Sea Island cotton

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Le coton de Sea Island est une variété de coton dont la qualité était prisée. Il s'agit du Gossypium barbadense. Il a joué un rôle majeur dans l'histoire de la culture du coton aux États-Unis.

Sommaire

Caractéristiques

Appelé aussi Géorgie long ou coton Géorgie longue-soie, le coton de "Sea island" (Gossypium barbadense) était encore considéré en 1845 par les industriels comme le "roi des cotons connus", tant "par sa longueur et sa finesse que par sa force, sa propreté et sa blancheur argentée, brillante".

En 1806, il se vendait 30 cents la livre contre 22 cents pour les autres variétés[1]. Plus tard sur le marché français, certaines variétés de ce coton valèrent jusqu'à 8, 10, et même 14 livres le kilogramme[2], selon le dictionnaire des arts et manufactures de Charles Laboulaye (1845).

Il sera appelé aussi appelé par la suite "coton jumel", du nom de la partie de Saint-Domingue où est cultivé, avant l'insurrection de 1791, une variété avec laquelle il sera croisé. La longueur de ses fibres est adaptée aux machines inventées à cette époque en Angleterre, même si la plante elle n'est pas adaptée à tous les sols et les climats. Il sera ainsi implanté au 19ème siècle, en 1825, en Égypte [3], où est croisé avec le Jumel, puis en Inde après la guerre de Sécession, où il rencontre des difficultés d'adaptation et souffre de sa vulnérabilité à des maladies comme celle de la capsule.

Une origine orientale ou péruvienne

Cette variété de coton serait venue du Pérou ou d'Orient, selon les versions. Elle a pu être importée du Pérou en Orient, qui est jusqu'en 1740 la principale zone de culture du coton dans le monde.

Les innovations technologiques des premiers entrepreneurs du coton britannique incitent Kinsey Burden, planteur de coton en Caroline du Sud, à rechercher une machine permettant de trier les semences des fibres. Son "roller gin" mis au point en 1778, amélioré par les planteurs exilés aux Bahamas dans les années 1780, sera perfectionné en 1793 par le "cotton gin" d'Eli Whitney, mis au point sur une plantation de la rivière Savannah. Les planteurs recherchent alors des variétés de coton plus performantes, à poil plus long.

C'est après un succès-éclair aux Bahamas lors de la guerre d'indépendance américaine, que la Sea "Island cotton" a connu une très forte croissance, entre 1784 et 1800, lors de son acclimatation dans les dizaines d'îles qui ceinturent le littoral de Géorgie, au sud de la ville de Savannah, et de Caroline du Sud, au nord de cette ville. Dans les années 1790 et 1800 il est implanté le long de la rivière Savannah, qui sépare les deux États.

Les succès de la culture du coton ont déclenché à partir de 1785 en Géorgie les premiers épisodes spéculatifs du Scandale de Yazoo Land, une recherche effrénée de terres agricoles, qui prendra son ampleur dans les années 1790.

Un premier succès aux Bahamas dans les années 1780

C'est aux Bahamas que la nouvelle variété de coton a incubé. André IV Desveaux, issu d'une dynastie de planteurs d'indigo venus de Sait-Domingue épousa une loyaliste anglaise et dut partir après la guerre d'indépendance. Avec l'autorisation de Londres, il prit la tête d'une expédition d'anglais loyalistes qui envahissent les Bahamas[4], avec 6000 de leurs esclaves, faisant quadrupler la population noire de cet archipel et développant les nouvelles variétés de coton. Dès 1787, les Bahamas exportent 219 tonnes de coton "Sea Island", pour 27393 sterling, avant d'être contraint de revenir en Caroline, car le sol sableux des Bahamas s'épuise.

Leur retour fut précédé dès 1784 par celui du premier planteur de Sea Island cotton de Caroline du Sud, le colonel Roger Kelsal, mort en 1788, à qui a succédé son fils William Kelsal, mort en 1791 sur sa plantation de Little Exuma, aidé de son beau-frère Daniel de Saussure et de son associé Jean-Marc Verdier, appelé aussi John Mark Verdier. Le coton de Caroline s'est installé prioritairement sur les paroisses de Saint Helena et Saint Luke[5], dans l'archipel de Beaufort, où les Desveaux, dynastie de planteurs de Saint-Domingue avait développé auparavant l'indigo. A la frontière géorgienne toute proche, le planteur Alexandre Bissel[6] plante du Sea Island cotton deux ans plus tard, dès 1786 et l'exporte en 1788. En 1790, en Caroline, William Eliott produit aussi cette variété de coton[7].

Les introducteurs possibles

L'un des introducteurs du "Sea Island cotton" en Amérique a peut-être été le planteur Nicholas Turnbull (1754-1824), né en Asie mineure, qui a ramené des semences de coton et les plante en 1787 sur l'îlet Mosquito de Caroline du Sud, où son père Johnn Turnbull avait reçu des terres en 1763. L'introducteur principal est plus probablement Francis Levett un autre planteur, qui exporte 10.000 livres de sea island coton dès 1791. Ex-marchand de la Compagnie anglaise du Levant, il a vécu en Italie, puis a fondé Julianton Plantation, une petite colonie sur la côte orientale de Floride[8] dont il est exproprié par les espagnols en 1783 en pleine guerre d'indépendance américaine. Il fui aux Bahamas à la même époque que les Desveaux avant de revenir sur le littoral américain en même temps qu'eux.

Vers 1790, grâce à l'aide de son ami le colonel Henry Laurens (1724-1792), planteur de riz en Caroline du Sud, Levett installe une nouvelle Julianton Plantation, du nom de sa femme, sur la péninsule d'Harris Neck, juste en face de l'île de Sapelo en Géorgie vers 1790, où vivait une colonie de français financée par le négrier de Saint-Malo et Saint-Domingue, Pierre-Jacques Meslé de Grand-Clos, qui se lancent dans le coton dès 1790 en prévision de l'insurrection de Saint-Domingue[9].

Le boom des exportations de coton américaines après 1790

Entre 1790 et 1801, les exportations de coton de Caroline du Sud sont multipliées par 800, et atteignent 8,4 millions de livres[10]. À Savannah, le coton gin d'Eli Whitney perfectionne en 1793 le ""roller gin" mis au point en 1778 par Kinsey Burden et développé aux Bahamas. La production de coton est multipliée par huit entre 1794 et 1804. Le prix moyen du coton sur la décennie 1790 (35 cents la livre) est pourtant moins élevé que sur années 1816-1820, avec le pic de 1816 à 63,2 cents la livre.

La croissance est encore plus forte en Géorgie voisine, où la production de coton a été multipliée par 20 entre 1791 et 1801[11], passant de 2 à 48 millions de livres[12]. Les planteurs de coton, d'abord installés sur l'île de Sapelo vont migrer à la fin du siècle vers Augusta en remontant la rivière Savannah[13] et la rivière Ocmulgee vers le fort Benjamin Hawkins, du nom du colonel Benjamin Hawkins (1754-1816), construit en 1806 pour tenir en respect les indiens creek, qui devient en 1823 la ville de Macon.

Plus globalement, entre 1793 et 1800, les exportations américaines de coton passent d'un demi-million de livres à 18 millions par an, puis atteignent en 1820 quelques 128 million de livres par an[14], selon Stephen Yafa, dans Big Cotton. jusque là, le premier producteur mondial était Saint-Domingue en 1789 avec 6 millions de livres.

Le Sea Island Cotton fut plus tard aussi cultivé en Algérie dans la région d'Oran[15] et à partir de 1820, par un ingénieur genévois du nom de Jumel, qui meurt en 1828[16], en Égypte où "le climat et le voisinage des bouches du fleuve" faisaient de ce point du globe celui qui, après les États-Unis, était "peut-être le plus favorable à la culture du sea-island"[17].

L'un de ses promoteurs est le français Etienne Jumel, négociant bordelais passé à Saint-Domingue, puis émigré à New-York au moment de l'insurrection. C'est alors l'un des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique et le négociant américain qui arme le plus vers Bordeaux[18]. Jumel est avec Cayes, le nom d'une des deux villes du sud de la partie française de Saint-Domingue[19].

Sa culture a depuis beaucoup reculé et ne concerne plus que 5% de la production mondiale[20].

Notes et références

  1. http://books.google.fr/books?id=zCxCAAAAIAAJ&pg=PA371&dq=Kinsey+Burden&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=WjbOSe6eKYj-NbPdoY8L#PPA370,M1
  2. Dictionnaire des arts et manufactures "Sea Island Cotton sur googlebooks
  3. http://www.sapphire.com.hk/main.php?which_page=oncotton
  4. http://books.google.fr/books?id=WjdhnfG0tYcC&pg=PA350&lpg=PA350&dq=%22Sea+Island+cotton%22+Denmark+Vesey&source=bl&ots=yvjllfT_b8&sig=gpunaswZ8RkrBjM-Jb8Jc9e2sss&hl=fr&ei=ChjOSYnuE4HMjAf5z-nOCQ&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result#PPA279,M1
  5. http://books.google.fr/books?id=WjdhnfG0tYcC&pg=PA350&lpg=PA350&dq=%22Sea+Island+cotton%22+Denmark+Vesey&source=bl&ots=yvjllfT_b8&sig=gpunaswZ8RkrBjM-Jb8Jc9e2sss&hl=fr&ei=ChjOSYnuE4HMjAf5z-nOCQ&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result#PPA277,M1
  6. http://books.google.fr/books?id=zCxCAAAAIAAJ&pg=PA371&dq=Kinsey+Burden&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=WjbOSe6eKYj-NbPdoY8L#PPA370,M1
  7. http://books.google.fr/books?id=zCxCAAAAIAAJ&pg=PA371&dq=Kinsey+Burden&lr=&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=WjbOSe6eKYj-NbPdoY8L#PPA370,M1
  8. Julianton Plantation sur unf.edu
  9. Slave Counterpoint sur Google Books
  10. http://books.google.fr/books?id=WjdhnfG0tYcC&pg=PA350&lpg=PA350&dq=%22Sea+Island+cotton%22+Denmark+Vesey&source=bl&ots=yvjllfT_b8&sig=gpunaswZ8RkrBjM-Jb8Jc9e2sss&hl=fr&ei=ChjOSYnuE4HMjAf5z-nOCQ&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result#PPA281,M1
  11. http://www.georgiaencyclopedia.org/nge/Article.jsp?id=h-2087
  12. http://www.georgiaencyclopedia.org/nge/Article.jsp?id=h-3497
  13. http://www.georgiaencyclopedia.org/nge/Article.jsp?id=h-2087
  14. http://www.sapphire.com.hk/main.php?which_page=oncotton
  15. Revue contemporaine sur GoogleBooks
  16. http://books.google.fr/books?id=AExoY-1AieIC&pg=PA9&lpg=PA9&dq=jumel+cotton&source=bl&ots=OfzTppJWkF&sig=Z2OYhL6SM3Zm_6gob3RzI--0Dq8&hl=fr&ei=9AG-SdLDFtTIjAepjZGTCA&sa=X&oi=book_result&resnum=2&ct=result
  17. Revue des deux mondes sur googlebooks
  18. http://books.google.fr/books?id=cp_44QvaPs8C&pg=PA385&dq=jumel+domingue&lr=
  19. http://books.google.fr/books?id=PlkFAAAAQAAJ&pg=RA2-PA134&dq=jumel+domingue&lr=
  20. http://cristolinette.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&_c=BlogPart&partqs=cat%3Dfaits%2Bde%2Bsoci%25c3%25a9t%25c3%25a9

Voir aussi

Bibliographie

  • Le Coton au fil du temps, par Michelle Jeanguyot
  • The History of Beaufort County, South Carolina: 1514-1861 par Lawrence Sanders

Lien externe

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