Vingt jeunes peintres de tradition francaise

Vingt jeunes peintres de tradition francaise

Vingt jeunes peintres de tradition française

Vingt jeunes peintres de tradition française
Aucune illustration disponible... Vous en avez une, uploadez-la!
Localisation Paris
Pays France France
Type Peinture
Date de première édition 1941
Date d'ouverture 10 mai 1941
Bandeau palette peinture.png
Présentation générale
Histoire de la peinture
Mouvements picturaux
Art figuratif - Art abstrait
gothique - renaissance - baroque
académisme - néoclassicisme - rococo
impressionnisme - art nouveau
cubisme - dadaïsme - fauvisme
réalisme - surréalisme - Néo-expressionnisme - Pop art
Thèmes picturaux
Peinture religieuse-profane-mythologique
Portrait - Autoportrait - Le nu
Peinture d'histoire - orientaliste
Nature morte - Paysage
Peinture animalière / marine
Techniques picturales
Matériel - Support - Médiums
Composition picturale - Perspective
Les peintres
Portail de la Peinture
Projet - Café des peintres

L'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française qui a lieu en 1941 à Paris est la première manifestation de la peinture d'avant-garde française résistant ouvertement à l'idéologie nazie de “l'art dégénéré”. Elle rassemble la plupart des artistes qui, moins d'une dizaine d'années plus tard, développeront la peinture non figurative.

Sommaire

Les circonstances

L'exposition, dont le vernissage a lieu onze mois après le début de l'Occupation allemande, le samedi 10 mai 1941 à 15 heures à la Galerie Braun (18 rue Louis-le-Grand) à Paris, réunit des peintures de Bazaine, Beaudin, Berçot, Bertholle, Bores, Coutaud, Desnoyer, Gischia, Lapicque, Lasne, Lucien Lautrec, Legueult, Le Moal, Manessier, André Marchand, Pignon, Suzanne Roger, Singier, Tal Coat et Charles Walch. Le nom d'Estève figure également au catalogue, mais aucune de ses toiles n'est présentée. Le sculpteur René Iché envoie, quant à lui, quelques dessins.

L'exposition avait été préparée par Jean Bazaine et l'éditeur André Lejard (1899-1974). La plupart des peintres se connaissaient depuis le début des années 1930 (notamment Bazaine, Bertholle, Le Moal et Manessier). Singier était un ami de Walch qui avait dû contacter la galerie Braun et, faisant partie du comité du Salon d'automne, inviter Legueult et Marchand.

Bon nombre des « Vingt jeunes peintres » participeront, auprès de Gaston Diehl, à la création du Salon de Mai en 1943.

Témoignages

  • «Je proposai le titre de Vingt jeunes peintres de tradition française. C'était à la fois une vérité et une supercherie. Qu'on se souvienne : à cette époque les nazis poursuivaient de leur fureur destructrice toutes les formes d'expression artistique se rattachant à ce qu'ils dénommaient l'art dégénéré en quoi s'affirmaient précisément la liberté et la joie de la création. Il importait donc de donner le change.»
André Lejart, Vingt jeunes peintres de tradition française, 1941-1967, galerie Georges Bongers, Paris, mars- avril 1967.
  • «Peintres de tradition française, c'était à double tranchant. Il y avait le mot française d'une part, ce qui voulait dire que la tradition française existait et en même temps le mot tradition servait à ce que les Allemands ne se méfient pas trop. (...) Je me souviens assez bien du vernissage : sont arrivés deux officiers allemands qui se sont avancés jusqu'au milieu de la galerie. Ils ont jeté un coup d'œil, se sont regardés, ont tourné les talons. C'est tout. C'était l'époque où les Allemands voulaient encore être gentils.»
Jean Bazaine, entretien, dans Histoire de l'Art, 1940-1944 de Laurence Bertrand-Dorléac, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, pp. 351-352.
  • «Tous ces peintres, d'âge et de tendance très divers, se trouvèrent d'accord sur la résistance nécessaire de la peinture. Ce qui leur fit accepter ce titre général et lénifiant, destiné à rassurer l'occupant (...) Il ne s'agissait de rien d'autre – de rien moins – que de permettre, par surprise, une exposition judéo-marxiste, sous toutes ses formes, à une époque où les galeries n'osaient montrer que de l'art d'obédience nazie. Après refus d'un certain nombre de galeries, la Galerie Braun accepta le risque de l'exposition, qui fut accueillie par des torrents d'injures d'une presse bien dressée.»
Jean Bazaine [1998], cité dans Jean Le Moal de Michel-Georges Bernard, Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001, pp.66-67.
  • «Cette expression avait été choisie par Bazaine. Elle ne m'a pas choqué. Étant donné l'atmosphère durant l'Occupation, il s'agissait d'un titre un peu provocant et je l'ai pris ainsi. On pouvait le prendre autrement; la tradition française, c'était aussi les rameaux qui, se rattachant par Cézanne à toute l'école française, passaient par le fauvisme et le cubisme».
Alfred Manessier, entretien avec Jean-Paul Ameline et Nathalie Leleu, dans Une histoire parallèle, 1960-1990, Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris, 1993, p.53.
  • «La richesse même de l'École de Paris, c'était l'accueil d'étrangers, l'apport international qui avait existé bien avant nous. La tradition française, pour nous, c'était cet accueil. [...] Ce titre voulait signifier que pour nous, la tradition française, c'était cette esthétique rejetée par le nazisme. Nous étions très conscients que nous luttions contre ces interdits qui sévissaient en Allemagne. Nous avions conscience de faire partie d'une résistance intellectuelle.»
Alfred Manessier, entretien, dans Histoire de l'Art, Paris, 1940-1944 de Laurence Bertrand-Dorléac, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, p. 397.

Jugement

  • «Cette manifestation entrera dans l'histoire, attestant la persistance de l'art contemporain français, et présentant les œuvres (souvent d'avant-guerre) de ces jeunes peintres âgés de trente à quarante-cinq ans, qui vont durant ces quatre années jusqu'à la Libération, mais également un peu après, composer cette avant-garde se réclamant tout à la fois d'une tradition française et d'une certaine conception de la modernité.»
Laurence Bertrand-Dorléac in Histoire de l'Art, Paris, 1940-1944, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, p. 167-168.

Bibliographie sélective

  • Laurence Bertrand Dorléac, Histoire de l'art, Paris 1940-1944, Ordre national, Traditions et Modernités, préface de Michel Winock, Publications de la Sorbonne, Paris, 1986 (ISBN 2859441220).

Liens internes

  • Portail de la peinture Portail de la peinture
  • Portail des arts Portail des arts
  • Portail de la France Portail de la France
Ce document provient de « Vingt jeunes peintres de tradition fran%C3%A7aise ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Vingt jeunes peintres de tradition francaise de Wikipédia en français (auteurs)

Игры ⚽ Поможем решить контрольную работу

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Vingt jeunes peintres de tradition française — Localisation Paris Pays …   Wikipédia en Français

  • École de Paris — A. Warnod, Les Berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 L École de Paris est une notion qui rassemble les artistes ayant contribué à faire de Paris le foyer de la création artistique du début du XXe siècle jusque dans les années 1960.… …   Wikipédia en Français

  • Ecole de Paris — École de Paris Cet article traite à la fois de l École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris). A. Warnod, Les berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 Sommaire 1 …   Wikipédia en Français

  • Nouvelle Ecole de Paris — École de Paris Cet article traite à la fois de l École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris). A. Warnod, Les berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 Sommaire 1 …   Wikipédia en Français

  • Nouvelle École de Paris — École de Paris Cet article traite à la fois de l École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris). A. Warnod, Les berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 Sommaire 1 …   Wikipédia en Français

  • Nouvelle école de Paris — École de Paris Cet article traite à la fois de l École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris). A. Warnod, Les berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 Sommaire 1 …   Wikipédia en Français

  • École de paris — Cet article traite à la fois de l École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris). A. Warnod, Les berceaux de la jeune peinture, Paris 1925 Sommaire 1 …   Wikipédia en Français

  • Jean Le Moal — en 1985 Naissance 30 octobre 1909 …   Wikipédia en Français

  • Leon Gischia — Léon Gischia Léon Gischia (Dax, 8 juin 1903 Venise (Italie), 29 mai 1991) est un peintre non figuratif de la Nouvelle École de Paris qui a créé de nombreux décors et costumes pour le Théâtre national populaire de Jean Vilar …   Wikipédia en Français

  • Léon Gischia — (Dax, 8 juin 1903 Venise (Italie), 29 mai 1991) est un peintre non figuratif de la Nouvelle École de Paris qui a créé de nombreux décors et costumes pour le Théâtre national populaire de Jean Vilar …   Wikipédia en Français

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”