État de Qin


État de Qin
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Qin
秦 (zh)

vers 771 av. J.-C.221 av. J.-C.

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Les royaumes combattants vers -260 ; le Qin est en orange à l'ouest de la carte

Informations générales
Capitale Xichui, puis Yong, puis Xinyang
Histoire et évènements
vers -771 Le prince de Qin constitue son fief sur les territoires pris aux Rong
-260 Victoire de Changping sur l'État de Zhao
-230 Annexion de l'État de Han
-228 Annexion de l'État de Zhao
-225 Annexion de l'État de Wei
-223 Annexion de l'État de Chu
-222 Annexion de l'État de Yan
-221 Annexion de l'État de Qi et naissance de la dynastie Qin
Ducs
(1er) -845 - -822 Qin Zhong
(Der) -362 - -338 Xiao
Rois
(1er) -338 - -311 Huiwen
(Der) -247 - -221 Qin Shi Huang

Entités précédentes :

Entités suivantes :

État de Qin (calligraphie chinoise ancienne, 220 av. J.-C.)

L'État de Qin ou Ts'in (EFEO) (秦) (v. 771 av. J.-C. - 207 av. J.-C.) apparaît au début de la dynastie des Zhou Orientaux, dans la vallée de la Wei (actuelle province du Shaanxi). État semi-barbare aux confins occidentaux de la Chine des Zhou, son influence s'accroît au cours de la période des Printemps et des Automnes et surtout des Royaumes combattants, à la fin de laquelle le roi de Qin, ayant annexé ses six principaux rivaux (Qi, Chu, Han, Yan, Zhao, et Wei) fonde la dynastie Qin (-221--207). La famille régnante du Qin portait le nom de Ying (嬴).

Sommaire

Les origines

Selon Sima Qian, les princes de Qin se disaient descendre de l'empereur Zhuanxu (un des cinq souverains). Un de leurs ancêtres, Dafei, qui avait aidé Yu le Grand dans ses travaux, fut honoré par l'empereur Shun, qui lui donna le nom de famille de Ying en récompense.

Les descendants de Dafei se scindèrent en deux branches :

  • une branche occidentale, installée à Quanqiu (犬丘 la colline aux chiens) dans la vallée de la Wei (près de l'actuelle Tianshui), qui deviendra la famille règnante de Qin
  • une branche orientale, à l'est du Fleuve Jaune, qui deviendra la famille royale de Zhao

La branche occidentale fut anoblie par le roi Xiao des Zhou (IXe siècle av. J.‑C.). Les princes de Qin entretenant de bonnes relations avec les barbares Rong qui habitaient à l'ouest, le roi de Zhou voyait dans cette alliance un moyen de préserver son royaume. Au début du huitième siècle (-771), les Rong Chiens attaquent la capitale des Zhou, qui doivent fuir vers l'est. Le prince de Qin protège la fuite de la maison royale, et se voit donner en fief tous les territoires occidentaux qu'il reprendra aux Rong. Qin devient alors un des princes feudataires.

La période des Printemps et des Automnes

Le Qin continua à devenir plus puissant au fil des siècles, notamment du fait de l’extraordinaire capacité industrielle de son peuple. Les ducs de Qin mettaient en place un grand nombre de projets pour améliorer leur État, dont notamment beaucoup de travaux publics de grande ampleur comme des canaux d’irrigation et de puissants murs de défense. De plus, les Qin était un peuple de demi-barbares, descendant de la tribu non-chinoise des Rong, venant des steppes. De ce fait, dès le début de son histoire, le Qin dût faire face aux autres États « complètement chinois » qui bordaient ses frontières.

La période des Royaumes combattants

Shang Yang

L’événement le plus marquant de l’histoire du Qin avant le IIIe siècle av. J.‑C. fut l’arrivée au pouvoir de Shang Yang. Shang Yang était un fervent partisan de la philosophie de Han Fei Zi, qui est considéré comme le premier à avoir décrit l’idéologie connue sous le nom de Légisme. Le Légisme affirme que tous les Hommes sont fondamentalement égaux et que des lois rigoureuses et des châtiments durs sont nécessaires pour maintenir l'ordre.

Shang Yang devient Premier ministre du Qin sous le gouvernement du duc Xiao et transforme l’État en une machine vigoureusement réglée, dont le seul but était l’élimination de ses rivaux. Shang Yang met à l’écart l’aristocratie et s’appuie sur une méritocracie, au sein de laquelle seuls ceux qui prouvaient leur valeur pouvait atteindre les hauts postes et le droit de naissance était réservé uniquement au dirigeant de l’État. Shang Yang s’attira ainsi de nombreux ennemis et après la mort du duc Xiao il fut poursuivi et finalement tué. Cependant les réformes légalistes de Shang Yang avaient des avantages certains et aucun des successeurs se risqua à les abroger.

Un des résultats les plus marquants de ce programme de réforme concernait le domaine militaire. Auparavant l’armée était traditionnellement contrôlée par les nobles. À l’issue de la réforme, les généraux pouvaient provenir de n’importe quelle classe de la société s’ils disposaient des compétences requises. De plus, les troupes devinrent extrêmement entraînées et disciplinées. Mais ce qui importait le plus est que l’armée du Qin s’accrut rapidement pour atteindre une taille énorme et pouvait s’appuyer sur l’ensemble de l'État. Les nombreux projets de travaux publics, favorisant un accroissement de la production agricole, permirent au Qin d’entretenir des troupes régulières de plus d’un million de soldats, ce qu’aucun des autres États ne pouvait réaliser (à part, peut-être, le royaume semi-barbare de Chu).

L’expansion du Qin

En 260 av. J.-C., la Chine découvrit la pleine puissance des réformes du Qin dans le domaine de la guerre. Tous les vestiges de l’aristocratie avaient disparu en faveur d’une efficacité brute. Après la bataille de Changping les généraux Qin ordonnèrent l’exécution de quelque 400 000 prisonniers de guerre du royaume voisin de Zhao.

Au milieu du IIIe siècle av. J.‑C., le Qin entame un projet massif afin de confirmer sa prééminence. Le royaume de Han était effrayé par l’expansion des Qin vers l’est, qui se ferait probablement à leurs dépens. Le roi du Han tente alors de détruire le Qin, non par les armes, ce qui aurait été inutile, mais à l’aide d'un ingénieur hydraulique. Les Qin avait montré leur penchant pour la construction de très larges canaux, comme par exemple celui du plan d’irrigation de la rivière Min. L’idée de l'ingénieur Zheng Guo était de convaincre le roi du Qin de consacrer ses ressources dans un canal encore plus grand. Le Qin accepta de construire cet ouvrage ruineux, mais malheureusement pour le Han leur plan échoua. Bien qu’il ait effectivement permis de retarder l'expansion du Qin, il ne permit pas de venir à bout des ressources du Qin. Après l’achèvement du canal en 246 av. J.-C., toutes les pertes du Qin étaient rattrapées et le royaume disposait même d’un vaste excédent. Le Qin devint alors un des États les plus fertiles de Chine et put lever des centaines de milliers de troupes, en se reposant sur l’expansion de l’agriculture de l’État.

À cette époque, le nombre d’États féodaux avait été réduit de plusieurs centaines en sept grands royaumes. Les deux plus puissants État étaient le Qin et le Chu. Cependant, l’expansion de ce dernier avait été contrariée par la résistance des États voisins. Au contraire, le Qin avait pu facilement annexer les faibles États voisins et, bien que le Chu ait pu finalement venir à bout du Yue, à la fin du IVe siècle av. J.‑C., la longue campagne militaire avait épuisé ses ressources. Malgré tout cela, le Chu demeurait un rival potentiel pour le pouvoir croissant du Qin.

Les ennemis les plus immédiats pour le Qin étaient le Zhao et le Han qui étaient tous les deux puissants, mais sans constituer une menace sérieuse pour la force du Qin avec ses nombreuses et puissantes armées. Il fallait de plus composer avec les rois Zhou toujours en théorie maîtres de la Chine. En 256 av. J.-C. ces derniers furent déposés, réglant définitivement le problème. Cette action était un message clair des Qin envers les six autres royaumes : le Qin avait l’intention de diriger l’ensemble de la Chine.

Formation de l’Empire

L'empire Qin en 210 av. J.-C., durant la dynastie Qin .

L'année 256 av. J.-C. marque le début de la fin de la période des Royaumes combattants, car elle vit l’arrivée sur le trône du Qin d’un garçon de treize ans nommé Ying Zheng, sous la régence du Chancelier Lü Buwei. Seize ans plus tard, Ying Zheng devait débuter la longue campagne d'unification de la Chine par une invasion de l’État du Han, tel que le préconisait son nouveau ministre, le légiste Li Si.

La puissante armée du Qin vient à bout du Han en -230 ; le Qin se tourne alors vers le Zhao, dont l’armée avait été mise en déroute à Changping trente ans plus tôt. Le Zhao tombe en 228 av. J.-C., puis le Wei suit rapidement. À partir de là, il semblait probable que la victoire finale du Qin était proche. Cependant rien n'était certain tant que le Chu se dressait face au Qin.

A ce moment, ce qui devait rester comme les deux plus grandes armées des royaumes engagèrent la bataille pour la maîtrise de la Chine. En 223 av. J.-C. la victoire du Qin devient inévitable, avec la conquête du Chu.

Ce qui suivit ne fut plus qu'une simple opération de nettoyage. Une campagne de quelques mois dans le Yan permit l’annexion de cet État. Seul le Qi demeurait mais, devant l'avancée inexorable du Qin, il rendit les armes sans combattre.

En l'an 221 av. J.-C., qui marque un tournant majeur de la longue histoire de la Chine, le roi Ying Zheng du Qin se déclara non seulement maître de toute la Chine, mais élabora également un nouveau nom, qui l'élevait à une dignité jamais atteinte (hormis pour les souverains fondateurs mythiques) : Qin Shi Huangdi (始皇帝), le Premier Empereur et ordonna que tous les dirigeants de sa dynastie suivent son exemple.

Événements marquants

Dirigeants

État du Qin
(sur bronze, 800 avant JC)

Les dates de règnes sont celles fournies par Sima Qian, dans les tableaux du Shiji (chapitres 14 et 15). D'autres textes, ou des chapitres différents du Shiji donnent des dates légèrement différentes. Le début de chaque règne est l'année de la mort du souverain précédent, soit l'année qui précède la première année indiquée dans les chroniques.

  1. Qin Zhong (秦仲), régna de -845 à -822 : arrière-petit-fils de Feizi
  2. Duc Zhuang (莊公), régna de -822 à -778 : Ying Ye (也), fils de Qin Zhong
  3. Duc Xiang (襄公), régna de -778 à -766 : fils du Duc Zhuang
  4. Duc Wen (文公), régna de -766 à -716
  5. Duc Ning (寧公), régna de -716 à -704
  6. Prince Chu (出子), régna de -704 à -698, usurpateur, il ne reçoit pas le titre posthume de duc
  7. Duc Wu (武公), régna de -698 à -678
  8. Duc De (德公), régna de -678 à -676
  9. Duc Xuan (宣公), régna de -676 à -664
  10. Duc Cheng (成公), régna de -664 à -660
  11. Duc Mu (穆公), régna de -660 à -621
  12. Duc Kang (康公) : Ying Ying (罃), régna de -621 à -609
  13. Duc Gong (共公): Ying Yong (稻), régna de -609 à -604
  14. Duc Huan (桓公): Ying Rong (榮), régna de -604 à -577
  15. Duc Jing (景公): Ying Hou (後), régna de -577 à -537
  16. Duc Ai (哀公), régna de -537 à -501
  17. Duc Hui (惠公), régna de -501 à -491
  18. Duc Dao (悼公), régna de -491 à -477
  19. Duc Li (厲公) ou Ligong (厲共公): Ying Ci (刺), régna de -477 à -443
  20. Duc Zao (躁公), régna de -443 à -429
  21. Duc Huai (懷公), régna de -429 à -425
  22. Duc Ling (靈公): Ying Su (肅), régna de -425 à -415
  23. Duc Jian (簡公): Ying Daozi (悼子), régna de -415 à -400
  24. Duc Hui II (惠公), régna de -400 à -387
  25. Duc Chu (出公), régna de -387 à -385
  26. Duc Xian (獻公): Ying Shiti (師隰), régna de -385 à -362
  27. Duc Xiao (孝公), régna de -362 à -338
  28. Roi Huiwen (惠文王), régna de -338 à -311, aussi connu sous le nom de Roi Hui (惠王): Ying Si (駟), prend le titre de roi en -325
  29. Roi Wu (武王), régna de -311 à -307 : Ying Dang (蕩)
  30. Roi Zhaoxiang (昭襄王), régna de -307 à -251, aussi connu sous le nom de Roi Zhao: Ying Ze (则) ou Ying Ji (稷)
  31. Roi Xiaowen (孝文王), régna de -251 à -250 : Ying Zhu (柱)
  32. Roi Zhuangxiang (荘襄王), régna de -250 à -247 : Ying Zichu (子楚)
  33. Qin Shi Huangdi (秦始皇), régna de -247 à -210 (comme roi de Qin (秦王) jusqu'à -221, comme Premier Empereur (始皇帝) à partir de -221): Ying Zheng (政)
  34. Qin Er Shi, régna de -210 à -207 : Ying Huhai (胡亥)
  35. Ziying (子嬰), régna de mi-octobre à début décembre de l'année -207

Bibliographie

  • Denis Twitchett et Michael Loewe, The Cambridge History of China. Volume 1: The Ch'in and Han Empires, 221 BC–AD 220, Cambridge University Press, Cambridge u.a. 1986.


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article État de Qin de Wikipédia en français (auteurs)

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