95e régiment de sécurité


95e régiment de sécurité
Sicherungs-Regiment 95
95e régiment de sécurité
Période 1940
Pays Troisième Reich Reich allemand
Branche Wehrmacht
Type Infanterie
Rôle protection des ouvrages d’arts puis répression et anéantissement des maquisards
Guerres Seconde Guerre mondiale
Commandant Heinrich Bohmer

Le Sicherungs-Regiment 95 (95e régiment de sécurité), était un régiment des forces allemandes destinée à la répression et à l’anéantissement des maquisards, Limousins en particulier, et qui sévit dans la région de mars-avril à août 1944.

Sommaire

Création et différentes dénominations

Le 95e Régiment Landesschützen[1] est créé le 18 septembre 1940 à Erfurt. Il est immédiatement renommé 93e Landesschützen-Regiment, qui vient d’être dissous, et dépend de la 409e Division zbV.

Durant l’hiver 1940-1941, le régiment reprend son numéro initial.

Le 15 février 1943 le 95e Landesschützen-Regiment devient le 95e Sicherungs-Regiment.

Historique

Créé le 18 septembre 1940 à Erfurt, le régiment est immédiatement renommé 93e Landesschützen-Regiment et dépend de la 409e Division zbV.

Durant l’hiver 1940-1941, le régiment reprend son numéro initial et est rattaché au XIXe Armeekorps, le groupe de Guderian, et stationne en Allemagne dans la région de l’Eifel, Maas, Dünkirchen avant d’être attaché au commandement militaire en France dans la 1re Division zbV.

Le 12 mars 1942 le 95e est rattaché à l'arrondissement d'administration militaire C dans le nord-est de la France et L’état-major s’installe à Vesoul.

Le 15 février 1943 le 95e Landesschützen-Regiment devient le 95e Sicherungs-Regiment chargé de la protection de Dijon et de ses environs. L’état–major s’installe alors dans la capitale du Duché de Bourgogne. Le régiment est alors composé de 4 bataillons à 3 compagnies.

Du 7 août 1943 au 23 août 1943 les 2e et 4e bataillons sont mis à la disposition du Sicherungs-Regiment Böhmer. Le 4e régiment restera rattaché jusqu’au 14 décembre 1943. Le reste du régiment dépend dès le 7 août 1943 de la 19e armée. L’état major stationne à Marseille, le 1er bataillon à Dijon, le 2e bataillon à Nevers, le 3e bataillon à Besançon.

Au printemps 1944, l'état-major se trouvait à Brive, le 1er bataillon à Clermont, le 2e bataillon à Limoges, le 3e bataillon à Tulle et le 4e bataillon à Marseille.
Les 14 compagnies des 1er, 2e et 3e bataillons sont répartis dans les villes importantes du Puy-de-Dôme, de la Haute-Vienne, de la Corrèze et du Cantal.
Cette troupe est assez disparate. Elle est composée de très jeunes recrues mais également de vétérans chevronnés et de polonais.
Le rôle du régiment[2] est de maintenir la sécurité des communications et de servir, éventuellement, de point d'appui pour les opérations contre le maquis.

Après la retraite de l’armée allemande de la France, le régiment est dissous, en décembre 1944.

95e Sicherungs-Regiment en Corrèze

En mai 1944, le 95e Sicherungs-Regiment était commandé par le colonel Heinrich Bohmer (officier supérieur de la Wehrmacht, qui avait adhéré au complot du 20 juillet contre Hitler et qui depuis le débarquement avait compris la chute du Reich. C’est pour cela qu’il acceptera des pourparlers pour la reddition des villes de Brive et Tulle.

Le 95e Sicherungs-Regiment est composé de 3 bataillons et de 14 compagnies réparties dans les départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne, du Puy-de-Dôme et du Cantal.

Son rôle est essentiellement d’assurer le maintien de l’ordre et de la répression contre le Maquis en occupant les garnisons de Brive, Tulle et Ussel.

Depuis sa création, le régiment était réservé à la protection des ouvrages d’arts, composé pour cette affectation d’hommes inaptes au service de la zone armée, troupe disparate faite de vieilles classes, Polonais, mais aussi jeunes recrues.
Dirigé sur Sète, il y fut renforcé, en avril 1944, de 2 bataillons revenant du front russe comprenant des prisonniers de l’armée russe du général Vlassov, les Ost-Légions qui étaient composées de Géorgiens, Ukrainiens, Tartares, Azerbaidjanais[3] Ainsi composé le 95e régiment est envoyé en Limousin pour les fonctions désignées.

Ces troupes étaient toutefois mal ravitaillées, démoralisées et les hommes faisaient un complexe de crainte, constatant que la situation était pour eux sans issue et avaient la conviction que le maquis voulait les tuer tous.

Il n’en est pas moins vrai que lorsque les troupes étaient envoyées en patrouille et tombaient sur des embuscades, elles vendaient chèrement leur peau, mais leurs sorties furent relativement rares.
Le 3e bataillon sous les ordres du capitaine Franz Reichmann, se rendit, responsable du meurtre de dix-huit gardes-voies. 10 membres du bataillon sont jugés à Bordeaux le 29 mars 1949. Les trois officiers inculpés sont condamnés à quinze (Franz Reichmann, Willi Schlewski) ou dix (Jean Retzer) ans de travaux forcés ; 4 inculpés sont reconnus coupables mais libérés sous l'excuse absolutrice d'avoir agi sur ordre et trois sont acquittés. Schlewski et Retzer sont libérés le 18 septembre 1952 et Reichmann le 25 janvier 1953[4]

En juin 1944, Tulle était occupée par le 3e bataillon du Sicherungs-Regiment 95 forte de 289 à 700 hommes, suppléé par 600 à 700 hommes des GMR et de la Milice française.

Le 7 juin 1944, les maquis FTP de Corrèze, dirigés par Jacques Chapou, attaque la ville de Tulle. Les résistants disposent de 1 350 combattants, dont 450 ne participent pas au déclenchement de l'opération et de 1 350 hommes en soutien[5]. Pour Jean-Jacques Fouché & Gilbert Beaubatie, les forces en présence s'élèvent à un peu plus de trois cents hommes du côté allemand, l'attaque étant lancée par quatre cents FTP, qui sont rejoints ensuite par cent-vingt combattants supplémentaires en milieu d'après-midi le 7 et le 8 au matin[6]. Le 7 juin en début de soirée Tulle est libérée par la résistance. Vers 21 heures, les premiers chars de la 2e division blindée SS Das Reich arrivent à Tulle par trois axes de pénétration, prenant les maquisards par surprise et libérant ainsi les troupes retranchées dans la manufacture d'armes et dans l'école de Souilhac.

Article détaillé : Massacre de Tulle.


Après la reddition, les effectifs relevés furent les suivants :

  • Brive
    • 17 officiers dont le colonel Bohmer commandant le régiment
    • 500 hommes
  • Tulle
    • 40 officiers colonel Reichmann
    • 600 hommes
  • Ussel
    • 180 hommes sous le commandement des lieutenants Hahn puis Wilputz

Soit environ 1 300 hommes au total

Composition

  • Le 1er bataillon anciennement nommé Landesschützen-Bataillon 751
  • Le 2e bataillon anciennement nommé Landesschützen-Bataillon 340,
  • Le 3e bataillon anciennement nommé Landesschützen-Bataillon 758
  • Le 4e bataillon anciennement nommé Landesschützen-Bataillon 418

Liens internes


Lien externe

Notes, sources et références

  1. Les Landesschützen bataillon sont des unités d'infanterie territoriale composées de personnel plus âgé utilisé pour des fonctions de garde et de la garnison. C'est l'équivalent des régiments d'infanterie terroriale française
  2. Le 95e régiment de sécurité ne dépend pas, ne dépend plus, de la Wehrmacht mais du commandement territorial allemand
  3. Un certains nombre de ses hommes désertèrent quand ils furent persuadés qu’ils seraient accueillit dans les rangs de la Résistance comme les Géorgiens d’Egletons, et les Tatars de Saint Angel voir l’article sur la Colonne Jesser 29 au 30 juillet 1944
  4. B. Kartheuser, op.cit., T. 4, p.262
  5. J. Delarue, op. cit., pp. 348-50.
  6. Jean-Jacques Fouché, Gilbert Beaubatie, Tulle. Nouveaux regards sur les pendaisons et les événements de juin 1944, Éditions Lucien Souny, 2008, p. 59.

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