Vladimir Ier


Vladimir Ier
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Vladimir Ier958 - †1015), dit « le Grand » ou « Soleil Rouge » (Володимир en ukrainien, ce qui se prononce Volodymyr), est l'une des grandes figures de la Russie médiévale, tant d'un point de vue politique que spirituel. Fils de Sviatoslav Ier et de sa concubine Maloucha, il est d'abord prince de Novgorod puis, après avoir appris l'assassinat de son frère Oleg et avoir fait assassiner son autre frère Iaropolk Ier, il devient grand-prince de Kiev, régnant de 980 à 1015.

Sommaire

Biographie

Le baptême de Vladimir, toile de Viktor Vasnetsov (1890)

Il commence son règne par une série de campagnes victorieuses contre les Viatitches, les Radimitches, la Pologne, les Iatvinges de Lituanie et les Bulgares de la Volga (musulmans) (981-85).

Baptême et mariage

La cathédrale Saint-Vladimir de Chersonèse, un des lieux vraisemblables du baptême de saint Vladimir

En 987, l'empereur byzantin Basile II lui demande de l'aide pour mettre fin à la révolte de Bardas Phocas[1]. Vladimir lui livre 6 000 guerriers varègues et obtient en échange la main de la princesse Anna Porphyrogénète, sœur des empereurs[1]. La princesse sera envoyée à Kiev malgré ses réticences avec une ambassade après que Vladimir a assiégé et occupé la ville de Chersonèse devant les délais des Byzantins. Après son mariage, il renonce au paganisme et à ses nombreuses concubines. Il reçoit le baptême en 988 et impose à son peuple le christianisme de rite byzantin.

Son baptême est reporté selon deux traditions : dans la première, Vladimir régnant à Kiev fait appeler à lui les représentants des principales religions connues, le christianisme latin, le christianisme orthodoxe, le judaïsme et l'islam, opte pour l'orthodoxie et fait baptiser son peuple[2] ; dans la deuxième, il demande le baptême à Chersonèse en Crimée en échange de la prise de la ville, de la main de la princesse byzantine et de la guérison de ses yeux[3].

Postérité

À sa mort, une guerre de succession fratricide de (1015-1019), éclate entre son neveu Sviatopolk et plusieurs de ses nombreux fils, dont Gleb et Iaroslav.

Vladimir est enterré à l'église de la Dîme qu'il avait fait construire, comme sa femme et sa grand-mère. Considéré comme le principal fondateur de la « Sainte Russie », il est également un personnage récurrent des bylines russes qui se déroulent souvent sous son règne. Dans ces poèmes épiques, il est généralement représenté comme un souverain juste et respecté de ses sujets, à l'image du roi Arthur des légendes celtes.

Selon la Chronique de Nestor, Vladimir « se laissa aller à l'amour des femmes... car il était débauché comme Salomon ». L'évêque allemand Thietmar le décrit comme « fornicator immensus et crudelis », tandis que les chroniqueurs font référence à plusieurs centaines de concubines qu'il gardait dans son palais de Vychgorod. De ses différentes épouses, il eut au total onze fils :

Unions et postérité

Vladimir et Rogneda (Anton Losenko, 1770).
  • De sa première épouse Rogneda de Polotzk il eut quatre fils et deux filles :
  • Il eut d'une Tchèque :
    • Vycheslav, l'aîné de tous, prince de Novgorod, mort en 1010.
  • d'une autre :
    • Sviatoslav, prince des Drevlianes tué en 1015
    • Stanislav, prince de Smolensk
    • Pozvizd
    • Soudislav, mort en 1065
  • d'une Bulgare :
    • Boris, prince de Rostov, assassiné en 1015.
    • Gleb, prince de Mourom, assassiné en 1015

Les Russes ont canonisé ce prince et l'honorent le 15 juillet, jour de sa mort. L'impératrice Catherine II a institué en son honneur l'Ordre de Saint-Vladimir

Genéalogie

Notes et références

  1. a et b Histoire de Yahya-Ibn-Said d'Antioche Continuateur de Sa'id-Ibn-Bitrik (texte arabe et français) éditée et traduite par I. Kratchkovsky et A. Vasilev, Patrologia orientalis ed par Graffin R et Nau F, XXIII, Paris, 1932
  2. Chronique des temps passés de Nestor
  3. Selon l'historien slavophile Chermontov, qui a compilé les différentes sources, cette dernière interprétation, plus politique, serait un pamphlet grec du XIe siècle pour éviter la canonisation de Vladimir. Voir là-dessus: Michale Klimenko, (de) Ausbreitung des Christentums in Russland seit Vladimir dem Heiligen bis zum 17. Jahrhundert: Versuch einer Übersicht nach russischen Quellen, Berlin & Hambourg, Lutherisches Verlagshaus, 1969, p38-39

Bibliographie

  • Sources byzantines : révèle le soutien de Vladimir contre Phocas
  • Francis Dvornik, « La Russie de Kiev » in Les Slaves histoire, civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine, Paris, Seuil, 1970, p. 171-228.
  • Vladimir Volkoff, Vladimir, le Soleil rouge (traduit de l'anglais par Gérard Joulié), Julliard et L'Âge d'Homme, Paris et Lausanne, 1981, 410 p. ISBN 2-260-00268-4


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