Voix (musique classique)


Voix (musique classique)
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D'abord unique instrument de la musique profane, la voix, instrument à part entière, est intégrée comme telle dans les œuvres de musique classique.

Pendant la plus grande partie du Moyen Âge, celle-ci est tout d'abord présente, de manière quasiment exclusive, dans le répertoire du chant grégorien. À partir de cette origine, de nombreux genres musicaux dédiés à la musique vocale se développeront au cours des siècles suivants  : le motet, la cantate, l'opéra, la mélodie, etc.

Au cours de la Renaissance, une différenciation s'amorce entre d'une part la voix du choriste et d'autre part la voix du soliste.

Sommaire

La voix soliste

Depuis la période baroque, la spécialisation et la virtuosité des voix de solistes n'ont jamais cessé de progresser au cours des siècles. Les chanteurs solistes sont principalement classés selon la hauteur relative de leur voix, comparée à celle des autres typologies vocales.

Les qualités d'une voix, son agilité, son volume, sa vélocité, dépendent moins des aptitudes reçues à la naissance, que du travail et des exercices d'entraînement accomplis par le chanteur.

On aura soin de distinguer, d'une part, la tessiture, qui désigne l'ensemble des notes aisément réalisées par un chanteur, d'autre part, l'ambitus, qui désigne l'étendue totale d'une voix, comprenant, outre la tessiture, un certain nombre de « notes exceptionnelles », dans l'aigu ou dans le grave, que le chanteur peut émettre au prix d'un effort particulier.

Les voix de femmes et d'enfants

Chez les femmes et les enfants, il existe trois catégories vocales principales :

Les voix d'hommes

Chez les hommes, on distingue quatre catégories :

Dans le répertoire baroque français, on appelle haute-contre un ténor qui utilise occasionnellement la voix de tête ou de fausset pour les aigus ou suraigus. De nos jours, les termes de « haute-contre » et de « contreténor » sont fréquemment confondus ; cependant, si l'étendue de ces deux types vocaux se rejoignent bien souvent, leurs techniques vocales respectives sont différentes.

  • les barytons, à la tessiture moyenne. il s'agit d'un type de voix très répandu car le plus proche de la voix parlée ;
  • les basses, voix masculines les plus graves — et donc, les plus graves toutes familles confondues.

Il existait jusqu'au XIXe siècle une cinquième catégorie : les castrats. Cette pratique, courante à la période baroque — surtout en Italie — ayant été interdite par la suite, les emplois sont maintenant désormais tenus par des chanteuses travesties ou des contreténors.

Autres classements possibles

D'autres distinctions, variant selon les pays, les époques, les compositeurs ou les répertoires, viennent parfois s'ajouter au classement ci-dessus.

Selon l'agilité et le timbre, on pourra classer les voix en trois grandes sous-catégories : les « voix légères » — les plus claires et les plus aptes à la vélocité —, les « voix lyriques » — sous-catégorie intermédiaire entre la précédente et la suivante — et les « voix dramatiques » — les plus sombres et les plus corsées, mais les moins agiles. Il est fréquent que les voix légères disposent de quelques notes supplémentaires dans l'aigu, tandis que les voix dramatiques bénéficient souvent d'une extension de leur registre vers le grave. Ces subdivisions sont couramment employées chez les sopranos, les mezzo-sopranos et les ténors.

On dira par exemple, que le rôle du Comte Almaviva — dans l'opéra Le Barbier de Séville de Rossini — nécessite une voix de « ténor léger » ; que le rôle de Don José — dans l'opéra Carmen de Bizet — nécessite une voix de « ténor lyrique » ; que le rôle de Florestan — dans l'opéra Fidelio de Beethoven — nécessite une voix de « ténor dramatique » ou « fort ténor ».

Concernant le timbre, d'autres caractéristiques peuvent entrer en ligne de compte dans la classification des types vocaux : la « couleur » — voix claires et voix sombres —, le « volume » — petites voix, voix énormes —, « l'épaisseur » — voix minces, voix épaisses — et le « mordant » — voix détimbrées ou voix éclatantes.

Selon la puissance relative, on pourra classer les voix de la manière suivante, par intensité croissante.

  • Les « voix de micro » : moins de 80 décibels.
  • Les « voix de salon » : de 80 à 90 décibels.
  • Les « voix d'opérette » : de 90 à 100 décibels.
  • Les « voix d'opéra-comique » : de 100 à 110 décibels.
  • Les « voix d'opéra » : de 110 à 120 décibels.
  • Les « voix de grand opéra » : plus de 120 décibels.

La voix en chœur

Dans une chorale ou chœur, les choristes sont habituellement répartis en plusieurs pupitres.

Une telle répartition constitue davantage une affectation parmi les différents pupitres, qu'une véritable distribution de parties vocales correspondant précisément à la tessiture de chaque choriste. Néanmoins, autant que faire se peut, les voix les plus élevées sont placées dans les pupitres aigus, et les voix les plus basses, dans les pupitres graves.

L'appellation des différents pupitres reprend à peu de choses près la typologie vocale des solistes, dans les pays francophones cependant, le mot « alto » est employé de préférence au mot « contralto », ce dernier restant associé à la voix de soliste.

C'est ainsi que, selon la hauteur, on classe les voix de femmes ou d'enfants en deux grandes catégories : le soprano — la plus aiguë — et l'alto — la plus grave. De la même façon, toujours selon la hauteur, on classe les voix d'hommes en deux grandes catégories : le ténor — la plus aiguë — et la basse — la plus grave.

Au sein d'un même pupitre, il peut arriver que les emplois se dédoublent — ou se divisent —, le premier sous-pupitre regroupant les voix les plus aiguës du pupitre, le second, les voix les plus graves. On dira donc — de l'aigu vers le grave — : les premiers soprani, les seconds soprani, etc. En ce qui concerne le pupitre des alti, les premières sont souvent appelées mezzo-soprani, et les secondes, tout simplement alti. De la même façon, en ce qui concerne le pupitre des basses, les premières sont souvent appelées barytons, et les secondes, tout simplement basses.

Exemple de répartition des voix, de l'aigu vers le grave, dans un chœur mixte — c'est-à-dire, un chœur composé d'hommes et de femmes — à quatre voix :

  • Sopranos 1 (ou premières sopranos)
  • Sopranos 2 (ou secondes sopranos)
  • Altos 1 (ou mezzo-sopranos)
  • Altos 2 (ou altos)
  • Ténors 1 (ou premiers ténors)
  • Ténors 2 (ou seconds ténors)
  • Basses 1 (ou barytons)
  • Basses 2 (ou basses)

Étendue des voix classiques

Au Moyen Âge, l'étendue moyenne de la voix — telle qu'elle était exigée par les partitions — ne dépassait guère l'octave. Une portée de cinq lignes permettant de couvrir un ambitus de neuf notes, la sélection de la bonne clé facilitait donc la lecture, en évitant l'utilisation de lignes supplémentaires au-dessus ou au-dessous de la portée. C'est ainsi qu'à cette époque, le choix de la clé déterminait, non pas une typologie vocale, mais une simple étendue correspondant à l'ambitus de telle partie musicale. La terminologie utilisée — superius, ténor, basse, etc. — désignait en fait une fonction précise dans l'édifice polyphonique, et non un véritable « type de voix », ainsi que ce sera le cas, plus tard, à l'époque baroque et à l'époque classique.

Dès la Renaissance cependant, une évolution est amorcée chez les solistes. De nombreux progrès techniques sont accomplis dans le domaine vocal, sans doute stimulés par le succès croissant de genres musicaux tels que le madrigal ou l'opéra. Ce mouvement entraîne un développement de la virtuosité et surtout, une extension progressive de l'ambitus des différents types vocaux. On peut considérer qu'à partir de la période classique, l'étendue habituelle d'une voix de soliste, est de deux octaves. Il n'est pas rare que des chanteurs dépassent de quelques notes ce registre de base, dans le grave ou dans l'aigu, et les compositeurs ne se priveront pas d'écrire des pièces destinées à telle ou telle voix exceptionnellement douée dans ce domaine. On raconte, par exemple, que l'étendue vocale de Pauline Viardot, célèbre cantatrice du XIXe siècle, couvrait plus de trois octaves.

Le schéma ci-dessous présente la tessiture des principales typologies vocales pour la musique classique. Il doit évidemment être relativisé. Une telle répartition contient inévitablement une part d'arbitraire, dû à plusieurs facteurs. Tout d'abord, la fréquence du la du diapason a considérablement fluctué au cours des époques — et par voie de conséquence, la hauteur des notes, également. Il convient de tenir compte ensuite, d'une certaine imprécision en matière de terminologie, celle-ci variant selon les pays, les compositeurs, les courants musicaux, etc. Enfin, les typologies vocales ne peuvent correspondre exactement aux voix individuelles des chanteurs, fussent-ils solistes renommés, et ne constituent que des modèles idéaux associés à des emplois et des répertoires déterminés.

Numérotation

Les octaves sont différenciées par numérotation. La convention française donne le numéro 3 au la de 440 Hz, noté la3. Dans ce système, le la de 220 Hz est noté la2. Le changement d'octave se fait à partir du do supérieur ; ainsi on passe du si2 au do3.

Cette numérotation diffère selon les pays. Aux États-unis, le la3 est noté A4 (une unité de plus). Ce standard est utilisé dans les logiciels d'édition et composition musicales les plus répandus. L'Allemagne et l'Angleterre possèdent également un système de numérotation qui leur est propre (cf schéma ci-dessous)[1].

Dans le système français, au-dessous de l'octave 1 se trouve l'octave -1. Dans le système américain, la première octave commence à 0.


Correspondances des différents systèmes de notation
Octaves notation.png

Clés utilisées en musique classique vocale

Les différentes formes de clé en usage au Moyen Âge — principalement, la clé de fa, pour les sons graves, la clé d'ut, pour ceux du médium, et la clé de sol, pour les aigus — ont été successivement placées sur les différentes lignes de la portée.

À partir de la Renaissance, seul un petit nombre de clés est maintenu pour la notation des parties vocales. Il s'agit essentiellement de la clé de sol deuxième ligne, des clés d'ut, première, deuxième, troisième et quatrième lignes, et des clés de fa, troisième et quatrième lignes.

Il y en a eu d'autres — par exemple, la « clé de sol première », ou encore, la « clé de fa cinquième » — mais qui furent utilisées de manière plutôt exceptionnelle.

Au cours du XIXe siècle, dans le but de simplifier la lecture des chanteurschoristes aussi bien que solistes —, les éditeurs de musique vont progressivement abandonner l'usage de certaines de ces « anciennes clés ».

Étendue approximative des principales catégories vocales associées aux « anciennes clés » 
  • La clé de sol deuxième correspond au « soprano léger » : du si2 au si4.
  • La clé d'ut première correspond au « soprano lyrique » : du sol2 au sol4.
  • La clé d'ut deuxième correspond au « soprano dramatique » ou au mezzo-soprano : du mi2 au mi4.
  • La clé d'ut troisième correspond au contralto féminin, ou au contraltiste masculin, ou encore à un ténor élevé (haute-contre) du do2 au do4
  • La clé d'ut quatrième correspond au ténor : du la1 au la3.
  • La clé de fa troisième correspond au baryton : du fa1 au fa3.
  • La clé de fa quatrième correspond à la basse : du 1 au 3


Au XXe siècle, une simplification est apportée à ce système et seules deux d'entre elles sont conservées : la clé de sol deuxième pour les voix féminines et la clé de fa quatrième pour les voix masculines. Les parties de ténors, lorsqu'elles sont dissociées des basses, sont toutefois notées en clé de sol octaviée, le do grave correspond au do2.

Le terme « contre-xx » ne désigne pas une note précise mais une hauteur relative : le contre-ut du soprano est équivalent à un do5 alors que celui du ténor est un do4.


Étendue des principales catégories vocales

Voir aussi

Articles connexes

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Notes et références

  1. Le système allemand utilise la notation anglo-saxone pour nommer les notes (c = do), sauf pour le si appelé h lorsqu'il est naturel et b lorsqu'il est bémol.

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