Vision scotopique


Vision scotopique

On appelle vision scotopique (du grec skotos, obscurité), la « forme » particulière que prend la vision de nuit ou en conditions de faible éclairage.

Sommaire

Chez l'Homme

La vision scotoptique humaine est essentiellement assurée par les bâtonnets de la rétine, qui possèdent une sensibilité à la lumière importante (voir rhodopsine) mais répondent à toutes les longueurs d'onde visibles (donnant ainsi une perception en noir-et-blanc, ou panchromatique). Ces cellules sont bien plus nombreuses (environ 120 millions de bâtonnets par oeil, à comparer aux 5 millions de cônes) et ils sont plus larges et longs. Ils ont en réalité beaucoup plus de chances que les cônes d'intercepter un photon, ce qui fait leur efficacité la nuit.

Le maximum de sensibilité est atteint après environ 45 minutes de séjour dans l'obscurité, ce qui correspond au temps nécessaire pour régénérer toutes les molécules de rhodopsine sous leur forme active.
En raison de la répartition des bâtonnets sur la rétine, le maximum de sensibilité ne se situe pas dans l'axe optique (la fovéa étant constituée uniquement de cônes) mais à environ 20° de celui-ci.

De plus, les cellules en bâtonnets sont connectées à des zones du cerveau jouant un rôle dans la vigilance et l'alerte, plus réactive aux mouvements ou petits changements d'intensité lumineuse (à condition que l'oeil n'ait pas été ébloui par une source lumineuse dans les 25 à 40 min précédentes.

La sensibilité de l'œil en vision scotopique n'est pas la même à toutes les longueurs d'onde. Le maximum de sensibilité est obtenu pour une longueur d'onde de 507 nanomètres.

Chez les sujets atteints d'achromatopsie congénitale, les cônes ne fonctionnent pas. Leur vision provient donc essentiellement des bâtonnets et donc du système de vision scotopique, ce qui a pour conséquence une forte photophobie, une acuité visuelle réduite (<2/10), et une absence totale de vision des couleurs.

Efficacité lumineuse relative. Vision scotopique
λ
(nm)
v(λ) λ
(nm)
v'(λ) λ
(nm)
v'(λ) λ
(nm)
v'(λ) λ
(nm)
v'(λ)
    400 0,009 29 500 0,982 600 0,033 15 700 0,000 017 80
410 0,034 84 510 0,997 610 0,015 93 710 0,000 009 14
420 0,096 6 520 0,935 620 0,007 37 720 0,000 004 78
430 0,199 8 530 0,811 630 0,003 335 730 0,000 002 546
440 0,328 1 540 0,650 640 0,001 497 740 0,000 001 379
450 0,455 550 0,481 650 0,000 677 750 0,000 000 760
460 0,567 560 0,328 8 660 0,000 312 9 760 0,000 000 425
470 0,676 570 0,207 6 670 0,000 148 0 770 0,000 000 241
380 0,000 589 480 0,793 580 0,121 2 680 0,000 071 5 780 0,000 000 139
390 0,002 209 490 0,904 590 0,065 5 690 0,000 035 33    
Comparaison des efficacités relatives des visions scotopique et photopique

Acuité visuelle nocturne

Elle dépend de l'adaptation au noir (rompue par le moindre éblouissement), mais aussi de la vitesse de régénération des pigments détruits par les photons. Il faut environ 20 à 25 min dans le noir pour régénérer un stocks de rhodopsine suffisant pour fortement améliorer sa vision nocturne. Après 45 min la sensibilité est maximale (environ un million de fois plus élevée[1] qu'immédiatement après avoir quitté une zone éclairée). En théorie, une seule cellule en bâtonnet peut alors être activée par un seul photon.

Une alimentation riche en carotte, myrtille, bêta-carotène ou vitamine A et glucosides d'anthocyane est réputée améliorer la vision nocturne. Lors de la dernière guerre mondiale, certains pilotes militaires mangeaient de la confiture de myrtille pour mieux voir la nuit[2],[3],[4],[5],[6],[7].

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Notes

  1. page sur les cellules photoréceptrices, par Bruno Dubuc, Centre de recherche de l'Hôpital Douglas ; LaSalle Verdun (région de Montréal, Québec) consultées 2010 04 01
  2. BASTIDE P., ROUHER F., TRONCHE P. ; Rhodopsine et anthocyanosides A propos de quelques faits expérimentaux. Extrait du bulletin des Sociétés d'Ophtalmologie de France, 1968, n°910
  3. Dr Hans Brandi, R. Widmann ; Reduction of Re-adaptation after Dazzling by anthocyanes extracted from bilberries Air force medical Institute ; Furstenfeldbruck (1996)
  4. CHEVALEROUD J, PEDREL G ; Peut-on améliorer la vision nocturne des aviateurs ; Extrait gazette Medic de France, n° 18, 25 juin 1968
  5. JAYLE G.E. & AUBERT L. Action des glucosides d'anthocyanes sur la vision scotopique et mésopique du sujet normal. Thérapie, 1964, XIX, 171185
  6. Buffler ; Étude de l'action rapide des anthocyanosides par la scotoptometrie dans un centre de sélection ; Revue du corps de santé, 11,6,1970 p 809
  7. BELLEOUD, LELUAN, BOYER: Étude des effets des glucosides d'anthocyane sur la vision nocturne du personnel navigant Société Française de physiologie et de médecine Aéronautiques et cosmonautiques, séance du 19 mai 1967

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