Suaire de Turin


Suaire de Turin

45°04′23″N 07°41′09″E / 45.07306, 7.68583

Négatif du visage du linceul de Turin, 1898

Le suaire de Turin (appellation religieuse), dénommé linceul de Turin (par les archéologues et les scientifiques), est un drap en lin ancien qui montre l'image d'un homme présentant les traces de tortures physiques correspondant à un crucifiement, figurant certains détails de la Crucifixion de Jésus de Nazareth décrite dans les évangiles canoniques. Objet de piété populaire, considéré par l'Église catholique comme une icône[1] et vénéré par certains croyants comme une relique, il est conservé dans la chapelle royale de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin.

Dès son apparition, en France, au XIVe siècle, l'authenticité de l'objet est mise en doute : l'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, déclare le linceul faux - puisqu'il n'en existe nulle mention dans les évangiles - et en interdit les ostensions en 1370[2]. Son successeur Pierre d'Arcis, appuyé par le roi de France Charles VI, réitère l'interdiction en 1389 mais l'antipape Clément VII autorise le culte du linge l'année suivante, tout en affirmant son inauthenticité[3].

À partir du début du XXe siècle, après plusieurs siècles de déplacements et de vénération, sa datation et son authenticité deviennent l'objet d'âpres débats : le suaire de Turin devient ainsi l'« artefact le plus étudié de l'histoire »[4].

De nos jours, l'hypothèse majoritaire dans la communauté scientifique[5] est que le suaire constitue une « habile création médiévale »[5],[6], datée entre 1260 et 1390 à la suite d'examens - dont une spectrométrie de masse - commandités par l'Église Catholique en 1988[7]. En 2009, une équipe de scientifiques italiens[8] déclare avoir réussi à reproduire le linceul de Turin en utilisant des techniques du XIVe siècle, confirmant la datation au carbone 14 déjà connue depuis 1988[9],[10]. L'étude de 1988 est validée en 2010 par des chercheurs de l'université de l'Arizona[11].

L'Église catholique, propriétaire du linceul, ne s'est jamais prononcée officiellement sur l'authenticité du drap. Elle considère que le suaire n'ajoute rien à la foi chrétienne - qui ne relève pas du domaine de la preuve - et que le suaire ne constitue en aucune façon une preuve de la Résurrection qui est le fondement de cette foi. Elle a acté les résultats de la datation par le carbone 14 effectuée en 1988[12]. En 1998, Jean-Paul II a qualifié le linceul de « provocation à l'intelligence » et a invité les scientifiques à poursuivre leurs recherches[13].

La datation de 1988 est contestée par les partisans de l'authenticité tantôt sur la validité de l'échantillon, tantôt sur le principe et la méthode de datation par le carbone 14 pour une telle pièce[14],[15] tandis que la possibilité d'une falsification des analyses est parfois évoquée. D'autres fondent leur argumentation sur des hypothèses historiques[16].

Le suaire de Turin fait ainsi l'objet de débats passionnés[17] qui, au delà de la récente datation par le carbone 14, portent également sur une putative antiquité avant 1357, sur l'éventualité de présence de sang, sur l'existence d'inscriptions qui figureraient sur le linceul, sur la présence de pièces de monnaie, sur la palynologie, sur les conditions de restauration, etc.

La dernière ostension du suaire s'est déroulée du 10 avril au 23 mai 2010, et a accueilli 2 113 128 visiteurs[18],[19].

Le Linceul de Turin photographié par Giuseppe Enrie en 1931

Sommaire

Dénomination de l'étoffe

Dans l'Antiquité, le suaire (du latin sudarium, mouchoir pour essuyer la sueur du visage[20]), désigne le linge recouvrant le visage du défunt, et non le linceul (tissu de lin) recouvrant le corps entier. Ainsi parle-t-on de « suaire d'Oviedo » (ou « soudarion d'Oviedo ») pour évoquer le petit linge présent comme relique dans cette ville.

La confusion entre « suaire » et « linceul » n'est pas nouvelle. Elle se retrouve par exemple au VIIe siècle dans le récit d'Arculfe où « sudarium » et « linteolum » désignent le même linge[21]. En latin ecclésiastique, le terme sudarium désignait une petite pièce de lin servant de mouchoir pour l'officiant, puis il ne servit plus qu'à désigner un insigne de la dignité ecclésiastique[22]. Toutefois, dès l'ancien français, l'usage a produit une certaine confusion entre les termes « linceul » et « suaire ». Au XIIIe siècle, le mot « suaire » est employé pour parler du linge ayant servi à envelopper le corps du Christ[23].

Selon certains tenants de l'authenticité, à l'instar du théologien catholique André-Marie Dubarle, le mot grec de « soudarion » utilisé dans l'évangile selon Jean pourrait être originaire de l'araméen ou du syriaque « soudara »[24].

Aujourd'hui, pour les francophones, le terme le plus employé lorsqu'on évoque le linge de Turin est celui de « suaire de Turin ». Cependant, des ouvrages et articles de vulgarisation ou scientifique utilisent fréquemment la locution « linceul de Turin »[25].

Description

Le suaire est de forme rectangulaire et mesure environ 4,4 mètres sur 1,13[26]. Le drap est tissé en chevron et est composé de fibres de lin entrelacées à certains endroits de fibres de coton. La présence de coton a été mise en évidence à l'état de traces en surface par le STURP et entrelacé dans les fibres de lin sur les échantillons Raes (1973) et radiocarbone (1988) seulement[27]. Il présente des marques de brûlures provoquées lors de l'incendie de la Sainte Chapelle du château des Ducs de Savoie à Chambéry dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532. Il resta à Chambéry de 1502 à 1578. Lors de cet incendie, le linceul était plié en 48 épaisseurs et fut traversé en plusieurs endroits par les gouttes de métal fondu de la châsse dans laquelle il se trouvait. Là où le tissu était troué, les Clarisses, en 1534, cousirent des pièces de forme plus ou moins triangulaire qui apparaissent en blanc sur les photos positives et en noir sur les photos négatives. Le suaire figure l'image en vue frontale et dorsale d'un homme nu, avec ses mains croisées sur le pubis. Les deux vues sont alignées tête-bêche. L'avant et l'arrière de la tête se joignent presque au milieu de la toile ; les vues correspondent à la projection orthogonale d'un corps humain.

L'homme du suaire porte une barbe bifide (qui se divise en deux parties) et des cheveux au milieu des épaules. Il est assez musclé. Sa taille est assez difficile à mesurer à cause des déformations du tissu. Les mesures effectuées varient entre 162 à 187 centimètres. Pierluigi Baima Bollone donne les principales mesures trouvée par les chercheurs : « 187 cm (L. Ferri), 183 cm (L. Gedda), 181 cm (G.B. Judica-Cordiglia), 180 cm (P. Vignon ; P. de Gail), 178 cm (P. Barbet), 162 cm (G. Riggi) » et ajoute que selon W. Bulst, « il est probable que la valeur exacte soit à situer dans un chiffre moyen parmi ceux indiqués, de l'ordre de 170 cm »[28].

Des taches rouge foncé figurent sur le tissu, présentant diverses blessures : un poignet au moins présente une grande tache de forme circulaire (le deuxième poignet est caché par le pliage des mains) ; sur le côté, apparemment une autre tache est présente ; des petites taches autour du front ont l'apparence de blessures ; et une masse de traces linéaires sur le torse et les jambes. Sous les traces hématiques, on ne retrouve pas la coloration qui caractérise l'image du corps[29].

Le Saint-Suaire

Article détaillé : Saint-Suaire.

L'étoffe conservée de nos jours à Turin constitue l'une des multiples pièces de tissu présentées comme relique à travers le monde dans lesquelles certains veulent voir le Saint-Suaire « authentique ». Cette revendication d'authenticité n'est corroborée par aucune trace historique ou archéologique et, concernant le linceul de Turin, son histoire documentée remonte à 1357.

Les linges funéraires de Jésus dans les évangiles canoniques

Les linges funéraires de Jésus sont mentionnés dans les évangiles canoniques. Les trois évangiles synoptiques (Matthieu et Luc reprenant Marc, composé vers 70) parlent d'un linceul (en grec sindon), au moment de l'enterrement du corps de Jésus[30]. L' évangile de Jean (écrit vers 100), et qui présente le récit le plus détaillé de la passion du Christ (avec notamment l'épisode de la lance perçant le flanc de Jésus) parle de « bandes » au moment de l'ensevelissement)[31], et de la découverte de ces « bandes » et du « linge ayant recouvert la tête de Jésus » (en grec « soudarion »)[32] qui, vides, apparaissent alors comme des preuves (des "témoins") de la Résurrection de Jésus. Rien n'y est dit sur la conservation ou la vénération ultérieure de ces linges, non plus que dans les Actes des Apôtres, écrits vers 80-85 par le même auteur que l'évangile de Luc, et qui raconte notamment l'histoire de la première communauté de disciples de Jésus à Jérusalem.

Les linges mortuaires comme témoins de la résurrection dans la littérature à partir du IVe siècle

Il n'existe aucun texte durant les quatre premiers siècles de l'ère chrétienne qui évoque une éventuelle conservation. En revanche, certains textes exploitent le thème littéraire des linges mortuaires vides comme "témoins" (preuves) de la résurrection, comme la catéchèse de Cyrille de Jérusalem, au IVe siècle[33].

Certains textes apocryphes évoquent le sort du linceul juste après la résurrection. L'un d'entre eux, aujourd'hui perdu, est cité à la fin du IVe par Jérôme de Stridon dans son De viris illustribus (393) : « Quant à l'évangile qui est appelé selon les Hébreux, et que j'ai récemment traduit en langue grecque et latine et qu'Origène utilise souvent, il raconte les faits suivants qui se placent après la Résurrection du Sauveur : Mais quand le Seigneur eut donné le linceul au serviteur du prêtre, il alla vers Jacques et lui apparut. Jacques en effet avait juré de ne plus manger de pain à partir de l'heure où il avait bu la coupe du Seigneur jusqu'à ce qu'il le voie ressuscité d'entre ceux qui dorment »[34],[35]. » On ne sait pas si cet Évangile selon les Hébreux est distinct ou non de l'évangile des Nazaréens, dont parle aussi Jérôme. Le fait que Jérôme dise qu'Origène (~185- ~253) l'utilise, conduit à le dater au IIe siècle, et l'exaltation qui est faite de Jacques, frère du Seigneur, le chef de la première communauté de Jérusalem, et qui semble être ici le premier témoin de la Résurrection, conduit à le situer dans le milieu judéo-chrétien[34]. Malgré l'absence du contexte du passage, le "serviteur du prêtre" cité serait peut-être le serviteur du Grand-Prêtre qui se serait fait couper l'oreille lors de l'arrestation de Jésus (Mt 26. 51 et Jn 18. 10)[34].

Dans les Actes de Pilate (aussi appelés Évangile de Nicodème), texte apocryphe du IVe siècle qui a fortement influencé la culture occidentale, Joseph d'Arimathie qui aurait enveloppé le corps de Jésus dans le linceul, et qui aurait été emprisonné par les juifs, est libéré et emporté au ciel par Jésus, qui lui prouve son identité en lui montrant le tombeau vide avec le linceul et le suaire qui lui recouvrait le visage (paraphrasant là le passage de l'évangile de Jean), ce qui suppose implicitement que ces linges soient restés là quelque temps après la Résurrection[34],[36].

L'évangile de Gamaliel (en fait d'un pseudo-Gamaliel), qui daterait de la seconde moitié du Ve et serait d'origine copte, développe le thème littéraire du linceul en relation avec la personne de Ponce Pilate, vénéré par les chrétiens coptes[34]. Dans une lettre à Hérode, Pilate raconte qu'il est entré avec un centurion dans le tombeau vide de Jésus, et y a trouvé le linceul, dont le contact guérit le centurion d'une blessure à l'œil. Hérode demande à ce qu'on lui envoie le linceul, mais ce dernier est enlevé au ciel. Dans un autre fragment copte, Pilate prend le linceul, le serre contre lui, et pleure en l'embrassant[34].

Tous ces passages « paraphrasent plus ou moins l'évangile selon Jean[37]. Parfois, l'idée du passage du linceul à quelqu'un d'autre est impliquée dans la logique de la narration. Pourtant, le fait même de ce passage n'est pas volontairement mis en exergue par l'Évangile selon les Hébreux et les Actes de Pilate, comme s'ils voulaient insinuer qu'il y a là l'origine de la transmission interrompue d'une précieuse relique. C'est simplement dans l'intention d'honorer d'une manière spéciale tel personnage par un contact ou la réception du linceul que les textes mentionnent ce passage »[34].

Le suaire comme relique

La première attestation connue d'une croyance en la conservation des vêtements mortuaires de Jésus en tant que relique se trouve dans les Consultationes Zacchaei christiani et Apollonii philosophi[34], traité apologétique daté probalement de 408-410, dans lequel les doctrines du christianisme sont expliquées à un païen[38]. Les vêtements mortuaires sont mentionnés en liaison avec une autre relique, les traces de pas de Jésus imprimés dans le sol au moment de son ascension : « Voici que les vêtements de son bienheureux sépulcre contiennent encore les indices de la croix et de la mort du Seigneur, et qu'un endroit marqué par la multitude qui y est présente témoigne de son Ascension au ciel qui se produisit après qu'on eut constaté sa Résurrection. Les traces de ses pas demeurent presque encore imprimée dans le sol, et les régions purifiées par ses œuvres fournissent des exemples de ses puissances »[34]. Si la tradition des empreintes de pas est bien attestée à l'époque (elles se trouveraient dans l'église de l'Ascension, bâtie dans la dernière décennie du IVe), celle des vêtements mortuaires ne trouva pas d'écho au Ve, en dépit de la présence de pèlerins réceptifs à de telles croyances, et alors qu'à la même époque Jérôme de Stridon cite le passage de l'Évangile des Hébreux[34] Pour Jean-Louis Feiertag, cela pourrait s'expliquer soit par « l'absence de tout objet qu'on aurait pu faire passer pour des vêtements mortuaires » soit « faute d'avoir été favorablement accueillie par le pouvoir politique et religieux. Plutôt qu'une relique, c'est une simple rumeur qui se trouve vraisemblablement à son origine »[34].

C'est avec les récits de pèlerinage que le thème va se développer. Le pseudo Antonin de Plaisance vers 560-570, rapporte une tradition selon laquelle le suaire ayant recouvert le visage de Jésus serait gardé par sept vierges dans une grotte à l'embouchure du Jourdain»[34]. Et au VIIe siècle et Adamnus rapporte dans son De locis sanctis qu'Arculfe, un pèlerin gaulois dit avoir vu à Jérusalem, outre une relique de la Sainte Lance et un tissu tissée par la Vierge Marie représentant le Christ et ses douze apôtres, le suaire ayant recouvert la tête de Jésus[34],[39]. Selon Arculfe, le linge, retrouvé trois ans auparavant, aurait été enlevé du tombeau de Jésus par un juif chrétien. À sa mort aurait partagé son héritage entre ses deux fils : d'une part le suaire seul et de l'autre tous ses autres biens. Celui qui avait choisi les biens fut finalement ruiné alors que celui qui s'était contenté du suaire y gagna, avec sa descendance jusqu'à la cinquième génération, richesses sur terre et salut dans les cieux. Au cours des générations, des juifs non-chrétiens héritèrent du Suaire, ce qui déclencha une dispute avec les chrétiens. Le calife Muawiya Ier aurait appelé les deux parties et jeté le tissu aux flammes pour les départager : celui-ci serait resté suspendu et aurait volé vers le parti des chrétiens. Le linceul aurait été gardé dans un écrin et vénéré par la population. Arculfe l'aurait embrassé. Il mesurait selon les manuscrits huit pieds ou huit coudées de long. Pour J.-L. Feiertag, il est vraisemblable que la lecture des textes apocryphes envisageant le sort du linceul après la Résurrection (Évangile selon les Hébreux, Actes de Pilate), les pèlerins de Palestine de l'époque, sensibles à la littérature hagiographique a renforcé la crédulité en la conservation du linceul en un lieu précis[34].

L'idée d'une impression miraculeuse de l'image du cadavre de Jésus sur les linges funéraires est totalement absente de tous ces textes.

Histoire du suaire de Turin

Le suaire en Champagne

Enseigne du pèlerinage de Lirey du XIVe ou XVe siècle représentant le suaire (Croquis d'Arthur Forgeais, publié en 1865)

Le suaire apparaît en Champagne en 1357 à Lirey, où il fait l'objet d'ostensions sous l'autorité de sa propriétaire, veuve du chevalier Geoffroy Ier de Charny. Aucune pièce ne permet de dater de façon précise l'origine de l'objet. La possession de cette relique a toutefois marqué la famille de Charny, puisqu'elle ajouta à ses armes un pèlerin et une image du Saint-Suaire.

Geoffroy de Charny a écrit en avril 1349 au pape Clément VI pour l'informer de la construction de l'église Notre-Dame de Lirey, en remerciement à la Sainte-Trinité, à laquelle il attribuait la réussite de son évasion des geôles anglaises, mais la liste des reliques ne mentionne pas le Linceul. L'église collégiale est achevée en 1353, le linceul y est déposé en 1357, et Geoffroy de Charny meurt à la bataille de Poitiers (16 septembre 1356). Jeanne de Vergy, sa veuve, qui est la fille d'Isabelle de Ray, commence les ostensions en 1357.

Les ostensions du suaire advenues à la famille de Charny entre 1349 et 1356 durent jusqu'en 1360. À cette date, l'évêque de Troyes Henri de Poitiers interdit les ostensions, considérant que le linceul doit être faux, les Évangiles n'en faisant pas mention. Jeanne de Vergy prend peur et met alors l'objet en sécurité dans son château fortifié de Montfort en 1360 ; il y restera 28 ans jusqu'à son décès en 1388.

Jeanne de Vergy a épousé en secondes noces Aymon de Genève, oncle de l'antipape Clément VII. Ce dernier autorise sa tante par alliance à reprendre les ostensions à Lirey en 1389 et impose à l'évêque de Troyes Pierre d'Arcis, qui se plaint de ne pas avoir été consulté, un silence éternel sur ce sujet sous peine d'excommunication[40]. Clément VII mentionne pour la première fois « la figure ou représentation du suaire du Seigneur[41] ».

Peinture sur toile de Gianbattista delle Rovere « le Fiammenghino » conservé à la Galerie Sabauda.

Pierre d'Arcis n'obéit pas et en appelle à Charles VI qui ordonne la confiscation de la relique. L'évêque écrit ensuite à Clément VII et lui adresse, entre août 1389 et mai 1390, un mémoire qui prétend lui faire part des découvertes de son prédécesseur, l'évêque Henri de Poitiers[42]. Selon Pierre d'Arcis, Henri de Poitiers aurait affirmé que le linge avait été peint afin d'attirer les foules et d'en tirer bénéfice. Pierre d'Arcis affirme qu'Henri de Poitiers aurait retrouvé le peintre. Toutefois d'Arcis ne le nomme pas et, de manière plus générale, ne donne aucun élément décisif prouvant la forgerie[43].

L'authenticité du mémoire de Pierre d'Arcis peut aussi être remise en cause : en effet, il n'est connu que par des copies. Selon Emmanuel Poulle, rien ne permet de dire si le texte du mémoire disponible aujourd'hui est authentique ou s'il n'en est qu'une image déformée[44]. De plus, les archives ne conservent aucune trace de l'enquête qui aurait été diligentée par Henri de Poitiers : le premier document qui évoque le linceul date seulement de 1389, Henri de Poitiers étant mort en 1370.

Le clergé de Lirey refuse d'obéir à son évêque et en appelle à Clément VII qui confirme le droit d'exposer le linceul. Dans un projet de bulle du 6 janvier 1390, il est indiqué que « l'image et représentation montrée n'est pas le vrai suaire du Christ et que ce n'en est qu'une peinture ou qu'un tableau[45] ».

Mais cette mention disparaît dans la rédaction définitive en mai de la même année : ainsi Clément VII s'abstient de proclamer la fausseté du linceul comme il lui avait été proposé de le faire[46]. Interdiction est également faite par Clément VII à Pierre d'Arcis de s'opposer à l'exposition du drap funéraire, si celle-ci se fait selon ce qui est prescrit par le décret[47].

Quelques jours après l'enregistrement de cette bulle, le 1er juin 1390, Clément VII publie une nouvelle bulle qui accorde des indulgences aux personnes qui visiteront l'église collégiale de Lirey, où est conservé l'objet. Cette bulle ne mentionne pas les restrictions concernant les conditions d'ostension du drap[48] ce qui peut être perçu comme un « désaveu fort[49] » des bulles du 6 janvier de la part de Clément VII. Les arguments de Pierre d'Arcis ne semblent donc pas avoir convaincu le pape.

Au début du XVe siècle, des bandes de brigands, les Grandes compagnies, ravagent alors la France. Craignant pour la conservation du linceul, les chanoines de Lirey, qui ont hérité de la relique, la confient le 6 juin 1418 à Marguerite de Charny, petite-fille de Geoffroy de Charny, et à son époux, Humbert de Villersexel.

Voyages du suaire au XVe siècle

La Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie, qui abrita le suaire de Turin

En 1418, Humbert de Villersexel, comte de la Roche et époux de Marguerite de Charny, plaça à nouveau le linceul dans son château de Montfort pour le protéger des bandes de pillards et de la guerre de Cent Ans. Il le déplaça ensuite à Saint-Hippolyte (Doubs), un autre de ses fiefs. À sa mort en 1438, les chanoines de Lirey se pourvurent en justice pour forcer son épouse à restituer la relique, mais le parlement de Dole et la cour de Besançon donnèrent raison à celle-ci, qui voyagea dans différents endroits avec le linceul, notamment à Liège, Genève, Annecy, Paris, Bourg-en-Bresse, Nice.

Le 13 septembre 1452, elle échange la relique avec Anne de Lusignan, épouse du duc Louis Ier de Savoie, contre le château de Varambon. Le linceul est dès lors conservé dans une nouvelle église, la Sainte-Chapelle de Chambéry, élevée à la dignité de collégiale par le pape Paul II. En 1464, le duc accepte de verser une rente aux chanoines de Lirey contre l'abandon des poursuites. Après 1471, le linceul est fréquemment déplacé, à Verceil, Turin, Ivrée, Suse, Chambéry, Avigliano, Rivoli et Pignerol.

Sa présence est attestée par le chantre et le chapelain de la Sainte-Chapelle, en leur qualité de gardiens et administrateurs du mobilier en dépendant, dans l'inventaire du 6 juin 1483 dressé sur les ordres de Charles Ier de Savoie. La châsse le contenant : « ... étoit en bois recouvert de velours cramoisi, ornée de clous en vermeil ». Elle était fermée par une serrure en argent avec sa clé de même métal. Le linceul était enveloppé dans un drap de soie rouge[50].

Du XVIe au XXe siècle

Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, le suaire est pris dans un incendie, à Chambéry, dans la Sainte Chapelle où il était déposé. On le retire du feu au moment où le coffre d'argent dans lequel il reposait commence à fondre. Le linceul alors plié en 48 épaisseurs, est brûlé à certains endroits. Là où le tissu était troué, les Clarisses, en 1534, cousirent des pièces d'aspect plus ou moins triangulaires (en blanc sur les photos positives, en noir sur les négatives).

Depuis 1578, il est à Turin, où les Ducs de Savoie ont transféré leur capitale en 1562. Le dernier roi d'Italie, Humbert II, en fit don au Pape en 1983.

Dans la nuit du 11 avril 1997, il est sauvé d'un nouvel incendie[51] qui ravage, dans la cathédrale de Turin, la chapelle de Guarini et une aile du Palais Royal, et est sauvé in extremis par le pompier Mario Trematore[52].

Photographies

Le 28 mai 1898, le photographe amateur italien Secondo Pia prit la première photographie du suaire, lors du développement, il constata que le résultat du négatif donnait l'aspect d'une image positive, ce qui implique que l'image du suaire est elle-même, en quelque sorte, un négatif (le négatif d'un négatif est un positif).

À proprement parler, l'image sur le linceul serait un « relief » négatif, dans lequel les secteurs du corps touchant le tissu sont plus foncés, et pas un négatif « photographique », sur lequel les secteurs du corps avec une pigmentation plus légère sembleraient plus foncés sur le tissu. Un exemple de cette distinction peut être vu dans la barbe, qui semble plus foncée sur le suaire au bout du menton, là où elle touche le tissu. Les observateurs ont remarqué que les détails et reliefs de l'homme du suaire sont considérablement augmentés sur le négatif photographique. Les résultats de Pia ont accru l'intérêt pour le suaire et ont suscité de nouveaux efforts pour déterminer son origine.

En 1976 on mobilisa l'analyseur VP-8, développé à l'origine par la NASA pour la reconnaissance planétaire, pour analyser l'image du Linceul de Turin et produire une image de nature tridimensionnelle, unique par son caractère[53].

La restauration de 2002

Durant l'hiver 2002, le linceul de Turin est soumis à une restauration. Autorisée par l'archevêché de Turin en tant que mesure conservatoire bénéfique, cette opération est justifiée par la crainte que le tissu carbonisé autour des trous provoqués par les brûlures ne cause une oxydation continue constituant une menace potentielle pour l'image.

Les bandes de tissu brûlé dans l'incendie de 1532 et les rapiéçages faits par les sœurs de Chambéry sont retirés. La toile de soutien, dite « toile de Hollande », datant de 1534, est aussi remplacée. En outre le linceul est étiré mécaniquement afin d'éliminer les plis, ce qui a provoqué une augmentation de ses dimensions d'environ 5 centimètres en longueur et 2 cm en largeur. De la poussière est aussi enlevée.

Les modalités de cette restauration ont été critiquées par de nombreux chercheurs[54]. Ceux-ci regrettent le fait que cette opération ne donne pas lieu à une série de nouveaux tests, et notamment à un prélèvement permettant d'effectuer une nouvelle datation par le carbone 14. Par ailleurs l'aspiration de la poussière a probablement enlevé des données susceptibles d'être exploitées dans de nouvelles analyses.

En 2004, la double superficialité de l'image a été démontrée. Une image sur « l'envers » a été détectée après la restauration de 2002[55].

En 2003, la restauratrice principale, Mechthild Flury-Lemberg, une Suissesse experte en textile, publie un livre dans lequel elle décrit les raisons et le déroulement de l'opération[56]. En 2005, William Meacham, un archéologue, répond dans un livre dénonçant le « viol » subi par le linceul[57]. Il y rejette les raisons fournies par Flury-Lemberg et parle de « désastre pour l'étude scientifique de la relique[58] ».

Études scientifiques

Le STURP (1978-1981)

En 1978, un groupe d’une vingtaine de scientifiques et chercheurs américains du STURP, le Shroud of Turin Research Project, assistés de deux Italiens, Giovanni Rigi (micro-analyste) et Luigi Gonella (conseiller scientifique du Cardinal de Turin), menèrent des analyses de l’objet et prélevèrent des échantillons de surface[59].

Il s'agit de la première étude scientifique reconnue par le Vatican. Le professeur Baima Bollone, directeur de l’institut médico-légal de Turin, reçut également des échantillons pour déterminer si la substance constituant les taches carmin pâle était du sang.

Diverses techniques furent employées pour analyser le tissu ancien : rayons X, fluorescence, microchimie, spectres infra-rouge et ultra-violet, microscopie optique. Des milliers de photographies furent également prises. Plus de 100 000 heures de travail en laboratoire furent nécessaires pour exploiter les données récoltées, donnant lieu à une vingtaine d’articles dans des revues scientifiques à comité de lecture[60]

Les conclusions de l’étude furent données à l’occasion de la présentation du rapport final en 1981 :

  1. les données récoltées par les techniques mentionnées ci-dessus excluent la possibilité que la peinture soit la technique à l’origine de la formation de l’image. Cela contredit la thèse développée par l'évêque de Troyes Pierre d'Arcis 600 ans plus tôt. L’image du corps est formée par la coloration monochrome et superficielle des fibres de lin (d’une profondeur de l’ordre de 40 microns) qui résulte d’un processus de déshydratation oxydante et de conjugaison de la structure des microfibrilles du lin. C’est la présence plus ou moins importante de microfibrilles altérées qui va donner l’aspect plus ou moins foncé de l’image du corps.
  2. l’analyse des niveaux de densité de coloration de l’image du visage, a permis de mettre en évidence une information de nature tridimensionnelle, à l’origine de la propriété similaire à celle d'un négatif photographique déjà observée par le passé.
  3. la combinaison des informations de natures physiques, chimiques, biologiques et médicales n’a pas permis d’expliquer comment l’image s’est formée et quel phénomène l’a engendrée.

La datation par le carbone 14 (1988-1989)

Article détaillé : carbone 14.

La datation par le radiocarbone a été mise au point à partir des années 1950. Les résultats obtenus sont exprimés en termes de probabilité, à savoir une date et un écart-type. Cet écart-type correspond à l'intervalle au sein duquel l'âge réel est présent avec une probabilité de 68 %. Si l'on double l'écart-type, l'intervalle contient l'âge réel avec une probabilité de 95 %.

Mise en place du protocole

En 1984, le STURP proposa un protocole pluridisciplinaire pour effectuer la datation par le radiocarbone du tissu[61] : il comprenait la prise de six échantillons, leurs analyses physico-chimiques et leur datation par le C14. Les méthodes SMA (spectrométrie de masse avec accélérateur) et celle des compteurs seraient utilisées suivant la technologie adoptée par les six laboratoires retenus.

En octobre 1986, après quelques jours de consultation avec les intéressés, l'archevêque de Turin, Mgr Ballestrero, proposa le programme suivant : sept laboratoires étaient retenus (cinq par SMA, deux par méthode des compteurs). Une spécialiste en textiles anciens allait superviser les prélèvements. Des analyses physico-chimiques des échantillons se succéderaient avant destruction. Chaque laboratoire allait recevoir un échantillon du suaire et deux échantillons de référence et un faux échantillon. Trois organismes officiels, l'Académie pontificale des sciences, l'institut de Métrologie Colonnetti de Turin et le British Museum, allaient se porter garants du bon déroulement de l'étude ainsi que du traitement et de la communication des résultats.

Un an plus tard, un protocole plus réduit fut annoncé par le secrétaire d'État de Jean-Paul II, comportant trois laboratoires et utilisant la méthode SMA, le tout supervisé par le British Museum.

Prélèvement et datation

Le 21 avril 1988, les opérations de prélèvement d'échantillons commencèrent sous la direction de Giovanni Riggi di Numana[62]. Quatre heures furent nécessaires pour décider de l'emplacement du prélèvement de l'échantillon. Le choix se porta sur une zone en bordure du suaire de Turin, adjacente à l'emplacement du prélèvement effectué en 1973.

L’échantillon prélevé fut scindé en deux parties ; la seconde partie fut coupée en trois morceaux, un pour chaque laboratoire. Vu qu'un de ces morceaux présentait un poids inférieur à 50 mg (poids minimum pour les analyses), on lui adjoignit un morceau de la première partie. On plaça enfin les échantillons dans de petits récipients en acier. On procéda de même avec les trois échantillons de contrôle[63]. L'opération de datation par les laboratoires de l'Université d'Oxford, de l'Université d'Arizona et de l'École Polytechnique Fédérale de Zurich pouvait commencer.

Conclusion de l'analyse

Le 13 octobre 1988, le Cardinal Ballestrero annonce dans une conférence de presse les résultats de la datation transmis par le professeur Tite du British Museum. La concentration moyenne en C14 du lin donne une date médiévale située entre 1260 et 1390 avec une probabilité de 95 %. Le statut du Saint Suaire était dorénavant celui « d'une merveilleuse icône » selon les mots du cardinal, et une création médiévale pour la majeure partie de l’opinion publique.

À Londres, le lendemain, le Dr Tite, assisté du Dr Hedges (Oxford) et du professeur Hall (Oxford et membre du conseil de direction du British Museum) annoncèrent leur résultat, corroborant l'annonce de la veille.

Quatre mois plus tard parut dans la revue scientifique Nature un compte-rendu de l'étude[64].

Le tableau ci-dessous résume les résultats tels que publiés dans le tableau 2 de l'article. Les valeurs sont exprimées en années avant 1950, année de référence pour les datations radiocarbone.

Echantillons SUAIRE Contrôle 1 Contrôle 2 Contrôle 3
Arizona 646±31 927±32 1995±46 722±43
Oxford 750±30 940±30 1980±35 755±30
Zurich 676±24 941±23 1940±30 685±34
Moyenne non pondérée 691±31 936±5 1972±16 721±20
Moyenne pondérée 689±16 937±16 1964±20 724±20
Valeur du Khi2 6,4 0,1 1,3 2,4
Niveau de significativité(*) 5% 90% 50% 30%
Contrôle 1 Morceau de lin issu d'une tombe à Qasr Ibrîm en Nubie, qui est estimé du XIe ou XIIe siècles.
Contrôle 2 Morceau de lin d'une collection du British Museum, venant de Thèbes, estimé autour du IIe siècle.
Contrôle 3 Échantillon de la cape de Louis d'Anjou, estimé autour du XIIIe ou XIVe siècles

(*) Le niveau de significativité, découlant de la valeur du test Khi2 d'homogénéité, est la probabilité que la différence des dates moyennes entre les laboratoires soit due aux seules marges d'erreurs statistiques des mesures de chaque laboratoire.

Critiques

Les datations obtenues pour le linceul de Turin ont fait l'objet de critiques portant sur la qualité et la quantité de l'échantillonnage (un seul échantillon prélevé puis subdivisé) ainsi que sur le traitement des résultats[65].

Diverses publications formulent une critique de cette étude :

  • Dans son essai Sindone Mistero dell'impronta duemila annifa publié en 1997 aux Éditions Piemme Spa et publié en français en 1998 sous le titre Contre-enquête sur le Saint Suaire aux Éditions Plon/Desclée de Brower, Maria Grazia Siliato, historienne et archéologue suisse indique que le poids moyen du suaire est différent de celui des échantillons.
  • La position de Raymond Rogers, professeur de chimie à l'université de Los Alamos et directeur de recherche du STURP, a fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique à comité de lecture[66]. Il propose un âge du tissu compris entre 1300 et 3000 ans suivant une méthode qu'il a mise au point, par mesure de la concentration de vanilline. En parallèle, il conduit une analyse sur la présence de différents colorants, qui le mène à proposer que les échantillons utilisés pour la datation au carbone 14 ne fassent pas partie du linceul originel. Patrick Berger, diplômé de l'ENS lyon et professeur à l'IUFM de Créteil, dernier président du cercle zététique, a fortement critiqué les méthodes utilisées par Rogers, expliquant qu'elles avaient été mal calibrées et qu'elles ne portaient que sur les fibres superficielles de la reliques, celles qui ont été affectées par l'incendie de 1532[67]. D’autres scientifiques, dont des spécialistes du carbone 14 ont également publié des articles pour réfuter l'article de Rogers[68],[69],[70],[71]. Rogers répond en retour qu'il avait accepté les résultats de la radiodatation sur l'échantillon, mais doute que Nickell, un de ses détracteurs, ait eu la compétence pour interpréter correctement sa méthode d'analyse par spectrométrie et donc la remettre en cause. Avant sa mort, Rogers avait déclaré qu'il n'avait pas étudié d'échantillons (car il n'en existe plus) mais travaillé sur une extrapolation, rendant la contre-vérification de son analyse impossible[68],[70].
  • Au mois d'août 2008, lors de l'Ohio Shroud of Turin Conference, Robert Villarreal, chimiste au LANL, déclara que les nouvelles analyses qu'il avait menées avec son équipe sur trois échantillons Raes ont abouti à la conclusion que ceux-ci étaient constitués de coton et non de lin[72]. Pour lui, cela corrobore la thèse de l'absence de représentativité de l'échantillon soumis à l'analyse C 14[73].

Christopher Ramsey, directeur de l’unité « RadioCarbon Accelerator » de l'Université d'Oxford et qui a participé à la datation par le C14, a rappelé, lors d’une interview à la BBC en 2008, que la possibilité d’une imprécision du fait de contaminations ne serait que de quelques années et qu’il serait surpris que cette imprécision soit telle qu’elle ait provoquée une erreur de mille ans[74].

Au premier semestre 2008, John P. Jackson a convaincu le laboratoire d'Oxford de procéder à de nouvelles analyses pour connaître la validité de son hypothèse personnelle[75] quant aux causes d'une possible non pertinence de la datation de 1988[76].

Fin annoncée des analyses

L’Église catholique refuse l'éventualité d'une nouvelle datation par le carbone 14, car comme l'explique Jacques Evin dans Le Monde du 24 juin 2005[77], « La pièce se dégrade. Ce qui est fondamental c'est désormais sa préservation. Il s'agit d'une œuvre d'art ». De plus, d'après lui il est probable que, malgré les précautions sévères qu’il serait nécessaire de prendre, il y aurait des personnes qui continueraient à douter. Par ailleurs, il déclare que, dès le premier programme de datation de 1988, les précautions opératoires avaient dépassé très largement les habitudes scientifiques en la matière, ce qui n’avait pas empêché les nombreuses critiques.

Étude des pollens

En 1973 et en 1978, Max Frei, criminologue suisse, effectua une étude des pollens pour déterminer les régions où le linceul aurait séjourné. Ces conclusions tendaient à montrer que sur les 58 espèces végétales trouvées, une majorité de pollens (45) étaient originaires de Jérusalem et des environs. Ces résultats ont été critiqués à plusieurs reprises, car considérés comme trop précis et difficilement interprétables. En effet, selon la remarque de Guy Jalut, professeur de palynologie à l'Université Paul Sabatier de Toulouse, comment expliquer l'absence du chêne et de l'olivier, espèces abondantes dans les régions méditerranéennes ?[réf. souhaitée]

Enfin, les palynologues (spécialistes des pollens) précisent qu’il est parfois impossible de déterminer une espèce végétale à partir de son pollen. Souvent, l'étude ne permet que la détermination du genre, voire de la famille. Dans tous les cas, la détermination de l'origine géographique est exclue.

Les prélèvements de pollen examinés par deux autres équipes[Qui ?] montraient que tous les grains étaient couverts de calcite, minéral déposé lors du lavage suite à l'incendie de Chambéry. Or, tel n'était pas le cas pour ceux présentés par Max Frei. À un micropaléontologue qui s’étonnait de l'extraordinaire conservation des pollens présentés par Max Frei, celui-ci admit qu'il présentait des photos de pollens de référence. Max Frei venait d'effectuer un voyage à Istambul, Urfa et Jérusalem en compagnie de Ian Wilson pour « récolter une série de plantes caractéristiques du Moyen-Orient ». Joe Nickell rappelle que précédemment Max Frei avait examiné les « carnets d'Hitler » et les avait déclarés authentiques[78].

Le professeur Avinoam Danin, de l'Université hébraïque de Jérusalem, affirme dans des publications scientifiques avoir reconnu l'image de plantes originaires de la région de Jérusalem sur le suaire[79]. Il déclare notamment que "l'aire dans laquelle les trois plantes fraîches choisies comme indicateurs auraient pu être recueillies et posées sur le linceul à côté du corps de l'homme crucifié est l'aire comprise entre Jérusalem et Hébron."[80]

Techniques de reproduction envisagées

Philip Ball, dans un article paru sur le site internet de Nature en 2005 déclare : « On ne sait tout simplement pas comment l'image fantomatique du corps d'un homme paisible et barbu a été réalisée ; Bien que de bons résultats expérimentaux aient été obtenus par nombre de chercheurs, dans le sens où, à première vue, l'image, généralement limitée au visage, est similaire à celle de l'homme du suaire de Turin, à ce jour, aucun essai n'a été capable de reproduire toutes les caractéristiques de l'image imprimée sur le suaire de Turin[81],[82].».

Beaucoup de techniques de reproduction de l'image présente sur le suaire ont été envisagées, sans qu'aucune ne puisse apporter une preuve scientifique décisive en sa faveur. Pour être jugée valable, l'explication de la formation de l'image doit englober toutes les propriétés du linceul[83]. Or, en raison de l'accumulation de caractéristiques spécifiques, l'explication du mécanisme de formation reste difficile, voire impossible en l'état actuel des connaissances. Ces explications peuvent se répartir en quatre groupes :

  • Une suite de phénomènes naturels. Cette hypothèse n'implique pas nécessairement que le suaire soit « authentique » puisque l'étoffe peut aussi avoir enveloppé une personne autre que celle de Jésus.
  • Un procédé de fabrication conçu volontairement par un être humain.
  • Un procédé reproductible aujourd'hui mais impossible à produire durant l'Antiquité ou le Moyen Âge.
  • Les autres hypothèses.

Hypothèses fondées sur des phénomènes naturels

Les phénomènes naturels envisagés dans l'histoire sont les suivants :

  • La vaporographie : en 1902, Paul Vignon envisage une technique : la vaporographie. L'aloès répandu sur un corps lors de son embaumement aurait été bruni par les vapeurs ammoniacales émanant du cadavre en décomposition.
  • Le rayonnement solaire : il a été envisagé que l'image du linceul soit la conséquence des rayons solaires sur la toile enduite de myrrhe et d'aloès (Rodante, Mouraviev).
  • La transpiration : c'est l'hypothèse émise par Antoine Legrand en 1938. Elle supposait un contact entre le linceul et la sueur d'un corps.
  • La réaction de Maillard : elle se produit lorsque des acides aminés, en présence de sucres, et à température élevée, brunissent en créant un composé semblable à l’humus et de composition très voisine. Raymond Rogers et Anna Arnoldi ont formulé cette hypothèse en 2002[84] et l'ont reprise l'année suivante[85]. Le jaunissement de l'image serait dû à cette réaction chimique entre des vapeurs d'ammoniaque et quelques impuretés présentes superficiellement sur le lin à cause de son procédé de fabrication connu depuis l'antiquité et décrit chez Pline l'Ancien. Rogers reconnaît que son hypothèse ne répond pas à toutes les questions et ne prouve pas comment l'image s'est formée ni "l'authenticité" de l'étoffe[86].
  • L'effet corona : cette hypothèse avancée notamment par l'Italien Giulio Fanti[87]. L'effet corona, aussi appelé « effet couronne », est une décharge électrique entraînée par l'ionisation du milieu entourant un conducteur. Elle se produit lorsque le potentiel électrique dépasse une valeur critique mais que les conditions ne permettent pas la formation d'un arc. Cet effet est utilisé, entre autres, dans les lampes à plasma. Des expériences entreprises ont permis la formation d'une image détaillée avec une double superficialité. Cependant on ne sait quelle cause aurait pu engendrer un tel phénomène.

Hypothèses de l'artefact

Les procédés envisagés sont les suivants :

  • La peinture : ce fut la première hypothèse de faux envisagée. Elle a été avancée dès le XIVe siècle dans le Mémoire de Pierre d'Arcis qui parle de "pannus [...] artificiose depictus" : "un morceau de tissu ingénieusement peint". En 1978, le STURP exclut l'œuvre d'un peintre. L'un des membres du STURP, Walter Mac Crone[88], arriva à une conclusion en opposition avec le reste de l'équipe, affirmant qu'il s'agit selon lui d'une peinture constituée de pigments d'ocre rouge et de vermillon et que les « taches de sang » sont composées des mêmes substances enrobées dans un composé à base de collagène[89],[90],[91].
  • Le bas-relief : poursuivant l'hypothèse de la peinture, Joe Nickell[68], Paul-Éric Blanrue[92] et Henri Broch[93],[94],[95] avancent qu'il est techniquement possible pour un artiste de réaliser une empreinte négative sur toile sans laisser apparaître de traces de pinceaux, à l'aide d'un bas-relief enduit d'un colorant. Un simple recouvrement du modèle par un linge humide suivi d'un tamponnement permet alors de constituer une empreinte en négatif sur le tissu[93],[96]. Lors d'une expérience organisée en 2005 par les journalistes de la revue Science & Vie, Paul-Éric Blanrue a réalisé une réplique du visage du suaire avec des moyens qui existaient au Moyen Âge[97],[77].
  • Le transfert de poudre : cette technique a été développée par Emily Craig et Randall Bresee[98]. Ceux-ci proposent un mode opératoire qui aurait pu être utilisé au Moyen Âge. Le résultat obtenu s'approche de celui du linceul. Selon Marcel Alonso « Mrs Emily Craig, disciple (sérieuse) de Joe Nickell et de Mac Crone a réussi des portraits à l'hématite et au collagène, non seulement très ressemblants à l'image du Linceul, mais dont l’inversion chromatique est surprenante de beauté et de fidélité au Linceul, y compris pour l'aspect tridimensionnel. »[99].
  • La protophotographie : il s'agit d'une hypothèse émise en 1995 par le Sud-Africain Nicholas Allen[100]. L'hypothèse d'Allen nécessite l'usage d'une chambre noire de grande dimension dans laquelle il faut tendre un drap de lin imprégné de sulfate d'argent sur lequel il aurait projeté l'image d'un corps ou d'une statue. Cette hypothèse comporte de nombreux obstacles concernant la lumière nécessaire pour créer une image similaire à celle présente sur le linceul, et le résultat de l'expérience a été testé et n'offre pas la finesse tridimensionnelle du suaire de Turin[101]. De plus, la photosensibilité du sulfate d'argent est inconnue au Moyen Âge[102].
  • Un faux de Léonard de Vinci : depuis 1994, une hypothèse, largement diffusée, a été soutenue par Lynn Picknett et Clive Price[103] : le suaire de Turin serait l'œuvre de Léonard de Vinci. Cette hypothèse a connu une médiatisation importante grâce au documentaire réalisé par Susan Gray Leonardo da Vinci the man behind the Shroud of Turin ? (Léonard et le mystère du suaire de Turin) produit la National Geographic Society et diffusé à partir de 2003. Vinci aurait combiné les techniques du bas-relief et de la photographie, utilisant « son propre visage »[104]. Les auteurs de cette théorie soutiennent en effet qu'il existe une ressemblance suffisante entre les autoportraits de Vinci et la figure du linceul. Selon Baima Bollone, l’hypothèse d’un faux réalisé par Léonard de Vinci est une hypothèse « absolument non fondée, qui ne va pas au-delà de la boutade journalistique et des publications populaires, et aucun scientifique ne la prend en considération »[105].

Autres hypothèses

D'autres hypothèses ont été formulées :

  • Le bombardement de protons : une source "naturelle" de rayonnement provenant du supplicié. Un bombardement de protons équivalent à un mégaélectronvolt (MeV) pourrait avoir produit cette image superficielle, selon la théorie développée par le père Jean-Baptiste Rinaudo, biophysicien. Elle a été critiquée, notamment par le chimiste américain Raymond Rogers, qui ne trouve pas trace des radiations pourtant nécessaires. Cette hypothèse implique aussi la « dématérialisation » d'un corps qui serait ici celui de Jésus[106].
  • L'irradiation par laser : en 2008, l'équipe dirigée par Giulio Fanti a publié un article dans Applied Optics expliquant qu'une irradiation avec un laser spécifique a permis l'obtention d'une image latente sur du lin au bout d'un an[107].

Théories diverses de tenants d'une authenticité

Les travaux du docteur Barbet

Dans les années 1930, le docteur Pierre Barbet, chirurgien catholique à l'hôpital Saint-Joseph de Paris, fit pendant treize ans des expériences sur des cadavres pour prouver l'authenticité du Suaire de Turin par la médecine et l'anatomie, tel un médecin légiste. Il synthétisa ses résultats, diffusés sous le nom de la Passion de Jésus-Christ selon le chirurgien[108].

Sa thèse principale en faveur de l'authenticité était que le suaire ne représente pas le crucifié comme le faisait l'iconographie médiévale, avec des clous enfoncés dans les mains mais dans les poignets. Or d'après les expériences de Barbet sur des cadavres, les paumes se déchiraient lorsqu'il plantait les clous dans les mains mais le cadavre restait en place quand ils étaient, comme sur le suaire, plantés dans les poignets.

Le suaire présente aux yeux du médecin légiste, des analogies frappantes avec le récit de la Passion, une similitude parfaite : traces de sang à la tête, comme la couronne d'épines, traces de sang aux poignets, traces de sang de flagellation sur toutes les parties du corps, marque de fouets romains à trois pointes de plomb.

Le Codex Pray

Codex Pray

Le Codex Pray est un code de la fin du XIIe siècle (1192-1195) conservé à Budapest. Il a été découvert au XVIIIe siècle par un jésuite, Georgius Pray, qui lui donna son nom. Il contient la forme la plus ancienne connue de la langue hongroise à ce jour[109]. On peut y voir deux miniatures de Jésus singulières pour leur temps puisqu'elles le représentent nu. Sur quelques points, ces dessins peuvent rejoindre les caractéristiques présentes sur le suaire de Turin. La miniature supérieure est la miniature de l'onction. Dans cette partie, le corps de Jésus est complètement nu. Celui-ci semble reposer sur un tissu lui-même posé sur une surface rigide. Jésus a les mains croisées sur le ventre, la droite sur la gauche. On ne voit pas les pouces tandis que les autres doigts sont étendus. L'interprétation de la partie inférieure, la visite des saintes femmes au tombeau, n'est pas univoque.

Emmanuel Poulle écrit : « Je puis seulement dire que, en tant qu'historien, je constate que les conclusions tirées du carbone 14 quant à la datation du Linceul s'avèrent incompatibles avec la filiation qui peut être établie entre la relique aujourd'hui conservée à Turin et sa représentation dans un manuscrit ordinairement désigné comme le Codex Pray » [110].

Barbara Frale : un certificat de décès

En 1978, un chimiste et un latiniste de l'Université catholique de Milan ont aperçu sur le négatif de certaines photos du suaire de Turin des traces d'écriture, invisibles à l'œil nu, à la manière antique; au milieu des années 1990, deux scientifiques français, Marion et Courage, ont continué à les étudier, aidés de paléographes, archéologues et historiens. Barbara Frale, historienne et archéologue, chercheuse aux Archives secrètes du Vatican, prétend avoir reconstitué le certificat de décès d'un homme appelé « Yeshua ben Yoseph, Jésus, fils de Joseph » : il s'agirait d'après elle d'un certificat de décès écrit sur un papyrus et posé sur le linceul, pour que la famille puisse reconnaître le corps du supplicié au moment de sa restitution, certificat écrit dans les trois langues que l'on utilisait à Jérusalem, latin, grec et hébreu ; et elle aurait déchiffré ceci : « Dans la 16e année du règne de Tibère (soit l'an 30), Jésus de Nazareth, mort à la neuvième heure, après avoir été condamné à mort par un tribunal romain et après avoir été reconnu coupable par les autorités juives, a été enterré avec l'obligation de rendre son corps à sa famille après une année. »[111].

Hypothèses pour un trajet jusqu'en France

Différents trajets ont été envisagés entre Jérusalem, le sac de Constantinople et l'année 1357[112].

En 1205, le linceul se serait trouvé à Athènes[113]. Après cette date, il aurait pu soit être envoyé au père d'Othon : Pons II de la Roche, qui avait un château vers Besançon, et ainsi 150 ans plus tard devenir la propriété de Geoffroy de Charny, qui épousa Jeanne de Vergy arrière-petite-fille d'Isabelle de Ray[114], elle-même petite-fille d'Othon de la Roche[n 1], soit acquis par Geoffroy de Charny au cours d'un de ses voyages alors que l'objet se trouvait toujours en Grèce[n 2].

Au château de Ray on montre encore le coffret qui, selon une tradition familiale, aurait servi au transport du linceul d'Athènes en Bourgogne, vers 1208.

Aucune trace dans les archives ne permet de valider une autre hypothèse, selon laquelle le suaire, resté ou revenu à Constantinople, aurait été cédé à saint Louis, qui en aurait fait don lui-même à un de ses vassaux.

Les Templiers

En 1978, l'auteur New Age Ian Wilson estime que l'idole vénérée par les Templiers, le Baphomet, est en fait le futur suaire de Turin. En 2009, l'historienne Barbara Frale soutient cette hypothèse dans un livre consacré spécifiquement aux relations entre le suaire et les Templiers[115]. Elle pense que le caractère secret de cette image est la raison de sa disparition des archives durant un siècle et demi. Frale met notamment en avant le témoignage d'un Templier, Arnaut Sabbatier, qui raconte qu'il a vu et adoré l'image entière du corps d'un homme[116]. Les conclusions de Barbara Frale ont été qualifiées de suspectes et de peu scientifiques dans plusieurs études critiques[117],[118]. Elles sont toutefois approuvées par l'historienne Simonetta Cerrini, spécialiste de l'Ordre du Temple[119]

De nombreuses autres hypothèses sont apparues, surtout depuis la publication des résultats de la datation au carbone 14. Parmi celles-ci, on peut citer celle qui résulte d'une prétendue « crucifixion » de Jacques de Molay, le dernier grand-maître de l'ordre du Temple, arrêté en 1307. Jacques de Molay, en réalité, fut brûlé vif. Dans un livre à succès[120], Christopher Knight et Robert Lomas émettent l'hypothèse que Jacques de Molay aurait subi un simulacre du supplice de la Passion, cloué sur un portail puis détaché alors qu'il était encore en vie. Cette hypothèse n'entre pas dans le cadre des connaissances historiques sur la fin de vie de Jacques de Molay.

Cette théorie de la représentation du corps de Jacques de Molay sur le suaire a été reprise en 2007 dans un roman de Steve Berry, L'héritage des templiers.

La position de l'Église catholique

En 1464, le théologien Francesco della Rovere, futur pape Sixte IV, parlait dans un livre du "Suaire dans lequel le corps du Christ a été enveloppé quand on l'a descendu de la croix. Il est maintenant gardé avec une grande dévotion par les ducs de Savoie, et il est coloré par le sang du Christ."[121]. Ce livre fut imprimé à Rome en 1473, la deuxième année du pontificat du même Sixte IV.

Un peu moins de trois semaines après la découverte de Secondo Pia, l'Osservatore Romano publie, le 15 juin 1898, un article relatant l'événement mais sans prendre position. Durant plus de quarante ans, l'Église s'abstient de toute déclaration officielle.

Le premier lien officiel entre l'Église catholique et le suaire date de 1940. À cette date, sœur Maria Pierina de Micheli demande officiellement à la curie de Milan l'autorisation de frapper une médaille s'inspirant de l'image. L'autorisation lui est accordée et la première médaille est offerte à Pie XII. L'image est ensuite utilisée dans ce qui va devenir connu sous le nom de Médaille de la Sainte Face du suaire de Turin. Au départ, il s'agit pour les catholiques qui la portaient d'une protection au cours de la Seconde Guerre mondiale. En 1958, Pie XII approuve l'image en association avec la dévotion rendue à la Sainte Face de Jésus, dont la fête est célébrée à chaque Mardi gras.

En 1983, le Saint-Siège devient propriétaire de l'objet. Cependant, comme toujours avec ce qui peut s'apparenter à une relique, et conformément à la doctrine définie en détail lors du concile de Trente, l'Église catholique se montre prudente. Elle n'a jamais pris de décret qui fasse officiellement du suaire une relique, ni contesté la datation de 1988 concluant à un objet du XIVe siècle, ni demandé une contre-expertise. Comme pour d'autres dévotions catholiques, ceci est laissé à la décision de chaque fidèle tant que l'Église ne délivre pas un avis contraire. Selon le Vatican, que ce tissu ait ou non enveloppé le corps du Christ n'a aucune incidence, ni sur la foi catholique, ni sur le contenu de la Bible chrétienne. Selon le théologien et scientifique Jean-Michel Maldamé, dominicain, une « authenticité » du suaire de Turin poserait plus de questions qu'elle n'en résoudrait, sur les plans dogmatique comme épistémologique[122].

En 1998, au cours d'un déplacement à Turin, Jean-Paul II qualifie le suaire de « provocation à l'intelligence »[123] tout en invitant les scientifiques à continuer leurs travaux. Il indique que ce qui compte avant tout pour le croyant est que le linceul est « miroir de l'Évangile »[124].

Lors de l'annonce d'une nouvelle ostension en 2010, Benoît XVI a parlé d'une occasion propice pour contempler ce mystérieux visage, qui parle silencieusement au cœur des hommes, en les invitant à y reconnaître le visage de Dieu[125].

Notes

  1. . Cette hypothèse expliquerait l'origine du « suaire de Besançon ».
  2. En 1443, la petit-fille de Geoffroy de Charny, Marguerite de Charny, dit que le suaire a été « conquis » par son grand-père.

Références

  1. cf. conférence de presse du cardinal Ballestrero le 13 octobre 1988 ou le discours du pape Benoît XVI en 2010, Benoît XVI à Turin : Méditation devant le saint-suaire, in Zénit, 03/05/2010, article en ligne
  2. (en) Abbé Ph. Dalleur, « Le Suaire de Turin : Un peu d’histoire... ». Consulté le 12 mai 2011
  3. Le public doit alors être averti que « toute fraude cessant, que ladite figure ou représentation n'est pas le vrai suaire de notre Seigneur Jésus-Christ, mais (...) une peinture ou tableau du suaire (...) », in Sciences et Avenir, janvier 2011, numéro 767, p. 51.
  4. « The Shroud of Turin is the single, most studied artifact in human history » phrase considérée comme « widely accepted statement » in Lloyd A Currie, « The Remarkable Metrological History of Radiocarbon Dating [II] », J. Res. Natl. Inst. Stand. Technol. 109, 2004, p. 200 Cf. l'article
  5. a et b Frédéric Lewino Le suaire de Turin daterait du Moyen Âge, in Le Point, 27/12/2010, article en ligne
  6. http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/archeo-paleo/20101222.OBS5171/exclusif-l-origine-medievale-du-suaire-de-turin-confirmee.html, consulté le 26 décembre 2010
  7. Radiocarbon dating of the Shroud of Turin, in Nature no  337, p.  611- 615, 16/02/1989, références en ligne
  8. dirigée par Luigi Garlaschelli, professeur de chimie à l'université de Pavie luigi.garlaschelli
  9. L'express.fr., 5 octobre 2009..
  10. Presse canadienne.
  11. Sciences et Avenir, 22/12/10, article en ligne
  12. Conférence de presse du cardinal Ballestrero le 13 octobre 1988.
  13. « La Sindone è provocazione all'intelligenza » Discours de Jean-Paul II le 24 mai 1998, §2
  14. Imprécision de la méthode de datation par le carbone 14 ou possibilité d'un enrichissement en C14 au cours d'un incendie au XVIe siècle. Cette dernière hypothèse a été émise par le chercheur créationniste Dmitri Kouznetsov, in Kouznetsov D.A. et coll. « Effect of fires and biofractionation of carbon isotopes on results of radiocarbon dating of old textiles: the Shroud of Turin », Journal of Archaeological Science (1996) 23, 109-121
  15. Hypothèses statistiques sur les données fournies par les laboratoires concluant à l'absence d'homogéneité de l'échantillon - Marco Riani, Anthony Atkinson, Giulio Fanti, Fabio Crosilla, article(London School of Economics, Cambridge), mai 2010
  16. Emmanuel Poulle, "Les sources de l'histoire du linceul de Turin. Revue critique", Revue d'Histoire Ecclésiastique, 2009, vol. 104, 3-4, 747-782 résumé
  17. Cf. Article du Time « Science And The Shroud », article de BBC News, « Shroud mystery 'refuses to go away' ».
  18. « Le Linceul de Turin sera exposé en 2010, annonce le pape », site du Nouvel observateur, 2 juin 2008.
  19. SAINT SUAIRE – L’événement religieux de l’année dans lepetitjournal.com
  20. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Editions Le Robert, P. 1042, 1998.
  21. A.-M. Dubarle, Histoire ancienne du linceul de Turin jusqu'au XIIIe siècle, Paris, O.E.I.L., 1986, p. 142.
  22. « suaire », site patrimoine de France.
  23. Étymologie de « suaire » sur CNRTL.
  24. le mot araméen ou syriaque a toutes les chances d'avoir été employé par les guides présentant aux pèlerins de Palestine les reliques de la Passion conservées en tel ou tel lieu. Entendant ce mot de soudara, les pèlerins ou leurs interprètes ont facilement pu faire l'identification entre l'objet montré ou mentionné et le soudarion dont parle le quatrième évangile. Aujourd'hui le lecteur des textes anciens doit être sur ses gardes. » ; cf. A-M. Dubarle, Histoire ancienne du linceul de Turin jusqu'au XIIIe siècle, Paris, O.E.I.L., 1986, p. 142. recension par J.-M. Madalmé de l'Institut catholique de Toulouse
  25. par exemple : Daniel Raffard de Brienne, La désinformation autour du Linceul de Turin ; André Marion, Gérard Lucotte, Le linceul de Turin et la tunique d'Argenteuil ; Emmanuel Poulle, Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier ; de Jacques Evin, La datation du linceul de Turin : le point de vue d'un spécialiste du radiocarbone
  26. La restauration de 2002 a étiré le tissu de quelques centimètres, de façon inégale. Avant 2002, les dimensions généralement données étaient de 4,36 mètres sur 1,10. Cf. cet article, p. 8.
  27. voir Rogers (2005)
  28. in 101 questions sur le Saint Suaire, Paris, éd. saint Augustin, 2001, p. 212
  29. J. H. Heller et A. D. Adler, « Blood on the Shroud of Turin », Applied Optics, 15 août 1980, cité par Bollone p. 149.
  30. Mc 15. 46, Mt 27. 59, Lc 23. 53
  31. Jn 19. 40-42
  32. Jn 20. 6-7
  33. (Quatorzième catéchèse, 22, trad. en anglais.), écrite au IVe siècle, et fréquemment mentionnée sur les sites internet en faveur de l'authenticité, cite le linceul parmi les « témoins » animés et inanimés au moment de la résurrection du Christ, mais ne parle pas de sa conservation : « Nombreux sont les témoins de la résurrection du Sauveur. La nuit et la pleine lune : c'était la seizième nuit du mois. Le rocher du tombeau qui l'accueillit et la pierre vont s'élever contre les Juifs (s'ils voulaient nier la résurrection). De même la pierre qui autrefois avait été roulée, rend témoignage de la résurrection ; aujourd'hui elle y est encore. Les anges de Dieu qui assistaient à cela ont certifié la résurrection du Fils unique. De même Pierre, Jean, Thomas et tous les autres apôtres. Ceux d'entre eux qui se sont empressés d'aller auprès du tombeau ont vu qu'après la résurrection y étaient restés les linceuls dans lesquels Jésus avait été enveloppé précédemment [...]. Un témoignage fut rendu par les soldats et par l'argent avec lequel ils furent achetés ; et aussi par l'endroit lui-même que tu peux voir encore, et par cette maison de la sainte église que l'empereur Constantin d'heureuse mémoire, en ami du Christ, fit construire, et - comme tu vois - fit décorer magnifiquement ». (Le linceul est aussi mentionné dans la vingtième catéchèse, 7, trad. en anglais)
  34. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n J.-L. Feiertag, « Le thème littéraire des vêtements mortuaires du Seigneur depuis les témoignages des "Apocryphes" jusqu'à ceux des récits de pèlerinage », in Apocrypha, 1999, vol. 10, pp. 56-73, résumé en ligne
  35. Sixième fragment de l'Évangile des Hébreux ; passage de Jérôme de Stridon in De uiris illustribus : « Euangelium quoque quod appellatur secundum Hebraeos, et a me nuper in Graecum Latinumque sermonem translatum est, quo et Origines saepe utitur, post resurrectionem Saluatoris refert : Dominus autem cum dedisset sindonem seruo Sacerdotiis, iuit ad Jacobum, et apparuit ei. Iurauerat enim Iacobus se non comesurum panem ab illa hora qua biberat calicem domini, donec uideret eum resurgentem a dormientibus » traduction française
  36. Recension grecque A, 15,6-7 tr. it.; papyrus copte de Turin 12,3;6-7 tr. it.; recension latine 15,7-8 tr. it.
  37. Jn 20. 6
  38. L'ouvrage est également intitulé Questions d'un païen à un chrétien.
  39. (en) Pilgrimage of Arculfus in the holy land about the Year A.D. 1670 Translated and Annotated by the Rev. James Rose Macpherson 1895 - ch. XI. The napkin with which the head of the Lord Was covered in the sepulchre
  40. Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, éd. Saint Augustin, 2001, pp. 85-86
  41. « figura seu representatio sudarii Domini » Il faut noter que l'emploi du génitif permet de maintenir une certaine ambiguïté (Article d'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Église de France, t. 92, 2006, p. 352.)
  42. Dans une lettre adressée à Pierre d'Arcis, l'antipape Clément VII ne dit pas avoir reçu ledit mémoire, L. Fossati, Il Memoriale di Pierre d'Arcis egli sritti di Clemente VII al vaglio della critica, dans ISML 1993, cité par Bollone p. 88
  43. « Il faut reconnaître que nombre des allégations de l'évêque relèvent davantage du ragot que de la relation de faits avérés. » ; « [Les documents réunis par U. Chevalier] sont des témoins qui ne sont en mesure ni d'affirmer ni d'infirmer l'authenticité de la relique turinoise. », in (articled'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Église de France, t. 92, 2006, p. 353 et p. 354 ;
  44. La circulation de pièces moins fiables que d'autres pourrait indiquer, selon Poulle, que quelqu'un a eu intérêt à faire prévaloir un point de vue. Et Poulle d'ajouter : « S'il est donc possible que le seul texte du mémoire que nous connaissons aujourd'hui soit effectivement celui qui a été envoyé au pape, il est également possible qu'il en soit une image déformée » (Articled'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Église de France, t. 92, 2006, p. 349.
  45. Cf. Articled'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Église de France, t. 92, 2006, p. 351. et pp. 355-358.
  46. Article d'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'histoire de l'Eglise de France, 2006, vol. 92, n° 229, pp. 343-358
  47. Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, éd. Saint Augustin, 2001, p. 87
  48. L. Fossati, « Il Memoriale di Pierre d'Arcis e gli sritti di Clemente VII al vaglio della critica », ISML, 1993, pp. 113-121, cité par Bollone, p.89
  49. Article d'Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'histoire de l'Église de France, 2006, vol. 92, n°229, p. 352
  50. Adolphe Louis Fabre, Trésor de la Sainte Chapelle des ducs de Savoie au Château de Chambéry du XVe au XVIe siècle, Savigné, Imprimeur - éditeur, pp. 16-19
  51. Conférence de presse de Monseigneur Giovanni, Cardinal Saldarini, Archevêque de Turin, Gardien Pontifical du Saint Suaire, le 10 juin 1997
  52. Le linceul sauvé des flammes
  53. JACKSON J.P., JUMPER E.J., ERCOLINE W. R., « Three dimensional characteristic of the Shroud Image », IEEE 1982, Proceedings of the International Conference on Cybernetics and Society, October 1982, pp. 559-575 ; JACKSON J.P., JUMPER E.J., ERCOLINE W. R., « Correlation of image intensity on the Turin Shroud with the 3-D structure of a human body shape », Applied Optics, Vol. 23, No. 14, July 15, 1984, pp. 2244-2270 ; ou encore G. Fanti, M. Moroni, « Comparison of Luminance Between Face of Turin Shroud Man and Experimental Results », Journal of Imaging Science and Technology, 2002, vol. 46-2, pp. 142-154, March/April 2002, Internet : http://www.imaging.org/store/epub.cfm?abstrid=8125
  54. Commentaires sur la restauration
  55. Fanti, Maggiolo, « The double superficiality of the frontal image on the Shoud of Turin », L'article de J. Opt. A: Pure Appl. Opt. 6 (2004) 491–503
  56. Mechthild Flury-Lemberg, Sindone 2002: L'intervento conservativo — Preservation — Konservierung
  57. (en) William Meacham, The Rape of the Turin Shroud (ISBN 1-4116-5769-1)
  58. « a disaster for the scientific study of the relic », William Meacham, op. cit.
  59. La liste complète des chercheurs du STURP ayant participé à l’étude est présentée sur le site de Barrie Schwortz, www.shroud.com, membre du STURP.
  60. liste complète des publications
  61. Bollone, p.170-173
  62. G. Riggi di Numana, Rapporto Sindone, 3M, Milan 1988, cité par Bollone p.175
  63. deux échantillons de tissus égyptiens (datant du IIe et du XIe ou XIIe siècle) et un de la cape du duc d'Anjou, datant de 1296-1297
  64. Damon et al, Radiocarbon dating the Turin Shroud, Nature, vol. 337, n° 6200 pp. 611-615, 16 février 1989.
  65. P.B. Bollone p.162 à 199
  66. Raymond N. Rogers, « Studies on the radiocarbon sample from the shroud of Turin », dans Thermochimica Acta, vol. 425, no 1-2, 20 janvier 2005, p. 189-194 [résumé, texte intégral, lien DOI (pages consultées le 23 juillet 2009)]
    « The fact that vanillin can not be detected in the lignin on shroud fibers, Dead Sea scrolls linen, and other very old linens indicates that the shroud is quite old. A determination of the kinetics of vanillin loss suggests that the shroud is between 1300- and 3000-years old ».« The dye found on the radiocarbon sample was not used in Europe before about a.d. 1291 and was not common until more than 100 years later. The combined evidence from chemical kinetics, analytical chemistry, cotton content, and pyrolysis/ms proves that the material from the radiocarbon area of the shroud is significantly different from that of the main cloth  »
     
  67. Analyse critique de l´article de janvier 2005 de Raymond N. Rogers, "Studies on the radiocarbon sample from the shroud of Turin"
  68. a, b et c http://www.sur-la-toile.com/viewTopicNum_6608_16_80_Recette-du-suaire.html Message posté sur le forum du site "Sur la toile.com", traduction en français de la note de Nickell, sans la réponse de Rogers
  69. Le suaire de Turin médiatisé et démystifié - Afis - Association française pour l'information scientifique
  70. a et b Cercle Zetetique : Analyse critique de l´article de janvier 2005 de Raymond N. Rogers, "Studies on the radiocarbon sample from the shroud of turin", Thermochimica Acta
  71. (en)http://www.csicop.org/specialarticles/shroud.html Joe Nickell en anglais, et la réponse de Rogers
  72. Villarreal : « The results of the FTIR analysis on all three threads taken from the Raes sampling area (adjacent to the C-14 sampling corner) led to identification of the fibers as cotton and definitely not linen (flax) » in Le résumé des recherches; cf. le communiqué de presse
  73. Villarreal dans son résumé : « [T]he age-dating process failed to recognize one of the first rules of analytical chemistry that any sample taken for characterization of an area or population must necessarily be representative of the whole. The part must be representative of the whole. Our analyses of the three thread samples taken from the Raes and C-14 sampling corner showed that this was not the case. »
  74. Fresh tests on Shroud of Turin, The Telegraph
  75. John P. Jackson, « A New Radiocarbon Hypothesis », mai 2008.
  76. « Lab agrees to test Shroud of Turin for new theory », Chicago Tribune.
  77. a et b H. Morin, « La recette du suaire de Turin livrée par les "zététiciens" », Le Monde, 24 juin 2005. copie de l'article
  78. Joe Nickell (2007) Relics of the Christ p. 135 University Press of Kentucky, 2007[1]
  79. Danin, A., Whanger, A.D., Baruch, U. and Whanger, M. 1999. Flora of the Shroud of Turin. Missouri Botanical Garden Press. 52 pp.
  80. Article de l'Osservatore Romano, 12 mai 2010 ; of the Shroud of Turin Articled'Avinoam Danin, 2010.
  81. « It is simply not known how the ghostly image of a serene, bearded man was made », « Although good experimental results have been obtained by a number of researchers, in the sense that, at first sight, the image, generally limited to the face, is similar to that of the TS Man, until now no experimental test has been able to reproduce all the characteristics found in the image impressed on the TS » article
  82. Giulio Fanti et alii in « Evidences for testing hypotheses about the body image formation of the Turin shroud », intro., 2005 ; Giuseppe Baldacchini, Paolo Di Lazzaro, Daniele Murra, and Giulio Fanti, Applied Optics, Vol. 47, Issue 9, 2008, pp. 1278-1285, Abstract : "The body image of the Turin Shroud has not yet been explained by traditional science; so a great interest in a possible mechanism of image formation still exists" Accès à l'article.
  83. On peut citer le physicien Philippe Quentin selon qui « l'ensemble des propriétés de l'image doit être pris en compte pour formuler des hypothèses plausibles concernant la formation. » in Jean Lévêque, René Pugeaut, Le Saint-Suaire revisité, Paris, Éditions du Jubilé, 2003, p. 154.
  84. Raymond N. Rogers, Anna Arnoldi, Scientific method applied to the Shroud of Turin: a review L'article.
  85. L'article de Rogers et Arnoldi paru dans Melanoidins, vol. 4, Ames J.M. ed., Office for Official Publications of the European Communities, Luxembourg, 2003, pp.106-113.
  86. Rogers, Arnoldi : "However, these observations do not prove how the image was formed or the "authenticity" of the shroud Conclusion de l'article paru dans Melanoidins, 2003.
  87. L'article.
  88. Cf. Walter Mac Crone, Judgement Day for the Turin Shroud, Microscope Publications, Chicago, 1995.
  89. McCrone, Walter C. et Christine Skirius, « Light Microscopical Study of the Turin "Shroud" I », The Microscope, vol. 28, n° 3, 1980, pp. 105-13.
  90. McCrone, Walter C. « Light Microscopical Study of the Turin "Shroud" II », The Microscope, vol. 28, n° 4, 1980, pp. 115-28.
  91. « Light Microscopical Study of the Turin "Shroud" III », The Microscope, vol. 29, 1981, pp. 19-38.
  92. P.-É. Blanrue, « Pourquoi le "suaire" de Turin est une imposture »
  93. a et b H. Broch, 1985, « Le "saint suaire" ou les grandes conséquences d'un petit acte de népotisme », in Le Paranormal, Seuil, pp. 43-72.
  94. H. Broch, 2006, « Recette d'un suaire », in Gourous, sorciers et savants, Odile Jacob, p. 110.
  95. Le "Saint Suaire de Turin"
  96. Fabrication d'un "Suaire de Turin" par le professeur Henri Broch, vidéo (de).
  97. Isabelle Bourdial, « Saint suaire : la science aveuglée par la passion », Science & Vie, n° 1054, juillet 2005. (résumé)
  98. Emily A. Craig, Randall R. Bresee, Image Formation and the Shroud of Turin, Journal of Imaging Science and Technology 34(1), 59 (1994); - le texte complet.
  99. L'article, paragraphe 4.
  100. « Le Nouveau Quotidien du 14 avril 1995 publie sous le pseudonyme de David Keys un article intitulé : « Le suaire de Turin est un faux miracle mais une vraie photographie » » in Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2001, p. 200.
  101. Mark Antonacci, The Resurrection of the Shroud, Ed. M. Evans and company, Inc., 2000, p. 86.
  102. Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2001, p. 201.
  103. Lynn Picknett, Clive Price, Turin Shroud: In Whose Image ?, Londres, Bloomsbury, 1994.
  104. Daniel Raffard de Brienne, La désinformation autour du linceul de Turin, Versailles, Éditions de Paris, 2004, p. 27.
  105. Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2001, p. 38.
  106. Sébastien Cataldo, Thibault Heimburger, Le linceul de Turin, Paris, Docteur angélique, 2008, p. 162.
  107. Giuseppe Baldacchini, Paolo Di Lazzaro, Daniele Murra, Giulio Fanti, Coloring linens with excimer lasers to simulate the body image of the Turin Shroud, Applied Optics 47(9), pp. 1278-1285 (2008), résumé : We also obtained the first direct evidence of latent images impressed on linen that appear in a relatively long period (one year) after laser irradiation that at first did not generate a clear image. The results are compared with the characteristics of the Turin Shroud, reflecting the possibility that a burst of directional ultraviolet radiation may have played a role in the formation of the Shroud image.
  108. La Passion de Jésus-Christ selon le chirurgien livre et photographies texte intégral
  109. Cf. Szabolcsi, The Middle Ages: Church Music and Minstrel Music.
  110. Emmanuel Poulle, « Le linceul de Turin victime d'Ulysse Chevalier », Revue d'Histoire de l'Église de France, 92, 2006, p. 343).
  111. Barbara Frale, Le Suaire de Jésus le Nazaréen
  112. Dans Marion, Lucotte, Le linceul de Turin et la tunique d'Argenteuil, p. 53 : « il semble donc probable, pour ne pas dire quasiment certain, que le suaire a été volé à Constantinople en 1204, puis apporté à Athènes en 1205 par Othon de la Roche. ».
  113. Lettre de Théodore Ange au pape Innocent III en date du premier août 1205; lettre de Nicolas d'Otrante, abbé de Casole.
  114. * Legrand Antoine, "Le Linceuil de Turin 15 siècles de voyage", Notre Histoire, N°77, Nov 1985 (rapporté de Constantinople par Othon de la Roche et conservé d'abord au château de Ray-sur-Saône : Le Saint Suaire de Besançon en serait une copie).
    * Legrand Antoine, "Le Linceuil de Turin", nouvelle édition, Paris, Desclée de Brouwer, 1985.
  115. Barbara Frale, I Templari e la sindone di Cristo, Bologna, Il Mulino, 2009.
  116. Article du Times du 6 avril 2009.
  117. Vallerani, Massimo, "I templari e la Sindone: l'"ipotetica della falsità" e l'invenzione della storia", Historia Magistra, 2, 2009, http://www.francoangeli.it/Riviste/Scheda_Riviste.asp?IDarticolo=37645
  118. Poulle, Emmanuel, ″Les sources de l'histoire du linceul de Turin. Revue critique″, Revue d'histoire ecclésiastique, 2009/3-4, pp. 747–782
  119. Simonetta Cerrini, déclare: "Avec Barbara Frale, je pense qu'il est probable que les représentations évoquées à ce moment-là soient bien celles du saint suaire" dans Sciences et Avenir, juillet 2010, n° 761, p. 58.
  120. Christopher Knight, Robert Lomas, Le second Messie.
  121. Sixte IV, De sanguine Christi, 1473, cité in U. Chevalier, 1900, pièce justificative C.
  122. Étude sur le Suaire de Turin, en 2005.
  123. « La Sindone è provocazione all'intelligenza » Discours de Jean-Paul II le 24 mai 1998, §2. Jean-Paul II reprend ainsi l'expression employée par Ghiberti dans Sindon, nouvelle série,cahier numéro 8, 1995, pp. 65-75.
  124. « Ciò che soprattutto conta per il credente è che la Sindone è specchio del Vangelo », Discours de Jean-Paul II le 24 mai 1998.
  125. Annonce de Benoît XVI, le 2 juin 2008.

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

Ouvrages soutenant l'authenticité

  • Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, Saint-Maurice, éditions saint-augustin, 2001. Traduit de l'italien (Sindone 101 domande e riposte, Edizioni San Paolo s.r.l., 2000).
  • André Cherpillod, Serge Mouraviev, Apologie pour le Suaire de Turin par deux scientifiques non croyants, Myrmekia, Paris-Moscou, et La Blanchetière, Courgenard (72320), 1998.
  • André Marion, Jésus et la science - La vérité sur les reliques du Christ, Presses de la Renaissance, 2000.
  • André Marion, Anne-Laure Courage, Nouvelle découvertes sur le Suaire de Turin, Albin Michel, 1997.
  • André Marion, Gérard Lucotte, Le linceul de Turin et la tunique d'Argenteuil, Paris, Presses de la Renaissance, 2006.
  • Daniel Raffard de Brienne, Enquête sur le Saint-Suaire, Éditions Remi Perrin, 2000.
  • Daniel Raffard de Brienne, La désinformation autour du Linceul de Turin. Éditions de Paris, 2004.
  • Maria Grazia Siliato (it), Contre-enquête sur le Suaire de Turin, Plon/Desclée de Brouwer, 1998, (ISBN 2-259-18860-5)
  • Arnaud-Aaron Upinsky, La science à l'épreuve du Linceul, la crise épistémologique, OEIL, 1990
  • Arnaud-Aaron Upinsky, Le procès en contrefaçon du Linceul, Chez F-X.de Guilbert, 1993
  • Arnaud-Aaron Upinsky, L'énigme du Linceul - La prophétie de l'an 2000, Fayard, 1998.
  • Didier van Cauwelaert, Cloner le Christ, Albin Michel, 2005.
  • André-Marie Dubarle, o.p Histoire ancienne du linceul de Turin jusqu'au XIIIe siècle, Paris OEIL, 1985, recension de l'ouvrage par Jean-Philippe Genet dans Archives des sciences sociales des religions, 1986, Vol. 62, no 62-2
  • Barbara Frale, I Templari e la sindone di Cristo, Bologna, Il Mulino, 2009
  • Helmut Felzmann, Nouvelle Lumière sur Jésus. Recherches sur le Suaire de Turin. Traduit de l'anglais (New Light On Jesus, eBook, 2010).
  • Jean-Baptiste Rinaudo et Claude Gavach, "Le linceul de Jésus enfin authentifié? Enquête après les récentes découvertes sur le Suaire de Turin" Ed François-Xavier de Guibert, Paris 2010
  • Ian Wilson, L'énigme du Suaire, Albin Michel, 2010. Traduit de l'anglais (The Shroud, Albin Michel, 2010).

Ouvrages soutenant la falsification

  • Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture ? L'histoire interdite du "suaire" de Turin, Golias, 1999
  • Paul-Éric Blanrue, Le Secret du Suaire - autopsie d'une escroquerie, Pygmalion, 2006.
  • Ulysse Chevalier, Le St Suaire de Lirey-Chambéry-Turin et les défenseurs de son authenticité, Picard, 1902.
  • Ulysse Chevalier, Le Saint Suaire de Turin - Histoire d'une relique, Picard, 1902.
  • Ulysse Chevalier, Autour des origines du suaire de Lirey, Picard, 1903


Œuvres de fiction

Articles

Liste des principaux articles, par ordre chronologique :

  • Barbara J. Culliton, The mystery of the Shroud challenges 20th-century science, Science 201(4352), 235 (1978). - résumé
  • Raymond Drakoff; Boynton Graham; J.P. Ziller, P. Purcel, M. Cul; Alfred G. Knudson jr.; K.J. Touryan; Barry Bunow, The Mystery of the Shroud, Science 201(4358), 774 (1978).
  • Robert William Mottern, J. Ronald London, Roger A. Morris, Radiographic Examination of the Shroud of Turin—a Preliminary Report, Materials Evaluation 38(12), 39 (1979).
  • Roger A. Morris, L.A. Schwalbe, J. Ronald London, X-Ray Fluorescence Investigation of the Shroud of Turin, X-Ray Spectrometry 9(2), 40 (1980). - résumé
  • Eric J. Jumper, Robert William Mottern, Scientific investigation of the Shroud of Turin, Applied Optics 19(12), 1909 (1980).
  • Samuel F. Pellicori, Spectral properties of the Shroud of Turin, Applied Optics 19(12), 1913 (1980)
  • J.S. Accetta, J. Stephen Baumgart, Infrared reflectance spectroscopy and thermographic investigations of the Shroud of Turin, Applied Optics 19(12), 1921 (1980).
  • Roger Gilbert jr., Marion M. Gilbert, Ultraviolet Visibile Reflectance and Fluorescence Spectra of the Shroud of Turin, Applied Optics 19(12), 1930 (1980).
  • John H. Heller, Alan D. Adler, Blood on the Shroud of Turin, Applied Optics 19(16), 2742 (1980).
  • Samuel F. Pellicori, Mark S. Evans, The Shroud of Turin Through the Microscope, Archaeology 34, 35 (1981).
  • Samuel F. Pellicori, R.A. Chandos, Portable Unit Permits UV/vis Study of "Shroud", Industrial Research and Development, February, 186 (1981).
  • John H. Heller, Alan D. Adler, A chemical investigation of the Shroud of Turin, Canadian Society of Forensic Science Journal 14(3), 81 (1981).
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