Tugdual de kermoysan

Tugdual de kermoysan

Tugdual de Kermoysan

Tugdual de Kermoysan est un seigneur breton, capitaine de gens d'armes et de trait, compagnon d'Arthur de Richemont, au service du duc de Bretagne Jean V, puis escuyer et conseiller militaire du roi de France Charles VII.

Né à Saint-Gilles-les-Bois, Côtes d'Armor, il est issue des seigneurs du Goasmap et du Rumeur. Il meurt en 1450 au siège de Cherbourg. Il participe aux principaux événements militaires de la reconquête de la France, notamment au siège d'Orléans en 1429, aux côtés de Jeanne d'Arc, avec l'armée du roi de France. Messager du duc de Bretagne et maréchal de France, avec Pierre de Rostrenen, lors de la jonction de l'armée bretonne et de l'armée française après la bataille d'Orléans.

Sommaire

Début de carrière militaire

Tugdual de Kermoysan nait au château du Goasmap en 1399. Son père, Yvon, a eu quatre enfants : 3 garçons, l'aîné, jean (chevalier en 1409, qui épouse Amicie de Kermeur), le puîné Yvon, le cadet Tugdual, et une fille, Mahaut. Yvon, le puîné, apparaît dans une montre de la retenue de l'amiral de Bretagne Jean de Penhoët, le 27 juin 1420. Le cadet, Tugdual, se tourne vers la carrière des armes, et se forge une bonne réputation comme jeune écuyer sous la bannière de l'Amiral Jean de Penhoet. L'Amiral de Penhoet, Jean, est le fils fils de Guillaume, dit " le boiteux " capitaine de Rennes, ville qu'il défendit contre Lancastre en 1356.

Selon Alexandre Mazas dans Vie des grands capitaines français du moyen âg, Tugdual assiste à l'âge de seize ans à la bataille de Roosebeke, le 27 novembre 1382, qui oppose une troupe de miliciens flamands, commandés par Philippe van Artevelde, à l'ost français conduit par Charles VI de France, et commandé par Olivier V de Clisson. Or il parait difficile que Tugdual ait pu assister à cette bataille : il a en effet péri en 1450 au siège de Cherbourg, et même s'il était alors le plus vieux de tous les capitaines bretons de l'ost, il est peu vraisemblable qu'il ait pu participer à son dernier siège, en y conduisant l'attaque, à l'âge de 84 ans. Alexandre Mazas a probablement confondus la bataille de Roosebeke et celle d'Azincourt en 1415. Ce qui lui donnerait l'âge de 51 ans au siège de Cherbourg. Le membre de la famille des Kermoysan présent à la bataille de Roosebeke est plus probablement son frère puîné, Jean, ou son père, Yvon.

Après avoir fait ses armes avec l'Amiral de Penhoet, Tugdual rejoint Arthur de Richemont. Celui-ci, futur Connétale de France et duc de Bretagne, sous le nom d'Arthur III, a en effet été armé chevalier le 21 mai 1414, avant de monter à l'assaut de Soissons. Il a alors 21 ans (il est né le 24 août 1393). Il forme rapidement sa propre compagnie. C'est pour la campagne d'Azincourt (1415) que nous trouvons la première mention de sa compagnie. Il y commande un corps de 500 chevaliers ou écuyers, dont un grand nombre périront pendant cette campagne.

À l'âge de seize ans, Tugdual assiste vraisemblablement, mais sans y participer (en tant que page ou jeune écuyer), à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, sous la bannière de Jean de Penhoet, aux côtés d'Arthur de Richemont, qu'il a rejoint parmi les 500 chevaliers et écuyers bretons des troupes royales. Le contingent breton combat à l'avant-garde.

Cette bataille se solde par 10 000 morts côté français, dont 800 nobles, et 1 500 prisonniers. Le jeune Richemont, blessé, retrouvé sous un monceau de cadavres est emmené en Angleterre par Henri V avec les autres captifs. Richemont restera prisonnier jusqu'à la mort du roi Henri V (31 août 1422). Tugdual quant à lui, n'a pas péri et n'a pas été fait prisonnier. Richemont étant captif en Angleterre, Tugdual passe au service du duc de Bretagne, Jean V.

Le 1er juin 1416, Tugdual est capitaine Montvilliers près du Havre, il commande une compagnie d'hommes d'armes qui compte neuf autres écuyers. Il accompagne très vraisemblablement l'Amiral et Jean V, Duc de Bretagne, traité par le roi en ami, lorsqu'en automne de 1419, ils font à pieds le Tro Breizh (tout de Bretagne ou pèlerinage des sept saints fondateurs). C'est à cette période qu'il passe au service du jeune roi de France, le Dauphin, Charles VII.

En 1420, le Dauphin (futur Charles VII), l'envoie à Melun, pour défendre la ville contre les anglais et les Bourguignons, sous les ordres de Arnaud Guilhem de Barbazan, chambellan du roi et sénéchal d'Agenois et de Gascogne. Dans les galeries souterraines creusées par l'ennemi pour miner les murailles, Tugdual a l'honneur de croiser le fer avec Philippe, duc de Bourgogne. Malgré ses prouesses, la ville est prise, et il est fait prisonnier. Il doit payer une rançon pour recouvrer la liberté.

La même année, il est gouverneur de Montaiguillon, l'une des plus puissantes forteresses de la Brie, qu'il défend contre le duc de Bourgogne et le roi d'Angleterre. Sa réputation franchit rapidement les limites du duché de Bretagne.

Le 12 février 1420, Marguerite de Clissson, héritière des Blois, attire Jean V, duc de Bretagne dans un guet-apens et le retient captif au château de Champtoceaux. L'épouse de Jean, la duchesse Jeanne de France, fille de Charles VI roi de France, pour libérer le duc, fait appel aux bretons de Bretagne et charge Tugdual de recruter ceux qui servent en France.

Il est au nombre des 143 seigneurs qui, accourant avec l'armée bretonne assiègent Champtoceaux de mai à juillet 1420. Tugdual de Kermoysan et Jean Budes enferment les secours anglais dans la place. Ils ont la garde du pont. Les anglais se rendent après une quinzaine de jours. Ils obtiennent leur capitulation.

En 1421, Tugdual, entré au service du roi de France, rejoint son compatriote Prigent de Coetivy, alors lieutenant du roi en Champagne et futur Amiral de France. Ils harcèlent et fatiguent tous deux beaucoup les anglais et les bourguignons jusqu'en Brie, et se retirent en sa place forte de Montaiguillon pour tenir garnison. Le comte de Salisbury les y assiège. Malgré une vaillante résistance, à cours de vivres, ils sont contraints de se rendre et sont faits prisonniers. Il doit de nouveau payer une rançon pour retrouver sa liberté.

En 1423, Tugdual de Kermoysan et Prégent de Coativy sont de nouveau défaits près de Mouzon.

Richemont a comparu comme prisonnier à la tour de Londres pour la saint Michel de l'année 1422, avant d'être définitivement libéré en échange de la promesse de ne rien entreprendre contre le roi d'Angleterre. À son retour, il s'empresse de reformer une compagnie. Le 6 octobre 1424, Tugdual accompagne le duc Jean V de Bretagne et Arthur de Richemont à Angers : Richemont fait office d'ambassadeur entre Jean V et le dauphin de France (futur Charles VII). L'entrevue a lieu le 20 octobre 1424. Richemont reçoit des mains de Charles VII, roi de France, l'épée de connétable le 7 mars 1425. Il entreprend rapidement des réformes militaires. Il organise avec l'aide de Tugdual notamment, le recrutement de la milice des Francs-Archers en Bretagne (suite à l'ordonnance de Jean V, duc de Bretagne, du 20 mars 1425, pour l'armement des gens du commun). Il s'évertue aussi à exciter les ducs de Bretagne et de Bourgogne contre les anglais. L'arrivée de Georges La Tremoille qui devient alors le favori de Charles VII le fait entrer en disgrâce.

Les états généraux de Chinon en octobre/novembre 1428 réclament en vain son retour. Orléans est alors assiégé par les Anglais.

Le siège d'Orléans

Au mois d'avril 1429, Jean de Dunois Comte de Dunois, et le Maréchal Gilles de Rais demandent des braves pour conduire un convoi à Orléans. Tugdual de Kermoysan est au nombre des huit volontaires, qui partent pour Orléans. Il est qualifié d' "Escuyer du roy" et y est nommé "Thudual de Kermoisan", dit le Bourgeois, capitaine de Montécler", est à la tête d'une compagnie de 15 hommes d'armes et 11 hommes de trait (archers) selon les comptes de Maître Hémon Raguier, trésorier du roi.

Au début du siège d'Orléans, un autre breton, Pierre de Rostrenen, recrute en Bretagne pour constituer une armée à Arthur de Richemont, qui veut rejoindre l'armée française à Orléans.

La Trémoille s'y oppose et le roi ne voit pas le retour de Richemont d'un bon œil. Il se met néanmoins en marche, sans l'assentiment du roi, à la tête d'un corps où l'on retrouve toute la "fine fleur" de la noblesse combattante de Bretagne, entre autres : les deux Dinan, de Beaumanoir, les Huguetières, Robert de Montauban, Saint-Gilles, Alain de la Feuillée, Rieux, Rostrenen, La Barre, Mériadec, Chateaubriand...

En raison de l'opposition du roi, Richemont décide d'envoyer Kermoysan en avant, "en ambassade".

Tugdual, fait donc partie de l'armée de renfort qui arrive à Orléans le 4 mai. Il tente une sortie le 5 mai, monte à l'assaut des Tournelles le 7 mai, et participe à la bataille rangée qui refoule les anglais vers Mung  : L'assaut final est en effet donné dans la matinée du 7 mai : Tugdual se bat avec ses hommes en compagnie du duc d'Alençon et Jamet du Tillay, La Hire (Étienne de Vignolles), Poton de Xaintrailles, le comte de Vendôme, le maréchal de Saint-Sévère (Jean de Brosse), et Florent d'Illiers, aux côtés de Jeanne d'Arc.

Il est remarqué comme " un vaillant gentilhomme dès lors bien renommé, appelé Thudual de Carmoisien, dit le Bourgoys, de la nation de Bretagne ". Le soir même les tournelles sont aux mains des français. Le 8 mai au matin les troupes anglaises lèvent le siège et battent en retraite (entre 300 à 600 hommes morts ou pris). Le capitaine La Hire et le sire de Loré (Ambroise de Loré) chevauchent à leur poursuite avec cent ou 120 lances.

Le Manuscrit du Mystère du siège d'Orléans écrit peu après la délivrance de la ville raconte qu'après la prise d'Orléans, les grand seigneurs essayent de convaincre Tugdual d'accepter la charge et l'honneur de garder la ville.

Tugdual après avoir les avoir remercié de l'honneur et de la confiance qu'ils lui témoignent, s'y refuse. Florent d'Illiers et Jeanne d'Arc l'en supplient : « Ca Messire, Y vous fault garder cette place, vous estes Chevalier loyal et de chascun estes en grace... ».

Kermoysan fini par accepter : « combien pour la chose conduire en sont cy de plus suffisant, et plus savant, je le veil dire, mais vous veil estre obeissant... ».

Le 11 juin l'armée quitte Orléans avec environ 800 combattants.

Vers le 15 juin Richemont, parti de Parthenay malgré l'interdiction du roi, mal conseillé par son favori La Trémoille, approche de Beaugency, sur la Loire, à 30 km au sud est d'Orléans où se trouve Jeanne d'Arc.

Tugdual s'en va rejoindre l'armée de Richemont (400 lances soit au moins 2 400 hommes et 800 archers) qui approche de l'armée française.

Richemont apporte au Dauphin l'autorité de son nom et de son épée si justement redoutée des anglais. Tugdual est envoyé vers la Pucelle en "parlementaire" avec Rostrenen pour préparer son arrivée. Jeanne, qui, se conforme aux instructions du roi, se prépare en effet à lui livrer bataille...

Kermoysan et Rostrenen reviennent annoncer que Jeanne va venir le recevoir à coups d'épée :

"eh bien !", répond 'obstiné breton, "s'ils viennent, on les verra", et il continue sa marche en avant.

Au sortir de Parthenay, La Jaille apporte à Richemont ce message du roi : " retournez en arrière ou le roi vous combattra".

La rencontre a lieu entre Jeanne d'Arc et Richemont. L'histoire a retenu ces célèbres mots de Richemont à l'adresse de Jeanne d'Arc :

« Je ne scaye si vous estes de par Dieu ou non. Si vous estes de par Dieu, je ne vous crains en rien, car Dieu scayt mon bon vouloir. Si vous estes de par le diable, je vous crains encore moins ».

Fort heureusement la glace est rompue : en effet l'apport des forces de Richemont double l'effectif de l'armée... Après leur jonction, les deux armées ne se fondent pas dans les mains d'un seul chef : Le comte d'Alençon (Lieutenant général du Dauphin Charles) et Jeanne continuent de commander les français, et Richemont, les bretons.

Vitrail locronan détail tugdual.jpg Détail du vitrail de l'église de Locronan (Finistère): rencontre entre Jeanne d'Arc et Arthur de Richemont, Tugdual porte l'étendard d'Arthur de Richemont

Vitrail locronan détail sceaux.jpgDétail du vitrail de l'église de Locronan (Finistère) : blasons de Kermoysan, Rostrenen, Montauban et Dinan

Siège de Jargeau

Siège de Jargeau 18 juin 1429 : Tugdual combat dans les rangs des français. L'armée est composée des lances amenées par Alençon, le comte de Vendôme, le Bâtard d'Orléans, le maréchal de Boussac (Jean de Brosse, seigneur de saincte-Sévère), le capitaine La Hire, Messire Florent d'Illiers, Jamet du Tillay et "Messire Tugdual de Kermoysan". Dès le lendemain les assiégeants font avancer les machines et les bombardes.

Il y à peine quatre heures que les hommes s'efforcent lorsque Jeanne d'Arc, bannière à la main, monte sur une échelle appuyée à la douve, le mur est escaladé. La ville cède, est entièrement saccagée, et les français n'ont pas perdu 20 hommes !.

De là la ville de Beaugency est à son tour assiégée et prise, puis les anglais sont sont bousculés à Patay au nord d'Orléans. Il y a là Boussac, d'Albret, Laval, Lohéac, Chauvigny...

Tugdual charge vaillamment. La déroute anglaise à Patay est totale, ils abandonnent leur matériel.

Les Français après cette brillante victoire pillent Meung. Puis c'est la reddition de Troyes le 10 juillet. À la suite de ces succès, le sacre de Charles VII est décidé. Le 29 juin, il part de Gien escorté de Jeanne d'Arc et de ses capitaines, parmi lesquels figure toujours Tugdual de Kermoysan. La marche triomphale se poursuit vers Reims, où le roi est sacré le 17 juillet 1429. Tugdual assiste au sâcre de Charles VII. Il y participe aux côtés de Jean de Brosse, maréchal de Boussac, de Jean de Graville et de Gilles de Rais. Il est nommé peu après capitaine de Janville. Dès lors, il ne cesse de poursuivre des missions périlleuses, montant toujours le premier à l'attaque.

La guerre continue en effet. L'assaut de Paris est tenté mais échoue. Peu après l'armée est licenciée et les troupes royales se contentent désormais de garder le terrain reconquis. Jeanne d'Arc est capturée par les bourguignons dont Jean de Luxembourg commande l'armée, à Compiègne, alors qu'elle voulait marcher sur Paris sans l'assentiment du roi. Jean de Brosse se ruine pour lever une petite armée afin de la délivrer, harcèle les anglo-bourguignons, il parvient à libérer Compiègne au début de 1430.

Mais ses efforts ne suffiront pas à sauver la Pucelle. Jeanne d'Arc est brûlée à Rouen le 30 mai 1431. Le traité d'Arras, œuvre de Richemont est signé le 22 septembre 1435, il scelle la réconciliation entre français et bourguignons et constitue un tournant dans la guerre de cent ans. Tugdual continue sa brillante carrière.

Cette même année Richemont charge le Maréchal de Rieux, et les gens de guerre qui suivant sa bannière de s'emparer de la ville de Saint-Denis que les anglais tiennent depuis plusieurs années. La ville est prise, par escalade, par Liscoet, Kermoysan, Mériadec, Coetivy et le bâtard d'Orléans. Le sire de Rieux s'y installe, mais les anglais reviennent et l'assiègent. Rieux ne peut s'y maintenir et il capitule.

Le connétable de Richemont s'y présente suivi de 6 000 hommes. Son armée est divisée en plusieurs corps, dont il répartit le commandement entre Rostrenen, Kermoysan et Lille-Adam. KERMOYSAN, sous les ordres de Dunois, prend la place de Saint-Denis où il monte le premier à l'assaut. La ville tombe peu après. Les anglais, qui tiennent toujours Paris, s'inquiètent de la présence de la garnison bretonne qui menace leurs lignes de communication : ils viennent assiéger la ville. Le maréchal de Rieux, secondé par TUGDUAL, "l'habile ingénieur", tient un mois et demi mais doit finalement céder aux anglais le faubourg dit "de Pontoise".

Le soir même, un habile coup de main dirigé par Tugdual les en déloge : ll prend cinq hommes avec lui pour cette sortie téméraire. Il demande au Maréchal d'être accompagné d'au moins deux bretons, et sort de la ville avec Jean Budes, Hector de Meriadec, et trois autres volontaires, le sire de La Barre, Rolland l'Abbé et Gilles de Mareuil. Après être passés sur une petite planche qui n'avait pas six pieds de large, ils assaillent les anglais surpris, et se rendent maîtres du Faubourg, prennent les uns et font fuir ceux qui le gardaient.

En 1436 Richemont fait don à Tugdual de "14 escus, 15 s.tournoi, 20 livres tournois" (10 avril 1436, comptes du receveur général de toutes les finances de champagne) pour être venu en sa compagnie d'Orléans jusqu'à Paris où ils ont accompagné Madame de Guyenne. Marguerite de Bourgogne, duchesse de Guyenne et fille de Jean sans Peur avait épousé épousé d'Arthur de Richemont en 1423.

Arthur de Richemont marche maintenant sur Paris, cependant que les anglais ont ravagé et occupent à nouveau Saint-Denis, tenant la tour du Salut. Le maréchal de Rieux y est assiégé par Thomas de Scales, Talbot et Willoughby. Tugdual, l'habile ingénieur, seconde le maréchal de Rieux, avec Regnault de Saint-Jean et L.de Vaucourt (qui périrent tous deux pendant ce siège) :

Kermoysan commande l'avant-garde composée d'environ 300 hommes qu'il lance dans la plaine de Saint-Denis. L'accompagnent Mahé Morillon et Foucaud de Lescoulouarn. Les sentinelles anglaises donnent l'alarme et aussitôt 800 anglais "saillent à l'escarmouche". Le choc a lieu au ruisseau de la Briche, près d'Epinay. Puis le gros de l'armée anglaise arrive, et Tugdual voyant une si grande compagnie, les anglais étant bientôt 10 fois plus nombreux, demande du renfort et dépêche un messager, le sire de Rostrenen, au connétable. Celui-ci demeuré près de Pontoise s'apprête à se mettre à table. Lille-Adam qui connaît bien la région s'adresse au connétable : « Par ma foy, Monseigneur, si vous aviez 10 000 hommes de plus, vous ne leur feriez nul déplaisir en la place où ils sont ». Cependant que le combat opiniâtre s'est déjà engagé près d'Epinay, le connétable se lève de table : " Si ferons, si Dieu plaist, Dieu nous aidera". Il fait sonner ses trompettes et saute en selle pour presser ses gens. Il part avec 160 lances rangées autour de son étendard porté par le sire de Broons, Henri de La Villeblanche. Au fur et à mesure que ses troupes arrivent, il les pousse en avant avec Rostrenen. Rostrenen et de la Villeblanche rejoignent vite Tugdual de Kermoysan.

Tugdual entretient le combat, les anglais, protégés par le ruisseau, gardent un pont, le pont du ruisseau de La Briche, par où les bretons peuvent les attaquer. Tour à tour ils prennent et reprennent ce pont. Rostrenen et le sire de Broons mettent pied à terre près du pont. Lille Adam manque d'être tué ou pris, et ses hommes doivent reculer de deux traits d'arc, quand survient le connétable par des cheminements couverts. Les charges des hommes de Tugdual, là pieds et à cheval, sont d'une telle impétuosité que les anglais sont rompus et mis en déroute. La poursuite se prolonge jusqu'au pieds des murailles de Paris où il y a bel effroi. La tour du Salut est assiégée aussitôt. Beaumont doit rendre son épée à Rostrenen. Une partie de fuyards s'enferme dans la tour du Venin. Il y sont immédiatement assiégés. Le 13 avril 1436 Paris est délivré. Entre sept et huit heures du matin, Arthur de Bretagne, comte de Richemont et connétable de France, y entre par la porte Saint-Jacques, accompagné par Jean, bâtard d'Orléans, Jean de Villers, seigneur de Lille-Adam, avec 2 000 chevaliers, écuyers, et gens de guerre, ordonnés par le roi Charles VII, pour mettre la ville en son obéissance. Ils se rendent incontinent en l'église notre dame de Paris, rendre grâce à Dieu.

En février 1437 Tugdual est qualifié "capitaine de gens d'armes et de trait" et se voit confier la garde de la capitale, notamment celle de Saint-Denis.

Au début de juillet de la même année, le siège est mis devant Montereau (arrondissement de Fontainebleau), Tugdual y est qualifié "capitaine de Janville". Son expérience en matière de siège est reconnue, et il est chargé des travaux d'approche (assèchement des fossés, galeries couvertes, tranchées et postes d'artillerie) : Il décide de jeter un pont sur l'Yonne, et un autre sur la Seine, de détourner les eaux de l'Yonne qui remplissaient les fossés, d'ouvrir des tranchées, de percer des galeries couvertes et de mettre au plus vite des canons en batterie. Dans la nuit même de son arrivée, il creuse un fossé large et très long établit des gabions et commence les travaux d'approche. Fidèle à sa devise il ne faillira pas, il veille toute la nuit pour accélérer les préparatifs. Aidé de Jean Bureau, il dirige tous ces travaux "avec une habileté remarquable".

Un premier assaut échoue le 10 octobre, car les eaux sont encore trop profondes. Le connétable fait construire un bateau armé pour passer le fossé : Tugdual est monté à la tête des bretons, mais dans leur ardeur les bretons qui s'y précipitent tous à la fois font chavirer le bateau qui s'enfonce... Beaucoup manquent de se noyer, mais Tugdual, le hardi capitaine trouve le moyen de lever une échelle, monte sur la muraille, et atteint le premier le haut du rempart. Tandis qu'il combat avec vigueur ceux de la place, une volée de canon est tirée des batteries françaises et abat le pan de muraille, qui vole en éclats.

Le brave Kermoysan qui donnait de si belles preuves de son courage est précipité tout sanglant dans le fossé, avec les débris du mur, laissé pour mort. Tous ceux qui combattaient contre lui sont tués. Est-une leçon que les gens du roi ont voulu donner aux Bretons ? (« les Bretons se distinguèrent dans ce siège par tant de marques de valeur extraordinaire que les Français en conçurent de la jalousie »). Les batteries françaises ont réussi à lui ôter la gloire d'entrer le premier dans la place. Mais le sire Pierre de Rostrenen et Eustache Gruel firent aussi des merveilles à ce siège, et d'autres assaillants l'avaient suivi et poursuivaient son action, ils pénétrèrent de toutes parts dans la place, rejoints par le roi de France qui les animait de sa présence et de son exemple... On y vit plusieurs chevaliers entre lesquels Jehan de Malestroit, Geffroi de Couvran, Simon de Lorgeril, Jean de Broon, Olivier Giffart, Olivier de Coetivy, Jean Budes, Guillaume de Vendel, Hector de Mériadec, tous de l'hôtel du connétable, et bretons. La place est prise.

Tugdual n'a pas failli, et n'a pas dit son dernier mot. Remis de ses blessures, il est capitaine de Pierrefonds puis de Saint-Germain en Laye pour 8 mois. De nouveau à Saint-Denis, avec 20 hommes d'armes et 40 hommes de trait, il reçoit 2712 livres tournois pour un quart d'an).

Siège de Meaux, 14 août 1439 : Meaux, détenue par les Anglais est assiégée par Richemont lorsque 7 000 combattants anglais arrivent pour les déloger.

Tugual prend la tête du pont, avec ses compagnons Mahé Morillon, Jean Budes (porte étendard d'Arthur de Richemont), La Barre et Guillaume Gruel. L'assaut est donné avec tant de vigueur que la place est vite emportée. L'attaque est très rude à la porte que gardait Rostrenen, et Olivier de Coetivy y est blessé.

Par lettres royales du 26 mai 1441, Tugdual est nommé capitaine du château de Montéclère, au bailliage de Chaumont. Il participe au siège de Pontoise.

Le 15 juin 1441, en raison de ses obligations limitaires, Tugdual " obtient souffrance d'un an pour faire hommage et bailler par écrit le dénombrement de sa baronnie, château et terre de Croisy, mouvant du Comté d'Evreux, et lui appartenant du chef de sa femme, Marie de Garencières ". En tant qu'Escuyer du Roy, il rend hommage à Charles duc d'orléans pour sa baronie du Puiset.

On retrouve Tugdual au siège de Pontoise en 1441, puis à celui de Dieppe.En août 1443, les Anglais tiennent Dieppe, et sont solidement retranchés dans un fort à proximité de la ville, rendant ainsi la position imprenable. Le gouverneur, Charles des Marais et les officiers de la garnison tels que Jaucourt, Briquetot, Longueval, Drouin, d'Ussel, sont renforcés par Guillaume de Coetivy, frère de l'Amiral, et Tugdual de Kermoysan, qui s'y jettent avec cent Bretons déterminés. Le roi étant à Abbeville, non loin de là, avec le comte de Dunois, Louis de Luxembourg et le comte de Saint-Pol, il fait venir Kermoysan pour apprendre de lui en quel état se trouve la place et ce que l'on peut faire pour la délivrer. Sur son rapport, le conseil de guerre décide d'investir le fort, et charge « le vaillant parmi les vaillants » officier de Richemont de mener le combat : Tugdual emnène l'assaut avec 300 combattants et l'emporte le 12 août. Il reçoit la reddition de la ville, Dieppe est libérée. Le roi le nomme gouverneur.

Le mariage de Tugdual :

C'est à cette période, approchant la cinquantaine, qu'il épouse Marie de Garencières, dame de Massy, de Villiers-Le-Comte et de Croisy. Elle était veuve du chevalier Jean de Gaillon. Tugdual de Kermoysan, devient ainsi seigneur de Massy et de Croisy, en Normandie. On ignore le lien de parenté qui pouvait rattacher à Tugdual, Jean de Kermoisan, curé de Massy, entre 1458 et 1466. Marie de Garencières est la fille de Jean I de Garencières, chevalier, grand chambellan du duc d'Orléans, Maître de l'hôtel du roi (Charles VI), Maître des eaux et forêts en Picardie, puis chambellan du roi. Sa mère, épouse de Jean de Garencières, est Jeanne de Villiers. Jean I fut en 1406 chevalier banneret, au service de Isabelle, fille de Charles VI, veuve de Richard II roi d'Angleterre, et épouse de Charles, comte d'Angoulême, fils aîné du duc d'Orléans. Il devint baron du Puiset, titre qui lui est accordé grâce à la bienveillance du roi. Jean de Garencières fut tué à la bataille d'Azincourt le 24 octobre 1415. L'un de ses descendants, Jean II de Garencières, en 1440, baron des bottereaux, était "escuyer de l'écurie du roy". Jean de Garencières est cité comme chmabellan du duc d'Orléans, dans un mandement, de paris, le 27 janvier 1405, mandement portant défense de faire des joutes ou faits d'armes. Jean de Garencières est aussi connu pour ses œuvres de "chevalier poète". Il est l'auteur d'un recueil de poésies de son temps. Messire Yvon de Garencières, "sieur et capitaine du château de Caen", recevait du duc Philippe, duc de Bourgogne, "pour entretenir son mareschal du guet" et continuer la garde de la place, trois cent livres de gages par an, et mille livres pour les arrérages, le 20 avril 1403.

Le 26 mai 1447 Kermoysan reçoit du roi une importante somme d'argent " en pur don pour luy aidier à avoir robes et autres habillements ", "pour plus honorablement aler en l'ambassade d'Angleterre en la compaignie de Mgr le Comte de Dunoys", demander la prorogation de la trève.

Pendant cette période de paix relative Kermoysan est gouverneur du comté de Montfort l'Amaury (près de Paris), pour le duc de Bretagne, dont c'est le fief, et porte également le titre de capitaine de Pierrefonds (Oise) et de Montéclerc (Champagne).

Le 10 juillet 1449, en tant que capitaine de Montécler, il atteste avoir reçu de Maître Jehan de Xaincoins, receveur des finances, la somme de 400 livres tournois, que le roi lui a ordonné pour l'année et la garde de la place. A l'original de l'une de ses quittances, du 10 juillet 1449, est appendu son sceau rond, de 36 mm, repésenant un ecu avec ses armoiries à 7 coquilles d'argent aux 3.3.1, penché et timbré d'un heaume cimé d'une tête d'aigle, supporté par 2 aigles, sur un champ de rameaux, avec l'inscription de son nom et de son surnom. Il y a en outre sa signature autographe : " le Bovrgs de Kermoysan".

Il prit part à de nombreux autres engagements : Verneuil, Pontaudemer, Lisieux, Vernon, et plusieurs villes furent prise grâce à lui.

Au commencement de l'année 1450 Tugdual représente le duc de Bretagne François 1er dans l'acte d'acquêt de Houdan.

Richemont profite de l'accalmie pour réorganiser l'armée royale en créant des troupes régulières d'infanterie ("francs archers"), la cavalerie (compagnies d'ordonnance) et le parc d'artillerie. Pour le récompenser de sa bravoure et de son intépidité, Tugdual est au 21 janvier 1450 nommé par le roi Bailli ou Sénéchal de Troyes, en Champagne. Les exactions répétées des Anglais en Bretagne et dans le Maine décident Charles VII à engager la reconquête de la Normandie. Les anglais ont débarqué à Cherbourg d'importants renforts sous les ordres de Thomas Kyriel, qui s'avance vers Bayeux avec 8 000 hommes. Trois corps participent à la campagne et s'avancent, à l'Ouest les troupes bretonnes avec Richemont, à l'Est et au Sud les français aux ordres de Dunois et du comte de Clermont. Les troupes anglaises et françaises sont bientôt au contact.

L'armée de Richemont se rassemble pour assiéger Caen. Les anglais sont deux fois plus nombreux. TUGDUAL, toujours impatient de combattre est venu rejoindre Richemont.

L'an 1450 : Batailles de Formigny, Caen et Cherbourg :

L'armée de Kyriel rencontre les troupes du comte de Clermont près de Formigny (entre Carentan et Bagneux) le 14 avril 1450. Le comte de Clermont qui craint d'affronter les anglais envoie un messager au connétable pour le prier de venir à son secours. Entre temps l'armée est malmenée, et treize cents archers sont en fuite. Les bretons arrivent à la rescousse à la hâte dès le lendemain matin 15 avril 1450 à l'aube.

L'arrivée de Richemont et de ses bretons va changer une défaite très probable, voire certaine, en une victoire éclatante à Formigny : L'avant-garde bretonne, emmenée par Tugdual assaille violemment l'ennemi et les lignes anglaises sont enfoncées, entièrement défaits, les anglais ont perdus trois ou quatre mille hommes à la fin de la bataille. Kyriel est capturé avec douze ou quatorze cents autres, le reste prend la fuite vers Caen.

Fin juin, les bretons sont maintenant devant Caen, ils montent les premiers à l'assaut. L'assaut est conduit par Tugdual de Kermoysan et Jacques de Chabannes, auxquels le roi a confié la mission d'effectuer des tranchées et des galeries d'approche : la colonne que commande Kermoysan arrive la première sur la muraille, il fait sauter un pan d'une tour qu'il à lui-même miné, une brèche est ouverte et on se bat à la main. Les bretons demandent alors au roi l'appui de quelques pièces d'artillerie pour couvrir l'assaut, ce qui eut certainement permis de prendre la ville immédiatement. Mais le roi ne voulut pas que les bretons, (une fois de plus), entrassent les premiers dans la ville, remportent la victoire et l'honneur de gagner la place.

Caen capitule le 1er juillet 1450, puis la forteresse de Falaise est prise le 22 juillet. Aussitôt Richemont marche sur Cherbourg (dernière place encore aux mains des anglais). Il est suivi par Philippe, maréchal de France, Guy XIII, comte de Laval, Pregent de Coetivy, seigneur de Raiz, Amiral de France et capitaine de Granville (il épousa la fille unique de Gilles de Rais). L'artillerie y joue un rôle majeur : côté français pour réduire la place et tenter (sans succès)d'empêcher le débarquement des renfort (plusieurs vaisseaux anglais ont débarqué), et côté anglais, pour empêcher les manœuvres et préparatifs des assaillants.

A partir du 15 avril 1450, au sortir de la victoire de Formigny, l'avant-garde s'était à nouveau mise en marche vers Cherbourg, toujours commandée par Prigent de Coetivy, secondé par Tugdual. Coetivy combat pour le roi de France, et Tugudal combat pour Richemont, dans l'armée du duc de Bretagne, au service du roi de France. Le duc de Bretagne est en effet tombé malade après la prise d'Avranches (13 mai), et étant rentré en Bretagne, a remis Tugdual au connétable Arhur de Richemont.

A Cherbourg, ce sont l'Amiral Prigent de Coetivy et son fidèle compagnon Tugdual de Kermoysan qui préparent les travaux d'approche. Le siège est mené avec une grande vigueur.

Tandis qu'ils mènent l'offensive, ils sont tués d'une volée de canon (de "couleuvrine"), dans une tranchée, à quelques jours d'intervalle. Prigent de Coetivy meurt le 20 juillet 1450 et Tugdual peu avant le 12 août 1450. La mort de Prigent et de Tugdual fut une grande perte pour l'armée, et le connétable Arthur de Richemont en fut vivement affecté. Les deux braves ne sont pas tombés en vain : les anglais capitulent le 12 août 1450. La victoire de Cherbourg marque la fin de l'occupation anglaise.

La modestie de Tugdual n'eut d'égale que la renommée que lui valurent ses états de service : ..."Messire Tugdual... très grand ingénieur qui fut excellent capitaine, baillif de Troyes et gouverneur de Dieppe sous Charles VII, et fut tué à Cherbourg".

..." Tugdual de Kermoysan, puisné, fust aussi très heureux dans le mestier de la guerre et acquit la réputation de scavoir soutenir un siège et deffandre une ville mieux que gentishommes de son temps, à cause de quoi il fut surnommé Le bourgeois...".

Nous ignorons si malgré ses états de service et sa renommée, Tugdual a été "chevalier". En 1449 il prenait en effet encore le titre d'écuyer du Roi, qu'il avait déjà en 1416. Peut-être estimait-il n'avoir qu'un trop mince patrimoine pour tenir cet état ayant acquis plus de gloire que de richesses à l'instar de Jean de Brosse, le maréchal de Boussac. Craignait-il de ne pouvoir satisfaire aux exigences ou aux devoirs de représentation, le voulait-il ?, ou bien tenait-il à ce titre gardé glorieusement pendant 34 ans qui le mettait hors de pair parmi les autres écuyers ?. Il était, à Cherbourg, le plus vieux de tous les capitaines bretons.

Tout au long de sa vie Tugdal n'a jamais manqué à la devise de sa famille : "Plutôt mourir que faillir", devise, qui, à un mot près, est aussi celle de la Bretagne, son pays natal.

De son mariage avec Marie de Garencières, il n'eut pas d'enfants. Tugdual, avant sa mort, avait fait son testament : il laissait ses biens propres à un neveu de même nom. Avec l'assentiment de sa femme, il y ajoutait un legs, connu par un acte du 12 décembre 1450 porant " offre d'hommage et de profit de rachat pour sa baronie du Puiset, faite par Yon (yvon) de Kermoysan, écuyer, au nom d'Olive de la Haie, sa femme, nièce et héritièrede Tugdual de Kermoisan, dit Le Bourgeois". Olive mourut en 1458, et en vertu d'une clause de retour, Marie de Garencières reprît possession du Puiset.

A un acte original de Marie de Garencières le 29 juillet 1456, est appendu son sceau, rond, de 30 mm, parti à 7 coquilles d'argent aux 3.3.1,, qui est de Kermoysan, et d'un chevronné, qui est de Garencières, avec l'inscription de ses nom et prénom, l'écu surmonté d'un age à mi-corps, les ailes déployées (sans doute en souvenir et un hommage à Tudual). Elle meurt avant la fin d'un procès lié à un blâme donné par elle, à Barthélémy Claustre, un conseiller au parlement, qui s'achève par un arrêt du 13 août 1467. Elle fît de son neveu, Brunet de Gaillon, fis de Guillaume de Gaillon, frère cadet de son premier mari, son légatairte universel.

Les origines de Tugdual de Kermoysan

D'ancienne extraction chevaleresque, la famille de Kermoysan est l'une des plus anciennes familles de la noblesse de Bretagne et de France. Les Kermoysan ont notamment tenu, en tant que seigneurs, treize fiefs dans l'évêché de Tréguier en Bretagne : les fiefs de Kermoisan, paroisse de Pommerit-Le-Vicomte, de Kerbourc'his, du Cosquer, de Goasmap, du Rumeur, de Kerprigent, de Kéricuff, de Leslec'h, de Kerjean, du Plessix, de Tromartin, de Keroz et de la Haye-Pargo.

La chapelle domestique de Saint-Tugdual était la chapelle de Kermoisan.

L'origine de son nom, KERMOISAN ou KERMOYSAN, est associée à l'époque gallo-romaine : il subsiste encore d'importantes substructions gallo-romaines, vestiges d'un castrum romain, (parallélogramme de 120 à 73 mètres de côtés) au lieu dit "Kermoisan", en Treffin, entre les voies romaines de Carhaix à Sainte Catherine et à Crec'h Moelou (Finistère centre). Il existe aussi les tumulus de Kermoisan, qui datent de l'âge de bronze.

Il faut s'intéresser aux structures sociales, pour trouver l'origine du nom. En Bretagne, au VIe siècle, il y avait d'abord le domaine familial, la "villa", un groupe de villas formait un hameau appelé "Kombot", et au dessus, quel que soit le nombre de Kombot qu'il renfermait était la grande paroisse, le "Plou" (en gallois Plywf). La réunion des "Plou" formaient un "pays" ou "pou" (du latin pagus), comme le Pou- tre- coat (Porhouet). L'ensemble des "Pou" créées par les immigrés de Bretagne insulaire (pays de Galles) sortis d'un même peuple, ont constituaint un "Bro". Au VIe siècle existaient trois principaux "Bro", gouvernés par des rois souvent élus : les royaumes de Domnonée, de Cornouaille et de Léon. La famille de Kermoysan est très vraisemblablement le plus anciennement issue du "Plou" de Moyse (Moysan).

Le premier des Kermoysan connu de l'histoire, est certainement le seigneur nommé "MOYSAN", qui vivait au Xe siècle. Il est un puissant seigneur du Broerech (Bro-Erec), vaste territoire délimité au nord par Carhaix, et au sud par Lorient et Vannes, qui correspond à l'ancien comté de Vannes. Moyse (Moysan ou Moysen) est décrit dans un manuscrit latin de 945, le cartulaire de l'abbaye de Landévennec, comme étant "très vertueux, orné de moeurs (glorieux), né d'une lignée de personnalité royale et d'ancêtres illustres". ("quidam vir indolis, moribus ornatus, stemate regalium ortus, ...stemate regalium ortus, ... tradidit de sua propria hereditate sancto"). Ce manuscrit accrédite la thèse selon laquelle il est issu de la dynastie de Nominoé, et de la lignée d'Alain Le Grand.

Le Broerech (Bro-Erec) est constitué en un grand fief dit "Quéméné-Heboi" antérieur à l'an 1008, qui s'est disloqué plus tard en 3 châtellenies, dont celle de la Roche Moisan, avec son château surnommé "le château du Roch (ruiné, en partie détruit en 1482, sur lequel Louis de Rohan de Guémené fit construire un très bel édifice devenu le chef-lieu, et sur lequel est bâtie la ville de Lorient (l'ancienne poudrière). Penhars (penharz), près de Quimper était le chef-lieu de la seigneurie de Quemenet.

A l'époque gauloise, les pays de Pluguffan, et penhars étaient compris dans la cité des corisopites dont la capitale était Carhaix. La cité des corisopites occupait une partie de l'évêché de Quimper. La seigneurie de Kermoysan (Kermoisan) en Pluguffan/penhars, arrondissement de Quimper, faisait partie du fief de Quéménet (autrefois appelé "Kemenet-Even" - c'est-à-dire fief ou territoire de Even), appartenant à la principauté de Léon, tenue par Guiomarch, vicomte de Léon. Il appartenait précédemment à Even, Comte de Léon. Ce fief avait droit de haute, moyenne, et basse justice. Ce fief de Quéménet, est passé à la grande famille des Rohan (Rohan Guéméné) par le mariage de Jeanne, dame de Crozon et de Kémenet-Even, avec Jean Ier, Vicomte de Rohan. Les Rohan ont semble-t-il cessé d'être seigneurs de Guéménet entre 1613 et 1636.

Le château de Kermoisan, en Penhars (penharz), appartenait en 1300 à Geoffroy de Kermoysan, dont l'un des fils fut évêque de Quimper. Ce fief de Quemenet a d'abord été possédé par Alain Le Grand, petit fils de Nominoé, puis Alain Barte Torte, duc de Bretagne. Sa postérité n'a pas su le garder, Conan le Tort s'en est emparé en 990, et il est demeuré acquis par la suite aux comtes de Rennes, ducs de Bretagne.Alain Le Grand surnommé ainsi en raison de ses victoires sur les normands et de son courage, meurt en 907. Lui succède Gourmaêlon (908-919), comte de Cornouaille, vite disparu dans la tourmente qui s'abat sur l'Ouest et la Bretagne. À partir de 910, une vague normande inégalée submerge en effet toutes les défenses.

La Bretagne pillée, rançonnée, est à feu et à sang, et Charles le simple, roi des francs, cède la Normandie au chef Rollon par le traité de St Clair sur Epte en 911. La Bretagne est abandonnée, elle est même concédée officiellement par le roi de France aux vikings : le chef viking Raginold crée une principauté autour de Nantes. C'est le début de l'exode massif des ordres religieux et des nobles (comtes et machtierns). Seuls quelques uns restent et combattent ou mènent une politique de survie comme Béranger, comte de Rennes. Nombre d'entre eux choisissent l'exil en Grande-Bretagne, parmi eux, Mathuedoi, qui emmène avec lui son fils Alain. (Alain est petit fils d'Alain Le Grand, son père Mathuedoi est comte de Poher, et issu de la dynastie de Nominoé).

lls se réfugient à la cour du roi d'Angleterre Athelstan. Les moines de la puissante abbaye de Landévennec s'exilent en normandie. Jean, abbé de Landévennec, dirige la colonie bretonne réfugiée à Montreuil sur mer.De son exil l'abbé de Landévennec, après l'échec des révoltes bretonnes, va peu à peu préparer les conditions de la libération de la Bretagne. Les révoltes ont échoué, mais beaucoup de normands ont été tués, en France aussi ils ont éprouvé de lourdes pertes, leur puissance est amoindrie, et les comtes et duc de France ont enfin décider d'unir leurs efforts. Ils se sont accordé pour couronner Louis, le fils de Charles le simple, lui aussi réfugié à la cour du roi d'Angleterre Athelstan. (né en 921, roi de France de 936 à 954). En 935 Jean revient secrètement d'exil et se cache dans les ruines de l'abbaye. Pour vaincre les vikings l'union des bretons doit se faire autour d'un chef reconnu et incontestable. L'élu est Alain, le petit fils d'Alain Le Grand. Il est alors comte de Vannes.

Jean de Landévennec recrute des seigneurs pour combattre en Bretagne. MOYSAN est alors un vassal du seigneur du Broerec exilé, Alain, comte de Vannes (futur "Barbe-Torte"). Le "premier" des Kermoysan est au nombre des seigneurs, principalement de Cornouaille qui s'unissent à Alain sous l'impulsion de Jean de Landévennec. La résistance s'organise. Alain débarque en Bretagne en 936, près de Dol, avec une petite troupe de fidèles. Les premiers combats ont lieu près de Dol, puis Saint Brieuc. Il reprend son comté de Vannes, et s'empare de Nantes. Puis il est couronné duc de Bretagne. Deux ans plus tard la Bretagne achève de recouvrer son indépendance. Alain prend sous sa protection le monastère de Landévennec, et les seigneurs qui l'ont accompagné dans cette guerre prêtent serment de fidélité en présence de l'abbé. Alain, est surnommé "Barbe-torte" par l'histoire et "Le Barbu" ou "Le Renard" par la tradition populaire.

Les services exceptionnels rendus à la Bretagne et à Alain Barte-Torte par l'abbé Jean de Landévennec faisaient de cette"maison" une dette nationale. Alain et ses vassaux, dont Moysan, le comte de Léon, Even Le grand, et quelques autres, font alors lune magnifique donation de terres et de seigneuries, ainsi que d'amples ressources pour relever l'abbaye de Landévennec. Moysan fait don de la trève de Nevez ("tref nevet") en Carentoir. La mémoire de cet épisode de l'histoire de Bretagne nous vient du très ancien cartulaire de l'abbaye de Landévennec, manuscrit conservé aux archives nationales. Version française : réalisée en collaboration avec le Professeur Pierre Braun, professeur d'histoire du droit et directeur de la cellule d'anthropologie juridique de Limoges et sous sa direction, en novembre 1992 :

" Au nom du Dieu le plus grand, et de l'amour du roi d'en haut, qui a daigné naître de la vierge pour la rédemption du genre humain, un certain homme très vertueux, orné de mœurs (glorieux), né d'une lignée de personnalité royale, du nom de Moyse, qui, méprisant toutes les choses terrestres et voulant obtenir de toutes les manières les choses célestes, a donné de son propre héritage à Saint Uuingualoeo spécialement de tous ses parents illustres, du nom de la trève de Nevet (tref neuued) avec les bois et les prés les terres cultivées et non cultivées et toutes ses annexes (dépendances) situées dans le comté (district) de Broerec, dans la vicairie de Carentoir (Carentor), à Saint Uuingualoeo en disposition et en hérédité perpétuelle, pour la stabilité du règne et la longévité de la vie et plus encore pour la rédemption de son âme pour que ...partie de choses transitoires (de la vie) les ... cicatrices (blessures, souillures) des crimes ayant été purgés par la vraie dispensation de la piété divine (ou céleste-"supenae") pour qu'il acquiert les règnes dont coulent beaucoup de joie et de solidité perpétuelle par des prières assidues à Saint Uuingualoeo, et si quelq'un était assez téméraire pour tenter d'enfreindre le présent écrit qu'il sâche qu'il sera étranger de ... la sainte église de Dieu (c'est une malédiction) et qu'il ... avec Dathan et Abiron que la terre a avalés et aussi avec Juda et Pilate qui ont crucifié le Seigneur. Que la terre sainte et celle du cimetière ne les reçoivent pas et que leurs fils soient orphelins et leurs épouses veuves. Ceci a été accompli en présence de beaucoup de témoins dans la cité de Namète comme nous l'avons dit ci dessus, Dieu approuvant et le comte Judhael l'affirmant. Avec les sceaux (signes, seings, marques) de : Nuominoae le comte. Hedren l'évêque. Jestin le vicomte. le Fils. Uuethenoc. Roberth. Clemens...(ici il y a une forte lacune, comprenant quatre pages du cartulaire original, du folio 157 V ligne 4 à folio 159 V ligne2).

De "MOYSAN" à "KERMOYSAN :

Le préfixe breton "ker" provient du vieux brittonique "Kagro" (dont le sens serait "endroit clos"), apparenté au gallois "caer", avec ses variantes "kaer" (Léon) et "car" (territoires de pays de parler roman). Il signifie à l'origine "lieu fortifié", forteresse, château, citadelle. Jusqu'à la fin du Xe siècle, les noms de famille des grands seigneurs bretons possédant fief et forteresse (castrum) se sont construits sur ce préfixe, accolé à leur "cognomen" : voilà comment "MOYSAN" (cognomen "Moyse") a pu devenir "KERMOYSAN", les descendants du "premier" seigneur s'apparentant ainsi au "castrum" de Moyse (le nom de domaine passant ainsi à la famille, comme nom d'origine). En linguistique, le génitif est en premier lieu le cas du complément de nom exprimant le possesseur. En latin, il est formé en changeant la terminaison du nom du possesseur, en ajoutant une lettre à la fin de ce nom (comme en anglais), en modifiant l'article défini (comme en allemand) ou en utilisant une préposition qui marque la possession (comme en français). Il n'est pas rare que des mots grecs conservent en latin certaines formes de leur déclinaison d'origine. C'est surtout vrai pour les noms propres. Ainsi à la première déclinaison, "Énée" est généralement désigné au nominatif par Aeneas et à l'accusatif par Aenean.

Mais les "noms d'origine" construits sur le préfixe "ker" ayant suivi cette évolution sont assez peu nombreux en Bretagne. En effet, à la fin du Xe siècle, "ker" a perdu son sens latin de "castrum", pour prendre progressivement celui du latin "villa", devenant "ville", village, puis hameau ou bourg, (lieu habité). Peu de traces de ses descendants directs ont été sauvegardées entre le XIe et XIIIe siècle, dans cette période particulièrement troublée par des guerres incessantes (pillages, incendies des monastères, disparition des archives...). Nous retrouvons la trace écrite des KERMOYSAN au XIIIe siècle :

Guillaume de Kermoysan participe à la septième croisade en 1248 (croisade de Saint Louis, prise de Damiette). Guyomarc'h de Kermoysan, chevalier, est mentionné dans un charte de l'abbaye de Beauport en 1298.

Yves de Kermoysan meurt en 1348 au couvent des jacobins de Guingamp.

Bernard de Kermoysan, chevalier, donne à Pont Audemer, le 11 novembre 1357, quittance de ses gages et de ceux des gens d'armes de sa compagnie pendant les guerres de Normandie (sous le gouvernement de Louis de Harcourt, lieutenant du duc de Normandie).

Jean de Kermoysan (kaermoysan) qui part en ambassade auprès du roi d'Angleterre Edouard III, apparaît dans un sauf-conduit pour Charles de Blois, le 7 août 1356, accordé pour revenir d'Angleterre en Bretagne. Il est requis d'exécuter son mandement, en tant que Chevalier et conseiller du duc Charles. Il est témoin et signataire, à ce titre, à Nantes, le 16 avril 1364, aux lettres du duc de Bretagne, Charles de Blois, exemptant l'évêque le chapitre et le clergé, de la cathédrale de Tréguier, de tous les impôts, aides, subsides ou redevances, en échange d'une partie des reliques de Saint-Yves, pour les envoyer à Pierre, roi de Chypre, sauvé d'un grand danger par l'intervention du Saint. Le 15 janvier 1365, il est présent à l'interrogatoire et la confessions de Rolland Moisan, accusé du meurtre de Jean, sire de Beaumanoir. Le 15 janvier 1366, à Paris, il reçoit mandement de Jeanne, duchesse de Bretagne, Vicomtesse de Limoges, comme féal chevalier et conseiller du duc, d'exécuterles lettres de Charles, duc de Bretagne, en faveur de Marguerite d'Avaugour.


Geoffroi de Kermoysan possède le château de Kermoisan en Penhars (Quimper) vers 1300. Un de ses fils Geoffroy (Pommerit-Le-Vicomte 1310 - 1380) entre dans l'ordre savant de Saint Benoit, devient abbé de la Couture (abbaye fondé fin VIe siècle au Mans par Saint Bernard), est nommé évêque de Cornouaille (Quimper) en 1358 et de Dol (12 août 1369). Pendant la guerre de succession de Bretagne, il prend le parti de Charles de Blois : Quimper est assiégé par Jean de Montfort. Il rassemble les habitants pour délibérer et la résolution unanime est prise d'ouvrir les portes au vainqueur. Suite à la prise de position de l'évêque de Quimper en faveur de Jean de Montfort, Quimper est mis à sac par Charles de Blois. C'est vraisemblablement à cette période que l'ancien château de Kermoisan est démantelé. Il est présent sur un acte d'Avignon, de 1372, traitant de la fondation de la chapellenie du château de Pontl'Abbé, en tant qu'évêque de Quimper.Il assiste en 1375 au parlement tenu à Paris pour fixer la majorité des rois à 14 ans.

Le second traité de Guérande, qui met fin à cette guerre de succession, est ratifié en avril 1381 à Guingamp par Payen et Guillaume de Kermoysan. Guillaume de Kermoysan né au Goasmap, fils et héritier principal de Jehan (jean) de Kermoysan, est sénéchal de Cornouaille en 1382. Il siège aux états de Rennes en septembre 1398.


Guezeuneuch de Kermoysan vend des chevaux à Jean de Montfort le 12 décembre 1393.


Guillaume de Kermoysan, qualifié de noble écuyer, seigneur de la Villeneuve, lieutenant du capitaine de la ville de Quimper en 1489, est lieutenant du Duc et capitaine de la ville de Quimper en 1494.

Jean de Kermoysan, est prieur de l'abbaye de Beauport (abbaye de prémontrés - Kérity-Paimpol) de 1574 è 1583.

La branche cadette des Kermoysan est enracinée à la fin du XIVe siècle dans le Goëlo (actuelles côtes d'Armor). La famille de Tugdual est originaire de Kermoisan en Saint-Gilles-Les-Bois (autrefois Saint-Gilles-Le-Vicomte), qui était sous l'ancien régime une trève de la paroisse de Pommerit-Le-Vicomte. Le fief de Kermoisan est passé à la famille de Trogoff vers 1428 par le mariage de Johanne de Kermoysan (Jeanne), fille aînée de la branche aînée des Kermoysan, avec Jean de Lanvaux, seigneur de Kergolleau, qui a pris le nom de Trogoff. Les Lanvaux, sont un ramage des comtes de Vannes. Le père de Jean, Alain de Lanvaux, fils de Geoffroi de Lanvaux et de Tiphaine de Rohan, très riche, possèdait de très nombreuses terres et seigneuries dont plusieurs en Ploégat-Moysan. Jean de Lanvaux, avait pris le parti de Charles de Blois pendant la guerre de succession de Bretagne et s'était fait confisquer ses biens par Jean de Montfort. Il les avait repris après la prise de Trogoff par Bertrand Duguesclin en 1364. Les Lanvaux (devenus Trogoff) possèdent donc le fief de Kermoisan dès 1428.

Au milieu du XIVe siècle, Yvon de Kermoysan (branche cadette des Kermoysan) est chevalier, seigneur du Goasmap (Goazmab), où il est né, et du Rumeur en Kermoisan, paroisse de Saint-Gilles-Les-Bois. Il est un fils de Geoffroi, qui possèdait encore l'ancien château de Kermoisan en Penhars-Quimper vers 1300, et le frère de Geoffroy, évêque de Quimper.

La branche cadette des Kermoysan, issue de Yvon de Kermoysan, chevalier, seigneur du Goasmap et du Rumeur en Kermoisan, subsiste au XXIe siècle. Elle était représentée aux montres de l'évêché de Tréguier en 1481 par 4 nobles combattants, sous la bannière et la lance de Jean de Penhoet et du Vicomte de Pommerit : à Plouagat, par Olivier de Kermoysan, archer en brigandine et arbalète, à Pommerit Le-Bescont (Le Vicomte), par Tugdual de Kermoysan, seigneur de Goasmap, pour la paroisse du Merzer, par Ollivier de Kermoysan, et son fils Jean.

Cette famille a produit, après Yvon, seigneur de Goasmap (mentionné dans le nécrologe des dominicains de Guingamp en 1348 - Manuscrit latin " obiit Dns Yvo de Kermoysan, armiger - kal 17 anno dni 1348" (mort, feu seigneur yvon de Kermoysan, écuyer, l'an 1348, 17ème jour avant les calendes, de l'année de notre seigneur Jésus Christ), une lignée attestée et subsistante de nos jours. A la suite de Yvon, viennent, dans l'ordre chronolgique, Jean de Kermoysan, allié à Amicie de Guermeur (qui accompagne Arthur de Richemont à Angers en 1424), puis Pierre de Kermoysan, allié à Marie de La Lande, Tugdual de Kermoysan, allié à Marguerite de Bahuno, Pierre de Kermoysan, allié à Anne du porzon, Charles de Kermoysan, allié à Perronnelle de Kermabon, Philippe de Kermoysan, allié à Louise Pinart (du Val Pinart), Jean de Kermoysan, allié à Marie du Dresnay, Jean de Kermoysan, allié à Claire Le Rouge (de Penanjan), chevalier, seigneur de Goasmap, de Kerran, de Kerjan, de Leslec'h, du cosquer, du Plessis et de Cazin, de Kerprigent, et de Kerroignat, qui demeurait en 1640 ordinairement en son manoir du Goasmap, en Saint-Gilles le Vicomte (aujourd'hui Pommerit Le Vicomte, côtes d'Armor), puissant Messire Maurice de Kermoysan, chevalier, seigneur de Goasmap, du Leslec'h et de Lanyela, de Trésiguidy, de Kerjan et du Plessix, Abbé laic (1666-1667), Jean-Baptiste de Kermoysan, seigneur du Plessix et de Tromartin, allié à Elizabteh Le Chevoir, René de Kermoysan, chevalier, baron de Trésiguidy, seigneur du Leslec'h et de Trésiguidy, allié à Mme de la Grue de la Frugière, qui demeurait ordinairement en son manoir du Leslec'h, Vincent Claude de Kermoysan, chevalier, seigneur du Rumeur et de Tromartin, allié à Anne Julienne de Boisgelin en 1702, Joseph Vincent de Kermoysan, chevalier, seigneur du Rumeur, allié à Anne Rosalie Thépault du Breignou, Rolland René de Kermoysan, chevalier, conseiller du roi, avocat au présidial de la cour et sénéchaussée de Vannes, allié à Louise Angélique Vincente Pithouays de Kervegan, Charles Vincent de Kermoysan, son frère, aussi seigneur du Rumeur, Louis Jean Baptiste Claude de Kermoysan, chevalier, seigneur du Rumeur, de Kérozet et autres lieux, Jean René Louis de Kermoysan et suivants...

Cette branche a donné depuis le XVIIIe siècle, entre autres :

Joseph Claude Vincent de Kermoysan, capitaine au régiment Royal La Marine, décédé en 1750, Rolland Marie Gabriel, élève de marine, chevalier de Kermoysan, volontaire au régiment d'émigrés Loyal Emigrant, condamnné à mort et fusillié à 19 ans, le 25 août 1795, avec son ami René Joseph de Lantivy de Trédion, le jour de la grande charette des jeunes émigrés, Jean René Louis de Kermoysan, volontaire à l'armée de Bourbon en 1792, au régiment autrichien de Royal Saxe Hussards, prisonnier des armées républicaines et condamné à mort comme émigré en juillet 1796, sauvé par le général Bucquet, honoré de la médaille d'or d'honneur autrichienne de Marie-Thérèse, chevalier de Saint-Louis en 1814, chef de l'état major de l'armée royale de Bretagne en 1817, qui signa lors de la campagne de 1815, les conditions des pourparlers et de l'occupation de Vannes par les royalistes, et recteur du grand collège du morbihan, Hyppolythe René Marie de Kermoysan, Vicomte de Kermoysan, garde du corps du roi surnuméraire, Alphonse Philippe Denis Marie de Kermoysan, élève de marine, décédé en mer à bord de la frégate L'Hermione en 1827, M.Le Vicomte de Kermoysan, employé au ministère de l'Instruction publique, traducteur pour la collection des classqiues latins, notamment de Tite- Live et des oeuvres oratoires de Cicéron, membre de la Société de l'Histoire de France (admis le 07/07/1903, et décédé en 1931), collaborateur de l'Encyclopédie moderne - Tugdual, vicomte de Kermoysan, capitaine des mobiles du Finistère au siège de Paris en 1870, Étienne Joseph Marie de Kermoysan, école navale, enseigne de vaisseau à bord du cuirassé Jauréguiberry en 1911, et du Cosmao, au Maroc en 1914, commandant de la cannonière Loutre en 1916, puis du sous-marin l'Impatiente, lieutenant de vaisseau en 1918, adjoint au commandant du port de Dakar (Sénégal) en 1919, René-marie de Kermoysan, lieutenant au 109 ème régiment d'infanterie, mort pour la France en 1914, Albert de Kermoysan, engagé volontaire au régiment de chasseurs à cheval, et au 1er régiment de cavalerie du Levant en 1921 (Syrie), Marcel Pierre de Kermoysan, résistant, agent de liaison et de recrutement, entré dans les forces françaises de l'intérieur en 1942, tombé glorieusement pour la France en août 1944, dans sa 18 ème année, cité à l'ordre militaire et décoré de la croix de guerre à titre posthume.

La branche aînée aura tenu, en qualité de seigneurs, à partir du milieu du XIVe siècle les fiefs suivants :

  • de Kermoysan, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • de Kerbourc'his, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • du Cosquer, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • de Goasmap, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • du Rumeur, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • de Kerprigent, paroisse de Pommerit-le-Vicomte, évêché de Tréguier
  • de Kericuff, paroisse de Plougasnou
  • de Leslec'h, paroisse de Plestin, évêché de Tréguier
  • de Kerjean, paroisse de Plestin, évêché de Tréguier
  • du Plessix- de Tromartin- de Kerozet et de La Haye-Pargo.

Il ne reste aujourd'hui presque plus rien des châteaux du Goasmap, du Rumeur et de et de Kermoisan, qui ont été détruits. Cependant, une tranchée ouverte au XXe siècle, dans la cour de Kermoisan, a mis au jour d'énormes blocs de granit provenant de la construction antérieure. On peut ainsi voir des vestiges des anciens murs d'enceinte, à l'entrée de ce qui est aujourd'hui une ferme au lieu dit "Kermoisan", qui était encore exploitée en 1995. Les châteaux et manoirs du Cosquer, du Leslec'h, de Kerjean et du Plessix, existent toujours au XXIe siècle, mais ne sont plus dans la famille.

Armes

Ecu, plain, de Gueules, à 7 coquilles d'argent posées aux 3.3.1, penché et timbré d'un heaume cimé d'une tête d'aigle de Gueules, becquée d'argent.

Support :

Deux aigles, les têtes contournées, becquées, de gueules, sur un champ de rameaux de gueules, doublé d'argent.

Devise

Potius mori quam foedari (plutôt mourir que faillir)

Sources

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  • Œuvres inédites d'Eustache Deschamps (poète), publiées en 1849, imprimerie de Paul Dubois, New York Public Library, tome 5.
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  • G.du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome V "Le roi victorieux 1449-1453", ouvrage honoré du grand prix, par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris 1890, Alphonse Picard, libraire éditeur, bibliothèque nationale de France.
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  • Histoire militaire de Redon, J.Trevedy, Rennes, Caillère éditeur, 1893, p.122 à 125, archives municipales de Rennes, IV2-58.
  • L'armée en Bretagne au XVIIIème siècle , institution militaire et société civile au temps de l'intendance et des états, Stéphane Perréon, Presses Universitaires de Rennes, collection Histoire, archives municipales de Rennes, B1-117.
  • Archives communales antérieures à 1790 - Ville de Quimper : Affaires militaires, travaux de fortification de la ville, en présence de noble écuyer Guillaume de Kermoysan, seigneur de La Villeneuve, lieutenant du Duc et capitaine de la ville de Quimper, 1489 et 1494. Archives départementales du Finistère, acrchives de la ville de Quimper, Série EE, Affaires militaires, EE 9 (parchemin) et EE 11 (parchemin).
  • Dictionnaire bibliographique, La littérature française contemporaine 1827-1849, continuation de la France littéraire, par Félix Bourquelot, ancien élève de l'école des chartes, et Alfred Maury, sous-bibliothécaire de l'Institut,tome quatrième, p.460, Paris, Delaroque Ainé, libraire, 1852.
  • Annuaire de la Société de l'Histoire de France, année 1931, Paris, Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931, procès verbal de la réunion du Conseil d'Administration de La Société de l'Histoire de France tenue le 3 mars 1931 à l'école de chartes, sous la présidence de Geoffroy de Grandmaison.
  • Archives de Bretagne, recueil d'actes, de chroniques, et de documents historiques rares ou inédits, publié par la Société des Bibliophiles Bretons, et de l'Histoire de Bretagne, Tome IV, Lettres et Mandements de Jean V, Duc de Bretagne, de 1402 à 1406, Nantes, Société des Bibliophiles Bretons et de l'Histoire de La Bretagne, M.DCCC.XIC. actes du 05/05/1407, 625-626-628, p.39, acte 668 du 22 mai 1407, p.45,et 2 264, acte du 2 mai 1437 à Vannes, p.156. Archives départementales de Rennes, série J, vol 20.
  • La Cornouaille du IX au XIIème siècle, Mémoire, pouvoirs, noblesse, par Joelle Quaghebeur, 2 éd, Presses Universitaires de Rennes, Société Archéologique du Finistère, 1864, Archives départementales de Rennes, B 2-416, p.89 à 91.
  • Histoire de Louis XI - Oeuvres de Charles Pinot-Duclos, 1820, publié par A.Belin.
  • Histoire des rois et ducs de Bretagne - Prudence Guillaume Roujoux - nouvelle édition tome IV - Paris, Dufey éditeur 1839.
  • Trésor des chartres de Bretagne, AD 44 E 133 (cote E 133), publiée par Dom Morice.(Voyage du Comte e Richemont en France en 1424, documents médiévaux bretons).
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