Trepanation


Trepanation

Trépanation

Dessin d'une trépanation (1517)
Crâne de jeune fille trépanée au silex, Néolithique (3500 Av. J.-C.) ; la patiente a survécu.
Gros plan de crâne humain néolithique ayant subi une trépanation.
Cuir chevelu après trépanation pour un méningiome.

La trépanation est une technique de perçage qui consiste à pratiquer un trou en réalisant une découpe circulaire à l'aide d'un outil plus petit. C'est également le nom générique d'une opération chirurgicale qui consiste à pratiquer un trou, grâce à un appareil — de type foret — appelé trépan, dans la boîte crânienne ou à enlever un morceau d'os crânien afin d'accéder au cerveau, notamment pour soulager une hypertension dans la boîte crânienne.

Sommaire

Historique

La trépanation est la forme la plus ancienne de chirurgie dont il existe des preuves physiques. L'examen de crânes fossiles montre que des opérations de ce type étaient réalisées dès le Néolithique[1],[2], voire le Mésolithique. Dans la Grèce Antique, la trépanation est décrite par Hippocrate[3].

Autrefois, on effectuait des trépanations sur les patients atteints de fractures du crâne, de convulsions, d'épilepsie ou de troubles mentaux. La trépanation était vue comme un moyen de faire sortir les esprits malins qui occupaient un hôte. Les morceaux d'os découpés servaient ensuite d'amulette protectrice. Dans les civilisations égyptienne et sumérienne, on allait jusqu'à prélever des disques d'os crânien sur les cadavres. Dans certains ouvrages tibétains, la trépanation est présentée comme un moyen d'ouvrir le troisième œil.

Dans certaines civilisations disparues, il semble que la trépanation ait été associée aux déformations crâniennes pratiquées dès la prime enfance sur certains sujets afin de marquer des différences hiérarchiques, sociétaires ou de clan d'un groupe d'individus par rapport à d'autres (exemple: la civilisation de Paracas, au Pérou).

Utilisation

De nos jours, la trépanation est utilisée pour procéder à l'ablation de tumeurs ou dans le cas des hématomes, car si le sang n'est pas évacué, il peut y avoir une compression du cerveau qui provoque des lésions pouvant entraîner la mort.

Augmentation des capacités cérébrales

En dehors de ces applications thérapeutiques, la trépanation est toujours utilisée par certains à des fins spirituelles : elle permettrait d'augmenter le métabolisme dans les capillaires, ce qui conduirait à un niveau de conscience supérieur [réf. nécessaire]. Il n'y a cependant aucune raison de croire que cette opération puisse réellement provoquer un tel changement. Cette pratique est illégale en Europe et aux États-Unis en raison du risque de formation de thrombus (caillots sanguins), de blessures et d'infections cérébrales. La trépanation, mal pratiquée, peut entraîner la mort.

Annexes

Bibliographie

  • (en) Robert Arnott, Stanley Finger, C.U.M. Smith (dir.), Trepanation : discovery, history, theory, Lisse ; Exton, Pa., Swets & Zeitlinger, 2002, 408 p. (ISBN 90-265-1923-0)
  • (fr) Henri Brodier, La trépanation, Maloine, Paris, 1916-17, 2 vol.
  • (fr) «  La Trépanation néolithique », Archeologia, n° 104, 1977, p. 8-17.

Notes et références

  1. Just Lucas-Championnière, Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle, Paris, Steinheil, 1912.
  2. Bouville, C., « Chalcolithique de Provence et trépanations », L'Anthropologie, 1991, t. 95, n° 1, pp. 293-306.
  3. (en) Hippocrate : On Injurues of the Head
    (en) Hippocrates and the Teaching of Trepanation

Voir aussi

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