Test logiciel


Test logiciel

Test (informatique)

En informatique, un test (anglicisme) désigne une procédure de vérification partielle d'un système informatique. Le but en est de trouver un nombre maximum de comportements problématiques du logiciel, car il est impossible de prouver qu'un logiciel fonctionne bien dans tous les cas. Plus d'erreurs sont trouvées, plus il y a de chances qu'il y ait d'avantage d'erreurs dans le composant logiciel visé. Les tests de vérification ou de validation visent à s'assurer que ce système réagit de la façon prévue par ses concepteurs (spécifications) ou est conforme aux attentes du client l'ayant commandé (besoins), respectivement. Dans cet article nous ne traitons que du test de logiciel ; le test du matériel informatique n'est pas abordé.

Un test ressemble à une expérience scientifique. Il examine une « hypothèse » formulée par le triplet (données en entrée, objet à tester, observations attendues). Cet examen est effectué sous conditions contrôlées pour pouvoir tirer des conclusions. Un bon test respecte également l'exigence de répétabilité.

Sommaire

Définition

Cette définition est issue de la norme IEEE 829-1998[1] revue à l'aide du glossaire de l'ISTQB[2].

Un test est un ensemble de cas à tester (état de l'objet à tester avant exécution du test, actions ou données en entrée, valeurs ou observations attendues, et état de l'objet après exécution), éventuellement accompagné d'une procédure d'exécution (séquence d'actions à exécuter). Il est lié à un objectif.

La définition d'un test revient donc à définir cet ensemble. Différents types de test permettent de détecter différents types de défaut. Des méthodes de spécification de test ont été élaborées pour permettre une plus grande rigueur dans cette activité de définition. La norme britannique BS 7925-2[3] (version préliminaire disponible ici) ou le Software Testing Techniques[4] de Boris Bezier en donnent des exemples.

Un test vise à mettre en évidence des défauts de l'objet testé. Cependant il n'a pas pour objectif :

  • de diagnostiquer la cause des erreurs,
  • de les corriger,
  • de prouver la correction de l'objet testé.

La définition d'un cas à tester précise les exigences s'appliquant à une spécification. Un objet ne peut être testé que si on peut déterminer précisément le comportement attendu en fonction des conditions auxquelles il est soumis. Si la spécification ne permet pas cette détermination, la propriété du logiciel qu'elle définit ne peut être testée.

Soumettre la spécification à cette contrainte de « testabilité » permet d'en améliorer la précision puisqu'elle oblige à expliciter les caractéristiques de l'objet. Ceci permet, en retour, de trouver plutôt les erreurs de spécification (incohérence, etc). Cette contrainte est renforcée par certaines méthodes de développement comme le Test-Driven Development. L'ISTQB souligne le rapport de cette contrainte à la « maintenabilité » de l'objet.

L'activité de test d'un logiciel utilise différents types et techniques de test pour vérifier que le logiciel est conforme à son cahier des charges (vérification du produit) et aux attentes du client (validation du produit). Elle est un des processus du développement de logiciel.

Défaut (Bug)

L'ISTQB[2] définit un défaut comme une imperfection dans un composant ou un système qui peut en perturber le fonctionnement. Ce défaut est révélé par une défaillance (failure) s'il est exécuté, c'est-à-dire une déviation par rapport au comportement ou résultat attendu.

Cette définition indique que l'exécution du produit n'est pas la seule façon de détecter des défauts. Elle laisse aussi entrevoir qu'un code peut être syntaxiquement et algorithmiquement correct et pourtant présenter un défaut qui ne sera manifesté que lors d'un test de performance par exemple. Dans un tel cas, l'origine du défaut pourrait être une erreur d'architecture ou de configuration.

La définition donnée dans la norme BS 7925-1[5] pour l'entrée fault (il n'y a pas d'entrée defect) fait de cette imperfection la matérialisation d'une erreur, c'est-à-dire d'une action humaine produisant un résultat incorrect (voir cette norme et la norme IEEE 610.12-1990[6]), une « faute » de frappe ou une erreur de raisonnement par exemple. L'ISTQB semble se démarquer de cette position.

Qualité et Test

Les phases de test dans le cycle de développement d'un produit logiciel permettent d'assurer un niveau défini de qualité en accord avec le client. Une procédure de test peut donc être plus ou moins fine, et par conséquent l'effort de test plus ou moins important et coûteux selon le niveau de qualité requis. Aujourd'hui, les métiers dédiés au monde du test commence à apparaître. C'est en grande partie grâce à un prise de conscience de la complexité ou de la criticé des produites. Il est alors important que ces différentes phases soient bien intégrées dans le cycle de développement sur la base de bonnes pratiques et de la rationalisation du processus [7].

Classification des tests

Il existe différentes façons de classer les tests informatiques. Nous proposons ici une classification selon trois perspectives : la nature de l'objet à tester (perspective étroitement liée au cycle de développement), le niveau de connaissance de la structure de l'objet et le type de caractéristique ou propriété (performance par exemple).

Ces 3 perspectives ne permettent cependant pas de classer le test de non-régression (voir aussi l'article sur la non-régression). Le glossaire de l'ISTQB[2] le définit comme cherchant à mettre en évidence, dans la partie inchangée du logiciel, des défauts mis à jour ou introduits par un changement dans le logiciel (mise à niveau, correction, etc) ou son environnement d'exécution.

Le test de non-régression n'est donc pas restreint à une phase particulière du cycle de développement. Il n'est pas non plus restreint à un type de propriété à tester.

Classification selon le niveau

Le CFTL (Comité Français du Test Logiciel : ISTQB en anglais), identifie QUATRE NIVEAUX de test (et quatre seulement) :

  1. Unitaire
  2. Intégration
  3. Système
  4. Acceptation (ou Recette)

Cette classification a plusieurs mérites parmi lesquels :

  • positionne un "état de l'art" de plus en plus reconnu par les plus grands intervenants sur le métier Test et Recette (SSII : Atos Origin, Sogeti, Steria, etc ... ; Grandes entreprises : EDF, ING.Bank, etc ...)
  • correspond aux quatre sortes d'environnements de tests nécessaires : ceux-ci se doivent d'être d'autant plus réalistes qu'on est à un niveau élevé.
  • .../...

Par ailleurs, on parle aussi de "niveaux de tests amont" et "aval" pour désigner respectivement Unitaire+Intégration = amont et Acceptation+Système = Aval. En France, le terme "phase de test" est parfois préféré au mot "niveau de test"

Ainsi (exemples) :

alors que ...

Définition des niveaux de test

  • Niveau de tests : un groupe d’activités de tests qui sont organisées et gérées ensemble. Un niveau de tests est lié aux responsabilités dans un projet. Les niveaux de tests sont les tests de composants, les tests d’intégration, les tests système et d’acceptation.

Cette définition (TMap) est citée celle du glossaire CFTL - cf liens externes en bas de cette page)

Classification selon le niveau d'accessibilité

  • Technique de conception de test de structure (boîte blanche, white box)  : technique de conception de test, en général fonctionnel, fondée sur l'analyse de la structure interne du composant ou du système.
  • Technique de conception de test de type boîte noire (black box) : technique de conception de test, fonctionnel ou non, qui n'est pas fondée sur l'analyse de la structure interne du composant ou du système.

Les tests résultants d'une technique de conception de test de structure (test structural) vérifient la structure interne de l'objet, par exemple l'exécution des branches des instructions conditionnelles. Les test unitaires sont souvent spécifiés à l'aide de telles techniques. Pour certains types de logiciel, des normes prescrivent les techniques de conception de test de structure à utiliser (par exemple, la norme américaine RTCA/DO-187B pour les logiciels d'avionique).

Dans les tests résultants d'une technique de conception de test de type boîte noire les données en entrée et le résultat attendu sont sélectionnés non pas en fonction de la structure interne mais de la définition de l'objet. Ces tests sont les plus fréquents parmi les tests fonctionnels d'intégration et de recette, mais rien n'empêche d'utiliser ces techniques de conception pour définir des tests unitaires.

Par extension, on appelle couramment les tests issus de ces types de techniques de conception tests boîte blanche (ou white box) et tests boîte noire (ou black box).

Pareillement, on appelle couramment test boîte blanche (ou structurel) une façon de tester utilisant des tests dits boîte blanche ; de même pour le test boîte noire. La référence à une telle façon de faire pourrait se trouver, par exemple, dans un plan de test.

Classification selon la caractéristique

On ne peut pas être exhaustif, on se contentera de quelques exemples :

  • tests de performance : vérification que les performances annoncées dans la spécification sont bien atteintes,
  • test fonctionnel : vérification que les fonctions sont bien atteintes, par rapport aux attentes,
  • test de robustesse : vérification de la robustesse du logiciel.
  • test de vulnérabilité : vérification de sécurité du logiciel.

En dehors du cas très particulier de systèmes extrêmement simples, il est impossible de tester exhaustivement un logiciel, car le nombre de configurations possibles croît comme 2nn est le nombre de bits dans la mémoire du calculateur ; le nombre de configurations accessibles, bien qu'inférieures, reste tout de même prohibitif. La réussite des tests ne permet donc pas de conclure au bon fonctionnement du logiciel. On essaye cependant, heuristiquement, de faire en sorte que si un bogue est présent, le test le mette en évidence, notamment en exigeant une bonne couverture des tests :

  • couverture en points de programme : chaque point de programme doit avoir été testé au moins une fois
  • couverture en chemins de programme : chaque séquence de points de programme possible dans une exécution doit avoir été testée au moins une fois (impossible en général).
  • couverture fonctionnelle : chaque fonctionnalité métier de l'application doit être vérifiée par au moins un cas de test.

Si l'on veut des assurances plus fortes de bon fonctionnement, on peut utiliser des méthodes formelles.

Les bibliothèques de tests telles JUnit en langage Java, permettent de faciliter l'écriture de tests unitaires par l'apport des méthodes "assert" permettant de vérifier le comportement du programme.

Selon la complexité du logiciel, des séquences de vérification globale peuvent s'avérer nécessaires. Celles-ci mettent en jeu la maîtrise d'ouvrage et toutes les composantes du projet, au-delà du logiciel lui-même (processus, organisation, formation, accompagnement du changement) : réception, qualification, certification, homologation, simulation, VABF (vérification d'aptitude au bon fonctionnement)... les termes varient selon les contextes.

Notes et références

  1. (en)IEEE Standard for Software Test Documentation, 1998 (ISBN 0-7381-1444-8)
  2. a , b  et c (en)Standard glossary of terms used in Software Testing, ISTQB, version 2.0, décembre 2007
  3. (en)Software testing. Software component testing, 1998 (ISBN 0-580-29556-7)
  4. (en)Software Testing Techniques, Boris Bezier, 1990 (ISBN 0-442-20672-0)
  5. (en)Glossary of terms used in software testing
  6. (en)IEEE Standard Glossary of Software Engineering Terminology, 1990 (ISBN 0-7381-0391-8)
  7. (fr)Industrialiser le test fonctionnel : des exigences métier au référentiel de tests, 2009 (ISBN 978-2-100515-33-2)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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