Éléphante

Éléphante

Éléphant

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Nom vernaculaire ou
nom normalisé ambigu :
Le terme « Éléphant » s'applique, en français,
à plusieurs taxons distincts. Icône de redirection
Éléphant
Éléphant (gravure du XVIIIe siècle)
Éléphant (gravure du XVIIIe siècle)
Taxons concernés

Dans la famille des Elephantidae

  • Voir texte

Éléphant est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains grands mammifères, pour la plupart éteints qui font partie, tout comme les Mammouths et d'autres espèces disparues, de la famille des Elephantidae, répartis dans divers genres biologiques de cette famille.

Les animaux encore en vie au XXIe siècle sont l'éléphant de savane, l'éléphant de forêt, autrefois regroupés sous l’expression « éléphant d'Afrique », et l'éléphant d'Asie, parfois anciennement appelé « éléphant indien ». Ils se différencient par certaines caractéristiques anatomiques, les éléphants d'Asie étant en général plus petits avec des oreilles plus petites, ou encore une différence du bout de la trompe. Ces espèces survivantes font localement l'objet de programmes ou de projets de réintroduction et de protection.

Le mot « éléphant » tient son origine du grec ἐλέφας qui signifie « ivoire » ou « éléphant »[1]. Il tient également son origine du latin elephantus pour les mêmes raisons[2].

L'éléphant apparaît dans de nombreuses cultures. Il est symbole de sagesse dans la culture asiatique, connu pour sa mémoire et son intelligence, qui est comparée à celle des cétacés[3] et hominidés[4]. Aristote avait dit que l'éléphant est « la bête qui dépasse toutes les autres par l'intelligence et l'esprit »[5].

Sommaire

Typologie

Article principal : Elephantidae.
Article détaillé : Classification des Elephantidae.

Espèces actuelles

Évolution des aires de peuplement de l'éléphant.

L’éléphant d'Asie et l’éléphant d’Afrique ont longtemps été considérés comme les deux seules espèces représentant la famille des Éléphantidés à l’époque moderne. De récentes études génétiques ont permis de démontrer que les deux sous-espèces africaines : Loxodonta africana africana et Loxodonta africana cyclotis étaient en fait deux espèces distinctes : en Afrique, il convient donc de distinguer désormais l’éléphant de la savane (Loxodonta africana) et l’éléphant des forêts (Loxodonta cyclotis) [6].

Les espèces d'Éléphantidés vivant à l’heure actuelle sont donc :

Image Nom Description
Loxodonta africana Loxodonta africana L'éléphant de savane d’Afrique ; il mesure environ 4 mètres au garrot, présente deux « doigts » préhensiles au bout de la trompe et de grandes oreilles permettant de réguler sa température interne. Le crâne est à peu près plat et tous les individus portent des défenses.
Loxodonta cyclotis Loxodonta cyclotis, L’éléphant des forêts vivant également en Afrique, il présente des oreilles généralement plus petites et plus circulaires que l'éléphant de savane, ainsi que des défenses plus minces et plus droites.
Elephas maximus Elephas maximus L'éléphant d'Asie ; il mesure de 2 à 3,50 mètres au garrot, ne présente qu'un seul « doigt » préhensile au bout de la trompe et possède des oreilles assez petites. Le crâne présente deux bosses proéminentes et les défenses sont absentes chez les femelles, voire chez certains mâles.

Biologie

Squelette et muscles

Ossatures comparées de l'homme et de l'éléphant. Hawkins, 1860
Comparaison de profils des deux types d'éléphants.
Pseudo-genoux des membres antérieurs d'un éléphant d'Asie.

Le squelette de l'éléphant présente des caractéristiques dictées par la masse qu'il doit soutenir : il représente environ 16,5 % de la masse totale de l'animal[7], cela signifie que pour un éléphant de 7 tonnes, le squelette pèse 1,5 tonne. Les os de l'éléphant sont spongieux[8]. Sa cage thoracique, formée de vingt côtes, est arrimée le long de l'épine dorsale[7].

L'éléphant possède deux genoux à ses membres postérieurs, qui sont constitués d'un fémur, d'une rotule et de l'association tibia-fibula. Les membres antérieurs, quant à eux, comprennent une scapula, un humérus, et l'association radius-ulna.

L'éléphant marche sur le bout des doigts[9],[10]. Les orteils sont insérés dans le pied, il y en a entre 5 et 2[11], on voit seulement les ongles[10]. Cependant on peut voir entre trois à cinq ongles en fonction des pieds[10]. Les pieds antérieurs ont une forme arrondie, alors que les pieds postérieurs ont une forme ovale. Les pieds sont composés de tissus adipeux qui agissent comme des amortisseurs[10].

Il est impossible pour un éléphant de sauter, pour des raisons d'ordre biomécanique: il lui faut toujours un pied sur le sol. Cependant il peut courir à une vitesse de 25 km/h[12].

Un éléphant d'Afrique mâle adulte mesure plus de 3 mètres au garrot et pèse plus de 5 tonnes. À la naissance, l'éléphant pèse environ 120 kg. Le plus grand éléphant connu a été signalé en Angola en 1974 : il s’agissait d’un mâle de 12 tonnes mesurant 4,20 m au garrot, soit un mètre de plus que la moyenne des éléphants africains[13].

Des éléphants nains, de la taille d'un grand cochon, ont également peuplé les îles méditerranéennes au cours de la Préhistoire [14],[15] ; certains sont signalés en Crète jusqu'en 5 000 av. J.-C., voire jusqu’en 3 000 av. J.-C. [16],[17].

Trompe

La principale caractéristique des éléphants est leur trompe. Il s'agit d'un organe nasal allongé qui découle de la fusion de la lèvre supérieure et du nez. La trompe est un organe préhensile.

La trompe comporte entre 100 000[18] et 150 000[19] muscles ; elle est dépourvue d'os et pèse plus de 100 kg[20].

« La trompe se compose de deux longs tuyaux cylindriques, partant de l’ouverture antérieure des fosses nasales. Ces tubes se rétrécissent à la région de l’inter mâchoire, ce qui empêche l’eau pompée par la trompe de pénétrer dans la cavité nasale ; ils offrent ensuite une dilatation, puis de resserrent de nouveau à l’endroit où ils s’ouvrent dans les narines osseuses, et où ils sont couverts par un cartilage nasal ovale. (…) Les tubes sont entourés d’une multitude de faisceaux musculaires, les uns longitudinaux, les autres rayonnant vert la peau et servant à comprimer les premiers. Quelques uns enfin, mais en moins grand nombre sont circulaires. Cependant il faut distinguer de ces muscles, propres à la trompe, ceux qui servent à mouvoir l’organe en entier. Ces derniers sont comparables aux muscles de la queue. On les distingue en élévateurs et abaisseurs supérieurs et latéraux, qui naissent du front, des os propres du nez et des cartilages, tant de l’os maxillaire supérieur que de l’intermaxillaire »[21].

Le bout de la trompe d'un éléphant d'Afrique est en forme d'amande, alors que celle d'un éléphant d'Asie est en forme de poire. L'excroissance à son extrémité a une fonction analogue à un doigt[22]. Les éléphants ne peuvent pas boire avec leur trompe, ils s'en servent comme outils pour boire[18].

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Dentition et défenses

Dent d'éléphant où l'on voit les crêtes.
 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 3 0 1 1 0 3 3
3 3 0 0 0 0 3 3
mâchoire inférieure
Dentition variable chez l'éléphant


Le plus souvent les éléphants ont des défenses, des dents très allongées utilisées par ces animaux comme outil, arme de défense et attribut sexuel[23]. Les défenses sont des dents supérieures à croissance continue. L'éléphanteau possède des prémolaires de lait qui tombent lorsque les molaires apparaissent, mais il n'y a pas de prémolaires définitives. Chez les éléphants, la formule dentaire n'est jamais complète (3 prémolaires et 3 molaires)[8]. Les molaires sont séparées des incisives par une barre, il n’y a pas de canine[24], ni d'incisive à la mâchoire inférieure[25].

Les dents sont essentiellement composées d’ivoire et d’émail qui forment la couronne des dents par de nombreuses crêtes transversales, qui sont plus ou moins lamellées. Les crêtes sont disjointes puis, au fur et à mesure, un cément se forme et s’intercale entre les dents pour former un tout[24]. Un petit nombre de dents molaires sont présentes à chaque mâchoire, « parfois une paire (…) , (…) une paire à l’une des mâchoires et deux à l’autre, (…) encore deux paires à chacune », de plus les dents correspondantes entre elles « n’ont ni la même apparence, ni le même nombre de lamelles »[24].

Selon les études de Corse et de Blainville, « les éléphants (…) ont six paires de dents à chacune des mâchoires. Ces dents augmentent de volume depuis la première jusqu’à la dernière ou sixième, et le nombre de leurs lamelles (…) est aussi de plus en plus considérable. »[26]. « La succession des dents molaires s’opère ainsi par flots d’une manière lente mais réglée, et l’on admet trois flots différents. Les dents se présentent deux par deux de chaque côté de l’une et de l’autre mâchoire. Le degré plus ou moins avancé de l’usure de chacune d’elles détermine les différences que l’on remarque dans le nombre total de lamelles (…) pour chaque flot »[26].

Peau

La peau de l'éléphant est d'une épaisseur d'environ 2 cm[27]. Cette peau est fragile dû à la présence de plis où viennent se loger des parasites[28]. Il n'y a pratiquement pas de poils, et il n'y a ni glande sudoripare, ni glande sébacée[8]. De ce fait, leur peau est sèche, c'est pour cela qu'elle doit être souvent humectée à l'aide d'eau projetée par la trompe ou couverte de poussière ou de boue également projetée par leur trompe[8].

La couleur de la peau est grisâtre ; cependant sa couleur apparente est liée au sol sur lequel évolue l'éléphant. Elle peut aussi être due aux bains de boues[29].

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Oreille

Les oreilles de l'éléphant lui permettent de réguler sa température corporelle[30], grâce à une vascularisation très importante[19]. Lorsqu'il mange des fruits fermentés ayant un degré d'alcool d'environ 7° par litre, l'éléphant remue violemment ses oreilles, de même pour sa queue et sa trompe[30].

Cerveau

Le cerveau d'un éléphant pèse entre 4 et 6 kg, il est situé à l'arrière du crâne[31]. Si l'on compare la taille du cerveau de l'éléphant à sa masse corporelle, il a alors le plus petit cerveau, alors que la souris a celui qui est le plus grand[32].

Comportement

Reproduction

Maturité sexuelle

Si les fonctions reproductrices des éléphants mâles se mettent en place vers l'âge de 10-15 ans[27], ils commencent à se reproduire vers l'âge de 30 ans quand ils sont suffisamment imposants pour pouvoir se battre avec d'autres mâles pour conquérir les femelles[33].

Les fonctions reproductrices de l'éléphant femelle apparaissent de 9 ans[33] jusqu'à 15 ans.

Comportement sexuel

Article détaillé : Musth.

Les mâles en rut, dont le taux sanguin de testostérone peut s'accroître cinquante fois, agitent les oreilles et secouent la tête, leur pénis devient vert. Il en dégouline une urine fortement odorante. Cela est dû à la libération d'un musc d’une phéromone, la frontaline, secrétée sous deux formes chirales. Ces deux énantiomères (deux formes la + et la -) ne sont pas sécrétés en mêmes proportions. Chez les jeunes mâles, la forme + domine. Au fur et à mesure de la maturité et de la période de rut, les deux formes un mélange racémique, qui attire les femelles en phase folliculaire et en œstrus[34]. La frontaline est libérée par la glande temporale chez l’éléphant en période de rut, la sécrétion débute peu de temps avant la puberté, à l’âge de 15 ans[34]. Cependant le rut ne se produit qu'à partir de 25 ans et ne durera que quelques jours. Puis vers 31-35 ans, celui-ci dure plusieurs semaines. Vers 36-40 ans, il dure de un à deux mois. Pour finir, après 40 ans, le rut s’étend sur une période de deux à quatre mois. La quantité de phéromones émises augmente avec l’âge de l’éléphant ainsi qu’en milieu de rut. La concentration et la proportion d’énantiomères de la frontaline constituent pour les animaux qui seront attentif au message une source d’information sur l’âge et le stade du musth de l'éléphant qui émet. Une concentration de frontaline, en mélange racémique, sera le synonyme d'un mâle mature ayant un statut social important[34].

Accouplement

Une fois que la femelle et le mâle sont ensemble, l'accouplement peut commencer. L'éléphant mâle étant très lourd, la copulation est très rapide. En général, elle dure entre 20 et 30 secondes. La période de copulations dure environ 3 jours[35].

La jeune femelle est effrayée lors de sa première période de chaleur, le mâle peut la poursuivre[36]. Pour avertir la femelle qu'il va la saillir, le mâle pose sa trompe sur son dos ; la femelle s'immobilise alors[36].

Les mâles passent dans les troupeaux de femelles lors de leur rut pour sentir les vulves des femelles[36].

Gestation et mise bas

Un jeune éléphant se nourrissant.

La gestation d'une éléphante est la plus longue de tous les mammifères terrestres. Elle dure de 20 à 22 mois. La durée d'allaitement est comprise entre 36 et 48 mois[8]. Les mises bas s'espacent d'environ 2 ans et demi à 5 ans[18]. La gestation est plus longue pour un éléphanteau mâle que pour un éléphanteau femelle[18].

Une éléphante peut être en gestation jusqu'à l'âge de cinquante ans[18]. Dans la plupart des cas, un seul éléphant est porté ; les cas de gémellité sont très rares[18].

Vie sociale

Les éléphants vivent dans une société matriarcale[37]. Les troupeaux sont composés d'une dizaine d'éléphantes et de jeunes éléphanteaux, après la maturité sexuelle les mâles quittent le groupe[27]. Ils errent jusqu'à ce qu'ils fassent alliance avec d'autres jeunes mâles.

Une étude menée dans un zoo, montre que l'éléphant aime les fruits fermentés à un degré d'alcool de 7° par litre. Lorsque l'éléphant est saoul, il perd de sa sociabilité (alors que sobre il est très sociable). Lorsqu'il est ivre, il reste à l'écart du troupeau. Un chercheur américain défendait l'idée que les animaux s'enivrent ou se droguent, volontairement, pour oublier les tourments de leur existence. Pour le prouver, il a fait vivre durant un mois des éléphants d'une réserve californienne sur un territoire plus restreint qu'à leur accoutumée. La surpopulation due au petit espace a angoissé les animaux qui du coup, ont bu trois fois plus que d'habitude. Ils sont devenus si agressifs qu'il a été dangereux de les approcher[30].

Communication

Le cri de l'éléphant est le barrissement.

De récentes études scientifiques ont montré que les éléphants, comme de nombreux animaux, sont sensibles aux infrasons[38]. L'utilité de l'audition de ces infrasons reste cependant mystérieuse. Il semble qu'ils soient capables de communiquer entre eux par les ondes acoustiques de surface transmises par le sol [39].

Sommeil

Les éléphants peuvent dormir debout, mais le fait de se coucher indique qu'ils sont parfaitement détendus.

Alimentation

L'éléphant est herbivore, il mange une grande variété d'éléments végétaux : herbes, plantes, feuilles, fruits, racines et tubercules, écorces et même du bois. Il apprécie par exemple le bois tendre et gorgé de sève du baobab.

Les besoins alimentaires de l'éléphant sont importants, surtout qualitativement. En fonction de son environnement, il consacre une grande partie de son temps à la recherche de nourriture (16 à 20 heures par jour), se déplaçant sur de longues distances et sélectionnant les aliments les plus riches. Il peut se dresser sur ses pattes arrières pour attraper avec sa trompe les rameaux les plus tendres jusqu'à cinq ou six mètres de hauteur.

Quotidiennement, il faut à l'éléphant entre 150 et 180 kilogrammes de nourriture en saison sèche, et entre 200 et 260 kilogrammes en saison des pluies. Ces quantités varient aussi en fonction des espèces et des milieux fréquentés.

Un éléphant adulte boit jusqu'à 140 L d'eau par jour[27]. Il aspire dans sa trompe jusqu'à dix litres à la fois, puis se les verse dans la bouche. Il peut rester trois ou quatre jours sans boire. Il peut se servir de sa trompe pour reprendre de l'eau dans son estomac et s'en servir pour se rafraîchir la peau. Sa peau très épaisse est l'objet de soins constants : outre les aspersions, les baignades et les roulades dans la boue, le poudrage à la poussière est bienvenu pour protéger l'épiderme des insectes et du soleil.

Malgré la quarantaine de mètres d'intestin qu'il possède, sa digestion est peu efficace. Elle dure d'un à deux jours, 40 à 60 % de la nourriture n'étant pas digérée. Si son alimentation n'est pas suffisamment riche, son tonus, son humeur et sa santé en général sont rapidement affectés.

Le comportement alimentaire a en général un impact important sur le milieu. Le bilan de ces conséquences varie en fonction des espèces (Afrique, Asie), de la saison, du biotope et de la densité de la population. Ainsi, l'éléphant peut être considéré comme destructeur d'arbres en particulier dans la savane, alors qu'il participe ailleurs très activement à la régénération en limite des zones forestières. Certaines espèces d'arbres sont dépendantes de l'éléphant pour leur extension : celui-ci, friand de leurs fruits, en dissémine les graines avec l'excellent terreau que constitue son crottin, capable de contenir jusqu'à 35 % de graines.

Intelligence

En l’état actuel des connaissances, l’éléphant est, avec l'humain, le dauphin, le corbeau et certaines espèces de grands singes, l'une des rares espèces animales à réussir le test du miroir de Gallup : lorsqu’on marque d’une tache le front d’un éléphant en un point qu’il ne peut voir directement et qu’on lui présente un miroir, il passe sa trompe sur la tache ; démontrant ainsi qu’il a reconnu son image et donc qu’il a conscience de lui-même[40],[41], [42].

Menaces de disparition

Chasse

Hommes avec défenses d'éléphant d'Afrique à Dar es Salaam, c. 1900
Théodore Roosevelt à coté d'un éléphant mort.

Durant des millénaires, l'homme chassa l'éléphant pour sa consommation et pour le commerce de l'ivoire tiré des défenses. La population des éléphants africains et asiatiques a été décimée, passant de plusieurs millions d'individus au début des années 1970 à quelques centaines de milliers 30 ans plus tard[43]. Si bien qu'en 1989, la CITES interdit le commerce de l'ivoire. Les éléphants sont désormais considérés comme des espèces protégées et la chasse aux éléphants est très réglementée.

Les seuls prédateurs des éléphants sont les grands fauves, et en particulier les lions qui peuvent occasionnellement s'attaquer aux éléphanteaux.

Alors que le braconnage menace toujours les éléphants au Kenya et ailleurs, les mesures de protection ont été si efficaces en Afrique du Sud que les populations sont en plein essor[44]. Pour sauvegarder les écosystèmes, les directeurs des parcs nationaux surpeuplés pourraient être amenés à abattre des éléphants[44].

Perte d'habitat

Orphelinat d'éléphants au Sri Lanka

L'augmentation des risques de conflits d'intérêt pour l'habitat avec des populations humaines menace la survie de l'éléphant. Ce conflit tue 150 éléphants et un peu plus de 100 personnes par an au Sri Lanka[45]. Contrairement à son cousin d'Afrique, l'éléphant d'Asie, possède de petites défenses. La disparition de celui-ci est principalement attribuée à la perte de son habitat. De grands morceaux de forêt disparaissent, ce qui touche profondément leur écosystème. Les arbres contribuent à l'ancrage du sol et l'absorption des eaux de ruissellement. La déforestation entraine des inondations et une érosion massive. Lorsque la forêt est réduite, les éléphants deviennent une partie du problème, car ils détruisent rapidement la végétation de la zone où ils vivent et éliminent toutes les ressources en nourriture.

Parcs nationaux

Un éléphant photographié dans une réserve privée du Parc Kruger

La première réserve officielle, Parc national Kruger, est peut-être la plus connue des réserves et celle ayant obtenu le plus grand succès.[46] Cependant, de nombreux problèmes sont apparus depuis sa création. Les clôtures de la réserve ont coupé de nombreux animaux de leur alimentation en hiver ou de leurs zones de reproduction au printemps. Certains animaux sont morts, alors que d'autres comme les éléphants ont démoli les clôtures, entrainant des ravages dans les champs voisins. Lorsque les éléphants sont limités à un petit territoire, les dégâts infligés au paysage peuvent être énormes.[47]

De ce fait, certaines réserves, comme le Parc national Kruger, de l'avis de certains gestionnaires de faune sauvage, ont souffert de la surpopulation des éléphants, au détriment d'autres espèces de la faune dans la réserve. Le 25 février 2008, l'Afrique du Sud a annoncé que l'abattage pour contrôler le nombre d'éléphants, arrêté depuis 1994, reprendrait. Les défenseurs des droits des animaux, ont menacé d'un appel au boycott par les touristes et à d'autres formes d'oppositions[44].

L’éléphant et l’homme

Animal domestique

Des éléphants asiatiques à l'entraînement en Thaïlande.
Lors de la Première Guerre mondiale, alors que les chevaux sont à la guerre

Utilisé comme animal de trait par les humains, ainsi que lors de batailles en tant qu'éléphant de guerre, l'éléphant a occupé de nombreuses fonctions, notamment celle d'exécuteur lors d'exécutions par éléphant. En 1914-1918, des éléphants de cirque ont en Europe par exemple servi à débarder le bois en forêt (de Mormal, dans le Nord de la France), ou encore à labourer, ou à tirer des wagons dans les usines de munitions.

Le conducteur d'un éléphant est appelé cornac ou mahout.

Produits dérivés

Article détaillé : Ivoire.

À l'origine, les éléphants étaient chassés par les hommes pour leur viande.

Certaines parties, comme les pieds d'éléphants, ou des animaux entiers étaient naturalisés. Les poils et les défenses d'ivoire, bien sûr, étaient aussi utilisés. On s'en servait pour fabriquer des objets de décoration et en bijouterie, ou bien ils étaient destinés, ainsi que les dents et les ossements, à des cabinets de curiosité ou des museums.

L'ivoire a longtemps fait l'objet d'un commerce important qui subsiste encore parfois sous forme de trafic illégal malgré le statut de protection dont bénéficient les éléphants survivants.

Culture

Symbolique

Dans la symbolique occidentale comme orientale, l'éléphant est associé à la mémoire, la sagesse, la longévité, la prospérité, la bienveillance, le père. Dans le folklore africain, l'éléphant tient le rôle du père, du chef des animaux.

Orient

Dans la religion hindoue, Ganesh est un dieu à tête d’éléphant ; il est le dieu de la Sagesse et le patron des étudiants. Les rares éléphants blancs sont sacrés en Inde, et les éléphants domestiqués et décorés aux couleurs des dieux bénissent les fidèles de leur trompe dans certains temples.

En Inde, l’éléphant évoque la force, la puissance, l'orage (forme ronde et grise des nuages de pluie). Chaque dieu hindou chevauche un animal : Indra, dieu des Orages et de la Bataille, et Agni, dieu du Feu, se déplacent à dos d’éléphant.

Au Laos, passer sous la trompe d'un éléphant permet d'acquérir ses attributs : force, longévité, fertilité et caractère sacré. Chaque année à l'occasion du nouvel an bouddhique, les cornacs laotiens organisent un baci ou soukhouan, cérémonie de rappel des âmes, pour leur éléphant.

Islam

Dans le Coran, la 105e sourate (la 19e dans l’ordre chronologique) s'intitule Al-Fîl (l’Éléphant). Elle comprend cinq versets révélés à la Mecque et doit son nom à l’expression « ashâb al-fîl » (les gens de l’éléphant) présente dans le tout premier verset. Cette expression désigne les Abyssins, qui occupaient le Yémen voisin, voulaient évangéliser l’Arabie tout entière, notamment en attaquant la Kaaba, à La Mecque. En raison des entraves qu’ils mettaient au pèlerinage, le « ministre du calendrier » dans le gouvernement mecquois se vengea en profanant l’église de San’a. C’est alors que le gouvernement abyssin, abraha fit venir un éléphant de taille gigantesque appelé Mahmoud et dirigea une expédition sur La Mecque.

Occident

Dans la symbolique chrétienne, l'éléphant symbolise le baptême : la femelle met bas dans l'eau d'un étang à côté duquel le mâle monte la garde pour écarter le dragon, symbole de l'Esprit du Mal.[réf. nécessaire]

Dans la symbolique chrétienne, il représente aussi la chasteté (de tempérament frigide, il ne peut engendrer qu'après avoir absorbé, en guise d'aphrodisiaque, une racine de mandragore), la constance, la maîtrise de soi, la bénignité des princes (il n'a pas de fiel), la tempérance, la circonspection et la prudence.[réf. nécessaire]

En France, on dit de quelqu'un qui a une bonne mémoire qu'il a « une mémoire d'éléphant », et effectivement, l'éléphant a une excellente mémoire et se rappelle très longtemps de visages humains par exemple.

L'éléphant représente les 4 piliers du monde : il porte le monde sur son dos.

Il est également le symbole du Parti républicain aux États-Unis.

Art

L'ivoire des défenses de l'éléphant a longtemps servi à la réalisation d'œuvres d'art. Les œuvres en or et ivoire sont qualifiées de chryséléphantineschrusos, or en grec. Ce nom a été déformé en olifant, pour désigner une corne (instrument de musique) en ivoire.

Les éléphants ont inspirés de nombreux artistes. La liste ci-dessous est loin d'être exhaustive.


Article détaillé : Liste d'éléphants de fiction.
Peinture d'éléphant d'Afrique.
Sculpture d'éléphant.


Notes et références

  1. (en) Soanes Catherine, Angus Stevenson, Concise Oxford English Dictionary, Oxford University Press, 2006 (ISBN 0-19-929634-0) 
  2. Dictionnaire Latin Français, Hachette, coll. « 72 / Gaffiot », 2007, relié, 257 p. (ISBN 2011679400) 
  3. (en) What Makes Dolphins So Smart?. Consulté le 14 avril 2009.
  4. (en) Cognitive behaviour in Asian elephants: use and modification of branches for fly switching. Consulté le 14 avril 2009.
  5. (en) (en) O'Connell Caitlin, The Elephant's Secret Sense: The Hidden Lives of the Wild Herds of Africa, Simon & Schuster, 2007, 174, 184 p. (ISBN 0743284410) 
  6. (en) Alfred L. Roca, Nicholas Georgiadis, Jill Pecon-Slattery et Stephen J. O'Brien, « Genetic Evidence for Two Species of Elephant in Africa », 24 August 2001, Science 293 (5534), 1473. résumé
  7. a  et b (en) The skeleton. Consulté le 15 avril 2009.
  8. a , b , c , d  et e (fr) Éléphant d'Afrique. Consulté le 15 avril 2009.
  9. (fr) L'éléphant - Mythes et réalités, K. Gröning, M. Saller (dir.), Könemann, 1999.
  10. a , b , c  et d (fr) The Feet. Consulté le 16 avril 2009.
  11. (fr) Henri Milne-Edwards, Élémens de zoologie: ou Leçons sur l'anatomie, la physiologie, la classification et les mœurs des animaux, Crochard, 1834, relié, 402 p. 
  12. (fr) L'éléphant est un coureur. Consulté le 16 avril 2009.
  13. (en) Sanparks - South African National Parks official website. Consulté le 7 avril 2009.
  14. (fr) Vaufrey, R. (1929) - Les éléphants nains des îles méditerranéennes et la question des isthmes pléistocènes, Archives de l'Institut de Paléontologie Humaine, Mémoire n° 6.
  15. (fr) Thaler, L. (1973) - « Nanisme et gigantisme insulaires », La Recherche, n° 37, vol. 4, pp. 741-750.
  16. (en) 1er congrès international sur les éléphants (2001), session A "Les Romains et les éléphants (lien cassé, voir archive)"
  17. (en) 1er congrès international sur les éléphants (2001), workshop "Éléphants nains : schémas évolutifs (lien cassé, voir archive)"
  18. a , b , c , d , e  et f (en) About elephants. Consulté le 15 avril 2009.
  19. a  et b (en) (en) Michael Hutchins, Grzimek's : Animal Life Encyclopedia, vol. 15 : Mammals IV, Series Editor, 2003, relié (ISBN 0787657913) 
  20. (fr) Sébastien Duffillot, La trompe de l’éléphant. Consulté le 13 avril 2009.
  21. (fr) Carl Gustav Carus, A. J. L. Jourdan, Florencio Porpeta Llorente, Julián Calleja Sánchez, Antonio Fernández Carril, Traité élémentaire d'anatomie comparée: suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur, et accompagné d'un atlas de 31 planches in-4o, gravées, 1835 [présentation en ligne], p. 438 
  22. (fr) Les éléphants. Consulté le 7 avril 2009.
  23. (en) Longer Tusks Are Healthy Signs, Pallava Bagla, Science, Vol. 276. no. 5321, p. 1972, 1997.
  24. a , b  et c (fr) Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, avec l'indication de leurs mœurs et de leurs rapports avec les arts, le commerce et l'agriculture, 1855 [présentation en ligne], p. 123 
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  26. a  et b (fr) Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, avec l'indication de leurs mœurs et de leurs rapports avec les arts, le commerce et l'agriculture, 1855 [présentation en ligne], p. 124 
  27. a , b , c  et d (fr) Fiche d'information technique 1er partie Acajou Éléphant Esturgeon Vigogne et Legine (p7/16). Consulté le 7 avril 2009
  28. (fr) S.O.S : ESPÈCE MENACÉE ! L’éléphant d’Afrique. Consulté le 14 avril 2009.
  29. (en) The Skin. Consulté le 15 avril 2009.
  30. a , b  et c (fr) Les pachydermes voient des éléphants roses. Consulté le 15 avril 2009.
  31. (en) The brain. Consulté le 16 avril 2009.
  32. (fr) Les éléphants dans l'Histoire. Consulté le 16 avril 2009.
  33. a  et b (fr) L'éléphant d'Afrique. Consulté le 14 avril 2009.
  34. a , b  et c (fr) Sexe, molécule et éléphant. Consulté le 14 mars 2009.
  35. (fr) Elephant reproduction. Consulté le 15 avril 2009.
  36. a , b  et c Christine Denis-Huot et Michel Denis-Huot, Incroyables éléphants, White Star, relié, 122 p. (ISBN 9788861121935) 
  37. (fr) Trunk and disorderly: Amazing pictures of the newborn elephant saved from its own mother. Consulté le 10 avril 2009.
  38. (fr) RFI : les éléphants entendent à partir de 20Hz (en aérien) ; cite Pierre Pfeffer, « spécialiste des éléphants et directeur de recherche honoraire au CNRS ».
  39. (fr) Palais-decouverte.fr : « selon des chercheurs de l'université de Stanford, les éléphants utilisent les ondes de Rayleigh ».
  40. (en) Plotnik, J.M., De Waal, F.B. et Reiss, D. (2006) - « Self-recognition in an Asian elephant », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 103, n° 45, pp. 17053-17057. pdf
  41. (fr) Compte-rendu en français de l'article de Plotnik et al. sur Futura-Sciences
  42. (fr) Vidéo de l'éléphant passant le test du miroir
  43. (fr)Communiqués de presse de la Ligue ROC
  44. a , b  et c (en) Animal rights outrage over plan to cull South Africa's elephants. Consulté le 13 avril 2009.
  45. (en) Conservation GIS Projects par Smithsonian National Zoological Park. Consulté le 13 avril 2009.
  46. (en) History of Kruger Park: Kruger National Park: South Africa. Consulté le 13 avril 2009.
  47. (en) Impact. Consulté le 13 avril 2009.

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