État du Qatar


État du Qatar

Qatar

دولة قطر (ar)
Dawlat Qatar (ar)
État du Qatar (fr)
Drapeau du Qatar Armoiries du Qatar
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Sans
carte
Langues officielles arabe
Capitale Doha
25°18′N 51°31′E
Plus grande ville Doha
Forme de l’État
 - Émir
Emirat
Hamad bin Khalifa Al Thani
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 156e
11 437 km²
Négligeable
Population
 - Totale (2008)
 - Densité
Classé 154e
928 635 hab.
69 hab./km²
Indépendance
 - Date
Royaume-Uni
3 septembre 1971


Gentilé Qatarien, Qatarienne/ Qatari, Qatarie/ Qatariote


Monnaie Rial qatari (QAR)
Fuseau horaire UTC +3
Hymne national As Salam al Amiri
Domaine internet .qa
Indicatif
téléphonique
+974


Le Qatar (prononcé Katar) (en arabe : دولة قطر) est un émirat du Moyen-Orient d'une superficie de 11 427 km². Il est situé sur une petite péninsule entourée par l'Arabie saoudite au sud et le golfe Persique au nord. Sa capitale est Doha. La langue officielle est l'arabe et la monnaie le rial qatari.

Le Qatar est un important producteur de pétrole et membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Sommaire

Histoire

Article détaillé : Histoire du Qatar.

Le Qatar est l'un des nombreux et récents émirats de la péninsule d'Arabie.

Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d'années puis plus récemment par le Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar est devenu un État indépendant le 3 septembre 1971. À la différence de la plupart des émirats voisins, le Qatar a refusé de devenir un membre des Émirats arabes unis ainsi que de l'Arabie saoudite. Malgré un climat aride et difficile, le Qatar a toujours connu une présence humaine durant des milliers d'années. Cette présence est le fait de plusieurs tribus nomades ou sur les côtes avec de petits villages de pêche. Les tribus se sont combattues pour les terres les plus lucratives, formant et cassant ainsi des coalitions entre elles.

Les Portugais occupèrent le détroit d'Ormuz, puis Mascate et Bahreïn. En 1517, ils prirent le Qatar et imposèrent leur contrôle maritime et commercial dans le Golfe. En 1538, ils furent chassés de la région par les Ottomans qui dominèrent le Qatar durant quatre siècles. Les Ottomans n'imposeront pas la langue turque aux habitants, cette langue restant le seul apanage de l'administration. Au cours du XVIIe siècle, le pays fut marqué par de violentes rivalités entre les tribus désirant contrôler le territoire. Les conflits entre tribus se poursuivirent jusqu'au début du XIXe siècle, alors que les Britanniques décidèrent d’intervenir.[1]

Les Britanniques ont tout d’abord considéré le Qatar et le Golfe Persique comme une position intermédiaire stratégique pour leurs intérêts coloniaux en Inde, mais la découverte de pétrole et d'hydrocarbures cent ans plus tard va changer leur vision. Pendant le XIXe siècle, période de développement des entreprises britanniques, la famille Al Khalifa règne sur la péninsule qatarie et l'île de Bahreïn. Bien que le Qatar soit une possession légale, des contestations naissent, le long du littoral oriental dans les villages de pêche de Doha et d'Al Wakrah, envers la domination des Bahreïnis Al Khalifa. En 1867, les Al Khalifa lancent une offensive massive contre les rebelles qataris en envoyant une force navale à Wakrah. Malgré le succès de l’opération, l'agression bahreïnie viole un traité de 1820 entre le Royaume-Uni et les Bahreïnis. La réponse diplomatique britannique ne se fait pas attendre, le colonel Lewis Pelly responsable du protectorat commence des pourparlers avec un responsable du Qatar. Ces pourparlers aboutissent à une séparation tacite du statut du Qatar d'avec celui de Bahreïn. L'homme choisi pour négocier avec le colonel Pelly était un entrepreneur respecté et un résident de longue date de Doha : Muhammed Ben Thani. La famille Al Thani, avait été relativement inactive dans la politique de Golfe, mais cet évènement lui assure l'ascendant sur le Qatar en tant que famille régnante, une dynastie toujours en place à ce jour.

La Seconde Guerre mondiale remet en cause l'emprise des Britanniques sur leur Empire, particulièrement quand l'Inde fut devenue indépendante en 1947. L'incitation à un retrait semblable des émirats du Golfe s’est accélérée pendant les années 1950 et les Britanniques ont bien accueilli la déclaration d'indépendance du Koweït en 1961. Sept ans plus tard, ils annoncent officiellement qu’ils se désengageront (politiquement, mais pas économiquement) du Golfe dans un délai de trois ans. Le Qatar, Bahreïn et sept autres États forment une fédération. Néanmoins, des conflits régionaux amènent le Qatar à déclarer son indépendance vis-à-vis de la coalition qui devient les Émirats arabes unis. 1971 marque la naissance du Qatar comme État souverain et devient membre de l'Organisation des Nations unies.

En 2005, le Qatar est dirigé par l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani, qui a pris les commandes du pays en renversant son père Khalifa bin Hamad Al Thani en 1995 tandis que celui-ci était en vacances en Suisse (il vivra en exil en France puis en Italie jusqu’en 2004, date de son retour au Qatar). Sous l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani, le Qatar a enregistré de nombreuses réformes sociales (droits des femmes) et politiques ; le nouvel émir apparaît comme beaucoup plus libéral que son père. Il dote aussi le pays d'une nouvelle constitution et il a créé Al-Jazira, la CNN arabe, qui est pour beaucoup dans la notoriété du pays. En 2004, un attentat probablement orchestré par les Russes tue le président tchétchène exilé au Qatar. En 2005, un attentat-suicide visant un petit théâtre à Doha a tué un ressortissant britannique, professeur d'anglais et de théâtre. Cet évènement a choqué le pays qui n'avait jamais auparavant connu d’acte terroriste.

Politique

Article détaillé : Politique du Qatar.

Le gouvernement qatari garde un certain nombre de restrictions sur la liberté d'expression et les mouvements pour l'égalité ; cependant comparé à ses voisins comme l'Arabie saoudite, le Qatar est l'un des pays les plus libéraux de la région.

Au Qatar, la famille souveraine Al-Thani (آل ثاني) a continué à détenir seule le pouvoir suite à la déclaration d'indépendance du pays en 1971. L'émir, qui est le chef de l'État, gère le Qatar en s'appuyant sur la famille Al-Thani. Néanmoins, au point de vue politique, le Qatar a commencé à évoluer d'une société traditionnelle à un État moderne, à l'écoute du bien-être de ses citoyens, depuis les années 1990.

La base de loi du Qatar (1970) a institutionnalisé les coutumes locales enracinées dans l'héritage conservateur wahhabite (son influence a diminué aujourd'hui) du Qatar, conférant à l'émir un très grand pouvoir. Le maintien des traditions de consultation, gérées par consensus, et du droit du citoyen de faire appel personnellement à l'émir, influencent le rôle de l'émir. L'émir, tandis qu'il n'est soumis à aucun individu, ne peut violer la charia (la loi islamique) et, en pratique, doit prendre en compte les opinions des dirigeants notables et de l'autorité religieuse. Le Conseil consultatif, un groupe aux membres désignés qui assiste l'émir dans l'élaboration de nouvelles politiques, a institutionnalisé la position de ces genres de groupes d'influences. Aucun parti politique n'existe dans le pays. Le ministre des affaires étrangères, interrogé plusieurs fois sur cette question, répond que le Qatar est un petit pays et ne peut pas contenir tous les partis politiques[réf. nécessaire].

L'afflux d’Arabes expatriés a introduit des idées qui remettent en question les doctrines de la société traditionnelle du Qatar, mais aucune contestation sérieuse à l'autorité de la famille Al-Thani n'a émergé.[réf. nécessaire]

En février 1972, le député souverain et premier ministre, Khalifa bin Hamad Al Thani, a destitué son cousin, émir Ahmad, et a assumé tous les pouvoirs. Les membres importants de la famille Al-Thani ont soutenu sa décision, exécutée sans aucune violence ni signes d'agitations politiques.

Le 27 juin 1995, le député souverain et premier ministre, Hamad bin Khalifa Al Thani, a destitué son père, émir Khalifa sans violence.[2] et s’est fixé pour objectif la visibilité du Qatar sur la scène régionale et, autant que possible, internationale[3]. L'émir Hamad et son père se sont réconciliés en 1996, mais le souverain renversé ne revient au pays qu'en 2004 après avoir séjourné en France puis en Italie. La liberté de la presse a été étendue, et la station de télévision Al Jazeera située au Qatar, a acquis une réputation unique en tant que source libre et non-censurée de l'information dans les pays arabes.

En 1999, les premières élections pour un Conseil communal sont organisées, candidature pour tous les adultes, femmes comprises, et en avril 2003 le pays se dote d'une constitution, dont la rédaction a duré quatre ans. Sa principale nouveauté : l'institution d'un "Majlis Al-Choura" (conseil consultatif) dont trente des quarante-cinq membres seront élus au suffrage universel direct, les quinze autres étant nommés par l'émir (article 77). La première élection de ce Parlement a eu lieu en 2004. La nouvelle Constitution n'autorise pas pour autant la formation de partis politiques. L'un des articles les plus novateurs est celui qui garantit la liberté de culte, sans la restreindre aux religions monothéistes dites « du Livre »[4]. Lors de la guerre contre l'Irak le pays a servi de base à l’état-major américain (commandement central américain de Tampa, Floride (« Centcom ») responsable des opérations de guerre en Irak). [2]

Par ailleurs, il a signé le 11 décembre 2002 avec les États-Unis un accord de coopération militaire relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd par les forces américaines.[3].

Géographie

Article détaillé : Géographie du Qatar.
Carte du Qatar

Le Qatar est une presqu’île de 11 437 km² située sur la rive sud du Golfe Persique. Il est limitrophe de l’Arabie saoudite à l'ouest, des Émirats arabes unis au sud et de Bahreïn au nord-ouest. Le pays s'étend sur 160 km de longueur et 80 km dans sa plus grande largeur. Ses 563 km de côtes furent jusqu'au XXe siècle la source de ses principales richesses, tirées de la pêche et des huîtres perlières

La plus grande partie de la péninsule qatarie est une plaine stérile recouverte de sable. Au sud-est se trouve la spectaculaire Khor Al Adaid ou « la mer intérieure ». Le pays est plat, son point culminant, situé dans le Jebel Dukhan, ne dépassant guère 90 m. C’est dans ce secteur que l’on trouve les principaux gisements terrestres de pétrole du Qatar, alors que les gisements de gaz naturel sont en mer, au nord-ouest de la péninsule.

Le climat du Qatar est désertique, chaud en été et très doux en hiver. Pendant l’été, les températures varient de 40 °C à 50 °C. Les averses hivernales sont minimes et la pluviométrie n’excède pas 75,2 mm par an. La végétation du Qatar est typique d’un tel climat : maigre, éparse, constituée de quelques broussailles épineuses et de quelques arbres d’espèces peu variées (parmi lesquelles prédominent les palmiers…). Les pluies d’hiver et de printemps viennent chaque année reverdir le désert, mais seulement pendant quelques semaines.

Doha, la capitale du Qatar, est aussi sa principale ville. Elle concentre la moitié de la population qatarienne et la quasi-totalité des infrastructures hôtelières et sportives du pays et abrite le Palais royal (Diwan Emiri).

En 1986, un contentieux régional est ravivé lorsque les forces qataries occupent l'îlot de Fecht el-Dibel, également revendiqué par le Bahreïn ; il est finalement apaisé par les termes d'un accord de paix. La découverte de gisements pétroliers, au début des années 1990, est le prétexte à de nouveaux différends territoriaux concernant la région Zubarah et les îles Hawar situées à l'ouest du pays. Le règlement proposé par la Cour internationale de justice en mars 2001 déclare[5] :

  1. à l'unanimité que Qatar a souveraineté sur Zubarah.
  2. dit par douze voix contre cinq que Bahreïn a souveraineté sur les îles Hawar.
  3. rappelle à l'unanimité que les navires du Qatar jouissent dans la mer territoriale de Bahreïn séparant les îles Hawar des autres îles bahreïnites du droit de passage inoffensif consacré par le droit international coutumier.
  4. dit par treize voix contre quatre que Qatar a souveraineté sur l'île de Janan, y compris Hadd Janan.
  5. dit par douze voix contre cinq que Bahreïn a souveraineté sur l'île de Qit'at Jaradah.
  6. dit à l'unanimité que le haut-fond découvrant de Fasht ad Dibal relève de la souveraineté de Qatar.

Le règlement est accepté par les deux pays et le Qatar déclare fériés les deux jours suivant la proclamation de la décision.

Subdivisions

Article détaillé : Subdivisions du Qatar.
Map of the governorates of Qatar in alphabetical order.

Qatar est divisé en 10 subdivisions (baladiyat, singulier - baladiya):

  1. Ad Dawhah
  2. Al Ghuwariyah
  3. Al Jumaliyah
  4. Al Khawr
  5. Al Wakrah
  6. Al Rayyan
  7. Jariyan al Batnah
  8. Ash Shamal
  9. Umm Salal
  10. Mesaieed

Économie

Article détaillé : Économie du Qatar.
Doha, capitale du Qatar . Vue de la corniche

Avant que l’on y découvre du pétrole, le Qatar était essentiellement une région de pêche et de perles de culture. Après l’arrivée de la perle japonaise sur le marché mondial dans les années 1920 et 1930, l’industrie de la perle au Qatar stagne du fait de cette nouvelle concurrence. C'est la découverte du pétrole dans les années 1940, qui va complètement transformer l'économie du pays. Les ressources principales du Qatar proviennent maintenant des exportations de pétrole et de gaz naturel. Le pétrole apporte au Qatar 80% de ses revenus à l'exportation et constitue les ⅔ des recettes[6]. On estime les réserves de pétrole du pays à 15 milliards de barils (2,4 km³). Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz après la Russie et l’Iran et espère devenir le premier exportateur mondial de gaz naturel. Le pays accueillera la première bourse des matières énergétiques du Moyen-Orient, Energy City. La ville s'étendra sur 2 km² et accueillera les bureaux des sociétés du secteur, ainsi qu’une myriade de services : laboratoires, banques, assurances, centres de formations, hôtels pour un coût de construction global de 2,6 milliards de dollars [7]. La dépendance à l’égard du gaz et, dans une moindre mesure, du pétrole, a incité les autorités qatariennes à s’orienter vers une diversification de l’économie. Elles entendent ainsi développer le tourisme et se confronter à la concurrence de Dubaï[3], notamment avec la construction de The Pearl, un archipel artificiel dédié au tourisme.

L'économie du Qatar dépend en grande partie d'une importante main-d'œuvre étrangère travaillant principalement dans le secteur de la construction. Le PIB du Qatar a triplé en 5 ans, atteignant le chiffre de 52,7 milliards de dollars en 2006. En outre, le pays génère de très confortables excédents financiers ce qui permet au Qatar de lancer de grands programmes industriels. Les hydrocarbures emploie 38 % de la population et génère 60% du PIB, le secteur des services (tourisme, construction) emploie quant à lui 59% de la population[8].

À côté du pétrole et du gaz, l’agriculture, l’élevage et la pêche, ressources traditionnelles du Qatar, sont également à l’ordre du jour grâce à l’implantation de fermes expérimentales de l’État. La pêche, quant à elle, satisfait à 90% la demande locale. Défendant cependant le principe de la libre entreprise, il encourage l’investissement privé par certaines incitations fiscales comme la suppression d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Quant aux sociétés étrangères, elles sont imposées de 5 % à 35 % sur les bénéfices qu’elles réalisent sur place, encore que nombre d’entre elles fassent exception à la règle, soit parce qu’elles sont des coentreprises, soit parce qu’elles sont sous contrat avec l’État [9]

Désormais, le pays a atteint un niveau de vie élevé, offrant à ses citoyens tous les services sociaux et agréments de n'importe quel pays industrialisé. Le niveau de vie des Qataris est comparable à celui des pays d'Europe occidentale. Le Qatar a le PIB par habitant le plus élevé des pays en voie de développement (39 607 $ en 2005). Le PIB par habitant doit atteindre 65 000 $ en 2007 grâce à la bonne politique économique suivie par l'état. Qatar Airways est l'une des quatre compagnies aériennes mondiales classées 5 étoiles Skytrax.

En ce qui concerne la population active, 69 % d’entre elle travaille dans le secteur des services, 28 % dans l’industrie et 3 % dans l’agriculture. L'agriculture ne réalise que 1% du PNB. Malgré d'importants investissements, principalement dans le système d'irrigation, le pays n'est pas autosuffisant[10].

L'unité monétaire est le riyal du Qatar, divisible en 100 dirhams. Le premier client du Qatar est de loin le Japon, tandis que les fournisseurs sont plus diversifiés : Japon, Royaume-Uni, France, États-Unis et Allemagne. Le pays est doté d'un réseau routier assez développé, de 1 230 km de routes et 418 kilomètres d'autoroutes. Il possède un aéroport international à Doha qui a été agrandi et rénové à l'occasion des jeux asiatiques de 2008. La capitale, Doha, et Umm Saïd (pour les industries pétrolières) sont les deux ports importants du pays.

En 2007, le taux de chômage du Qatar était nul

Démographie

Article détaillé : Démographie du Qatar.

La majorité de la population est concentrée dans la capitale Doha. Ar-rayan est la deuxième ville du pays. Ces deux villes concentrent environ 80 % de la population[11]. Presque tous les Qataris sont musulmans. L'arabe sert comme langue officielle mais l'anglais est largement utilisé. Le Qatar est faiblement peuplé, il compte en moyenne 69 habitants au kilomètre carré. La population totale est de 928 635 personnes, dont 20 % de nationaux. Les expatriés forment donc la majorité des résidents du Qatar. Le Qatar est une véritable mosaïque culturelle du fait de l'important poids des étrangers. L'industrie pétrochimique a attiré les gens de partout à travers le monde. La plupart des immigrants proviennent du sous-continent indien et des proches pays arabes qui ne sont pas riches en pétrole. En raison de la grande quantité d'expatriés qui sont en majorité masculins, le Qatar a l'une des plus grosses différences de ratio entre les sexes dans le monde avec 1.88 hommes par femme[12]. Ceci est tout aussi vrai mais de façon moindre dans les autres pays arabes du Golfe Persique. Pour la période 1995-2000, le taux de croissance annuelle de la population est estimé à 1,8 %. L'indice de fécondité sur la même période est de 3,8 et l'espérance de vie à la naissance de 72,7 ans.

Répartition de la population :[12]

  • Arabes 40% (notamment qataris, égyptiens et palestiniens),
  • Pakistanais 18%,
  • Indiens 18%,
  • Iraniens 10%,
  • Autres 14%.

Culture

Article détaillé : Culture du Qatar.

L’islam est la religion officielle de l’État du Qatar ; les Qataris n'imposent pas universellement le style aux étrangers. La charia constitue la principale source de droit et de toute législation. On y compte plus de 1 000 mosquées. La majorité des Qatariens sont des musulmans sunnites. Les qataris n'imposent pas un habit spécial aux étrangers. La langue officielle du Qatar est l’arabe. L'anglais est la deuxième langue officielle du pays et il est parlé couramment. D'autres langues comme le persan, l'urdu et certaines langues orientales y sont parlées. Ardha est la danse traditionnelle du pays. Elle est effectuée par l'émir lors des évènements majeurs comme le jour de l'indépendance ou le jour de l'aïd. Les chanteurs qatariens sont peu nombreux et peu connus dans le monde arabe, à part Ali abdel Sattar, mais ce dernier n'est apprécié que par les habitants du Golfe. Le plat traditionnel qatarien est à base de riz et d’épices : le Majbouss.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
18 décembre Fête de l'indépendance عيد الإستقلال
eid el-fitr عيد الفطر La date dépend du calendrier musulman (fête de 3 jours marquant la fin du Ramadan)
eid el-kebir عيد الكبير La date dépend du calendrier musulman (fête qui marque la période du hadj, ou pèlerinage à La Mecque)

La loi

En comparaison des autres États arabes comme l'Arabie saoudite, le Qatar a plutôt des lois libérales, bien qu'elles soient en globalité inspirées de la charia comme les autres États de la péninsule arabique.

Le pays a vécu une période de changement après que l'actuel émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al Thani, est venu au pouvoir après avoir destitué son père. Par exemple, aucune forme d'habits n'est imposé aux femmes qui peuvent s'habiller comme elles le souhaitent en public (bien qu'en pratique les femmes qataris portent généralement l'abaya noire). Elles ont aussi le droit de conduire au Qatar alors qu'elles ne pourraient le faire en Arabie saoudite (ce droit existait bien avant l'arrivée de Hamad). Exception faite aux femmes membres de la famille de l'émir, qui ne peuvent conduire elles-mêmes pour des raisons « d'ordre royal » qui veut que les femmes de la famille régnante bénéficient de chauffeurs. Les lois du Qatar tolèrent l'alcool jusqu'à une certaine limite. L'achat de boissons alcoolisées dans certains endroits publics est soumis à un permis d'achat livré par les autorités mais officiellement interdit aux personnes de confession musulmane. Cependant, les bars publics au Qatar opèrent seulement dans les luxueux hôtels (alors que les émirats de Dubaï et de Bahreïn permettent l'établissement de « nightclubs », et que l'Arabie saoudite, beaucoup plus conservatrice, interdit totalement l'alcool).

Éducation

L'enseignement au Qatar est gratuit et obligatoire à la fois pour les enfants qataris et pour ceux des travailleurs immigrés. Au cours des dernières années, le Qatar a donné une grande importance à l'éducation. Au même titre que les services de soins de santé gratuits pour tous les citoyens, chaque enfant a droit à l'éducation gratuite à partir de la garderie jusqu'à la fin du collège. Chaque communauté du pays a une école qui suit le programme de son pays d'origine. Le pays a une université, l'université du Qatar, et un certain nombre d'institutions permettant la poursuite d'études supérieures. De plus, avec le support de la Fondation du Qatar, des universités américaines réputées ont ouvert des campus dans la Education City, Qatar. Celles-ci incluent l'université Carnegie Mellon, l'université de Georgetown, l'université Texas A&M, l'université Commonwealth de Virginie et le collège médical Weill de l'université de Cornell. En 2004, le Qatar a établi le Parc des Sciences et Technologies du Qatar dans l'Education City pour relier ces universités avec l'industrie.

En novembre 2002, l'émir Hamad bin Khalifa Al Thani a créé, par le décret numéro 37, le Conseil d'Éducation Suprême, qui inclut, parmi les membres de sa famille, la femme de l'émir, Sheikha Mozah bint Nasser Al Missnad, Ambassadrice de l'UNESCO pour l'éducation de base et l'enseignement supérieur [13], et qui a pour but de superviser la réforme complète du système de l'enseignement public au Qatar[14]. Le Conseil dirige et contrôle l'éducation pour tout âge, à partir du préscolaire jusqu'au niveau universitaire, incluant la réforme initiative de l'Éducation pour une Nouvelle Ère. Des écoles indépendantes financées par l'État ont été créées au cours des années qui ont suivi la création du Conseil. Ces établissements scolaires seront guidés par de nouveaux programmes d'enseignement en arabe, en anglais, en mathématiques et en sciences.

Sport

Aux Jeux Olympiques, le Qatar a remporté deux médailles de bronze : aux Jeux Olympiques d'été de 1992 à Barcelone, au 1 500 m hommes : Mohamed Ahmed Sulaiman et, aux Jeux Olympiques d'été de 2000 à Sydney, Said Saif Asaad a fini 3e en haltérophilie hommes, plus de 105 kg. Dans le but de se faire connaître dans le monde, le pays utilise le sport pour accueillir des évènements importants et des sportifs célèbres. La Fédération qatarienne est reconnue par le CIO depuis 1980. Le pays accueille chaque année l'Open de Doha. Le pays a accueilli les jeux asiatiques en décembre 2006, le troisième événement sportif mondial, après la Coupe du monde et les jeux Olympiques. Dans ce but, le stade Khalifa à Doha a été agrandi, un ensemble de complexes sportifs a été construit tout autour recouvrant une surface de 130 hectares. Le Campus ASPIRE, académie sportive du Qatar à la pointe de la modernité, représente l’un des édifices centraux de ce complexe. Pour son inauguration, Maradona, Pelé et Hicham El Guerrouj ont été invités.[15] Le pays a lancé une politique pour naturaliser des sportifs de haut niveau. Le Qatar a même remporté une médaille d’or aux championnats du monde d’athlétisme de Paris d’août 2003 – en fait, grâce à un ex-Kenyan, Stephen Cherono, qui venait d’être naturalisé et rebaptisé Saif Said Shaheen en échange d’un salaire à vie. Le Qatar propose même à des footballeurs qui n’auraient pas été sélectionnés dans leurs pays la nationalité qatarie afin de qualifier l’Émirat pour la Coupe du monde 2006, mais la Fédération internationale de football (FIFA) a mis un veto à un tel projet[2].

En 2005, Tracy Edwards a reçu 55 millions d’euros pour baptiser son bateau Qatar-2006 (ex-Club Med). Quarante millions d’euros ont été injectés dans le championnat de football où Gabriel Batistuta, Frank Lebœuf, Stefan Effenberg et Josep Guardiola gagnent entre 100 000 et 200 000 euros par mois. Le pays accueille également le tour du Qatar depuis 2002 qui est organisé par les organisateurs du tour du France ainsi qu'une étape du moto GP depuis 2004. Le Qatar est candidat à l'organisation des Jeux Olympiques de 2020 et à la coupe du monde de football de 2022[16].

Médias

Certains journaux qatariens sont rédigés en arabe Al-Raya, Al-Sharq et Al-Watan et d'autres sont en anglais Gulf Times (version anglaise de Al-Raya) et The Peninsula (version anglaise de Al-Sharq). La première chaîne de télévision qatarie a été lancée en 1970. Après 4 ans en noir et blanc, les retransmissions en couleur ont commencé en 1974. Une deuxième chaîne, principalement en anglais, a été inaugurée en 1982 et diffuse un hebdomadaire en français le lundi (vers 18 h 45). La chaîne de télévision Al Jazeera, première chaîne d’informations en continu du monde arabe, est basée à Doha et est entièrement financée par l’État du Qatar. Elle est diffusée via satellite et regardée par près de quarante-cinq millions d’Arabes dans le monde. Le président du Conseil d’administration d’Al Jazeera est un membre de la famille royale[1]. La presse écrite de l’Émirat jouit par ailleurs d’une relative liberté de ton par rapport aux autres pays arabes.

Codes

Le Qatar a pour codes :

Notes et références

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Monarchies du Golfe, Rémy Leveau, Frédéric Charillon (dir), La Documentation française, 2005


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