Theodose 1er


Theodose 1er

Théodose Ier

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Théodose Ier
Empereur romain
Theodosius I. Roman Coin.jpg
Monnaie à l'effigie de Théodose Ier.

Règne
août 378 - 17 janvier 395 (~17 ans)
Dernier maître de l'Empire uni (392 - 395)
Période Théodosiens
Prédécesseur(s) Valens, Gratien et Valentinien II
Co-empereur(s) Gratien (jusqu'à 383),
Valentinien II (jusqu'à 392)
et Maxime (384 - 388)
Usurpateur(s) Eugène (392394)
Successeur(s) Flavius Honorius (Occident)
Flavius Arcadius (Orient)
Biographie
Naissance 11 janvier 347 - Cauca (Hispanie)
Nom originel Flavius Theodosius
Décès 17 janvier 395 (~48 ans) - Milan
Inhumation Constantinople
Père Théodose l'Ancien
Mère Thermantia
Consort(s) (1) Aelia Flacilla (? - 385)
(2) Aelia Galla (385 - 395)
Descendance (1) Arcadius (de Aelia Flacilla)
(2) Honorius (de Aelia Flacilla)
(3) Pulcheria (de Aelia Flacilla)
(4) Galla Placidia (de Galla)

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Liste des empereurs romains
Série Rome antique

Théodose Ier (Flavius Theodosius) (347-17 janvier 395) fut empereur romain de 379 à 395, le dernier à régner sur un empire réunifié. Il était le fils de Théodose l'Ancien.

Sommaire

Biographie

Jeunesse

Théodose Ier est probablement né le 11 janvier 347 à Cauca, aujourd'hui Coca, une petite ville dans le nord-ouest de la province romaine de Gallaecia. Son père, qui s'appelait aussi Flavius Theodose et qui était un militaire victorieux de Valentinien Ier, avait là-bas de grandes propriétés. Ses grands-parents paternels, Honorius et Thermantia, étaient déjà des chrétiens nicéens-orthodoxes, tout comme son père et lui-même. Théodose avait aussi un frère, Honorius, dont il adopta plus tard la fille Serena et qui devait avoir une grande influence par son mariage avec le magister militum Stilicon.

Le jeune Théodose passa son enfance dans son Espagne natale. On ne connaît presque rien de son éducation, à l'exception de l'intérêt qu'il montre pour les études d'histoire et aussi qu'il devait être très ouvert. En raison de sa haute naissance, il reçoit probablement une bonne éducation. À partir de 368, il fait partie de l'escorte de son père. Il entame une carrière militaire et il prend part avec lui aux campagnes en Bretagne en 368/369, à la campagne contre les Alamans en 370 au niveau du Rhin (son père exerce à partir de ce moment-là la fonction de magister equitum praesentalis et fut donc commandeur de la cavalerie de l'armée) et contre les Sarmates en 372/373 au niveau du Danube.

Probablement grâce à l'influence de son père, Théodose est promu dux moesiae prima, et reçoit le commandement d'une province militaire dans les Balkans. Ce type de nomination était à cette époque courant et le jeune Théodose semblait être totalement à la hauteur de la tâche. En 373, son père fut finalement envoyé en Afrique pour mater la rébellion de l'usurpateur Firmus, pendant que son fils battait en 374 les Sarmates en Pannonie (près de l'actuelle Hongrie), après que ces derniers aient franchi le Danube. Ainsi, il prouva sa valeur militaire.L'exécution de son père, pour des raisons confuses, entraîne sa disgrace provisoire entre 375/6 et 378.

Empereur

La mort de l'empereur Valens à la bataille d'Andrinople (378) obligea Gratien à proclamer Théodose empereur en 379 : il reçut l’Orient, la Macédoine et la Dacie. En 380, avec Gratien, il arrêta les Goths en Épire et en Dalmatie. Théodose installa une partie des Ostrogoths en Pannonie, et lui-même s’installa à Constantinople.

La même année, il adhéra au symbole de Nicée, devint l’ardent défenseur des Chrétiens et à Thessalonique, il publia l’édit (dit édit de Thessalonique) suivant : « Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d'Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Portrait de l’empereur sur le missorium de Théodose

Le christianisme devenait religion d’État. Il condamna l’arianisme lors du second concile œcuménique de Constantinople en 381.

Théodose avait commis l’erreur d’enrôler dans l’armée romaine des contingents de barbares en leur laissant une organisation autonome ; ces fédérés préparèrent l’occupation de l’Empire par les barbares.

En 382, il installa les Wisigoths en Mésie.

Cette décision, considérée par les contemporains comme catastrophique, sera l'une des causes les plus immédiates de la fin de l'empire romain d'occident. En effet, cette insertion d'un peuple barbare uni et fort dans l'empire, et du même coup dans l'armée impériale, signera la fin d'un contrôle réel de l'empereur sur ses armées. Mais après le désastre d'Andrinople sous l'empereur Valens il est vraisemblable que Théodose n'ait guère eu le choix.

Entre 383 et 388, il dut faire face à l’usurpation de Magnus Clemens Maximus (Maxime), qui après avoir défait Gratien s’était emparé de toute la préfecture des Gaules et occupait Rome et l’Italie entière au détriment de Valentinien II. Théodose vainquit Maxime qui fut tué à Aquilée, en 388.

De 388 à 391, Théodose demeura en Occident, presque toujours à Milan. En 390, voulant mettre fin aux mœurs qui avaient jusqu'alors prévalu dans le monde antique, et imposer la morale ascétique préconisée par les chrétiens les plus radicaux, il publia une loi qui punissait de mort les homosexuels, et fit réprimer dans le sang par les troupes barbares une émeute à Thessalonique.

La répression fit sept mille à dix mille morts, selon les sources, ce qui valut à Théodose d’être excommunié par l’évêque Ambroise de Milan. Les massacrés furent ici majoritairement des Romains et les massacreurs d’anciens barbares, populations chez lesquelles l’armée recrutait - ce qui peut expliquer l’ampleur du massacre.

Pendant plusieurs mois, Théodose et Ambroise campèrent sur leurs positions respectives. Puis Théodose, sentant que la sienne devenait intenable, accepta de venir s’humilier publiquement devant Ambroise la tête couverte de cendres pour obtenir sa réintégration dans l’Église. Ce sera l’une des rares victoires de celle-ci sur le pouvoir temporel.

En 391, probablement sous l’influence de Ambroise de Milan, il supprima les dernières manifestations du paganisme « officiel » dans l’Empire (cependant, le culte survécut en clandestinité), fondant ainsi le deuxième État chrétien (après l’Arménie, chrétienne depuis la première décennie du IVe siècle) et lui valut le titre de Grand.

Entre 392 et 394, il réprima l’usurpation d’Eugène, un fonctionnaire proclamé empereur après la mort de Valentinien II.

En 394, il fut l’auteur du décret interdisant les jeux Olympiques accusés de diffuser le paganisme (les jeux ne seront rétablis que 1502 ans plus tard en Grèce).

Il mourut peu après, le 17 janvier 395. À cette date, l’Empire était réunifié pour la première fois depuis trente ans; mais également pour la toute dernière fois.

De son premier mariage avec Aelia Flacilla, Théodose avait eu deux fils : Auguste Arcadius en 383, et Honorius en 393. Il partagea entre eux l’Empire : Honorius (10 ans) reçut l’Occident et Arcadius (18 ans) l’Orient, et il chargea le Vandale Stilicon de veiller sur eux deux.

Théodose et le christianisme

Saint Ambroise convertissant Théodose, toile de Pierre Subleyras, 1745

Les empereurs Théodose, pour l’Empire d'Orient et Gratien, pour l’Empire d'Occident, tous deux catholiques, élèvent le christianisme au rang de seule religion officielle et obligatoire par l’Édit du 28 février 380, dit l'Édit de Thessalonique. L’empereur Gratien cesse alors de porter le titre de pontifex maximus (souverain pontife) du culte romain. Ce titre sera donné de nouveau à l’évêque de Rome des siècles plus tard. Les temples de l'empire de Théodose sont alors fermés et la statue de la déesse Victoire est retirée du Sénat romain, ce qui provoque l'indignation chez les Romains fidèles à la tradition (Cf. le discours de Symmaque à ce propos). Le patriarche d’Alexandrie Théophile est chargé d’appliquer l’édit de Théodose Ier, qui interdit aux païens l’accès à leurs temples et toutes les cérémonies du culte païen, dans le diocèse d’Orient. Les temples sont détruits ou transformés en églises. Les statues sont brisées ou transportées à Constantinople. Le Serapeum de Memphis est détruit sur ordre de l'empereur lui-même, tandis que le temple d'Isis le sera plus tard, au cours des disputes meurtrières qui opposèrent les partisans de Cyrille et d'Oreste.

Les suites de l'Édit sont catastrophiques pour les tenants de l'ancienne religion romaine et pour la culture gréco-romaine. Les rôles sont drastiquement renversés : ce sont maintenant les « païens » et leurs œuvres qui sont interdits, traqués, exterminés. Toutes les œuvres et manifestations jugées païennes sont progressivement interdites, et en 415, une émeute fomentée par des moines cénobites, à Alexandrie, et tacitement encouragée par l'évêque Cyrille, aboutit au lynchage d'Hypatie, mathématicienne et responsable de la Bibliothèque. Selon Socrate le Scolastique, son corps mis en pièces est porté au sommet du Cinâron pour y être brûlé, tandis que les émeutiers se dirigent vers la Bibliothèque pour l'incendier (Thomas Molnar, dans son essai Moi, Symmaque, date cet événement de 391, à l'instar de ceux qui croient que ce fut Théodose 1er lui-même qui commanda cet incendie, ce qui est erroné). En 392, Théodose écrasa l’usurpation d’Eugène qui, bien que chrétien, favorisait l’ancienne religion romaine et avait annulé les mesures prises par Théodose. Cette date est considérée par certains comme marquant la fin du monde antique.

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