Technologies


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Technologie

La technologie est une matiere ou on cours autour dun stade

Cet article traite du sens premier de la technologie, c'est-à-dire tout ce qui concerne l'étude, la description, le savoir organisé, la codification, l'explication des techniques. Tout ce qui concerne la technologie au sens de technique est traité dans l'article technique.

Le terme « technologie » est parfois utilisé à tort pour « technique ». On admet cependant d'utiliser le terme quand toute une industrie est concernée, comme par exemple dans l'expression technologies de l'information et de la communication, correspondant à Information technology ou IT), et de façon plus générale là où de existent de nombreuses activités économiques dérivées d'une technique initiale et formant un tout cohérent[1] (téléphonie, automobile, informatique, transport aérien...). Le mot "technique" concerne ce qui n'en comporte pas. La stéréophonie, la télécommande à infrarouge, l'impression laser sont par exemple de simples techniques.

Cet article concerne uniquement la technologie dans son sens étymologique.

L' Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers procède en grande partie d'une volonté technologique, en particulier dans son entreprise de composition d'une terminologie technique unitaire. Si les techniques se sont développées depuis les origines de l'humanité, la technologie est apparue de manière beaucoup plus récente.

En France, la collection Les techniques de l'ingénieur[2] est un bon exemple de publication technologique. L'une des différences majeures entre les sciences de la nature et la technologie est que l'objet d'étude des premières, la nature, est relativement immuable alors que l'objet de la seconde, les techniques, est en perpétuelle expansion. L'invention et l'amélioration sont en effet des élements exclusifs aux techniques, la nature, sujet d'études des sciences naturelles, ne pouvant pas, par définition, être modifié ou inventé par l'homme sans perdre son caractère intrinsèque. L'amélioration ou l'invention de techniques ne fait cependant, de manière stricte, pas partie de l'objet de la technologie mais de celui de la recherche technique.

Article connexe : connaissance technique.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'humanité avait atteint la maîtrise technologique nécessaire pour s'extraire de la surface du globe pour la première fois et se lancer à la conquête de l'espace.

Sommaire

Origine et histoire

Le mot technologie renvoie à la notion d'artefact (techne en grec) et à celle de sciences (logos). La notion semble avoir été pour la première fois utilisée en 1772 par un physicien allemand : Johann Beckmann. D’autres étymologistes situent son apparition au début du XVIIe siècle. Mais son usage populaire précède en fait de quelques années la révolution industrielle. C'est semble-t-il un professeur de Harvard, Jacob Bigelow, qui en a pour la première fois systématisé l'usage dans son ouvrage Elements of technology (1829). Botaniste et professeur à la chaire Rumford de Harvard consacrée à "l'application de la science aux arts utiles" (useful arts), Bigelow est reconnu par certains historiens américains comme un visionnaire mais aussi un fervent promoteur de la technocratie. Promoteur d’une véritable « fusion » entre les arts et la science, Bigelow va dévaloriser à la fois les savoirs fondamentaux qui ne s’articulent pas avec une pratique concrète et les techniques (les arts dans les mots de l'époque) qui s’inscrivent dans une tradition sans le recours systématique au savoir scientifique. En promouvant une sectorialisation accrue des savoirs scientifiques et une répartition scientifiques des tâches dans le domaine du travail il va fournir à la société capitaliste américaine naissante un véritable modèle d’éducation. C'est d'ailleurs sur les recommandations du professeur de Harvard que le MIT (Massachusetts Institute of Technology) empruntera son nom mais aussi de nombreuses orientations pédagogiques qui en feront un des centres de recherches technologiques les plus performants au monde (dans le domaine de la communication, de l'informatique et aujourd'hui de la robotique et de l'intelligence artificielle).

Le mot « technologie » ne désignait pas simplement pour Bigelow les « arts utiles ». Il voulait suggérer en fait la convergence qui s’opérait à l’aube de la révolution industrielle entre les arts (techne) et la science (logos). Une convergence jusqu’alors compromise par l’impossible articulation des savoirs scientifiques fragmentés et des arts nécessairement enfermés dans une tradition (ce que les membres du comité des arts et sciences américain nommaient « une routine empirique »).

Bigelow s'inscrit largement dans le sillon du "millénarisme technologique" qui anime avec ferveur l'enthousiasme scientifique et technique des nations occidentales (pour l'historien David Noble, il faut remonter au moine Bénédictin Erigène promoteur d'un salut grâce aux "arts mécaniques"). Millénarisme séculier qui renvoie plus ou moins à l'idée d'un paradis sur terre qui s'incarne désormais dans le progrès technologique (idée largement redevable aux philosophies progressistes de l'histoire européenne qui émergent au siècle des Lumières). L'une des influences majeures de cette téléologie du progrès technique fut sans aucun doute Francis Bacon : le chancelier d'Angleterre qui a initié la philosophie expérimentale, philosophie inductive qui marque une rupture fondamentale avec les approches scolastiques médiévales de la science (pour qui la nature s'appréhende par le prisme des dogmes de l'Église : la méthode "aprioriste"). Bacon était un fervent millénariste profondément imprégné de la rationalité puritaine (il restera anglican : fonctions obligent...).

Contrairement à une idée répandue, la notion de technologie et son institutionnalisation internationale entretiennent des liens forts avec les expectatives religieuses européennes et américaines des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles (le puritanisme, la franc-maçonnerie, le déisme pour ne citer qu'eux). La Royal Society de Londres, l'une des premières académies des "arts et sciences" (inspirée par l'Evangile baconien de la science) en fournit un bon exemple. Parmi ses membres, on compte une quantité incroyable de déistes (comme Isaac Newton), des unitariens descendants des puritains (comme Joseph Priestley, l'homme qui a découvert l'oxygène et qui a créé la première église unitarienne), le huguenot français expatrié en Angleterre, Jean Desaguiller (qui fut le créateur de la première loge de franc-maçonnerie spéculative). On a trop vite fait d'oublier cette généalogie de la notion de technologie qui porte un éclairage fondamental sur les espoirs suscités en occident depuis la révolution industrielle par toutes ces découvertes. Technologie et progrès apparaissent donc dès le départ intrinsèquement liés.

La technique est porteuse de changement à la seule condition de s’accompagner de changements structuraux dans la société et son organisation socio-politique selon Jacques Ellul qui est le grand critique moderne de la société technicienne, avec Ivan Illich et Lewis Mumford.

Annexes

Notes et références

  1. http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=8126
  2. www.techniques-ingenieur.fr Base documentaire, et collection aux éditions Dunod - L'Usine Nouvelle

Bibliographie

  • Gilbert Simondon, Du mode d'existence des objets techniques, Paris, Aubier, 1958, 1969, 1989 et 2001.
  • Gilbert Simondon, L'invention dans les techniques, Paris, Seuil, 2005.
  • BARTHELEMY, Jean-Hugues, Penser la connaissance et la technique après Simondon, Paris, L'Harmattan, 2005.
  • BIGELOW, Jacob, An address on the limits of education, Massachusetts Institute of Technology, Boston : E. P. Dutton & company, 1865.
  • BIGELOW, Jacob, « Elements of technology », The North American review, vol. 30, 67, 1830.
  • BIGELOW, Jacob, Elements of Technology, Boston : Hilliard, Gray & Co., 1829.
  • MILLER, Perry, The life of the mind in America. From the Revolution to the Civil War, New York : Harvest Book, 1965.
  • ELLUL, Jacques, Le système technicien, Paris, Calman-Lévy, 1977.
  • ELLUL, Jacques, Le bluff technologique, Paris, hachette, 1988.
  • NOBLE, David F., The religion of technology. The divinity of man and the spirit of invention, New York : Penguin Book, 1999.

Voir aussi

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