Sherpa


Sherpa
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Sherpa
Populations
Population totale 154 622 (2001)
Drapeau du Népal Népal
Drapeau de Chine Chine
Autre
Région d'origine Tibet

Le peuple Sherpa est un groupe ethnique originaire du Tibet. En tibétain, shar signifie « Est » et pa est un suffixe qui signifie « peuple » : d’où le mot Sharpa ou Sherpa, désignant ceux qui viennent de l'Est. Il y a environ 500 ans, les Sherpas ont quitté la province du Kham, située dans l'Est du Tibet (bouddhiste), pour venir s'établir dans les hautes vallées himalayennes du Népal, notamment au pied du mont Everest.

Les Sherpas sont au nombre de 154 622 selon les données du recensement de 2001. Ils font partie d'un groupe plus vaste, qui habite tout le long de la frange nord du Népal à la frontière du Tibet, que l'on désigne par le terme Bothia en népali, lequel sert à identifier ceux qui viennent du Tibet (Both), par delà l'Himalaya.

Sommaire

L'habitat des Sherpas

Un Sherpa du Népal avec son sac.

L'habitat des Sherpas présente des conditions de vie parmi les plus rudes au monde. Les conditions climatiques y sont rigoureuses en raison des altitudes extrêmes. Le relief est très accidenté. Il n'y a pas de route, uniquement des sentiers reliant les villages les uns aux autres. Les Sherpas doivent marcher pour se déplacer. Le transport des marchandises est effectué à dos d'hommes ou à l'aide d'animaux de bât, notamment le yack et le dzo (croisement entre vache et yack).

Les Sherpas habitent principalement les régions du Solu, du Pharak et du Khumbu au Népal. D'importantes communautés sherpas sont également établies dans les régions adjacentes, notamment dans les vallées du Langtang, du Rolwaling et de l'Hélambu au nord de Katmandou.

Les principaux villages sherpas sont situés au Khumbu, lequel constitue le véritable cœur du pays sherpa. Les Sherpas y sont nettement majoritaires. Namche Bazar (les Sherpas disent Naujie ou Nauche), comptant un peu plus de cent habitations, est le plus peuplé. Citons aussi Thame, Khunde, Khumjung, Phortse, Pangboche. Pangboche serait le plus ancien village sherpa au Népal. Il aurait été construit il y a plus de 300 ans. Au nord de ces villages, plus haut en altitude, se trouvent des kharka, zones de hauts pâturages comportant quelques habitations temporaires et quelques lodges (petites auberges rustiques destinées aux touristes de passage).

Malgré leur nombre restreint, les Sherpas se retrouvent également dans d'autres régions du Népal, surtout à proximité des hauts sommets et dans les centres touristiques disposant d’une industrie hôtelière importante. Ils sont nombreux à Katmandou et à Pokhara, près du massif de l’Annapurna dans le centre-ouest du Népal. Des communautés sherpa importantes occupent la vallée de l’Arun près du Makalu, dans le nord-est du Népal. Hors Népal, en Inde notamment, des communautés sherpa sont établies dans les régions de Darjeeling, de Kalimpong de même que dans l’état indien du Sikkim.

Le mode de vie des Sherpas

Les Sherpas sont traditionnellement commerçants, agriculteurs et pasteurs. La plupart des familles sherpa possède quelques champs, plutôt de petite dimension, dont l'un est attenant à leur maison. Les autres se trouvent souvent à des distances importantes. Ce morcellement de la terre est principalement dû aux règles régissant l'héritage.

Dans le Solu, les Sherpas sont principalement cultivateurs alors que les conditions climatiques permettent des cultures variées. Plus au nord dans le Khumbu, ils font l’élevage du yack et pratiquent une agriculture de subsistance là où les conditions climatiques le permettent. Ils cultivent de l’orge, du blé, du sarrasin et la pomme de terre. Celle-ci fut introduite au Khumbu au XIXe siècle. Du fait que l’on peut la cultiver à des altitudes supérieures à celles des céréales nordiques, cette culture a passablement modifié le mode de subsistance des Sherpas. L'été, les Sherpas conduisent leurs bêtes dans les alpages d'altitude (kharka). Les familles y disposent la plupart du temps d'une cabane très rudimentaire (yersa) pour s'abriter durant leur séjour à la kharka.

Les expéditions alpines sur les hauts sommets himalayens et les randonnées de trekking sur les pistes d’approche de ces sommets, ont ouvert de nouvelles possibilités aux Sherpas. Ceux-ci pratiquent désormais en grand nombre les métiers de la montagne en accompagnant les membres des expéditions alpines sur les sommets de même que les trekkeurs sur les sentiers du pays sherpa. Ces métiers sont venus combler un manque à gagner important du fait de la diminution du commerce du sel tibétain, à la suite de l’annexion du Tibet par la Chine.

La société sherpa

Les Sherpas parlent un dialecte tibétain rattaché à la famille des langues tibéto-birmanes. Leur organisation sociale est basée sur le clan patrilinéaire. L'autorité au sein de la famille relève du père. La règle de filiation est donc paternelle : en l'absence du père, l'autorité sur les enfants est exercée par un membre du clan paternel, habituellement son frère aîné. Les clans sont exogames : un Sherpa ne peut épouser une personne appartenant à son propre clan. La société sherpa compte de nos jours une vingtaine de clans dont les Punassa, les Lhurka, les Paldorjee, les Nawa, les Chappa, etc.

Stratification sociale

Il n'y a pas à parler de régime de castes, comme c'est le cas chez les hindous. La société est néanmoins hiérarchisée. Les plus anciens clans sont considérés supérieurs aux clans regroupant ceux qui sont arrivés au cours du XVIIIe siècle. Les immigrants d'origine tibétaine plus récents forment une « caste » inférieure considérée impure. Les membres de ce groupe exercent souvent des métiers qui sont interdits aux Sherpas : ceux de forgeron (kami) et de boucher (yiawa) notamment. La prépondérance du clan tend à diminuer au sein de la société sherpa proprement dite, la richesse devenant de plus en plus le critère de différenciation sociale.

Inégalités sociales

La société sherpa est inégalitaire. Autrefois, les familles les plus riches étaient celles qui possédaient les plus vastes troupeaux de yacks. Plusieurs habitaient notamment la région de Khumjung et Khunde, deux villages voisins au nord de Namche Bazar. Ces villages sont toujours habités par des familles relativement aisées. La société sherpa compte désormais de nouveaux riches. Plusieurs Sherpas ont su profiter de l'essor du tourisme pour se lancer en affaire et ont fort bien réussi : propriétaires d'auberges, de restaurants, d'agences de trekking, guides de montagnes, etc. Le fossé entre les riches et les pauvres s'est accentué. À côté des propriétaires prospères, vivent dans une pauvreté extrême, de nombreuses familles sherpa, surtout en dehors des circuits fréquentés par les touristes.

La famille

La Sherpani (femme sherpa) est assujettie à son époux. Elle s'occupe des tâches ménagères, de l'éducation des enfants et des cultures en l'absence du mari. Elle gère souvent les dépenses du logis. Avec l’avènement du trekking, de nombreux Sherpas ont ouvert des petites auberges ou ont converti une partie de leurs maisons en lodges pour accommoder les trekkeurs. Durant les saisons touristiques, au printemps et à l'automne, lorsque les maris partent à la montagne, les Sherpani assument l'entière responsabilité du foyer et assurent le fonctionnement des lodges et des petites auberges.

Les parents sherpa sont très permissifs en ce qui a trait à l'éducation des enfants. Les enfants se voient par ailleurs confier des responsabilités très tôt dans la vie. Ils doivent exécuter les corvées d'eau et de bois de chauffage. On voit souvent les fillettes porter un jeune enfant de la famille dans une sorte de poche en tissu accrochée à leur dos. Les jeunes garçons apprennent tôt à prendre soin des yacks. Vers la fin de l'adolescence, nombreux sont ceux qui partent dans les hauts pâturages pour y faire paître les yacks durant la saison estivale.

Traditionnellement, bien que ce ne soit pas strictement pratiqué, le prénom attribué aux hommes correspond souvent au jour de la semaine où ils sont nés : Dawa (lundi) ; Mingma (mardi) ; Lhakpa (mercredi) ; Phurba (jeudi) ; Pasang (vendredi) ; Pemba (samedi) ; Ngima (dimanche). Les Sherpas ont pour patronyme, le nom de leur ethnie. Afin de se distinguer entre eux, puisque nombreux sont ceux qui portent le même nom, les Sherpas ont l'habitude de préciser le lieu de résidence de la personne qu'ils veulent désigner : Mingma Sherpa de Pangboche ou Pasang Sherpa de Khumjung par exemple.

Religion

On ne peut parler des Sherpas sans aborder leur religion, surtout leur ferveur religieuse, tellement leur quotidien en est imprégné. Les Sherpas sont bouddhistes. Plus précisément, ils pratiquent le bouddhisme tantrique rattaché à l’école Vadjrayana et Mahayana, parfois appelé bouddhisme tibétain ou lamaïsme. Encore plus précisément il s'agit de l'ecole Nyingma du bouddhisme tibetain. Cette forme de bouddhisme se caractérise par ses nombreuses divinités et par un ensemble de rituels faisant largement appel au mouvement et au son, ce qui lui confère un caractère quelque peu ésotérique. Ayant conservé des rudiments de la vieille religion bön prébouddhique, le bouddhisme des Sherpas comporte de nombreuses superstitions et la croyance en un monde d'esprits malveillants, d'où le recours à des pratiques chamaniques ayant notamment pour but d’amadouer les mauvais esprits, cause de maladie et de mauvaise fortune.

Les chamans seraient très peu nombreux désormais dans les communautés sherpa et leur influence ne serait plus très probante.

Les lamas

Dans cette forme de bouddhisme, les prêtres sont des lamas. Ils vivent dans des monastères (gompa). Les moines qui ont prononcé leurs vœux de célibat sont désignés par le terme gelung. Quant aux moines novices, on les nomme chade. Chaque monastère est dirigé par un lamache (Grand Lama).

Le clergé compte aussi des lamas de village. Ce sont des paysans, la plupart du temps mariés, ayant acquis quelques connaissances religieuses dans un monastère ou auprès d-un autre lama. Les Sherpas respectent autant les lamas de village que les lamas des monastères. Comme les lamas, les lamini peuvent être nonnes ou mariées. Elles ne sont cependant pas autant considérées que les lamas dans la communauté.

Les lamas des monastères se réunissent quotidiennement pour assister aux offices religieux pendant lesquels ils récitent en chœur des mantras, tout en faisant tourner leurs moulins à prières, tandis que retentissent coups de tambour, de gong et de cymbale. De longues heures sont également consacrées à l'étude de la philosophie et des textes sacrés.

Cérémonies et fêtes

Les lamas procèdent à de nombreuses cérémonies de prières à l'égard de tout ce qui fait partie du cadre de vie des Sherpas : bénédiction des maisons, des troupeaux, des récoltes, prières lors des décès pour aider l'âme du mort à trouver le chemin de sa future incarnation, etc.

Ils organisent les grandes fêtes religieuses qui sont en même temps occasions de réjouissances pour l'ensemble de la communauté. Les paysans sont alors appelés à assister aux cérémonies hautes en couleurs où des moines-danseurs, portant habits d’apparat et masques, personnifient dieux et démons dans des chorégraphies sophistiquées ayant pour but de rappeler la victoire du bien sur le mal. La fête religieuse la plus spectaculaire est le Mani Rimdu. Elle se tient chaque printemps à Thame et à l'automne à Tengboche (Tyangboche), où se trouve le monastère le plus illustre du pays sherpa. L'été a lieu le Dumje à Pangboche. Losar, le jour de l'an tibétain, est également fêté par les Sherpas.

Ferveur religieuse

Les paysages du pays sherpa sont empreints de leur ferveur religieuse. Des reliquaires (chorten) contenant les restes de religieux, des objets leur ayant appartenu ou tout simplement des objets sacrés, se dressent sur les cols de montagne ou gardent l'entrée des villages. Le long des sentiers, des pierres gravées de prières ou d'illustrations à connotation religieuse (mani) sont entassées pour former de longs murets. Accrochés aux maisons, aux monuments religieux et au sommet des cols, flottent au vent des drapeaux à prières, petites pièces d’étoffe multicolores imprimés de prières, placées côte à côte sur des cordes. Au bord des ruisseaux et des rivières, de gros moulins à prières, en forme de cylindres gravés de mantras, tournent par l'action de l'eau des torrents qui dévalent les pentes. Des moulins à prières de plus petites tailles sont également souvent alignés en rangée et encastrés dans les murs des bâtiments et monuments religieux. Les faire tourner de la main droite dans le sens des aiguilles d’une montre équivaut à prier pour les Sherpas.

Ces objets ne sont pas de simples décorations religieuses. Actionnés par le vent ou l'eau, ils servent à transmettre les prières qui y sont inscrites vers l'au-delà. Lorsque l'objet n'est pas mu par une force naturelle, le mouvement du passant qui le contourne remplit la même fonction. Contourner un chorten est l'équivalent d'une prière. De même, contourner un mur mani équivaut à réciter toutes les prières qui sont inscrites sur les pierres qui y sont entassées. En pays sherpa, les monuments religieux doivent toujours être contournés par la gauche, afin qu'ils soient situés à droite, le côté gauche étant considéré impur.

Le bouddhisme des Sherpas postule la réincarnation des êtres. La qualité de la prochaine incarnation dépend du karma, c'est-à-dire des mérites obtenus par la somme des bonnes et mauvaises actions dans la présente vie et les vies antérieures. Les prières sont méritoires. Aussi, les Sherpas utilisent des objets qui «prient» mécaniquement pour accroître leurs mérites en vue d’une bonne réincarnation. Il suffit de les observer quelque peu pour constater que ces pratiques ne diminuent en rien leur ferveur religieuse.

Alimentation

Les Sherpas élèvent le yak (yack), ils en sont d'ailleurs très fiers. Ils l'élèvent pour sa chair, sa laine, sa peau, son lait (barraté pour en faire du fromage et du beurre) et sa bouse.

Anciennement, les Sherpas se nourrissaient uniquement des quelques produits de leurs maigres cultures et plus rarement de leur élevage : farine de sarrasin et d'orge, quelques variétés de légumes et exceptionnellement un peu de viande. Avec l’orge grillé additionné d’eau ou de thé salé, parfois enrichi de beurre de yack, on préparait la tsampa, le met traditionnel tibétain, consistant en une sorte de purée dense. Avec l'orge et le sarrasin, on préparait aussi des chapati, une sorte de pain en galette cuit dans une poêle. Les jours fastes, de petits morceaux de viande mélangés aux plats agrémentaient les repas.

Quoique la tsampa compte toujours parmi les plats préparés par les Sherpas, la pomme de terre l'a remplacée comme aliment de base. Utilisée de différentes façons, elle a permis de varier les menus. Les Sherpas apprécient notamment le gurr, une galette de pomme de terre aux épices que l’on mange avec du fromage. Le shakpa, est une sorte de potage aux légumes auquel on ajoute des boulettes de pâte spongieuses. Le chuchif, un fromage séché coupé en cubes très dur, est aussi très apprécié. Les momo (kothe), un plat typiquement tibétain fait de raviolis farcis de viande ou de légumes cuits à la vapeur ou frit, est servi certains jours de fête ou encore pour honorer un invité. Quelques légumes cultivés sur place viennent agrémenter les plats de base : choux, oignons, radis et quelques autres variétés. Les familles plus aisées peuvent se procurer diverses denrées aux marchés : viande de brebis séchée, pâtes, lait en poudre, huile, oeufs, biscuits, farine etc.

Le riz, acheminé des collines, est particulièrement apprécié mais toutes les familles ne peuvent se le permettre car il coûte cher. Il est par ailleurs offert aux touristes sous forme de dal bath, où il est mélangé avec une soupe de lentilles ou de légumes. Il en va de même pour la viande car elle est rare. Les bouddhistes répugnent à tuer des animaux. La viande de yack est appréciée mais en général, seuls les vieux animaux ou ceux qui sont victimes d’un accident sont consommés. Parfois des animaux sont tués pour faire boucherie par un « étranger » appartenant à une catégorie ou « caste » jugée impure par les Sherpas.

Les Sherpas sont friands de thé tibétain au beurre rance (sucha), aussi appelé fecha. Ils fabriquent le chang, une sorte de bière à base d'orge dont la teneur en alcool est relativement faible, de même que l'arak (rakshi en népali), un alcool beaucoup plus corsé.

Les Sherpas et les métiers de la montagne

Avant l'arrivée des premiers alpinistes occidentaux au Népal, la conquête des hauts sommets himalayens ne constituait pas une préoccupation pour les Sherpas. Les expéditions alpines ont rapidement modifié le rapport qu'entretenaient les Sherpas avec la « demeure des dieux ». Vivant au pied des hauts sommets, étant forts, courageux, endurants physiquement et habitués aux difficultés que pose la vie en haute montagne, ils ont vite été remarqués et appréciés par les Occidentaux désireux de conquérir les sommets himalayens. Grâce à leur esprit d'entreprise, les Sherpas n'allaient pas manquer d'exploiter cette nouvelle opportunité s'offrant à eux.

Des hommes courageux et infatigables

Durant l'âge d'or de l'himalayisme, alors que les expéditions alpines se succédaient et que les cordées montaient à l'assaut des plus hauts sommets du monde, les Sherpas se sont avérés des aides inestimables, voire incontournables. Ils se sont rapidement taillés une réputation internationale enviable dans l'univers de l'escalade et de l'alpinisme.

Les Sherpas, exposés à la haute altitude depuis des générations, auraient développé des mécanismes physiologiques d’acclimatement génétique : augmentation de la surface alvéolaire et hémoglobine particulière. Leur capacité pulmonaire s’en trouverait donc accrue[1].

On dit des Sherpas qu'ils sont non seulement courageux mais aussi infatigables à la tâche, même dans les pires conditions. Leur tempérament enjoué et rieur est également très apprécié des alpinistes et des trekkeurs. On loue surtout leur grande loyauté. On ne compte plus les événements où des Sherpas ont risqué leur vie pour sauver des grimpeurs en détresse sur les sommets. Ils représentent un peu moins du tiers des morts sur l'Everest[2].

Leur prestation et leurs qualités ont tellement marqué le monde de la haute montagne que de nos jours, le terme « sherpa » est abondamment utilisé, incorrectement d’ailleurs, pour désigner ceux qui pratiquent les métiers de la montagne.

Métiers de la montagne et emplois connexes

La plupart des « porteurs d’altitude » accompagnant les expéditions alpines sur les hauts sommets appartiennent effectivement à l’ethnie Sherpa. Les guides de montagnes sont également la plupart du temps des Sherpas. Ces derniers ont cependant graduellement délaissé la fonction de porteur au sein des randonnées de trekking. Ils y ont été remplacés par des Népalais appartenant notamment aux ethnies Raï, Tamang et Gurung. Des gens de caste des collines pratiquent aussi le métier de porteur. Les Sherpas exercent habituellement les fonctions les mieux rémunérées dans l’échelle des métiers de la montagne : sirdar (chef des équipes népalaises accompagnant les expéditions), guide de montagne, porteur d’altitude et cuisinier.

En marge de leur implication dans les métiers de la montagne proprement dits, de nombreux Sherpas exercent des emplois connexes. Plusieurs sont propriétaires d'agences organisant des expéditions alpines et surtout des randonnées de trekking. Le trekking est devenu une véritable industrie au Népal. Ces agences sont principalement situées à Katmandou et Pokhara. Les agences de voyages internationales spécialisées dans le voyage d'aventure traitent souvent avec ces agences népalaises locales pour l'organisation de la logistique supportant les circuits de trekking qu'ils offrent à leurs clients trekkeurs. Les Sherpas sont ainsi devenus une courroie quasi-incontournable dans l'univers du mountaineering himalayen.

Des Sherpas célèbres

Le Sherpa le plus connu est Tenzing Norgay. Faisant équipe avec Edmund Hillary, ils ont les premiers conquis l’Everest en mai 1953.

Babu Chhiri Sherpa a établi le record de la plus longue période de temps passée au sommet de l’Everest sans oxygène. Le 6 mai 1999, il y est resté 21 heures 30 minutes, surprenant tous les experts qui ne croyaient pas l’homme capable de s’exposer aussi longtemps dans un environnement aussi pauvre en oxygène.

Deux Sherpas, Pemba Dorjie et Lhakpa Gelu, ont récemment concouru afin de savoir lequel des deux pouvait escalader le mont Everest le plus rapidement à partir du camp de base. Le 23 mai 2003, Dorjie réussit l’escalade en 12 heures et 46 minutes. Trois jours plus tard, Gelu battit son record de 2 heures, arrivant en 10 heures 46 minutes. Le 21 mai 2004, Pemba Dorjie améliora encore le record par plus de deux heures, avec un temps total de 8 heures et dix minutes. Ce nouveau record a d'abord été contesté par ses concurrents. Après enquête, le Ministère du Tourisme népalais a confirmé ce nouveau record.

Parvenu 21 fois au sommet, Appa Sherpa détient le record du plus grand nombre d'ascensions réussies sur l’Everest. Après une première escalade réalisée le 10 mai 1990, il bat son propre record le 16 mai 2007 (17e ascension), puis le 22 mai 2008 (18e), le 21 mai 2009 pour sa 19e ascension, le 22 mai 2010 pour sa 20e ascension et enfin le 11 mai 2011 pour sa 21e ascension battant ainsi son ancien record

Notes et références

  1. [PDF] Physiopathologiques des pratiques sportives en haute altitude, p.77
  2. (en) Peter Gillman, Leni Gillman, Everest: eighty years of triumph and tragedy, The Mountaineers Books, 2001, 240 p. (ISBN 0-89886-780-0) [lire en ligne], p. 205 

Voir aussi

  • Le lama de Lawoudo, histoires de réincarnation en pays sherpa, (histoire de Lama Zopa Rinpoché) par Jamyang Wangmo, préface du dalaï-lama, traduit par Philippe Penot, Editions Vajra Yogini, Marzens (Tarn), Juillet 2006, ISBN 2-911582-63-2

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