité et Pédophilie, qui laisse une dizaine de pages aux pédophiles pour exprimer leurs revendications. FRED, 1978.
  30. Choub, « La petite différence et sa grande conséquence », dans L'Étincelle n°114, publication de la LCR, février 1981.
  31. Au cours d'une émission de télévision, intitulée « Quelles valeurs pour demain ? » et où il présentait le livre d'Ingolf Diener et Eckard Supp Ils vivent autrement. Les Alternatifs de la RFA (Stock, 1982), Daniel Cohn-Bendit déclare, entre autres : « Je viens à 9 heures du matin retrouver mes huit petits gosses entre 16 mois et 2 ans. Je vais leur torcher le cul, Je vais... les chatouiller, ils me chatouillent, on se fait des papouilles. (...) Vous savez que la sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique. (…) Quand une petite fille, de 5 ans, commence à vous déshabiller... c’est fantastique ! C’est fantastique parce que c’est un jeu absolument érotico-maniaque ! »
  32. L.D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos " insoutenables " de l’ancien leader étudiant. »,L'Humanité, 24 février 2001.
  33. a et b Insultes sur un plateau télé entre Cohn-Bendit et Bayrou, Le Figaro, 5 juin 2009
  34. (« Le remords de Cohn-Bendit », L'Express, 22 février 2001)
  35. Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001
  36. Leïla Sebbar évoque en 1980 en quatrième de couverture de son ouvrage Le Pédophile et la maman « le silence et la perplexité où se tiennent les femmes, en particulier celles du "Mouvement" ».
  37. Fraisse, 2001 ; Bekimoun et Blanchard, 2001
  38. Pour plus de détails, voir Camilla, 1985.
  39. a, b et c Duraz, 1981
  40. Ce guide touristique destiné aux homosexuels a été accusé de fournir des adresses où ses acheteurs pouvaient trouver des jeunes garçons prostitués. Dominique Bari, « Tourisme sexuel : le procès », L'Humanité, 15 février 1995.
  41. Philippe Carpentier, « Et en Flandre ? », dans L'Espoir n°6, juin-juillet 1983.
  42. Philippe Carpentier, « Le cancer de l'Occident chrétien », dans L'Espoir n°27, CRIES, septembre-octobre 1986.
  43. Serge Duraz, « En Allemagne », dans Le Petit Gredin n°3, été 1983
  44. Nelson (1983) parle d'une « opinion publique incrédule » face aux revendications de la NAMBLA.
  45. Parliamentary Joint Committee on the National Crime Authority (1995), 3.9 à 3.13
  46. FRED, 1978.
  47. Serge Duraz, « Le mouvement pédophile en France... »Le petit Gredin n°0, GRED, 1981.
  48. a, b, c, d et e François Michaël, Une enquête sur la presse pédophile, Gai pied hebdo, n°230-231.
  49. Ours et présentation de la revue
  50. Ce qui lui vaut d'être interdit en 1993. Cf. l'article Gaie France.
  51. Willy Marceau, « Backside », dans Le petit gredin n°3, GRED, été 1983.
  52. Actualité des parutions du Petit Gredin n°6, GRED, printemps 1985.
  53. Françoise Van De Moortel, 2000.
  54. Sans signature, « Trois ans de prison pour l’organisateur du réseau » dans L'Humanité, 10 septembre 1997.
  55. Philippe Carpentier, « Les rencontres de Copenhague », dans L'Espoir n°21, CRIES, septembre-octobre 1985.
  56. (en) Rapport de la réunion 2006 de l'IPCE, IPCE, juin 2006.
  57. Entretien de Gabriel Matzneff avec Antoine Perrucho, paru en 1982 dans l'hebdomadaire Gai pied, sous le titre « L'Archange aux pieds nus », reproduit sur le site matzneff.com.
  58. (de) Die Welt, 20 mars 1985.
  59. Jean-Claude Guillebaud, « Droit d'inventaire : trois remarques », L'Humanité, 24 février 2001.
  60. L. D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos “insoutenables” de l’ancien leader étudiant »,L'Humanité, 24 février 2001.
  61. Paul Quinio, « L'affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68 », Libération, 23 février 2001.
  62. « Gabriel Matzneff : “Le décervelage est à l’ordre du jour” », L'Humanité, 13 novembre 2002
  63. L'éditorial du cinquième numéro de la revue Masques rappelle en 1980 que « l'essentiel de la répression anti-homosexuelle s'exerce au nom de la protection des mineurs ».
  64. David Thorstad, « Man/Boy Love and the American Gay Movement », dans le Journal of Homosexuality # 20, pages 251-74, 20, 1990.
  65. Éditorial de Gay News du 29 septembre 1983.
  66. Pour plus de détails, voir l'article NAMBLA.
  67. (en)Une page sur cette expulsion sur paedosexualitaet.de
  68. site internet
  69. Pour plus de détails et de références, voir les articles Danish Pedophile Association et Krumme 13.
  70. Pedophilia web site a concern for parents and FBI, Bay News 9
  71. Pedophile Removes Web Photo of Obama's Daughters After Legal Threat, Fox News, 5 mars 2007
  72. Wikisposure : Puellula.com
  73. The Pornography laws, CBC.ca
  74. Gregory J. Walters, Gregory, Human Rights in an Information Age: A Philosophical Analysis, University of Toronto Press, 2002, pp. 76
  75. Points 129, Points 241 et 242, des conclusions de la cour : « "I would uphold s. 163.1(4) on the basis that the definition of “child pornography” in s. 163.1 should be read as though it contained an exception for: (1) any written material or visual representation created by the accused alone, and held by the accused alone, exclusively for his or her own personal use; and (2) any visual recording, created by or depicting the accused, provided it does not depict unlawful sexual activity and is held by the accused exclusively for private use. »; « When children are depicted in pornographic representations, the camera captures their abuse and creates a permanent record of it. This constitutes an extreme violation of their privacy interests. By criminalizing the possession of such materials, Parliament has created an incentive to destroy those pornographic representations which already exist. In our view, this beneficial effect on the privacy interests of children is proportional to the detrimental effects on the privacy of those who possess child pornography. (...) When the effects of the provision are examined in their overall context, the benefits of the legislation far outweigh any harms to freedom of expression and the interests of privacy. The legislation hinders the self-fulfilment of a few, but this form of self-fulfilment is at a base and prurient level. Those who possess child pornography are self-fulfilled to the detriment of the rights of all children. The prohibition of the possession of such materials is thus consistent with our Charter values. It fosters and supports the dignity of children and sends the message that they are to be accorded equal respect with other members of the community. In our view, Parliament has enacted a law which is reasonable, and which is justified in a free and democratic society. » R. v. Sharpe, Supreme Court of Canada
  76. Sharpe not guilty of possessing written child pornography - CBC News, 12 mars 2002
  77. Sharpe sentenced to 2 years for indecent assault - CBC News, 20 juillet 2004
  78. a et b Jean-Pierre Stroobants, 2006.
  79. Gilbert, 1981.
  80. Gilesse, 1992.
  81. Ses nouveaux ouvrages sont toujours chroniqués par les grands quotidiens nationaux et font parfois partie des pré-sélections de certains prix importants (La Passion Francesca et Mamma, li turchi aux Renaudot 1998 et 2000).
  82. « Matzneff est un dandy oublié, dans une fin de siècle condamnée à l'uniformité des comportements. », Hugo Marsan, 1993.
  83. Comme certains des peintres et dessinateurs de l'exposition « When love turns to poison » à Berlin en 2004 ((de)Karin Schmidl et Eva Dorothée Schmid, « Kunst oder Pornografie? » [« Art ou pornographie ? »], dans la Berliner Zeitung, 8 avril 2004.
  84. En 1999, L'empereur Tomato-Ketchup, film de Shûji Terayama datant de 1970 et mettant en scène une contre-utopie dans laquelle les enfants prennent le pouvoir et violent des adultes a été saisi par la justice après sa projection à la Cinémathèque de Grenoble, alors qu'il avait un visa d'exploitation. Ce qui a choqué étant simplement « le fait de faire poser des enfants nus ».
  85. Une association de défense de l'enfance a porté plainte en 2000 contre le directeur du Centre d'arts plastiques contemporain (CAPC) de Bordeaux suite à l'exposition « Présumés innocents - L'art contemporain et l'enfance  », l'accusant d'avoir aidé à la « diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique », alors que les œuvres incriminées ne présentaient manifestement aucun caractère pédopornographique. Lindgaard, 2001 ; Courtois, 2006.
  86. L'essai de Tony Duvert L'Enfant au masculin, publié aux éditions de Minuit, postule ainsi, page 178, que le contact sexuel entre un enfant et un homme adulte ne représente pour l'enfant qu'un rapport homosexuel, qui peut correspondre à son orientation sexuelle et que condamner les pédophiles équivaut à persécuter les homosexuels.
  87. Georges Vigarello, 2004, p. 275. Plus généralement, sous-partie « La certitude d'un irrémédiable trauma », p. 275-281.
  88. Georges Vigarello, 2004, p. 270.
  89. La Pédophilie entre les lignes, Médias n°8
  90. Georges Vigarello, 2004, p. 271. En 2004, selon L'Annuaire statistique de la justice 2006, 524 viols ont été commis.
  91. Mêmes sources.
  92. Georges Vigarello, 2004, p. 273.
  93. De 1987 à 1995, le nombre d'articles du Monde contenant les mots « pédophile(s) » ou « pédophilie » s'élevait de 5 à 24, pour la période 2000-2006, ce chiffre était de 122 à 254. Le quotidien québécois La Presse est lui passé de 4 en 1987 à 174 en 2005. Cette augmentation se vérifie pour tous les grands quotidiens francophones.
  94. Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. « Points Histoire », 2004, p. 273. Ce glissement sémantique a été enteriné par le Petit Robert 2004, qui ajoute à la définition de la pédophilie comme simple attirance sexuelle celle de la pratique effective.
  95. Raphael Cohen-Almagor, Euthanasia in the Netherlands: the policy and practice of mercy killing, Springer-Verlag New York Inc., 2004, page 165
  96. Marteau (2006)
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  103. « Que nous apprend 4chan sur l’internet de demain ? », ReadWriteWeb, février 2010.
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  107. (en) « British detectives smash global paedophile ring », The Daily Mail, 17 mars 2011.
  108. Assessment of the Accused Adult
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  110. Boy-Lovers and their influance on Boys, texte publié par le site internet IPCE.
  111. Traduction française et commentaires en français
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  120. (en)Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview, par Gary Pool, in Humanist, Sept-Oct 1996 Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview - page 2 | Humanist "Dr. Bancroft admits without hesitation that the man who provided the data for tables 31 through 34 undoubtedly sexually exploited the children whose behavior was chronicled. "The question is," Bancroft continued, "why was Kinsey not totally open about his man being the only source for those tables?"(...)
  121. Les règles du JORIS
  122. Boylove Code of Ethics
  123. Les site de MARTIJN, Lindsay Ashford (fermé en 2007) et du Mouvement Childlove
  124. Les statuts de MARTIJN
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  136. 404 Error - File Not Found.
  137. L’enquête sulfureuse de Bernard Violet sur l’assassinat du pasteur Doucé, L'Humanité', 18 mai 1994
  138. Magazine Pédo Porno des années 90
  139. Johannes Franck Pédophiles: des violeurs parmi les voyeurs, Libération, 20 juin 1997
  140. Isabelle Monnin, Pédophilie: du silence à l’obsession, Le Nouvel observateur, 26 juin 1997
  141. Par exemple, en anglais : JAMA -- Abstract: Pedophilia, November 20, 2002, Fagan et al. 288 (19): 2458, Childhood sexual abuse and psychiatric disorder in... J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 1996 - PubMed result, Psychopathology, childhood sexual abuse and other ... Psychol Med. 2001 - PubMed result,Childhood maltreatment increases risk for personal... Arch Gen Psychiatry. 1999 - PubMed result)
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  148. La page a été supprimée depuis mais elle reste accessible sur la Wayback Machine (web archive) : (en) Document du FBI sur les symboles pédophiles (page Wikileaks) - différentes versions sur la Wayback Machine.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Apologie de la pédophilie de Wikipédia en français (auteurs)

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