Tino Rossi


Tino Rossi
Tino Rossi
Tinorossi.JPG
Nom Constantin Rossi
Naissance 29 avril 1907
Ajaccio, Corse
Décès 26 septembre 1983 (76 ans)
Neuilly-sur-Seine, Drapeau de France France
Activité principale Chanteur
Acteur
Instruments Guitare
Années d'activité 1932 - 1982
Labels Columbia

Tino Rossi (de son vrai nom Constantin Rossi, né le 29 avril 1907 à Ajaccio - décédé le 26 septembre 1983 à Neuilly-sur-Seine) est un chanteur et acteur français. Il a vendu plus de 300 millions de disques.

Sommaire

Premières années - Premiers succès

Tino Rossi est né à Ajaccio, 43 rue Fesch[1]. Son père Laurent est tailleur. Sa mère Eugénie se consacre à sa grande famille de huit enfants ; Constantin porte le prénom de l'un de ses frères, mort peu avant sa naissance. Dès son enfance, il aime chanter et tous ceux qui l'entourent lui reconnaissent une voix très pure. Bien que doté d'une grande mémoire, il préfère l'école buissonnière aux études studieuses. À moins de 20 ans, il rencontre Annie Marlan, jeune violoniste venue jouer à Ajaccio, en tombe amoureux, part avec elle sur la Côte d'azur, l'épouse à Toulon et devient vite le jeune père de Pierrette, née dans l'automne 1927. Mais il a du mal à trouver un travail stable et Annie demande vite le divorce.

De retour penaud à Ajaccio, le voici changeur au casino, malheureusement détruit par un incendie en 1929. Il repart, cette fois à Marseille, en compagnie de sa deuxième épouse Annie Fratani, secrétaire du directeur de feu le casino de la Cité impériale. Différents petits boulots aussi provisoires que peu rémunérateurs plus tard, il tente en vain de se faire engager au casino d'Aix-en-Provence par l'entremise du premier adjoint au maire de la ville, un ami de la famille Rossi. Installé à Aix-en-Provence, chaque soir, il retrouve au Terminus les nombreux étudiants corses de la faculté de droit et chante pour ses amis, tous (Raymond Filippi, Dominique Stefanaggi, Alfred Albertini...) futurs ténors du barreau[2]. C'est aussi à Aix qu'il fait la connaissance du tourneur P'tit Louis, qui le produit non sans succès sur de petites scènes de l'arrière-pays provençal (pour la première fois devant le public rugueux du village vauclusien de Lauris) en le présentant comme "Le Roi des chanteurs de charme". Constantin choisit alors de devenir Tino en se rappelant la facon dont l'évêque d'Ajaccio avait, en le bénissant lors de sa confirmation, détaché les syllabes de son prénom : "Constant-tino"[3].

En 1932, à Marseille, alors qu'il arpente avec son père la rue Saint-Ferréol, son attention est attirée par une pancarte sur la devanture d'un magasin : "Enregistrez votre voix pour cent sous"[4]. Tino enregistre ainsi un disque en fer blanc qu'il destine à sa mère, comme le fera vingt ans plus tard Elvis Presley. Un représentant de la maison de disques Parlophone, présent dans la boutique, l'entend et l'invite à Paris enregistrer, moyennant 1 000 francs, son premier vrai disque, qui est aussi le premier disque de chansons corses jamais gravé puisqu'il comprend O Ciuciarella et la berceuse Ninni, Nanna[5].

À Marseille, le 3 mars 1933, "en qualité de ténorino", Tino est engagé pour sept jours et quatorze représentations par Tintin Milliard à l'Alcazar avant de passer sur une autre scène mythique de la ville, le Théâtre des Variétés[6].

Son contrat avec Columbia

Vient rapidement le tour de la jeune maison de disques Columbia de s'intéresser à lui. Séduit par le dynamisme entreprenant et novateur (notamment dans le domaine de la publicité) de son directeur, Jean Bérard, il signe un contrat et enregistre La sérénade de Toselli, J’ai rêvé d'une étoile, La ballade du roi d’Ys et son premier tube, Le tango de Marilou.

Le succès de ces premiers enregistrements est prometteur. Un courrier abondant commence à arriver chez Columbia. La firme comprend qu'elle tient là un poulain intéressant et l'intègre dans ses tournées, où il côtoie les grands artistes Lucienne Boyer, Damia, Pills et Tabet, Mireille, Jean Sablon...

Tino Rossi ne quittera jamais sa maison de disques (devenue une filiale de Pathé-Marconi).

Le triomphe au music-hall

Sa carrière prend une dimension essentielle au music-hall : après l’A.B.C., où le public lui a réservé un honnête succès, il est engagé par Henri Varna au Casino de Paris pour la revue Parade de France, consacrée au folklore des provinces. En bottes, chemise et pantalon bouffants, guitare à la main et veste sur l'épaule, il campe un chanteur corse de carte postale[7] et obtient, dès le premier soir (le 14 octobre 1934), un triomphe inédit grâce à deux chansons que Vincent Scotto vient de composer pour lui, Ô Corse, île d'amour et Vieni, vieni. Les deux hommes travailleront sur bien d'autres chansons jusqu'à la mort de Vincent Scotto, en novembre 1952...

En 1936, il remonte sur la scène du Casino de Paris pour le spectacle Tout Paris chante, mais cette fois, la tête d'affiche c'est lui !

Parallèlement, il vend de plus en plus de disques, à savoir 80 000 par mois quand la deuxième vente culmine à 6 000[8] ! Dans ces années 1930, l'industrie du disque balbutie et la radio n'a pas encore investi l'ensemble des foyers français. Elle va bientôt donner aux artistes une audience nouvelle, avec ce que cela représente sur les ventes de disques. Dans le cas de Tino Rossi, sa voix est tellement présente sur les ondes qu'en 1939, il demande lui-même, par écrit, aux stations de moins le programmer car il craint de saturer les auditeurs[9] ! Si le disque et la radio ont largement stimulé la carrière de Tino Rossi, ils n'en ont pas moins trouvé en lui un support essentiel de pénétration dans les foyers...

Sa réussite tient aussi à son physique de "latin lover", qui fera des ravages ! Vincent Scotto rappelle, dans ses Souvenirs de Paris[10], l'attraction qu'exerce son ami Tino sur la gent feminine : " Les femmes s’approchaient de lui avec une telle férocité que si je n’étais pas collé à lui pour monter en voiture, si dans la bousculade je me laissais distancer de quelques mètres, il me fallait renoncer à lui, et la voiture partait sans moi. Les femmes étaient avides de le voir de près, certaines se seraient laissées piétiner plutôt que de céder leur place [...]." Et d'ajouter : "Sa voix de rêve a enchanté presque tous les cœurs du monde. Quel philtre mystérieux possède cette voix pour troubler ainsi quand il chante ! On est charmé et on l’écoute recueilli. Une chanson embellit la vie, Tino embellit tout ce qu’il chante."[11] Car Tino Rossi est devenu une idole, la première dans l'histoire de la chanson française. Familièrement désigné par son prénom d'artiste, il se trouve confronté à d'inimaginables manifestations d'affection amoureuse[12], dont il n'aimait guère parler[13] !

En toute logique, cette voix fut promptement sollicitée par le cinéma car il n'existait alors que les films chantants pour donner au public l'occasion de découvrir le visage des vedettes.

En haut des affiches de cinéma

Après quelques "apparitions" vocales et silhouettes, en mars 1936, sort Marinella, un film écrit exprès pour la nouvelle coqueluche du disque et de la T.S.F. au physique à la Rudolph Valentino. Le film est un triomphe. Les chansons de Vincent Scotto qu'il y interprète (Marinella, Tchi-tchi, J'aime les femmes c'est ma folie, Laissez-moi vous aimer) vont accompagner le Front Populaire. Tino Rossi ira d'ailleurs chanter pour les grévistes, notamment dans le hall des Galeries Lafayette[14].

Dans la foulée, il enchaîne avec les péripéties à l'accent corse de Au son des guitares (où il lance Tant qu'il y aura des étoiles), puis tourne Naples au baiser de feu avec pour partenaires les grandes vedettes Viviane Romance et Mireille Balin, sans oublier Michel Simon, Marcel Dalio et les dialogues de Henri Jeanson.

Vieni, vieni s'installe en tête du hit-parade aux U.S.A.

Tino Rossi (à nouveau divorcé) vit alors une histoire d'amour passionné avec Mireille Balin, une actrice à la destinée tragique[15] qui, écrira-t-il, "avait tout pour ensorceler les hommes"[16]. La presse de l'époque ne perd d'ailleurs pas une occasion de relater les péripéties de la vie du couple[17]. Épuisé par sa jalousie et ses sautes d'humeur consécutives à ses addictions à l'alcool et aux stupéfiants, il la quittera après l'armistice de 1940, mais sans jamais l'abandonner, lui assurant discrètement, via l'association La roue tourne et en toute complicité avec son épouse Lilia Vetti[18], un logement, des soins et une sépulture au cimetière de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)[19].

En 1938, c'est le cinéma hollywoodien qui s'intéresse aussi bien à Tino Rossi qu'à Mireille Balin. Aux États-Unis, où la radio passe "du" Tino sans arrêt, il donne quelques récitals et sa chanson Vieni Vieni est classée première du "Top tune of the week" (le hit-parade américain de l'époque) vingt huit semaines d'affilée[20]. Le maire de New York (La Guardia) donne même son nom à l'un des quais de la ville. Mais Tino ne se plaît pas en Amérique. Il veut retrouver la France et finit par refuser les offres financièrement alléchantes d'Hollywood, qui le verrait bien en prince russe reconverti en danseur mondain dans une super-production de la Twenty Century Fox baptisée Balalaïka. Mireille Balin, en contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer, fait de même, pour les mêmes raisons.

Tino poursuit sa tournée au Canada où il reçoit un accueil délirant : dans les gares où son train passe, la foule se masse, rien que pour essayer de l’apercevoir à sa fenêtre et la gare Windsor de Montréal subit une émeute en règle[21].

De retour en France, il continuera encore de nombreuses années à créer au cinéma ses plus grands succès, tant dans le domaine de la variété que des airs classiques. Ainsi, pour les besoins de Lumières de Paris (de Richard Pottier, 1938), il chante pour la première fois - mais pas la dernière ! - l'Ave Maria de Gounod, dont La Callas dira que personne ne l'a jamais chanté aussi bien.

Puis éclate la Seconde Guerre mondiale. Si ses enregistrements se font au ralenti (aucun en 1940 car l'artiste, qui a effectué 18 mois de service militaire au 22e Régiment de Chasseurs Alpins, est mobilisé), sa carrière cinématographique se poursuit en zone libre, en particulier avec Le soleil a toujours raison (tourné en 1941, sorti en 1943), adapté d'une nouvelle de Pierre Galante[22], dialogué par l'auteur et Jacques Prévert. La distribution en est prestigieuse : Micheline Presle, Pierre Brasseur, Charles Vanel, Édouard Delmont, Charles Blavette et Germaine Montero. Dans ce film, réalisé par Pierre Billon, il interprète Le chant du gardian, de Louis Gasté et Jean Féline.

En 1941, dans la région de Royan, il tourne Fièvres de Jean Delannoy avec Madeleine Sologne, Jacqueline Delubac et Ginette Leclerc ; outre Maria (de Roger Lucchesi et Jean Féline), il y chante l'Ave Maria de Schubert, qui va vite devenir l'un de ses tubes, plébiscité notamment durant la Seconde Guerre mondiale par les prisonniers qui jonchent les planches de billets en le réclamant à Tino Rossi[23]. Il le chantera notamment lors de la croisière inaugurale du paquebot France, en janvier 1962 (dont il fut, à la demande de la marraine du paquebot, Yvonne de Gaulle, l'artiste invité d'honneur, assisté de l'humoriste Jean Rigaux), puis le 19 décembre 1963 sur la scène de l'Opéra de Paris (accompagné en duplex par Pierre Cochereau, titulaire des orgues de Notre-Dame de Paris) à l'occasion du grand gala de présentation du film d'Otto Preminger Le Cardinal.

Lilia Vetti pour la vie

À la fin de l'été 1941, au casino d'Aix-les-Bains, Mistinguett lui présente la belle danseuse niçoise Rosalia Cervetti, dite Lilia Vetti, qui deviendra la femme de sa vie, ainsi qu'il le lui chantera en 1977[24]. Il l'épouse le 14 juillet 1948 à Cassis, dont le maire S.F.I.O. est son ami le médecin et Résistant Emmanuel Agostini[25]. Leur fils Laurent Emmanuel, filleul du docteur Agostini, venait de naître au mois de mai. Il est à son tour devenu le père de Constantin et Jean-Baptiste, nés après la disparition de leur grand-père paternel.

En 1943, dans Le chant de l'exilé, réalisé en 1942 par André Hugon et brillamment dialogué par Yves Mirande, devenu Basque[26], Tino Rossi chante Paquita et Ce matin même (paroles d'Édith Piaf), puis s'engage patriotiquement dans les Pionniers du Sahara, au grand dam des autorités allemandes qui voient dans ce scénario une propagande en faveur de la Résistance. Quelques mois plus tard, sort Mon amour est près de toi (de Richard Pottier), seul film tourné par Tino Rossi sous l'égide de La Continental allemande, distribuée en France par Tobis Films[27]. Les chansons de ce film (Madame la nuit, Quand on est marinier, J'ai deux mots dans mon coeur et Quel beau jour, mon amour) sont signées notamment Vincent Scotto, Roger Lucchesi et Francis Lopez, jeune dentiste débutant dans la chanson...

En 1944, L'île d'amour, "peut-être le meilleur film de Tino Rossi" selon Jean Tulard qui le compare à Colomba[28], est également considéré comme le premier film écologiste de l'histoire du cinéma : en guerre contre un promoteur immobilier qui veut transformer son village (dont le rôle du maire est tenu par René Charpin) en station balnéaire, la population s'enflamme[29]... Et Tino chante Mon île d'amour, Le joyeux bandit et la Complainte corse de Roger Lucchesi. Les Allemands ayant interdit son tournage en Corse, le réalisateur Maurice Cam se replie sur la Côte d'Azur sous la surveillance étroite d'un superviseur de l'Axe qui veille à ce qu'aucun objectif militaire ne se trouve dans le champ des caméras. Tournée à son insu, la scène finale vaudra une convocation générale de l'équipe au bureau militaire[30].

En 1946, alors qu'il tient un double rôle dans Destins de Richard Pottier, il débusque et crée une chanson enfouie par ses auteurs (Henri Martinet et Raymond Vincy) au fond de leurs tiroirs ; Petit papa Noël, qualifié dans ce film de "berceuse", est né...

En avril 1947, les écrans parisiens du Paramount et du Paris accueillent Le Chanteur inconnu, le second film tourné par Tino Rossi avec André Cayatte, après Sérénade aux nuages (1945). Pour les besoins de ce mélodrame à suspense[31], remake d'un film de 1931 avec le ténor Lucien Muratore, entouré de Raymond Bussières, Lilia Vetti, Maria Mauban et Lucien Nat, il chante Chopin, Brahms et Lalo.

En 1948, il interprète le rôle du compositeur Franz Schubert dans La belle Meunière de Marcel Pagnol, aux côtés de Jacqueline Pagnol, de sa fille Pierrette (également comédienne dans la troupe de Robert Dhéry "Les Branquignols") et de son épouse Lilia Vetti. Ce film est le premier film français tourné en couleur grâce à la technique française mise au point dès avant la Seconde Guerre mondiale par les frères Roux. Nécessitant des moyens de projections spécifiques onéreux, ce procédé fera long feu.

En 1950, Jean Stelli réalise autour de lui Envoi de fleurs, la seule biographie filmée, et romancée, de Paul Delmet. L'occasion pour Tino Rossi de chanter à Suzanne (Micheline Francey) quelques-uns des airs les plus connus de l'artiste montmartrois de la Belle Époque... et de mourir (tuberculeux) pour la troisième et dernière fois au cinéma après une vendetta dans L'île d'Amour et un suicide dans Le gardian.

Un Noël en prison et Petit papa Noël

Durant l'Occupation, il chante à de multiples reprises Quand tu reverras ton village, "la chanson d'espoir de tous les prisonniers de guerre"[32], composée pour lui par Charles Trenet, refuse un cachet conséquent pour enregistrer Maréchal, nous voilà et se fait faire, par l'oncle médecin du journaliste Yves Mourousi, des certificats de complaisance afin de ne pas honorer "certaines invitations pressantes", notamment à un gala en faveur de la Légion française des combattants contre le bolchevisme, où sa participation était pourtant annoncée sur les affiches[33]. D'autre part, tandis qu'à Marseille, sa compagne Lilia Vetti sauve Georges Cravenne (né Cohen) d'une arrestation par la gestapo, Tino Rossi cache dans son orchestre en tant que pianiste le compositeur juif polonais Norbert Glanzberg, qui deviendra son accompagnateur après la guerre et que Édith Piaf, Georges Auric et Mistinguett protègent alors également[34]. Pourtant, malgré ce rempart amical, le 2 mai 1943, Norbert Glanzberg est arrêté et condamné à une peine d'emprisonnement de six mois, à Nice, pour détention de faux papiers. Tino Rossi sollicite immédiatement l'actrice Marie Bell. Avec la complicité de l'intendant régional de police Paul Duraffour et d'un gardien de prison corse, ils réussissent à le faire évader au mois d'août[35].

Par ailleurs, une amitié corse liait Tino Rossi à Étienne Leandri[36], comme lui habitué du Fouquet's, et il connaissait le parrain insulaire du milieu marseillais Paul Carbone (mort en décembre 1943 dans le déraillement d'un train[37]) ainsi que son associé François Spirito, qui faisaient des affaires avec les Allemands[38].

Comme de nombreuses célébrités, dont la réussite attisait depuis des années bien des jalousies[39], Tino Rossi est arrêté au début du mois d'octobre 1944 par des policiers qui recherchent activement un Corse. "Les Corses m'en ont assez fait voir. Foutez-moi ça au trou", lui assène un commissaire. À la suite d'une détention de trois mois à la prison de Fresnes, et alors qu'il a énergiquement interdit à Lilia Vetti de "donner un franc pour sa libération" au risque de le perdre[40], il est exempté de toute poursuite par un juge qui estime que les charges retenues contre lui[41] sont dénuées de fondement et reçoit même les excuses officielles du gouvernement, fait rarissime à l'époque[42].

Tino Rossi fut nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 22 octobre 1952. En février 1976, le général Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle et alors Grand Chancelier de l'ordre, lui épingla l'insigne d'officier. Enfin, le 13 septembre 1982, à l'hôtel de ville de Marseille, le maire Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation du Président François Mitterrand, lui remit la "cravate" de commandeur[43].

En 1946, avec Petit papa Noël, qu'il chantera pour la première fois en public sur la scène de l'A.B.C. en 1948, il remporte un phénoménal succès.

Premier chanteur français à obtenir un disque d'or

Avec sa chanson fétiche, Tino Rossi devient, en 1949, le premier chanteur français à obtenir un disque d'or et, pour la circonstance, "le seul à avoir reçu ce disque en or massif 24 carats"[44] ! Et ce phénoménal succès ne s'est jamais démenti... En 1983, l'année de sa mort, on annonçait le score de 30 millions d'exemplaires vendus. Score largement dépassé car depuis, il se vend annuellement quelque 300 000 exemplaires de Petit papa Noël. Pour "la chanson par excellence que tout le monde connaît"[45], Tino Rossi est indéboulonnable du livre Guiness des records et du Top 50 des meilleures ventes de disques lors des fêtes de fin d'année. Parallèlement, utilisations et adaptations les plus diverses se sont multipliées et se renouvellent sans cesse. Parmi une interminable liste, le Petit Génie Ariel entonné par le barde Assurancetourix dans l'album Astérix chez Rahàzade (1987), la version en allemand de Mireille Mathieu, celle martelée en 1988 par le groupe Trust, l'enregistrement effectué en français par le jeune et célèbre baryton américain Josh Groban en 2007, sans oublier une indispensable traduction en corse (2004), le roman policier Petit papa Noël publié en février 2010 par François Cérésa[46] ou l'interprétation rocailleuse et subtile proposée par Arthur H dans le générique du film d'animation L'apprenti Père Noël (novembre 2010)...

De l'opérette à la télévision

Après le film Tourments (1954, de Jacques Daniel-Norman, avec Blanchette Brunoy), Tino Rossi souhaite s'éloigner du cinéma. À 47 ans, il prend le risque de débuter une carrière dans l'opérette. Cette nouvelle étape rencontrera, une fois encore, le triomphe. Pourtant, cette année 1954, il accepte le rôle de gondolier que lui offre Sacha Guitry dans le film Si Versailles m'était conté qui regroupe tous les grands artistes de la chanson et du cinéma. La chanson italienne du XVIIe siècle qu'il y interprète, Fenestra bassa, n'a jamais été enregistrée.

Sa carrière dans l'opérette commence officiellement le 17 décembre 1955 avec Méditerranée au Théâtre du Châtelet. L’opérette de Francis Lopez et Raymond Vincy (le parolier de Petit papa Noël) se joue jusqu'en 1957 à guichets fermés.

Elle est suivie de Naples au baiser de feu, montée à Mogador et donnée également deux ans à guichets fermés avant de partir en tournée dans toute la France et à l'étranger.

En 1963, le succès revient, cette fois à l'A.B.C., avec Le temps des guitares.

En 1969, il récidive avec Le marchand de soleil, de nouveau sur la scène de Mogador, devenu le Théâtre Henri Varna-Mogador en hommage à son directeur depuis 1940, décédé le 2 avril.

Néanmoins, Tino Rossi arrive à un âge où il désire mieux profiter de sa famille et de sa superbe propriété ajaccienne, "Le scudo". On ne le verra donc plus sur scène qu'à l'occasion de tournées régulières (y compris à l'étranger) et de nombreuses participations bénévoles à des galas. Ainsi, le 4 juin 1976, aux Tuileries, devant 6 000 personnes entassées sous le chapiteau de Jean Richard (et près de 40 000 qui suivent le spectacle sur écran géant), il chante au profit de la campagne écologique de la Ville de Paris, baptisée "Paris 2 000 espaces verts".

Parallèlement, la télévision fait de plus en plus partie intégrante de la vie des Français. Tino est très souvent invité dans des émissions qui lui sont consacrées et battent des records d'audience. Parmi une longue liste : Tino Rossi pour toujours de Jean-Christophe Averty (3 avril 1973), Numéro un de Maritie et Gilbert Carpentier (24 décembre 1977)[47], Joyeux Noël Tino (24 décembre 1979), Le palmarès des chansons de Guy Lux (16 avril 1980) ou Le grand échiquier de Jacques Chancel (29 janvier 1981)...

Cinquante ans d'amour et entrée dans l'histoire

À plus de 75 ans, en novembre 1982, Tino Rossi remonte symboliquement sur la scène de ses grands débuts, le Casino de Paris, pour fêter son demi-siècle de carrière au cours d'un grand spectacle, mis en scène par Maritie et Gilbert Carpentier, qui mêle rétrospectives et nouvelles chansons. Chaque jour, pendant deux mois, la salle comble redouble d'applaudissements. La "générale", le 9 novembre, est l'occasion pour le Tout-Paris au grand complet de fêter avec enthousiasme un Tino Rossi radieux, qui prolonge la fête avec ses amis presque toute la nuit au Fouquet's.

Il était depuis peu à nouveau sous contrat avec Pathé-Marconi lorsque la France stupéfaite apprit son décès, survenu à son domicile de Neuilly-sur-Seine dans la soirée du lundi 26 septembre 1983, des suites d'un cancer du pancréas qui avait nécessité une lourde intervention chirurgicale, au mois de mars, à l'Hôpital américain de Neuilly.

Tino Rossi a eu des obsèques quasi nationales, en l'église parisienne de La Madeleine, le 29 septembre. Puis, les conditions météorologiques ne permettant pas à un avion d'atterrir à Ajaccio, c'est symboliquement en voiture que Tino traversa une dernière fois sa Corse depuis Bastia, salué de village en village par les maires ceints de leur écharpe tricolore et une population dignement recueillie. Après une nuit à l'hôtel de ville d'Ajaccio, veillé par une cité en deuil, et une ultime cérémonie à la cathédrale, il fut inhumé, le samedi 1er octobre, au cimetière marin d'Ajaccio, dans la tombe qu'il avait lui même choisie au début des années 1960[48]. Des visiteurs viennent s'y recueillir, par milliers, tous les ans.

Pendant cinquante ans, les chansons de l'"empereur de la romance" ont accompagné tous les public, qui lui ont fidèlement assuré une égale popularité, plébiscitant à chaque occasion celui qu'on qualifia aussi de "Napoléon du disque" ou de "Rossignol de notre siècle"[49].

Pourtant, malgré l'idolâtrie, puis l'affection populaire et les honneurs officiels, Tino Rossi, de tempérament timide[50], a su rester simple, respectueux des autres et avant tout du public, qu'il "affronta" toute sa vie le trac au ventre ! Sa vie privée n'a donné prise à aucun scandale. Aussi fidèle en amitié qu'épicurien, il entretenait des liens chaleureusement privilégiés avec ses amis d'enfance corse (qui continuaient à l'appeler "Tintin"), Vincent Scotto et l'Académicien français Marcel Pagnol, qui confia à son "frère Tino" le soin d'être son exécuteur testamentaire[51]. Une grande complicité l'unissait également à Maurice Chevalier, Édith Piaf, Fernandel, Charles Trenet, Joséphine Baker, Georges Brassens ou Christian Méry... Reconnu et apprécié par les milieux artistiques, lui-même doté d'un joli coup de crayon[52] et grand amateur d'art (surtout de peinture), Tino Rossi a présidé le Syndicat des artistes, au début des années 1950[53], et su gérer intelligemment son patrimoine, notamment par l'intermédiaire de sa société de production fondée en 1948.

Grâce à ses disques, anciens ou très régulièrement réédités, à ses films (dont beaucoup sont disponibles en DVD) et à Internet, où divers blogs et pages web permettent d'accéder à des biographies et à ses chansons, y compris à l'étranger[54], on peut retrouver ou découvrir cette authentique superstar de la chanson à la "voix de velours". Couvrant deux octaves et demi et présentant un timbre aux très riches nuances (notamment de graves), cette voix exceptionnellement "longue" trouve son origine dans une anomalie des cordes vocales de Tino Rossi (la gauche longue et étroite, la droite courte, tordue et large) qui avait tellement intrigué un médecin ORL qu'il crut bon de conseiller à leur propriétaire de ne jamais travailler le chant au risque de devenir muet[55] !

Recordman français de la vente de disques

Tino Rossi, qui revendiquait de chanter l'amour heureux alors que son amie Édith Piaf chantait l'amour malheureux[56], a enregistré près de 1 200 chansons, ce qui aboutit à une discographie impressionnante et variée abordant tous les genres, de la chanson populaire de Vincent Scotto à la Romance de Nadir de Bizet en passant par moult mélodies classiques (largement popularisées par son interprétation), sans oublier une panoplie de chants corses. Il a vendu, dans le monde entier, des centaines de millions de disques. À l'occasion du centenaire de sa naissance, en 2007, certains journaux ont avancé le chiffre de 600 millions. Lors du journal télévisé de 13 heures de TF1, le 24 décembre 2009, 700 millions ont été annoncés. De toute façon, Tino Rossi est indiscutablement le Français qui a écoulé le plus de disques de tous les temps. Il est ainsi l'un des plus grands champions mondiaux de la vente de disques et le seul non Anglo-Saxon à figurer en tête du palmarès. Quant à son Petit papa Noël, il reste le single le mieux vendu en France et la chanson préférée des Français, avec Ne me quitte pas de Jacques Brel[57].

Ce perfectionniste aussi exigeant que courtois a joué dans vingt huit films, quatre opérettes, participé à des centaines d'émissions de télévision ou de radio, donné des milliers de galas en France et dans le monde, ce qui a fait écrire à Philippe Bouvard : "Qui peut se prévaloir d’un palmarès pareil ? [...] Une carrière d'un seul tenant sans come-back, sans second souffle, sans autres entractes que les parties de pêche à la ligne. [...] Il y a près d’un demi-siècle qu’il tient le flambeau. [Quelqu'un] ramassera peut-être un jour le manche, mais pas la flamme." [58]

Portent notamment son nom : à Ajaccio, un boulevard, inauguré par lui le 14 août 1973, le vieux port, ainsi que le restaurant (de 390 places) du Palais des congrès ; un square à L'île-Rousse, également inauguré par lui en 1971, et un autre à Nogent-sur-Marne ; un jardin à Paris sur les quais de Seine (Ve arr.) ; des rues ou allées dans différentes villes, par exemple à Andernos-les-Bains, Bassens, Brest, Évreux, Fleury-les-Aubrais, Goussainville (Val-d'Oise), Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), Lourdes, Montauban, Pierrelatte, Toulouse ou Valence ; des salles à Alfortville (Val-de-Marne) ou aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), etc. Autres marques de reconnaissance et hommages : des timbres, édités successivement en 1969 et 1990 ; une médaille frappée par la Monnaie de Paris en 1970 ; un grand prix du Disque ; un grand prix du Midem ; plusieurs dizaines de disques d'or ; d'innombrables trophées et récompenses... Et même une rose "très parfumée", créée par Meilland en 1990 !

Ils ont dit sur Tino Rossi...

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De nombreuses personnalités, d'horizons divers, ont fait à propos de Tino Rossi toutes sortes de remarques souvent élogieuses. En voici quelques-unes :

« Sans effort, et vivant comme il chante, il est monté du premier coup au premier rang. Combien de disques tournent chaque jour sur les électrophones, dans tous les pays du monde… Et comme il fait jour dans un hémisphère quand il fait nuit dans l'autre, il est émouvant de penser que sa voix d’or [...] n’a jamais cessé de chanter. » (Marcel Pagnol)

« Qu’est-ce qui explique le succès - on peut même dire le triomphe - ininterrompu de Tino Rossi ? [...]. Personnellement, je le trouve très compréhensible : on ne discute pas une étoile. Elle brille, et puis c’est tout. » (Marcel Achard)

« Une voix qui marque et rythme un demi-siècle d'histoire : tel est le privilège, sans doute unique, de l'incomparable carrière de Tino Rossi. Je suis enfant, la France se donne un Front Populaire, et c'est Tino Rossi que j'entends. La guerre éclate, l'angoisse nous habite, la présence de Tino nous rassure. Je deviens adulte, l'ère atomique est engagée, Tino Rossi m'accompagne. Voilà une certitude — et elle doit tout à un talent sans égal : le nom de Tino Rossi, faisant mentir la versification, rime avec toujours. » (Alain Decaux)

« [Le] Corse le plus illustre (- 1), dont la voix est un poème. » (Sacha Guitry)

« Chaque disque de Tino est une provision de rêves. Je ne me lasse pas de rêver avec lui. » (Roland Dorgelès)

« Vous vous rendez compte, Tino, il est beau et en plus il chante. » (Raimu)

« Il y a une voix comme celle-là par siècle et celle de Tino a ceci d'extraordinaire qu'elle a été tirée à un seul exemplaire. » (Charles Trenet)

« À mes débuts, quand je chantais dans la rue, pour attirer l'attention du public, il me fallait tout d'abord chanter les chansons du répertoire de Tino Rossi. C'était infaillible ! » (Édith Piaf)

« Une chanson embellit la vie, Tino embellit tout ce qu'il chante. » (Vincent Scotto)

« La vie a voulu que Poulidor arrive dans la génération d'Anquetil comme moi je suis arrivé dans la génération de Tino Rossi. » (Luis Mariano)

« Tino Rossi a le plus beau legato du monde. » (Tito Schipa)

« [La voix de Tino Rossi] tire son attrait de cette matière somnambulique, de cette simplicité poussée à l'excès avec un art, probablement inconscient, du modelage vocal. » (Reynaldo Hahn)

« Tino Rossi n’a pas eu de concurrent dans la chanson. Il participait déjà de son vivant à la mythologie de la chanson. Il appartient désormais à son histoire. » (Jack Lang)

« Tino Rossi fut toujours si présent parmi nous au cours de sa longue et si brillante carrière. Il appartenait à ce Paris qui ne cessa de lui rendre hommage et au prestige duquel il contribua. » (Jacques Chirac)

« La droiture, l’ingénuité, la dignité qu’il dégage, la manière si naturelle qu’il a eue de traverser l’Adoration populaire en font un être à part. [...] Béni par les dieux, il possède le plus beau timbre de voix populaire que je connaisse. Son succès, il l'a gagné sans aucune intrigue, c'est à noter. » (Maurice Chevalier)

« Je l’ai vu enregistrer un disque. Il m’a stupéfié en réussissant la première prise. D’habitude, il y en a cinq ou six. Avec lui, c’était parfait du premier coup. » (Adamo)

« Pour moi, il est le plus grand, au-dessus de toutes les modes. Je lui voue une très grande admiration. » (Johnny Hallyday)

« C’est un phénomène sans précédent dans l’histoire de la chanson. Il a été une idole, avant le temps des idoles, le plus grand chanteur de son temps et il marquera le XXe siècle par sa voix et son regard de velours. Pour les femmes, il y a eu Valentino et Tino. » (Dalida)

«  "La voix de Tino, c’est comme le mystère des diamants, on ne sait pas comment cette espèce de charbon arrive à devenir une chose aussi pure. Tino Rossi était un diamant inexplicable. Mais en dehors du mystère de la voix, il ne faut pas oublier l’interprétation qui était merveilleuse dans sa simplicité. Et, en cela, il rejoignait les grands interprètes comme Bing Crosby" . » (Charles Aznavour)

«  "Les partisans de Tino Rossi - j'avoue être du nombre depuis longtemps et pour longtemps - éprouvent à l'égard de ce sympathique artiste une sorte d'admiration affectueuse assez difficile à définir, sans doute, mais fervente et inconditionnelle" . » (Georges Brassens)

Filmographie

Revues, opérettes et comédies musicales

  • 1934 - Parade de France : Sur la scène du Casino de Paris, Tino Rossi figure dans les tableaux "Corse île de beauté" et "La plus grande France".
  • 1936 - Tout Paris chante (Casino de Paris) : Tino Rossi participe aux tableaux "Ceux de la légion", "Roi de cœur", "Les chansons d'amour".
  • 1957 - Naples au baiser de feu : opérette à grand spectacle en deux actes et vingt-trois tableaux de Henri Varna et Renato Rascel. Au Théâtre Mogador, à nouveau secondé par Pierjac, Tino Rossi interprète Antonio.
  • 1982-1983 (du 4 novembre au 2 janvier) - Cinquante ans d'amour : Tino Rossi est ici au cœur du spectacle qui se joue, comme à ses débuts, au Casino de Paris. C'est l'occasion de célébrer ses noces d'or avec le public dans une revue de Maritie et Gilbert Carpentier en deux actes et dix-huit tableaux.

Un demi-siècle en chansons

  • 1932 : O Ciuciarella (enregistré sur disque Parlophone)
  • 1933 : Tango de Marie-Lou
  • 1934 : Vous, qu'avez vous fait de mon amour ?
  • 1934 : Aubade du roi d'Ys
  • 1934 : Près de la cascade
  • 1934 : C'était un musicien
  • 1934 : Venise et Bretagne
  • 1934 : Ô Corse île d'amour
  • 1934 : Vieni, vieni
  • 1934 : Parlami d'amore mariu
  • 1935 : Guitare d'amour
  • 1935 : Il pleut sur la route
  • 1935 : La cucaracha
  • 1935 : Chanson pour Nina
  • 1935 : D'une prison (Reynaldo Hahn - Paul Verlaine)
  • 1935 : Adieu Hawaï
  • 1935 : Amapola
  • 1936 : Colombella
  • 1936 : Tchi-tchi
  • 1936 : Marinella
  • 1936 : Tant qu'il y aura des étoiles
  • 1936 : Bohémienne aux grands yeux noirs
  • 1936 : Romance de maître Pathelin
  • 1936 : Romance de Nadir (Les pêcheurs de perles) de Bizet
  • 1936 : Berceuse de Jocelyn
  • 1936 : Voulez-vous, madame ?
  • 1937 : Catari catari (Core n'grato)
  • 1937 : Tarentelle
  • 1937 : Le moulin de Magali
  • 1938 : Ave Maria (Gounod)
  • 1938 : Ave Maria (Schubert)
  • 1938 : Sérénade portugaise (Charles Trenet)
  • 1938 : Paris... Voici Paris
  • 1938 : Au bal de l'amour
  • 1938 : J'attendrai
  • 1939 : Minuit chrétiens
  • 1939 : Tristesse (Chopin)
  • 1941 : Bel ami
  • 1941 : Toi que mon coeur appelle
  • 1941 : Ma ritournelle
  • 1941 : Quand tu reverras ton village (Charles Trenet)
  • 1941 : Maria
  • 1941 : O sacrum convivium (Largo) de Haendel
  • 1941 : Sérénade de Don Juan (Mozart)
  • 1942 : Credo
  • 1942 : Le chant du gardian
  • 1943 : Madame la nuit
  • 1943 : l'Ajaccienne
  • 1943 : Ce matin même (paroles d'Édith Piaf)
  • 1943 : J'ai deux mots dans mon coeur
  • 1943 : Bonsoir à la France
  • 1943 : Quand on est marinier
  • 1944 : Complainte corse
  • 1944 : Le joyeux bandit
  • 1945 : Besame mucho
  • 1945 : Étrange mélodie
  • 1946 : Petit papa Noël (orchestration de Raymond Legrand)
  • 1946 : Destin
  • 1946 : Angelina
  • 1946 : Adieu celle que j'aime
  • 1946 : Jamais deux sans trois (paroles co-écrites par Françoise Giroud)
  • 1946 : Loin de ton cœur (d'après une valse de Brahms)
  • 1947 : Adios, pampa mia (enregistré en Argentine)
  • 1948 : Femmes, que vous êtes jolies
  • 1948 : Salut du soir (Sérénade) de Schubert
  • 1949 : Ô mama
  • 1949 : Quand les lilas refleuriront
  • 1949 : Sérénade sur Paris
  • 1949 : Envoi de fleurs
  • 1950 : Mona lisa
  • 1950 : Cerisier rose et pommier blanc
  • 1950 : Les feuilles mortes
  • 1951 : Adieu Venise provençale
  • 1951 : Le plus beau tango du monde
  • 1951 : Chérie, sois fidèle
  • 1952 : Luna rossa
  • 1952 : Tango bleu
  • 1952 : Va, mon ami va
  • 1952 : Oh ! Mon papa
  • 1952 : Petite étoile de Noël
  • 1953 : Bella, bella donna
  • 1954 : Si mes vers avaient des ailes (Reynaldo Hahn - Victor Hugo)
  • 1955 : Méditerranée
  • 1956 : Arrivederci Roma
  • 1956 : U lamentu di u banditu corsu
  • 1957 : Naples au baiser de feu
  • 1959 : Ô pescadore dell'onda
  • 1960 : Douce nuit
  • 1960 : Romantica
  • 1962 : Les roses blanches de Corfou
  • 1962 : La paloma
  • 1963 : Le temps des guitares
  • 1963 : J'avais vingt ans
  • 1966 : Guantanamera
  • 1966 : Merci chérie
  • 1968 : Vive le vent
  • 1968 : Le rêve passe
  • 1968 : Le Noël des enfants oubliés
  • 1969 : Le marchand de soleil
  • 1969 : Sous les ponts de Paris
  • 1970 : Parlez-moi d'amour
  • 1970 : La mer (Charles Trenet)
  • 1971 : La boudeuse
  • 1971 : Love story
  • 1972 : Parle plus bas (du film Le parrain)
  • 1973 : Berceuse (de Brahms)
  • 1973 : Una furtiva lacrima
  • 1973 : Les millions d'Arlequin
  • 1976 : Chantons la même chanson (en duo avec Laurent Rossi)
  • 1977 : La femme de ma vie
  • 1977 : Ma dernière chanson sera comme la première
  • 1978 : La vie commence à 60 ans
  • 1979 : Hymne à l'Europe
  • 1979 : Ô Bernadette
  • 1981 : Soufflez les bougies (Charles Trenet, en duo avec Laurent Rossi)
  • 1981 : J'ai toujours chanté des chansons d'amour
  • 1982 : Cinquante ans d'amour
  • 1982 : Un enfant qui chantait
  • 1982 : Grand-mère, on t'aime
  • 1982 : La guerre des gosses

Bibliographie

  • Emmanuel Bonini, Tino Rossi, éd. du Rocher, 2003.
  • René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, éd. René Chateau, 1993.
  • Christian Delange, Tino Rossi, éd. PAC, 1985.
  • Philippe Laframboise, Tino Rossi, éd. de la Presse, Ottawa, 1972.
  • Fabien Lecoeuvre, Petites histoires pour grandes chansons, éd. du Rocher, 2009.
  • Christian Plume et Xavier Pasquini, Tino Rossi, éd. Bréa, 1983.
  • Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, éd. Flammarion, 1993.
  • Tino Rossi, Ma vie et mes chansons, éd. Société française de librairie et d'éditions, 1937.
  • Tino Rossi, Tino, éd. Stock, 1974.
  • Gérard Trimbach, Tino Rossi, éd. Delville, 1978.
  • Gérard Trimbach, Tino Rossi - Cinquante ans d'amour, éd. Delville, 1982.

Notes et références

  1. Devenu le n° 45 comme en témoigne la plaque apposée sur la façade depuis le 3 août 1985.
  2. Tino Rossi, Tino, éd. Stock, 1974, ps 26-33.
  3. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, éd. Flammarion, 1993, p. 37.
  4. C'est-à-dire 5 francs de l'époque.
  5. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p.42.
  6. Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 53-56.
  7. Il a lui même dessiné son costume : Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 69-70.
  8. Gérard Trimbach, Tino Rossi, éd. Delville, 1978, p. 38.
  9. Ibidem ; Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 97.
  10. Parus en 1947.
  11. Cette dernière phrase est gravée à l'avers de la médaille à l'effigie de Tino Rossi, signée Courbier et frappée par la Monnaie de Paris en 1970.
  12. Tino Rossi, Tino, op. cit., ps 89-96.
  13. Interview à la Télévision suisse romande (TSR), 1er juillet 1967.
  14. Christian Plume et Xavier Pasquini, Tino Rossi, éd. Bréa, 1983, p. 47.
  15. Daniel Arsand, Mireille Balin ou la beauté foudroyée, éd. de la Manufacture, 1989.
  16. Tino Rossi, Tino, op. cit. p. 111.
  17. Par exemple Match du 17 novembre 1938 ou Vedettes du 19 avril 1941...
  18. Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 98.
  19. Qu'elle partage depuis 1973 avec un autre protégé de La roue tourne et de Tino Rossi, le comédien Jean Tissier.
  20. Christian Delange, Tino Rossi, éd. PAC, 1985, p. 29.
  21. Philippe Laframboise, Tino Rossi, éd. de la Presse, Ottawa, 1972, ps 50-51.
  22. Écrivain et journaliste, il travailla à Paris-Match et fut l'époux de l'actrice Olivia de Haviland.
  23. Témoignage de Tino Rossi lors du Grand Échiquier, 29 janvier 1981.
  24. Pour leurs noces de perle dans une chanson signée G. Gustin et C. Desage.
  25. Journal Samedi-Soir, n° 159, 24 juillet 1948.
  26. Comme Luis Mariano, qui apparaît pour l'une des toutes premières fois au début du film dans un quatuor de chanteurs.
  27. À la Libération, il sera décidé que les acteurs qui avaient tourné plus de trois films avec La Continentale seront poursuivis.
  28. Journal Le Figaro, 15 août 2003, article de Philippe d'Hugues.
  29. René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, éd. René Chateau, 1993, p. 63.
  30. Témoignage de Tino Rossi dans le magazine Cinémonde n° 663, 15 avril 1947, p. 16.
  31. René Chateau, Tino Rossi et le cinéma, op. cit., p. 81.
  32. Pierre Barillet, Quatre années sans relâche, éd. De Fallois, 2001, p. 121.
  33. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 116.
  34. Journal Libération, art. de Hélène Hazera mis sur Internet le 21 mai 1999.
  35. Article de la journaliste webmaster Véronique Chemla, 8 juillet 2011.
  36. Condamné à 20 ans de travaux forcés pour "intelligence économique avec l'ennemi", il se met rapidement au service de la C.I.A. Amnistié, Leandri deviendra l'un des piliers des réseaux d'un autre Corse, le Résistant gaulliste Charles Pasqua.
  37. En l'église Sainte-Marie-des-Batignolles, le Tout-Paris (dont Mistinguett et Tino Rossi, qui chante l'Ave Maria) assiste à ses obsèques.
  38. Documentaire télévisé L'Occupation sans relâche d'Yves Riou et Philippe Pouchain, 19 déc. 2010.
  39. Journal Le Figaro, 15 août 2003, op. cit.
  40. Témoignage de Lilia Vetti (Mme Tino Rossi) : Tino Rossi, mon père, op. cit., ps. 115-117.
  41. Les rapports de l'inspecteur Georges Clot avaient cité de "nombreux témoins" signalant son "comportement anti-français"...
  42. Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Seconde Guerre mondiale, fichier manuel A', réf. : F° delta rés 787.
  43. Journal Le Provençal, 14 septembre 1982.
  44. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 119.
  45. Fabien Lecoeuvre, Petites histoires pour grandes chansons, éd. du Rocher, 2009.
  46. Aux éditions Pascal Galodé.
  47. Au cours de ce show, Tino Rossi et Georges Brassens s'amusèrent beaucoup à chanter en duo Santa Lucia ! Les deux amis récidiveront le 24 décembre 1979 dans Venise et Bretagne.
  48. Emmanuel Bonini, Tino Rossi, éd. du Rocher, 2003, ps 181-201 ; Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p.183.
  49. Magazine Paris-Match, n° 1793, 7 octobre 1983, p. 103, article de Jean Cau.
  50. Tino Rossi, Ma vie et mes chansons, éd. Société française de librairie et d'éditions, 1937, p. 37.
  51. Laurent Rossi, Tino Rossi, mon père, op. cit., p. 151.
  52. Constant Sbraggia, Tino Rossi l'Ajaccien, éd. La Marge, 1991, p. 30.
  53. Magazine Cinémonde, n° 912, 25 janvier 1952, p. 24.
  54. Jusqu'en Corée du Sud où, depuis 1972, l'une de ses chansons sert de générique à une émission de radio.
  55. Philippe Laframboise, Tino Rossi, op. cit., ps 43-44 ; interview de Tino Rossi lors de l'émission télévisée Les dossiers de l'écran qui lui fut entièrement consacrée le 10 mai 1977.
  56. Entretien avec Pierre Desgraupes dans le magazine Le Point n° 393, 31 mars 1980, ps 132-146.
  57. D'après un sondage C.S.A. effectué en 2007.
  58. Magazine Paris-Match, n° 1065, 1er novembre 1969, ps 114-115.

Liens externes



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