Tai-Jitsu


Tai-Jitsu

Taijitsu

Le Taijitsu (ou Taï-Jitsu) peut être traduit par « Technique » (Jitsu) du « Corps » (Tai) soit l'ancienne appellation générique des méthodes de combat à main nues d'où sortit le concept de Jūjutsu (ou Ju-jitsu ou Jiu-jitsu). Il date d'une trentaine d'année en France dans sa forme moderne. Il se pratique sur un tatami, dans un dojo.

On distingue plusieurs styles de Taijistu à travers le monde:

  • En Europe et en Afrique du Nord: le Taijitsu (Taï-Jitsu), le Nihon Taijitsu (Nihon Taï-Jitsu) et le Taijitsu Do (Taï-Jitsu Do)
  • Au Canada: le Taijitsu québécois (Tai-Jitsu), présenté plus bas
  • Au Japon: des pratiques très similaires dans l'esprit et dans le corpus technique existent

Le Taijitsu, comme le Nihon Taijitsu, est membre de la FFKDA (Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées). Cette affiliation à la fédération de karaté s'est accompagnée d'une modification du corpus technique du Taï-Jitsu, l'orientant plus vers de la défense personnelle en intégrant un plus grand nombre de techniques issus du karaté.

Le Taijitsu Do, affilié à la FEKAMT, entend retrouver l'esprit originelle du sport.

Le Taijitsu québécois est membre fondateur du SQA (Studio Québécois d'Autodéfense).

Sommaire

Technique

Le Taijitsu tire son originalité des nombreuses clefs et projections qui y sont enseignées. Art martial de self-défense, le but est de permettre au pratiquant de répondre de façon efficace et proportionné à une attaque. Une séquence de défense en Taijitsu se décompose comme suit:

  • Esquive (hirimi ou hiraki): mise en sécurité
  • Atemi (atemi waza), dite frappe précurseur visant à déstabiliser l'adversaire
  • Technique (katame waza): Clef, projection
  • Mise à l'abandon: Atemi final ou une clé/soumission

Atémis

Parmi les atémis (atemi waza) possible, il en existe de deux sortes:

  • les atémis des membres inférieurs (pieds, genoux)
  • les atémis des supérieurs (poings, coudes, etc.)

Parmi les atémis de pied, on peut citer les plus connus:

  • Mawashi geri ou coup de pied circulaire
  • Mae geri ou coup de pied de face
  • Ura mawashi geri ou coup de pied circulaire inversé
  • Mikatsuki geri ou coup de pied en croissant de lune
  • Yoko geri ou coup de pied de côté
  • Yoko geri Kekomi ou coup de pied de côté pénétrant

Clés

Les clés (katame waza) sont des mouvements de torsion des articulations visant à disjoindre les muscles et les tendons ou à briser un os. Dans la pratiques de tous les arts martiaux, ce mouvement est contrôlé et le pratiquant qui subit la technique de clé frappe trois fois dès lors qu'il ressent une douleur trop forte.

Projections

Les projections et sutemis (sacrifice du corps) sont issus du Judo et du Jūjutsu (écrit également par les occidentaux Jiu-Jitsu ou encore Ju-Jitsu).

Le pratiquant doit travailler non seulement la projection en elle même, mais aussi les techniques de "brise chute" (ukemi waza) pour éviter de se blesser lorsqu'il en subira une.

Katas

Littéralement, le mot « kata » signifie « forme », « moule ». Le sens commun le définit comme un « combat imaginaire », dans le sens où le pratiquant qui l’effectue réalise des techniques de défense contre un ou plusieurs adversaires. Pourtant, il est nécessaire d’aller un petit peu plus loin pour comprendre l’intérêt d’une pratique corporelle spécifiquement asiatique (car on ne retrouve pas trace de ce type d’exercice dans les sports de combat occidentaux).[1]

On retrouve la pratique du kata dans tous les « do » japonais ; c’est-à-dire tous les arts traditionnels constitués en « voie » (sous-entendu « voie » de développement personnel et de recherche spirituelle basé sur la maîtrise d’une technique artistique). Quelques exemples de « do » : le karate-do = voie de la main vide ; le ju-do = voie de la souplesse ; l’aïki-do = voie de l’union des énergies ; le ka-do = voie des arrangements floraux ; le sa-do = cérémonie du thé ; le sho-do = calligraphie etc.

Le kata devient ainsi une pratique corporelle dont le but est de réaliser une forme parfaite, en synchronisant, en harmonisant le corps et l’esprit. La finalité c’est donc la recherche de la perfection formelle… qui passe nécessairement par une maîtrise de la pensée. Selon les disciplines, le kata peut avoir été inventé soit par le maître fondateur (Jigorō Kanō pour le Judo), soit par plusieurs maîtres soucieux de réaliser une synthèse technique, comme c’est le cas du Karaté.[2] L’interprétation des katas diffère d’une école à l’autre. A partir de ses recherches, Me Tokitsu les catégorise en 3 types[3] : - les katas de renforcement : leur but est de développer la musculature du pratiquant ; - les katas respiratoires : leur but est d’effectuer un travail spécifique sur la respiration afin de développer le « ki » ; - les katas de défense : leur but est de synthétiser l’ensemble des techniques d’une école afin de les appliquer dans des situations de combat.

Les différents katas du Taï-Jitsu ont entièrement été inventés par les fondateurs à la fin des années 70, dans le but de favoriser l’entrée de la discipline dans une fédération reconnue (pour exercer le métier d’enseignant de Taï-Jitsu en toute légalité par exemple). Ils ne sont donc pas le produit d’une longue tradition historique et ne peuvent pas être considérés comme des répertoires techniques aussi fondamentaux que certains katas traditionnels.[4]

En revanche, ils constituent des exercices d’assimilation de techniques fréquemment utilisés en Taï-Jitsu, mais aussi une contrainte physique que l’on s’impose à soi-même et qui structure la progression. Sans être fondamentaux, ils permettent de jalonner les étapes de la progression d’un pratiquant.

En Taï-Jitsu, il y a six katas, qui sont:

  • Taijitsu Kata Shodan
  • Taijitsu Kata Nidan
  • Taijitsu Kata Sandan
  • Taijitsu Kata Yodan (par deux)
  • Taijitsu Kata Godan
  • Taijitsu no kata sandan (par deux)

Randori

Le randori est une forme d'expression plus libre en Taijitsu, il se pratique sous une forme codifiée tant par les attaques (saisies, atemis, bâton, couteau, etc.) que par par le jeu des partenaires Uke(受け)/Tori(取り). Le randori étant chronométré (1 minute 15 par exemple) sur un temps donné, cette forme de travail doit être rapide et explosive, ce qui permet d'une part un certain réalisme car vitesse optimale, ainsi que de vérifier si les techniques sont effectivement réalisables en combat réel. Lors d'un randori les techniques découlent d'une logique selon le positionnement, l'environnement, l'attaque, le timing, le gabarit du partenaire, l'état d'esprit du moment etc... à la longue cet exercice vise un détachement total entre l'esprit et le corps dit Mushin.

Le randori peut aussi se faire "en cercle", cercle dans lequel le Uke est au centre et réagit aux attaques successives de ses partenaires, un par un, armés ou non. Puis, par ordre de grade, chacun des partenaires passe au centre.

Le randori est à distinguer des "techniques traditionnelles", qui exigent un plus gros effort technique et sont donc forcement moins rapides. Les défenses sont le plus souvent "go no sen" défense sur initiative, que "sen no sen" initiative sur initiative.

Compétitions

Le Taï-Jitsu possède deux compétitions différents en France: la Coupe régionale (une pour chaque région) et la Coupe de France (qui rassemble les cinq premiers de chaque région). La compétition se comporte comme desmatchs à élimination directe (quarts de finale, demi finale). Les deux vainqueurs des demi finales s'affrontent en finale pour les titres de champion et de vice champion.

Chaque affrontement entre deux karatékas (un avec une ceinture bleue, l'autre avec une rouge) se traduit par l'exécution d'un kata, tiré au sort, et d'un randori d'une minute (minimes, cadets) ou une minute trente (juniors, seniors). Les catégories inférieurs à minimes n'ont pas de randori, mais trois techniques différentes (coup de poing direct, saisie de poignet, et saisie de poignet inverse).

Les arbitres, trois au total, jugent la prestation des concurrents en notant, la puissance, la technique, l'esquive et la saisie. Au terme du combat, chaque arbitre lève un drapeau, bleu ou rouge, pour déterminer le vainqueur. Celui qui obtient la majorité, emporte la victoire.

Depuis 1981, la Coupe de France rassemble entre 300 et 400 compétiteurs. Les dernières coupes de France de Taï-Jitsu :
2009 : Gravelines - Vainqueur seniors ceinture noire : Jean-Pierre Dal (Ligue Flandres Artois)
2008 : Alençon - Vainqueur seniors ceinture noire : Rothe Bastien (Ligue Franche Comté)
2007 : Périgeux - Vainqueur seniors ceinture noire : Fabrice Caudron (Ligue Flandres Artois)
2006 : Gravelines - Vainqueur seniors ceinture noire : Thomas Schmit (Ligue Ile de France)
2005 : Angers - Vainqueur seniors ceinture noire : Thomas Schmit (Ligue Ile de France)
2004 : Alençon - Vainqueur seniors ceinture noire : Thomas Schmit (Ligue Ile de France)
2003 : Gravelines - Vainqueur seniors ceinture noire : Grégory Denise(Ligue Ile de France)
2002 : Pierrelatte - Vainqueur seniors ceinture noire : Rudy Bailleux (Ligue Flandres Artois)
2001 : Compiègne - Vainqueur seniors ceinture noire : Samuel Docquois (Ligue Flandres Artois)
2000 : Vainqueur seniors ceinture noire : Samuel Docquois (Ligue Flandres Artois)

Le Taijitsu québécois[5]

Au Québec, le Jūjutsu (ou Ju-jitsu ou Jiu-jitsu) vit le jour quelques années après la deuxième guerre mondiale. M. Armand Wathier et M. Marcel Stocker sont les principaux pionniers à Québec. Au milieu des années 1970, un groupe de ceintures noires en Jiu-Jitsu formé de Marielle Bergeron, Jacques Gaulin, Michel Lavallée et Pierre Michel mirent au point une méthode d'enseignement progressive et sécuritaire afin que le Jiu-Jitsu soit accessible à la majorité de la population.

Le Taijitsu québécois tire ses origines du Studio Québécois d’Autodéfense (SQA). Ce dernier fut créé en 1978 avec le double objectif de promouvoir sa méthode d'enseignement et de s'assurer de la qualité professionnelle des intervenant(es)s en Jiu-Jitsu. Le SQA offre donc à ses pratiquant(es)s une méthode éprouvée permettant d'éviter les agressions ou de se défendre efficacement contre des agressions variées et réalistes. Le SQA adhéra à la Fédération canadienne internationale de Jiu-Jitsu en septembre 1987. Cette dernière est remplacée par la Fédération mondiale Kobudo (World Kobudo Federation) en 1994, laquelle Fédération regroupe plus de 25 pays. Pendant cette période, une différence d’idéologie sépara le SQA en deux groupes. Le noyau resté fidèle à l’idéologie d’origine a pris le nom de Tai-Jitsu; l’autre, Nage-Jitsu.

Le SQA a cessé son adhésion à cette fédération en 1999. Cependant, il continue de dispenser un enseignement évolutif et de qualité à plus de 150 élèves par trimestre au total de ses trois dojos. Le premier est situé au PEPS de l’Université Laval sous la direction du Responsable général du Tai-Jitsu Normand Dupont (Yodan Tai-Jitsu). Il est assisté de Bernard Boulanger (Shodan Tai-Jitsu), Charles-Édouard Habermacher (Shodan Tai-Jitsu) et de Tommy Gagnon (Shodan Tai-Jitsu) professeurs titulaires de Tai-Jitsu, ainsi que de Patrick Lenz (Shodan Moto-ha-yoshin ryu), professeur de Jiu-Jitsu traditionnel.

Depuis environ 5 ans, un deuxième dojo dispense l’enseignement du Tai-Jitsu à East-Broughton sous la direction de Jacques Gagnon (Shodan Tai-Jitsu) et assisté de Renald Gravel (Shodan Tai-Jitsu). Du Yoga ainsi que des cours aux enfants y sont également offerts. Ce dit dojo était situé à Robertsonville de 1993 à 2000 et Daniel Bilodeau en fut autrefois le responsable.

Enfin septembre 2009 verra l'ouverture d'un troisième dojo sous la responsabilité de Charles-Édouard Habermacher (Shodan Tai-Jitsu) à l'Académie d'arts martiaux de Québec, située dans la capitale nationale comme le dojo de l'Université Laval.

Anecdote

Attention : le Taijitsu (synthèse moderne de self-défense) retracé ici est à distinguer complètement du Taijitsu pratiqué par les ninjas (que l'on peut retrouver notamment dans le manga Naruto, spécialité de combat au corps à corps surtout pratiquée par le personnage Rock Lee).

Notes et références

  1. Fabrice Caudron, professeur du www.leerskara.tk
  2. www.tokitsu.com
  3. www.tokitsu.com
  4. Voir les livres de Daniel Dubois et de Roland Hernaez
  5. Charles-Édouard Habermacher, shodan Tai-Jitsu
  • Portail des arts martiaux et sports de combat Portail des arts martiaux et sports de combat

http://www.tai-jitsu.net, sur ce site , vous trouverez des vidéos, des animations, et des explications sur les techniques de bases du Taï Jitsu. Les 8 techniques de bases, clés, atemis, projections. Les 3 katas de bases. Toutes ces techniques et katas sont filmées et animées. Vous trouverez de même, plus de 600 vidéos des dernières compétitions régionales et nationales de tai-jitsu.

Ce document provient de « Taijitsu ».

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Tai-Jitsu de Wikipédia en français (auteurs)

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