Vallee de Campan


Vallee de Campan

Vallée de Campan

Vallée de Campan
Defaut.svg
Massif Pyrénées
Pays France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Communes Baudéan, Campan
Latitude
Longitude
43° 00′ Nord
       00° 12′ Est
/ 43, 0.2
 [1]

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Vallée de Campan

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Vallée de Campan
Orientation nord-ouest
Longueur
Type
Cours d'eau / Glacier Adour
Voie d'accès principale D 935
Vallée - géographie physique |  v ·  · m 

La vallée de Campan est une vallée des Pyrénées françaises située dans le département des Hautes-Pyrénées (65) en la région Midi-Pyrénées.

Sommaire

Toponymie

Géographie

C'est l'une des vallées constituant la Bigorre. Elle est composée de trois vallées hautes correspondant aux sources des trois Adours qui se rejoignent à Sainte-Marie de Campan puis à Baudéan pour former le fleuve Adour, puis court jusqu'au-delà de Bagnères de Bigorre.

Les trois vallées hautes sont :

Le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire sont situés dans la vallée de Campan.

Les stations de ski de La Mongie et de Payolle se trouvent aussi dans cette vallée.

La vallée principale

Elle est orientée nord-ouest / sud-est de Sainte-Marie de Campan à Montgaillard.

  • Principales localités et lieux-dits, du sud au nord : Sainte-Marie de Campan, Arimoula, Galade, Saint-Roch, Campan, Baudéan, Asté, Gerde, Bagnères de Bigorre, Pouzac, Ordizan, Antist, Montgaillard.

La vallée de Payolle

Article détaillé : Vallée de Payolle.

Elle est orientée sud-est / nord-ouest. Elle s'étend des cols de Beyrède (est) et d'Aspin (sud-est), de la Hourquette d'Ancizan (sud), à Sainte-Marie de Campan (nord).

Lieux-dits, écarts et villages, du sud au nord : Payolle, Espiadet, Pradille, Castelnau, le Sarrat de Bon, la Laurence, La Séoube, le Taillat, Estupas, Sainte-Marie de Campan.

La vallée de Gripp

Elle est orientée nord-est / sud-ouest. Elle est limitée par le col du Tourmalet au sud-ouest et Sainte-Marie de Campan au nord-est.

Lieux-dits, écarts et villages, du sud-ouest au nord-est : La Mongie, Artigues, Gripp, Cabadur, Hoursentut, les Basses, Sainte-Marie-de-Campan.

La vallée de Lesponne

Article détaillé : Vallée de Lesponne.

Elle est orientée sud-ouest / nord-est. Elle est limitée au sud-ouest par la Hourquette d'Ouscouaou et au nord-est par le village de Baudéan.

Lieux-dits, écarts et villages, du sud-ouest au nord-est : le Chiroulet, Trémesaouet, Parc d'Aumède, Parc de Vidalit, Parc de Gay, Parc d'Arribat, Parc de Bataille, Lesponne, la Vialette, Esquerré, Parc det Couy, l'Entrade, les Trappes, Baudéan.

Géologie

Flore et faune

Histoire

Le peuplement de la vallée de Campan est très ancien. On n'y trouve pas de mégalithes (menhirs, dolmens, alignements), sans doute parce que les hommes du néolithique préféraient le piémont aux hautes vallées au climat âpre et rude.

La toponymie révèle une influence proto-celtique à l'âge des métaux. On ne connaît pas le premier peuple historique, probablement distinct des Bigerri de Tarbes. On sait par son onomastique qu'il était de culture aquitanique. Certains auteurs y voient les Campons, un peuple aquitain de localisation inconnue, qui aurait pu laisser son nom à la vallée. Mais Campan vient plus raisonnablement d'un domaine romain nommé campanus. Pendant la Guerre des Gaules, Jules César délègue à son lieutenant Crassus la conquête du sud de la France actuelle. César viendra lui-même visiter les vallées au cours de sa huitième campagne.

Un marché situé à Bagnères-de-Bigorre (Vicus Aquensis) favorisait les échanges entre les agriculteurs de la plaine de l'Adour et les bergers de la montagne. Les laines des troupeaux tissées par des artisans locaux fournissaient la matière première des bigerri vestes, capes en laine blanche ou brune, chaudes et amples, qui avaient un tel succès qu'elles étaient connues jusqu'à Rome.

Les Romains explorent toutes les vallées. Ils trouvent à Bagnères-de-Bigorre les prémices de thermes qu'ils vont développer et agrandir. Dès la protohistoire, les effets curatifs des eaux thermales chaudes jaillissant de la montagne étaient reconnus. Les Romains vont améliorer les établissements thermaux qui serviront pendant toute la période gallo-romaine. Les travaux de captation d'eaux, près de la fontaine de Salies et réalisés en 1728, mirent à jour deux autels votifs aux nymphes, dont l'un est perdu aujourd'hui.

Sous la paix d'Auguste, célébrée par Virgile, un autel monumental portant inscription fait sans doute partie d'un temple dédié à la divinité impériale. La mention suivante y est gravée en latin : « A la divinité d'Auguste, cet autel a été élevé par Secundus fils de Selembo en son nom et au nom des habitants du Vicus Aquensis ». Cet autel est aujourd'hui visible dans les thermes.

Mais les anciennes divinités avaient aussi leurs adorateurs. Sur des autels de marbre retrouvés dans la vallée, on voit gravés les noms d'Agheion, qui trônait sur le Pic de Bassia, et de Baïgorrixo, dieu des fontaines rouges (sources d'eau ferrugineuse).

Le succès de ces bains n'est pas troublé par les aléas de l'histoire. Alaric, roi wisigoth, entame les travaux d'un canal portant son nom et irrigant les plaines de la vallée de l'Adour. Au Moyen Âge, le Prince Noir vient à Bagnères ; quelque temps plus tard, Rabelais fait de même. Montaigne a « soumis les eaux au verdict de sa vessie ». Madame de Maintenon, Tournefort (le père de la botanique), Parny et Lamartine y font quelques séjours. Ramond de Carbonnières, rendu célèbre par l'affaire du « collier de la Reine », viendra se réfugier en vallée de Campan ; écrivain et naturaliste (notamment en botanique), il a contribué à faire connaître les Pyrénées et a découvert seize espèces nouvelles dont une fleur très rare qui porte son nom : la Ramondia Pyrenaica.

La petite Histoire

Faire le Mariole

À La Séoube, petit village typique entre Sainte-Marie de Campan et le col d'Aspin, un épaulement montagneux porte le nom de Sarrat de Gaye. En occitan, un sarrat est une colline isolée.

Le 27 décembre 1767 naquit à La Séoube un garçon de la famille Gaye-Mariole. Devenu jeune homme, c'est un gaillard immense, de près de 2,10 m. Gaye-Mariole doit son service obligatoire à l'armée de la République, puis de l'Empire. Il quitte sa vallée et sera de presque toutes les campagnes du Directoire et de Napoléon.

En 1792, il est tambour-major dans le 2e bataillon des Hautes-Pyrénées ; il guerroie à la frontière espagnole, puis en Italie. En 1797, le 26 nivose, il est gravement blessé à la bataille d'Anguiarion. Ses deux cuisses traversées par une balle, les médecins l'ont condamné ; mais à la surprise de tous, il guérit. En récompense de sa bravoure, son général lui offre une carabine d'honneur. En 1800, il intègre le corps d'élite des grenadiers de la Garde impériale. Le 15 pluviôse, an XIII (5 février 1804), il reçoit la Légion d'honneur des mains mêmes de l'Empereur qui lui dit : « Voici pour l'Indomptable. »

Mais pourquoi le nom de Gaye-Mariole est-il resté dans le langage populaire le synonyme de pitre? Cette anecdote remonte au traité de Tilsitt. L'Empereur et le Tsar doivent se rejoindre sur un radeau, au milieu du Niémen. Gaye-Mariole monte la garde sur le radeau où le traité doit être signé. Comme Napoléon approche, Gaye-Mariole lâche son fusil et empoigne une pièce de 4, le plus petit des canons de campagne. Au garde-à-vous, il présente le tube du canon contre sa poitrine. L'Empereur s'en amuse et le dialogue suivant aurait eu lieu : « Ah ! Je sais ton nom, tu t'appelles l'Indomptable. — Oui, Sire. — Et que vas-tu faire pour saluer « l'autre » tout à l'heure ? — Sire, je vais reprendre mon fusil. C'est assez bon pour lui.» L'Empereur, satisfait, lui fait donner une gratification de deux mois de solde.

On a dit et cru longtemps, du moins localement, que l'expression « faire le Mariole » était attachée au géant pyrénéen. Mais rendons à César ce qui lui appartient: « mariole » vient tout simplement du mot italien mariolo, synonyme de « filou », et il existait déjà trois ou quatre siècles avant la naissance du grenadier Gaye-Mariole.

David et Goliath

Au fond de la vallée de Payolle, les pradères (alpages) au pied de la Hourquette d'Ancizan et de l'Arbizon sont la propriété du syndicat des « Quatre Véziaux » (les Quatre Voisins). Ces Quatre-Véziaux sont les communes de Cadéac, Ancizan, Guchen et Grézian. Or, elles sont toutes les quatre situées en vallée d'Aure.

Pourquoi donc cette montagne des Quatre-Véziaux est-elle administrée par un syndicat situé en vallée d'Aure alors que, géographiquement, elle se trouve en vallée de Campan ?

Depuis toujours, les bergers des deux vallées se battaient pour la possession de ces terres aux prairies à l'herbe grasse et riche et aux bois de sapins fournis. Il n'était pas rare, à la fonte des neiges, de retrouver au fond d'une combe ou dans un ruisseau, le cadavre d'un berger, victime des rixes entre les deux partis. Pour mettre fin à cette lutte qui tuait trop de jeunes hommes, les jurats des deux vallées décidèrent d'organiser un duel et de s'en remettre au « jugement de Dieu » : le combat serait « à mort » et la borne frontière serait plantée là où le vaincu décèderait.

Dans les deux camps, on se prépare. Côté Campan, on trouve un colosse immense et très fort qu'on prépare pendant trois mois. Il est si grand et si teigneux qu'on le surnomme « le Dogue ». Côté Aure, les bruits courant sur l'hercule de l'autre parti découragent les plus téméraires. Personne ne se porte volontaire, tout le monde a peur. C'est enfin Fréchou, un berger petit, sec et laid qui relève le défi, mais les Aurois se croient défaits d'avance.

Le jour venu, les deux champions se retrouvent sur les crêtes herbeuses près de la Hourquette (en gascon, fourche = petit col). La foule est nombreuse, mais l'ambiance est plus détendue chez les partisans de Campan. Voyant son adversaire, « le Dogue » crie aux jurats de son côté : « Écrivez, messieurs de Campan, la montagne est à nous ! » Ses supporters jubilent. Le combat s'engage et, après quelques passes, il ne tourne pas du tout comme on aurait pu le prévoir : Fréchou, ceinturant son ennemi, le laisse choir sur un affleurement rocheux ; « le Dogue » a les reins cassés, ne peut plus bouger, mais il n'est pas mort.

Alors commence une scène hallucinante. Fréchou lie les pieds de son adversaire et, sans pitié, commence à le trainer sur le chemin qui descend vers Payolle. Les Aurois encouragent Fréchou ; les Campanais huent leur champion. Les femmes de Campan vont même jusqu'à le lapider en criant : « Crève, mais crève donc ! » Alors les Auroises étendent leurs tabliers et disent à Fréchou : « Doucement petit, ne le tue pas trop vite ! »

Le malheureux « Dogue » est traîné jusqu'à la Prade de Saint-Jean (la prairie de Saint-Jean), en amont de Payolle, où sont plantées aujourd'hui les limites des Quatre Véziaux. Voilà pourquoi les sapinières de Coumelade appartiennent à la vallée d'Aure.

Ce n'était probablement que justice, puisque la montagne dite des Quatre-Véziaux appartenait aux villages d'Ancizan, Cadéac, Grézian et Guchen depuis des temps immémoriaux, et de par la loi du premier occupant. Rappelons que les descendants des comtes de Labarthe, propriétaires du territoire, avaient signé, le 4 mai 1294, avec les représentants des quatre villages, une sentence arbitrale qui les maintenait dans leurs droits et leur donnait la possibilité d'utiliser l'étendue intégrale de ces pacages et forêts qui n'intéressaient alors nullement les habitants de la vallée de Campan.

Tourisme

Notes et références

  1. Sources : Google Maps et Géoportail

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Frantz-E. Petiteau, Contes, légendes et récits de la vallée d'Aure, éd. Alan Sutton, 2006


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