Victor Schoelcher


Victor Schoelcher

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Victor Schoelcher
Victor Schoelcher
Victor Schoelcher

Naissance 22 juillet 1804
Paris, France
Décès 25 décembre 1893 (à 89 ans)
Houilles, France
Nationalité Française
Profession(s) Homme politique
Distinctions Enterré au Panthéon de Paris

Victor Schoelcher est un homme politique français, né à Paris le 22 juillet 1804[1] et mort à Houilles le 25 décembre 1893[1]. Il est surtout connu pour avoir impulsé l'abolition définitive de l'esclavage en France, via le décret signé par Lamartine le 27 avril 1848.

Sommaire

Biographie

Enfance

Victor Schoelcher naît le 22 juillet 1804 à Paris dans une famille bourgeoise originaire de Fessenheim en Alsace[1]. Son père est propriétaire d'une manufacture de porcelaine[2].

Il fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et artistiques parisiens[1], faisant connaissance avec George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt[2].

Son père l'envoie au Mexique, États-Unis et Cuba en 1828-1830 en tant que représentant commercial de l'entreprise familiale[1]. Lorsqu'il est à Cuba, il y est révolté par l'esclavage.

L'engagement

Caricature de Victor Schoelcher.

De retour en France, il devient journaliste et critique artistique[1], publiant des articles, des ouvrages, multipliant ses déplacements d'information. Il adhère à la franc-maçonnerie, à la loge « Les Amis de la Vérité » puis à « La Clémente Amitié »[1] et à la Société pour l'abolition de l'esclavage. Il n'aura de cesse que de lutter pour la libération des esclaves, revendant rapidement la manufacture dont il hérite en 1832 à la mort de son père pour se consacrer à son combat[2].

Le discours abolitionniste de Schoelcher évolue au cours de sa vie. En effet, au début de son engagement, il s'oppose à l'abolition immédiate de l'esclavage. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, « Des Noirs », il demande ouvertement de laisser du temps aux choses. Cette vision de l'abolition se retrouve en 1833, dans son premier grand ouvrage sur les colonies : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale. Pour lui, il serait dangereux de rendre instantanément la liberté aux noirs, parce que les esclaves ne sont pas préparés à la recevoir. Il souhaite même le maintien de la peine du fouet, sans laquelle les maîtres ne pourraient plus travailler dans les plantations. Il faut attendre un nouveau voyage dans les colonies pour qu'il se tourne vers une abolition immédiate.

La place Victor Schoelcher à Cayenne en Guyane

Nommé sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire de 1848 par le ministre François Arago, il contribue à faire adopter le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur le 5 mars.

De 1848 à 1850, il siège à gauche comme député de la Martinique et de la Guadeloupe.

L'esclavage avait déjà été aboli en France à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802. En tant que président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage en France.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut un des rares députés présents aux côtés de Jean-Baptiste Baudin sur la barricade où celui-ci sera tué. Républicain, défenseur des droits de la femme, adversaire de la peine de mort, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile en Angleterre où il rencontre fréquemment son ami Victor Hugo. En 1870, il revient en France suite à la défaite de Sedan. Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu député de la Martinique à l'Assemblée nationale (1871). Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible.

En 1877, Victor Schoelcher dépose une proposition de loi pour interdire la bastonnade dans les bagnes. La commission d'initiatives refuse la proposition, mais les peines corporelles seront abolies en 1880. En 1884 et 1885 il tente de s'opposer, sans succès, à l'institution de la relégation des forçats récidivistes en Guyane.

La fin de sa vie

À la fin de sa vie, comme il ne s'était jamais marié et qu'il n'avait pas eu d'enfant, il décida de donner tout ce qu'il possédait. Victor Schoelcher est mort le 25 décembre 1893 à l'âge de 89 ans dans sa maison au 24 rue d'Argenteuil, devenue depuis l'avenue Schoelcher, à Houilles dans les Yvelines. Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, ses cendres furent transférées par décision de l'Assemblée nationale et du Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que celles du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé).

Postérité

Statue de Victor Schoelcher dans le commune de Schœlcher en Martinique

En hommage à son combat contre l'esclavage, la commune de Case-Navire (Martinique) prit le nom de Schœlcher en 1888.

En 1952, un billet de 5 000 francs à l'effigie de Victor Schoelcher est mis en circulation en Martinique.

La commune de Fessenheim a fait de la maison de la famille Schoelcher un musée qui porte son nom.

Œuvres

  • 1830 : « Des Noirs », Revue de Paris, tome XX, 1830, pp. 71-83.
  • 1833 : De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale 1833.
  • 1840 : Abolition de l'esclavage. Examen critique du préjugé contre la couleur des africains et des sang-mélés, 1840
  • 1842 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage.- Publié par Pagnerre, 1842.- Exemplaire Université de Harvard.- Copie numérisée le 13 déc 2005.- Consulté le 11 avril 2009.
  • 1843 : Colonies étrangères et Haïti. Résultats de l'émancipation anglaise : Colonies Danoises — Haïti — Du droit de visite — Coup d'œil sur l'état de la question d'affranchissement.- Tome second. Publié par Pagnerre, 1843.- Exemplaire la New York Public Library. Copie numérisée le 19 déc 2007.- Consulté le 12 avril 2009.
  • De la pétition des ouvriers pour l'abolition immédiate de l'esclavage. 1844
  • 1847 : Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années.- Publié par Pagnerre, 1847.- Exemplaire de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, Copie numérisé le 7 fév 2008. Consulté le 11 avril 2009.
  • 1874 : Le Deux décembre, les massacres dans Paris, Paris : Librairie de la Bibliothèque démocratique, 1874

Voir aussi

Bibliographie

  • Alexandre-Debray, Janine, Victor Schoelcher ou La mystique d'un athée, Perrin, 2006
  • Anne Girollet, Victor Schoelcher, abolitionniste et républicain : approche juridique et politique de l'œuvre d'un fondateur de la République, Éditions Karthala, 2000 [1]
  • Anne Girollet, Victor Schœlcher, républicain et Franc-Maçon, Paris, Éditions maçonniques de France, collection « Encyclopédie maçonnique », 2000 [2]
  • Schmidt Nelly, Victor Schoelcher et l’abolition de l’esclavage, Fayard, Paris, 1994
  • Federini Fabienne, L’abolition de l’esclavage 1848 : une lecture de Victor Schoelcher, L’Harmattan, Paris, 1998
  • Rodolphe Robo, L' Abolition de l'esclavage, la République et Victor Schoelcher, Cayenne, 1983
  • 1995 : La correspondance de Victor Schoelcher. Présentée par Nelly Schmidt, Paris : Maisonneuve et Larose, 1995
  • 1998 : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage, (1842).- Nouvelle édition, les Éditions du CTHS, 1998

Liens externes

Notes et références

  1. a , b , c , d , e , f  et g Victor Schoelcher (1804-1893) sur www.senat.fr. Consulté le 19 décembre 2008
  2. a , b  et c Victor Schoelcher, un sénateur philantrophe sur www.senat.fr. Consulté le 20 décembre 2008


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