Tout le monde en parle (France)


Tout le monde en parle (France)
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la version française du talk-show. Pour la version québécoise, voir Tout le monde en parle (Québec).
Tout le monde en parle
Logo de Tout le monde en parle
Genre Talk-show
Réalisation Serge Khalfon
Présentation Thierry Ardisson
Pays Drapeau de France France
Langue Français
Nombre de saisons 8
Production
Durée 180 minutes
Production Catherine Barma
Diffusion
Diffusion France 2
Date de première diffusion 5 septembre 1998
Date de dernière diffusion 8 juillet 2006
Public conseillé Tout public
Chronologie
On n'est pas couché

Tout le monde en parle est une émission de télévision française diffusée sur France 2 du 5 septembre 1998 au 8 juillet 2006. Elle était présentée par Thierry Ardisson et produite par Catherine Barma.

Lors de la première saison (1998-1999), elle se présente comme une émission de débats de société ; c'est en septembre 1999 qu'elle prend son format de talk show.

L'animateur y reçoit les personnalités qui font l'actualité du moment : comédiens, chanteurs, écrivains, hommes politiques, sportifs, etc. Les invités y racontent leur vie, font leur promotion et sont confrontés aux fameuses interviews thématiques. L'émission acquiert peu à peu une réputation de provocation notamment parce que l'animateur n'hésite pas à poser aux invités politiques des questions sur leur vie privée et sexuelle.

Animateur principal de l'émission, il fut d'abord accompagné par Laurent Ruquier, puis Linda Hardy. Ensuite il fait appel aux duos Éric et Ramzy, puis Kad et Olivier. Thierry Ardisson a ensuite opté pour son acolyte, l'humoriste Laurent Baffie, jusqu'à la fin de l'émission.

Sommaire

Aspects originaux de l'émission

Rituels

Outre les interviews insolites[réf. nécessaire] et l'impertinence sympathique de l'animateur[non neutre], Tout le monde en parle est un talk show qui se démarque par de nombreuses habitudes originales et amusantes propres à l'émission (gestes, phrases cultes, rituels) ainsi que par son habillage sonore à la fois élaboré et ludique[réf. nécessaire]. Il se compose essentiellement d'une sélection d'extraits musicaux qui rythment de manière thématique chaque transition entre les séquences de l'émission, ainsi que du fameux[réf. nécessaire] clavier-sampler de Thierry Ardisson qui lui permet de lancer à la volée des sons, des répliques célèbres ou des chansons qui viendront illustrer de façon humoristique[réf. nécessaire] les discussions avec les invités.

Montage

Le montage de l'émission se veut aussi assez marginal[Quoi ?], de même que la réalisation (de Serge Khalfon), avec notamment des prises de vue en coulisses à chaque entrée ou sortie d'invité et la mise en avant illustrative de l'aspect technique par le biais de plans sur les cadreurs et surtout sur l'assistante de réalisation qui fait partie intégrante du show. Il s'agit d'abord de Méline Micciché, pendant presque toute l'existence de l'émission, puis Rebecca Azan, un peu avant sa fin.

Blind test

Tout le monde en parle se termine rituellement par un blind test : un jeu dans lequel il s'agit d'être le premier ou la première à reconnaître l'interprète d'une chanson. Dans une première phase, ce jeu se joue en équipe, et dans une deuxième phase c'est du « chacun pour sa gueule ». L'une des règles les plus importantes est « si y'a soufflage y'a perdage », ce qui signifie que si les invités répètent une réponse soufflée par le public, le point va à l'équipe adverse.
Le blind test fut longtemps animé par Philippe Corti, accompagné de Thallia et Titia, puis par un DJ différent chaque semaine. Mais c'est toujours Béatrice Ardisson, à l'origine de cette idée, qui sélectionnait les titres, étant ainsi, à elle seule, à l'origine de 130 blind tests thématiques que Philippe Corti, et par la suite les DJ, passaient en plateau.

À maintes reprises Ardisson a accusé Marc-Olivier Fogiel, Benjamin Castaldi, Cauet, Daniela Lumbroso ou encore Stéphane Bern d'avoir copié son émission.

Fin de l'émission

Suite à un différend avec Patrick de Carolis (président de France Télévisions) au sujet de la nouvelle clause d'exclusivité concernant les animateurs du service public, Thierry Ardisson est contraint de quitter la chaîne et donc d'arrêter Tout le monde en parle le 8 juillet 2006, ce dernier ne souhaitant pas mettre un terme illégitime à son autre émission, 93, Faubourg St Honoré, diffusée sur la chaîne Paris Première.

L'émission a été remplacée depuis le 16 septembre 2006 par On n'est pas couché, sur le même créneau horaire, réalisée par Serge Khalfon et produite par Catherine Barma, animée par Laurent Ruquier entouré au départ de Jean-Luc Lemoine, Florence Foresti, Michel Polac, Éric Zemmour, Frédéric Martin et Mustapha El Atrassi.

Thierry Ardisson avait pour habitude de faire passer le titre Voila, c'est fini pour annoncer la fin de l’émission mais lors de la dernière, Jean-Louis Aubert est venu chanter la chanson en personne.

Moments marquants de l'émission

L'émission, appréciée par son impertinence, a cependant créé plusieurs polémiques au cours de son existence.

Outre les clashs entre Isabelle Alonso et Kery James sur l'Islam ; l'interview avortée de Milla Jovovich qui a quitté le plateau après avoir balancé son verre d'eau vers Thierry Ardisson qui lui posait une question sur son père ; le débat entre Jean-Marie Bigard, José Bové et Guy Konopnicki sur le conflit entre Israël et la Palestine ; l'affrontement verbal de Julien Dray et d'Henri de Beaufort sur la résistance et Maurice Papon où encore la querelle entre Michel Polac et Calixthe Beyala sur la contraception en Afrique et le plagiat, on put noter certains interviews qui ont déclenché une certaine polémique:

  • le fameux "Est ce que sucer c'es tromper ?" de l'animateur à Michel Rocard qui a défrayé la critique alors que le principal intéressé l'avait bien pris à l'époque
  • le passage de Thierry Meyssan sur son livre sur les attentats du 11 septembre 2001
  • la chanson "Marine" de Diam's qu'Ardisson fit écouter à Marine Le Pen début 2006
  • l'intrusion des membres de l'association Act Up-Paris sur le plateau pour protester contre la présence des "Barebacker" dans l'émission. La présidente d'Act Up ira même jusqu'à accuser Thierry Ardisson d'être responsable du Barebacking en France.

On retient aussi quelques interviews fortes comme l'Ardiview d'Isabelle Huppert, celles de Jean-Marie Bigard, de JoeyStarr ou de Gérard Darmon et la question de Laurent Baffie à Nadine de Rothschild "Est-ce que saucer c'est tromper" parodiant l'interview de Michel Rocard.

Un autre grand moment de l'émission est la cuite de Frédéric Beigbeder dans les loges de l'émission, l'obligeant à revenir la semaine d'après pour parler de son livre.

En 2002, entre les deux tours de l'élection présidentielle, Thierry Ardisson se réconcilia en direct avec Guy Bedos, jusqu'alors fâché avec l'animateur. Cette réconciliation s'est faite à cause de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection.

Le bilan de huit années d'émission

Adaptations à l'étranger

L'émission disparaît donc du paysage audio-visuel français d'une manière déconcertante après huit ans de succès, mais elle poursuit malgré tout son existence télévisuelle sous la forme de déclinaisons étrangères, avec tout d'abord l'apparition d'une version québécoise ; tentative fructueuse qui sera par la suite réitérée avec la création d'une étonnante version libanaise (Hadith El Balad Talk of the Town, présentée par Mona Abou Hamza sur la Murr Television MTV). En Algérie, une émission reprenant exactement le même concept (Saraha raha), présentée par Nafâa El Djoundi et diffusée par la chaîne Canal Algérie rencontre elle aussi un succès phénoménal, notamment auprès de la communauté algérienne installée à l'étranger (France, Belgique, Canada...) En Albanie, l'émission est adaptée par le journaliste Arjan Çani et s'appellera Zonë e Lirë (Zone Franche), originalement diffusée sur la chaine albanaise désormais disparue TVA.

La critique de Daniel Schneidermann

Dans sa rubrique Médiatiques publiée dans le quotidien Libération, le journaliste spécialiste des médias dresse un bilan très dur de l'émission. Titré « Paysage de l'après-Ardisson »[1], son article décrit Tout le monde en parle comme une « émission chatoyante, multi-facettes, polysémique, avec son lot d'inventions, de fulgurances, de malaise et de perversité, (...) une œuvre audiovisuelle majeure de la décennie écoulée », mais encore comme « l'éloge de la partouze et de la coke, ou la constatation navrée de la corruption universelle (qui) devinrent ainsi, semaine après semaine, des axiomes indiscutables ».

Dans cet article, sa critique porte sur deux points essentiels : le rôle de l'émission comme vitrine pour le monde de l'édition et sa responsabilité dans la montée du communautarisme en France. Sur le premier point, Daniel Schneidermann écrit : « Ardisson, jusqu'en juin dernier, était l'Intouchable. Philosophes, ministres, anciens ministres, candidats aux candidatures, sociologues, pamphlétaires, investigateurs, comploteurs, découvreurs de complots, directeurs de rédaction : pour tout auteur, un passage chez Ardisson faisait miroiter la promesse des plus étincelants succès. Pas question de s'attaquer aux mots d'Ardisson, au pouvoir d'Ardisson, à l'évidence Ardisson, et plus précisément à la longue influence d'Ardisson sur le débat public. »

Avec la publication d'un livre décortiquant les apparitions télévisées de Thierry Ardisson[2], Daniel Schneidermann en veut pour preuve que l'animateur n'est plus « l'Intouchable ». S'appuyant sur l'ouvrage de Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement[3], le journaliste analyse « l'obsession du déterminisme ethnique » comme le « thème majeur de l'ardissonisme » et mesure « combien Ardisson contribua à la crispation communautaire de la société française » : « A force d'inviter systématiquement sur ses plateaux le Juif, le Musulman et le Black de service, si possible face à face, et si possible en les amenant à se jeter des verres d'eau à la figure, Ardisson a peut-être enjoint à une société française qui n'y aurait pas forcément pensé toute seule, de reproduire en son sein les mêmes tensions. »

Quelques interviews-types

  • Ardiview
  • Hardyview
  • Interview nulle
  • Interview mensonge
  • Interview alerte rose
  • Interview par amour
  • Interview "avec des si"
  • Interview Alain Delon
  • Interview up & down
  • Interview psy
  • Interview dernière chance
  • Interview si j'étais...
  • Interview magazine féminin
  • Interview première fois
  • Anti portrait chinois

Quelques phrases rituelles

  • « Amis de l'homme en noir, BONSOIR ! »
  • « Amis du samedi soir, BONSOIR ! »
  • « Chers amis, chers ennemis, BONSOIR ! »
  • « Bienvenue à Tout le monde en parle, l'émission pas comme les autres. »
  • « Bienvenue à Tout le monde en parle, l'émission qui parle CASH ! » (phrase d'ouverture de la saison 2005-2006)
  • - Thierry Ardisson : « Tout le monde en parle, alors Tout le monde en parle… »
    - Public : « … en parle ! »
  • « Magnéto, Serge ! » (phrase mythique et emblématique de l'émission, prononcée par Frédéric Mitterrand, que les invités doivent prononcer les yeux dans la caméra pour que la régie diffuse la bande annonce d'un film ou d'autres vidéos. Le « Serge » en question est Serge Khalfon, réalisateur de l'émission qui à chaque fois que l'invité prononce cette phrase-clé touche des royalties, puisqu'il a déposé cette phrase ; royalties censées être reversées « à l'Afrique », d'après Serge dans l'émission accueillant Éric et Ramzy)
  • « Orlando exige le clip ! » (pour les chanteurs, Orlando étant le frère de Dalida)
  • « On ne bouge pas pendant le jingle ! » (prononcé par Frédéric Mitterrand)
  • « Est-ce que sucer c'est tromper ? » (question de Thierry Ardisson notamment à Michel Rocard)
  • « Est-ce que saucer c'est tromper ? » (question de Laurent Baffie à Nadine de Rothschild)
  • « Si y'a soufflage y'a perdage ! »
  • « Ah ! Tapotage ! » (phrase de Baffie lorsqu'Ardisson tapote ses fiches avant de poser une question qui l'intéresse à l'invité)
  • « J'accueille maintenant… » (Thierry Ardisson accueillant un invité)
  • « On passe au Blind Test ! » (vociféré par Thierry Ardisson)
  • « C'était Tout le monde en parle. » (formule habituelle clôturant l'émission)
  • « Et mon ami Laurent Baffie » (Thierry Ardisson accueillant Laurent Baffie)

Jingles

  • « On ne bouge pas pendant le jingle ! »
  • « Je vous demande de vous arrêter » (prononcée par Édouard Balladur)
  • « Thierry franchement on t'aime bien mais là t'exagères » (prononcée par Michèle Cotta)
  • « Là mes enfants c'est le best-of de la semaine dernière ! » (prononcée par Michel Serrault sur un ton hystérique)

Samples

  • Faisons l'amour avant de nous dire adieu de Jeane Manson (quand l'invité(e) semble plaire à l'animateur)
  • Love boat (lors de la « pause bisous » durant laquelle l'animateur embrasse l'invité)
  • Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
  • Moving on up (fin des interviews)
  • Vous les copains
  • Antisocial de Trust
  • Ça balance pas mal à Paris (quand un invité lance une vacherie)
  • Macho man (en réaction à des propos peu élégant sur la gent féminine)
  • Musique du film Ben-hur lors de la promotion
  • Musique du générique de Sacrée Soirée, de manière ironique.
  • Bruit d'un pistolet silencieux tiré du film Les Tontons Flingueurs pour faire taire le public ou les invités.
  • Musique de la publicité Antenne 2 (années 1970), lors de la promotion (l'ensemble des participants doivent alors lever les mains et les agiter)
  • Voila, c'est fini Annonce la fin de l'émission

Voir aussi

Un jeu de société est sorti en 2003 et édité par Power Games. Le but du jeu est le même principe que l'émission ; ce jeu de société est interdit aux moins de 18 ans.

Articles connexes


Liens externes

Références

  1. « Paysage de l'après-Ardisson », article de Daniel Schneidermann paru dans Libération le 29 septembre 2006.
  2. Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement, La Face visible de l'homme en noir, éd. Stock, 200 p, 2006.
  3. Jean Birnbaum, journaliste du quotidien Le Monde et Raphaël Chevènement, scénariste, décrivent les obsessions de Thierry Ardisson : « le goût pour le complot » en abordant notamment sur le passage dans Tout le monde en parle de Thierry Meyssan, « l'imaginaire sexiste » ou « l'abaissement du politique » en revenant sur la question posée à Michel Rocard (« Sucer, c'est tromper ? »).
  4. Lettre du CSA numéro 151 [1]
  5. Dans leur livre La Face visible de l'homme en noir, Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement reviennent sur la question posée par Thierry Ardisson à Michel Rocard (« Sucer, c'est tromper ? ») et parlent à ce sujet de « l'abaissement du politique ».

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