Sappho


Sappho
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Sapphô
Sapphô lisant un poème à ses amies, vase attique, vers 440-430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Sapphô lisant un poème à ses amies, vase attique, vers 440-430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

Activités poète.
Naissance vers 630 av. J-C
Mytilène, Île de Lesbos
Décès vers 580 av. J-C
Langue d'écriture grec ancien
Genres poésie lyrique.
Œuvres principales
  • Hymne à Aphrodite
  • Poème « L'égal des dieux » (fr. 31)

Sapphô est une poétesse grecque de l'Antiquité qui a vécu au VIIe siècle av. J.‑C. à Mytilène, sur l'île de Lesbos. Elle serait née vers 630 av. J-C et morte vers 580 av. J-C.

Sommaire

Le problème des sources

On ne connaît que peu d'éléments sûrs concernant Sapphô : en effet, son amour pour les femmes est clairement lisible dans certains de ses poèmes, ce qui en a empêché la préservation par les scribes chrétiens médiévaux (les sources antiques elles-mêmes la condamnant parfois pour cela : la Souda, par exemple, parle d'« amitiés honteuses »). Ainsi, il ne nous reste d'elle que des fragments et des citations éparses faites par d'autres auteurs s'étendant à travers les siècles. On ne peut reconstituer son œuvre et sa vie qu'à travers ce prisme très déformant. Il ne faut donc pas perdre de vue qu'on parle à la fois d'une personne et d'un personnage, sans qu'il soit toujours facile de distinguer l'une de l'autre.

Le nom de Sapphô

En ionien-attique puis en koinè, le nom de la poétesse est Σαπφώ / Sapphố. Or, à plusieurs reprises (dans les fragments 1, 65, 94, 133 Lobel-Page/Loeb) Sapphô se nomme, sous la forme Ψάπφοι / Psápphoi, qui semble être la version éolienne de son nom. Le nominatif (c’est-à-dire la forme éolienne par laquelle on la désignerait) correspondant à ce vocatif est Ψαπφώ / Psapphố.

Vie de Sapphô

Buste de Sapphô (?), copie romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.‑C., musées du Capitole (MC 1164)

Les sources étant toutes très postérieures à son époque, elles doivent être considérées avec réserve.

D'après Strabon, Sapphô aurait été contemporaine de son concitoyen, Alcée (circa 620), et du tyran Pittacos (645-570). La Souda la fait naître (ou avoir été vivante de manière sûre, le terme grec n'étant pas clair) pendant la 42e olympiade (612/608 av. J-C). Actuellement, on s'accorde pour penser qu'elle serait née vers 630 av. J-C à Mytilène dans l'île de Lesbos, et que 620 avant notre ère correspond à une date à laquelle elle était vivante. Ses parents, Scamandronymos et Cléis, notables de la cité, auraient été engagés dans des affaires politiques qui auraient causé quelques torts à leur fille voire son exil vers la Sicile[1]. Un papyrus d'Oxyrhynque (portant le numéro 1880), confirme la plupart de ces renseignements. Cependant Ovide[2] affirme qu'elle aurait perdu son père à l'âge de six ans. Par ailleurs, on lui connaît trois frères : Characos, qui gaspilla sa fortune en Égypte pour une courtisane de Naucratis nommée Doricha, Eurygios dont on sait peu de choses, et enfin Larichos qui faisait fonction d'échanson au prytanée de Mytilène[3].

Si son « homosexualité » ne fait aucun doute[4], il faut se rappeler que le terme même est anachronique à cette époque où il n'a guère de sens. Ses écrits n'ont pas soulevé de grande polémique de son vivant. De plus, on sait qu'elle a été mariée à un certain Kerkylas et a eu une fille à qui elle donna le nom de sa mère, Cléis, et qu'elle dit avoir chérie plus que tout[5]. A en croire Claude Mossé [6] les mœurs étaient très libres à cette époque dans ce type de société. Elle a vraisemblablement fondé puis dirigé à Mytilène une école pour jeunes filles où elle a enseigné la poésie, la musique, la danse et les mystères d'Aphrodite, jeunes filles parmi lesquelles elle devait compter ses amantes. L'objectif de cette école est de permettre aux jeunes élèves de réaliser un idéal de beauté féminine que les Muses et la déesse qu'elles honorent ont les premières incarné. Les jeunes filles ne deviendront pas des prêtresses d'Aphrodite, elles se marieront tout comme leur maîtresse. Elle était décrite petite, brune et mate de peau[7].

Il n'est pas facile d'extraire de ces indications clairsemées quoi que ce soit de réellement objectif. La légende cependant s'est emparée d'un tel personnage, lui inventant une fin tragique (elle se serait jetée dans la mer depuis l'île de Leucade à cause d'un amour non partagé pour un certain Phaon), ce qui est probablement une confusion avec une autre Sappho, joueuse de lyre et courtisane (selon la Souda). En effet la postérité, gagnée peu à peu par l'intolérance en ce qui concerne la liberté sexuelle des femmes (le papyrus d'Oxyrhynque indique qu'on l'a dès le siècle suivant « accusée » de mœurs dépravées), a éprouvé le besoin au fil des siècles de « salir » son image d'origine et de lui forger une destin plus satisfaisant : de là naquit par exemple l'intrigue qui inspira à Gounod un Opéra portant son nom[8].

Œuvre de Sapphô

Sappho et Alcée, par Lawrence Alma-Tadema (1881)

Très célèbre et appréciée dans l'Antiquité — dans une épigramme qui fut attribuée (sans doute par erreur) à Platon, l'auteur la qualifie de « dixième Muse » — il ne nous reste de ses écrits que peu de traces : un seul poème est arrivé jusqu'à nous dans son intégralité, l'Hymne à Aphrodite, les autres étant lacunaires (ce sont des fragments sur papyrus, des citations parfois limitées à un vers voire un mot). Son thème favori semble être la passion amoureuse. Elle a aussi écrit des épithalames. On peut donc dire de sa poésie qu'elle est lyrique.

Malgré le flou qui entoure son œuvre, certaines pièces restées très célèbres ont été pérennisées par des réécritures nombreuses, comme cette citation de dix-sept vers faite par le Pseudo-Longin dans son traité Du sublime décrivant une femme connaissant les affres de la passion en voyant celle qu'elle aime rire et se rapprocher d'un homme (fragment 31 de l'édition Loeb, fragment 2 dans l'édition Bergk) : source d'inspiration pour Louise Labé dans son sonnet VIII, on en retrouve aussi l'esprit dans la description que fait Jean Racine de la douleur de Phèdre dans sa pièce homonyme (acte I, scène 3, tirade commençant au vers 269). Ce poème, mêlant description des douleurs tant physiques que mentales endurées par une femme amoureuse sans être aimée en retour est devenu un véritable topos littéraire (voir notre première citation ci-dessous, ainsi que le livre qu'il a inspiré[9]).

Elle écrivait dans un dialecte grec dit éolien voire lesbien (caractérisé par la psilose, un bouleversement de l'accentuation et le maintien du digamma). On lui doit la création d'une forme métrique particulière, la « strophe sapphique ».

On lui attribue, vraisemblablement à tort parce qu'elles semblent être bien trop récentes, trois épigrammes de l'Anthologie palatine ainsi que des poèmes élégiaques (selon le papyrus d'Oxyrhynque 1800) dont rien n'est resté. On lui attribue même l'invention du plectre (même source), ce qui semble une confusion avec son utilisation de la harpe nommée pectis.

Car il ne faut pas oublier que le poète de cette époque était aussi un musicien, un aède qui s'accompagnait de la lyre, ou plus exactement pour Alcée et Sapphô du barbitos qui en était une espèce plus grave et plus allongée, et de sortes de harpes, dont les préférées de Sapphô étaient semble-t-il la magadis et la pectis qu'elle évoque parfois dans ses vers[10]: selon Théodore Reinach, ces instruments étaient équipés de cordes doublant les notes fondamentales à l'octave supérieur, leur apportant une résonance particulière[11]. Ainsi elle s'est également illustrée dans le domaine musical par l'invention - ou du moins la généralisation - du mode mixolydien[12]. Ces éléments renforcent autant qu'expliquent l'influence considérable qu'elle a exercée sur les artistes de son temps puis sur la postérité.

La Lesbienne

Sapphô est connue comme étant « la Lesbienne », c'est-à-dire, au départ par antonomase, « la personne célèbre de Lesbos ». L'homosexualité féminine ayant été rejetée dès l'âge classique en Grèce et d'autant plus à l'avènement du christianisme, le terme de lesbienne en est venu à désigner une femme homosexuelle au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. D'une même manière, les termes dérivés de son nom, saphisme et l'adjectif correspondant, saphique, dénotent plus souvent l'homosexualité féminine que ce qui a trait à la poétesse.

La poésie de Sapphô

Son classement

Poème de Sappho, livre II. Papyrus d'Oxyrhynque
Poème de Sappho, livre II. Papyrus d'Oxyrhynque.

Sapphô aurait composé neuf livres de poésie lyrique (selon la Souda). Ce sont les philologues alexandrins qui ont classé ses œuvres ainsi, apparemment selon leur mètre mais aussi parfois selon leur sujet. C'est du moins ce que nous pouvons observer dans l'ouvrage de Théodore Reinach publié sous le patronage de l'Association Guillaume Budé[13].

  • Le livre I serait entièrement constitué de poèmes en strophes dites saphiques (composées de trois vers choriambiques de 11 syllabes et d'un de 5 syllabes) ;
  • Le livre II serait composé d'œuvres écrites en pentamètres saphiques (14 syllabes) ;
  • Le livre III comporterait les œuvres écrites en tétramètres antipastiques acatalectiques, ou saphiques de 16 syllabes ;
  • Le Livre IV comporterait des strophes de deux vers éoliens, c'est-à-dire de tétramètres ioniques majeurs acatalectiques (16 syllabes)  ;
  • Le Livre V serait composé de vers glyconiens (8 syllabes), phaléciens (11 syllabes) et asclépiades mineurs (12 syllabes), beaucoup plus "doux" (sens du mot grec glycys) et élégiaques ;
  • Le Livre VI semble totalement perdu ;
  • Du Livre VII nous n'aurions que peu d'éléments, insuffisants pour préciser son contenu ;
  • De même pour le Livre VIII que Théodore Reinach pense constitué de pièces de sujet héroïque ;
  • Enfin le Livre IX contient les épithalames.

Citations et principaux thèmes d'inspiration

  • Voici le poème le plus complet et le plus célèbre de Sapphô, celui qui pour avoir inspiré un nombre incalculable de poètes (depuis l'époque romaine, avec Catulle, jusqu'à nos jours en passant par la Renaissance avec Louise Labé et Ronsard) fit l'objet d'une publication citée plus bas dans Études (L'égal des dieux. Cent versions d'un poème). Il est classé par Théodore Reinach dans le Livre I des œuvres de la poétesse, qui est composé de poèmes en strophes saphiques (trois vers de 11 syllabes, un de 5 syllabes), et fait partie des "fragments anciennement connus" (le 2d). Boileau le cite et le traduit dans son Traité du Sublime (ch. VIII), mais également Marguerite Yourcenar dans La Couronne et la Lyre. Cependant l'adaptation particulière de Renée Vivien mérite qu'on s'y attache, car elle a su reconstituer le rythme exact de la strophe saphique :

L'homme fortuné qu'enivre ta présence
Me semble l'égal des dieux, car il entend
Ruisseler ton rire et rêver ton silence,
Et moi, sanglotant,

Je frissonne toute et ma langue est brisée :
Subtile, une flamme a traversé ma chair
Et ma sueur coule ainsi que la rosée
Âpre de la mer ;

Un bourdonnement remplit de bruits d'orage
Mes oreilles, car je sombre sous l'effort,
Plus pâle que l'herbe, et je vois ton visage
A travers la mort...

Renée Vivien, Sapho, traductions[14].


  • Comme le souligne André Bonnard aux pages 125-130 de son étude[15], Sapphô ne décrit pas l'amour comme le font communément les poètes, sous la forme d'un bambin espiègle qui diffuse douceur et sensualité, mais bien au contraire comme un monstre effrayant qu'elle subit malgré elle. Elle emploie même des termes d'une rare brutalité pour évoquer ce torrent impétueux qu'elle ne peut maîtriser. En voici d'autres exemples :

Éros a ébranlé mon âme, comme le vent de la montagne qui s'abat sur les chênes.

Cité par Maxime de Tyr, De l'érotique de Socrate, 24,9. Traduction d'André Bonnard[16].

De nouveau Éros qui dissout les membres me torture,
doux et amer, monstre invincible,
ô Atthis ! Et toi, lasse d'attacher à moi
ton souci, tu t'envoles vers Andromède.

Fragment 97-8 du Livre V (asclépiades mineurs), cité également par Maxime de Tyr (De l'érotique de Socrate, 24) et par Hephaistion (Manuel de métrique). Traduction d'André Bonnard[16].


  • Mais laissons place à d'autres extraits où s'exprime davantage un lyrisme délicat fait de tendresse et de communion avec la nature. Voici un poème assez long qui rappelle que régulièrement les jeunes élèves de Sapphô étaient amenées à quitter l'école où elles avaient été formées pour suivre leur époux, ce qui parfois donnait lieu à des adieux déchirants. Ils provient du parchemin de Berlin n°9722, fragment 5, et est classé par Théodore Reinach dans le livre V sous le n° 96. Il est donc formé de vers plutôt courts (glyconiens de 8 syllabes et phaléciens de 11 syllabes), ce qui évoque un lyrisme très intime.

Souvent dans la lointaine Sardes
la pensée de la chère Arignota, ô Atthis,
vient nous chercher jusqu'ici, toi et moi.
Au temps où nous vivions ensemble
tu fus vraiment pour elle une déesse,
et de ton chant elle faisait ses délices.
Maintenant, entre les femmes de Lydie
elle brille, comme après le coucher du soleil
brille la lune aux rayons roses,
parmi les étoiles qu'elle efface.
Elle répand sa lumière sur les flots marins,
elle éclaire les prés en fleurs.
C'est l'heure où tombent les belles gouttes de rosée,
où renaissent la rose, la délicate angélique
et le parfum du mélilot.
Alors dans ses longues courses errantes,
Arignota se souvient de la douce Atthis,
l'âme lourde de désirs, le cœur gonflé de chagrins.
Et là-bas son appel perçant nous invite à la rejoindre,
et la nuit aux subtiles oreilles
cherche à transmettre au-delà des flots qui nous séparent
ces mots qu'on ne comprend pas,
cette voix mystérieuse...

Traduction d'André Bonnard[16].


  • Voici maintenant deux vers que l'on a coutume de rapprocher alors que rien n'indique qu'ils se suivaient. Ils proviennent de citations d'auteurs antiques et Théodore Reinach les situe dans le Livre II des œuvres de la poétesse sous les n° 41 et 42 : il s'agit donc de pentamètres dactyliques (13-14 syllabes).

Voici bien longtemps déjà que je t'aimai, Atthis...

Cité par Hephaistion, Manuel de métrique VII, 7. Traduction de Théodore Reinach[17].

Tu me semblais être encore une enfant toute petite, et sans grâce.

Cité par Plutarque, De l'Amour V, et par Maxime de Tyr, De l'érotique de Socrate, 24. Traduction de Théodore Reinach[16].


  • Malgré sa réputation d'amoureuse des femmes, Sapphô eut une petite fille qu'elle évoque dans ce fragment cité par Hephaistion dans son Manuel de métrique, chap. XV :

Je possède une jolie petite fille, pareille
à un bouquet de fleurs d'or, ma Cléis chérie,
que je ne donnerais ni contre toute la Lidye
ni contre l'aimable...

Traduction d'André Bonnard[18].


  • Les extraits qui suivent exaltent la poésie de la nuit et des astres :

La lune s'est couchée, et les Pléiades.
Il est minuit. L'heure passe, et je dors seule.

Livre IV, extrait 74, cité par Hephaistion, Manuel de métrique XI. Traduction d'André Bonnard[16].

Les étoiles autour de la lune radieuse
voilent de nouveau leur clair visage,
lorsque, dans son plein, elle illumine la terre
de son plus vif éclat.

Livre I, extrait 3, cité par Eustathe de Thessalonique dans ses commentaires sur l'Iliade VIII,555. Traduction d'André Bonnard[16].

Étoile du soir, toi qui ramènes tout ce qu'a dispersé l'aurore brillante,
tu ramènes la brebis, tu ramènes la chèvre, tu ramènes l'enfant à sa mère...

Cité par Démétrius (De l'Éloquence, 141) et rattaché par Théodore Reinach au livre IX des épithalames, car les commentateurs supposaient que le vers manquant évoquait la fiancée menée vers son époux. Traduction de Théodore Reinach dans Alcée, Sapho[19].


  • Enfin, voici deux exemples de poèmes de noces (épithalames) composés par Sappho dans le but d'être chantés par les jeunes filles de son école. Le premier vante la force de l'époux, tandis que le second exprime avec délicatesse les qualités de la jeune fille qui n'a pas encore trouvé de fiancé.

Allons, charpentiers, relevez la poutre du toit
Ô Hyménée !
Car voici qu'entre dans la maison nuptiale un fiancé égal à Arès ;
Non, pas égal à un dieu, mais bien plus grand qu'un homme de grande taille,
Ô Hyménée !
S'élevant au-dessus des autres comme l'aède Lesbien parmi les concurrents étrangers.

Livre IX n°110-111 (hexamètres dactyliques), cité par Hephaistion dans son Traité des mètres et par Démétrius dans De l'Eloquence, 148. Traduction Théodore Reinach[16].

Pareille à la pomme douce qui rougit au bout de la branche,
au plus fin sommet de l'arbre, l'ont-ils oubliée les cueilleurs de pommes ?
Non, ils ne l'ont pas oubliée, mais ils n'ont pas pu l'atteindre.

Extrait 112 du Livre IX selon l'ouvrage de Théodore Reinach[16]. Cité dans Hermogène, Des espèces de style, I, 1. Traduction André Bonnard[18].

Bibliographie

  • François Rigolot, « Louise Labé et la redécouverte de Sapho », Nouvelle Revue du Seizième Siècle, I (1983)

Sources

La vie de Sapphô est décrite de manière plus ou moins détaillée par de nombreux auteurs et textes anciens dont :

Études

  • Introduction consacrée à Sapphô dans le tome Greek Lyric, Sappho and Alcaeus, texte édité et traduit par David A. Campbell, édition Loeb Classical Library, Harvard University Press, 1982, réimpression corrigée de 1994.
  • Introduction consacrée à Sapphô dans Sappho, Poèmes et fragments, édition bilingue de Philippe Brunet, éd. L'Age d'Homme 1991
  • L'égal des dieux. Cent versions d'un poème, recueillies par Philippe Brunet, avec un avant-propos de Karen Haddad-Wotling, éd. Allia, 1998
  • John J. Winkler, Désir et contraintes en Grèce ancienne, Paris, Epel, 2005 (traduit de l'anglais, éd. originale 1990), chapitre 6 : "La double conscience dans la poésie de Sappho", p. 305-352.
  • Sandra Boehringer, L'homosexualité féminine dans l'Antiquité grecque et romaine, Paris, Belles Lettres, 2007, p. 53-58 et p. 211-222.
  • Civilisation grecque : De l'Iliade au Parthénon d'André Bonnard, La Guilde du Livre, Lausanne, 1954. Rééditions en poche, édition 10-18, 1963 et 1966.
  • La représentation de Sappho de Mytilène et la Basilique pythagoricienne de la Porte Majeure à Rome par Pierre Landete in Revue SIGILA 2010 n° 25 publiée avec le concours du Centre National du Livre et de la Fondation Calouste Gulbenkian.
  • Sapho de Lesbos, par Claude Mossé, article paru dans la Revue "L'Histoire", numéro spécial de janv. 1984 p. 20-23.

Textes

Les textes de Sapphô nous sont connus par de nombreuses citations de plusieurs auteurs, commentateurs et analystes ainsi que par des papyrus, principalement trouvés à Oxyrhynque. Plusieurs éditions sont notables :

  • Novem fæminarum Græcarum carmina, de Fulvio Orsini, Plantin, 1598 ;
  • Édition de Wolff, Hambourg, 1733 ;
  • Mousôn anthê, sive Selecta poetarum carmina et fragmenta, Schneider, 1802 ;
  • Alcée, Sapho, texte établi et traduit par Théodore Reinach, membre de l'Institut, avec la collaboration d'Aimé Puech, membre de l'Institut - Paris, Société d'éditions Les belles Lettres, 1937 (réédité en 1981). Édition incomplète, de nouveaux textes ayant été retrouvés depuis sa publication.
  • Greek Lyric, Sappho and Alcaeus, texte édité et traduit par David A. Campbell, édition Loeb Classical Library, Harvard University Press, 1982, réimpression corrigée de 1994.

D'Yves Battistini (traductions et commentaires) :

  • Sapphô, tome I, Le Cycle des Amies, éd. bilingue (texte grec et trad.) chez Michel Chandeigne, Paris, 1991.
  • Lyra Erotica, Imprimerie nationale, « La Salamandre »,1992.
  • Sapphô, tome II, La Cité et les Dieux, éd. bilingue (texte grec et trad.) chez Michel Chandeigne, Paris, 1994.
  • Sapphô, la dixième des Muses, Hachette, « Coup double », 1995.
  • Poétesses grecques, Sapphô, Corinne, Anytè, Imprimerie nationale, « La Salamandre », Paris, 1998.

Adaptations en vers :

  • Belles adaptations de Renée Vivien dans Sapho, Paris, A. Lemerre, 1903. On peut les trouver ici sur son site ou numérisées dans l'édition originale par la BNF à cette page.
  • Traductions plus récentes de Marguerite Yourcenar dans La Couronne et la Lyre, Paris, Gallimard, 1979, p.69-83.

Adaptations musicales

  • Le compositeur français Charles Chaynes a composé en 1968 un cycle de mélodies pour soprano colorature et trio à cordes intitulé Quatre poèmes de Sappho qui a fait l'objet d'un enregistrement microsillon EMI en 1970, remasterisé sur CD en 1989.
  • Angelique Ionatos, chanteuse grecque, a enregistré en 1991 avec Nena Venetsanou une interprétation de poèmes de Sappho sous le label Chorus, dans un disque intitulé Sappho de Mytilène ; enregistrement repris et enrichi d'un second CD en 2008 avec le titre Sappho de Mytilène à Elytis et sous le label Naive. Adaptations de style grec contemporain.
  • Esa-Pekka Salonen, compositeur et chef d'orchestre finlandais contemporain, a composé en 1999 "Five Images after Sappho" d'après des poèmes de Sappho, pour soprano et un ensemble de 7 musiciens au minimum, enregistré en 2001 sous le label Sony.
  • Le compositeur suisse Conrad Steinmann a reconstitué de la musique grecque ancienne[20] et a enregistré avec la cantatrice Arianna Savall un disque intitulé Melpomen avec plusieurs poèmes de Sappho (Harmonia Mundi, 2005).

Mais Sapphô a inspiré beaucoup d'autres musiciens. Pour en connaître davantage, voir le site "discographie saphique ou lesbienne".

Notes

  1. Le marbre de Paros informe de cet exil de Sapphô et le situe avec précision en 598 av. JC.
  2. Les Héroïdes, XV, 61-62.
  3. Cf. la Souda ; puis Athénée XIII, 596 B pour les démêlés de Characos avec Doricha, et Athénée XIII, 425 A en ce qui concerne Larichos.
  4. Cf. par exemple le fragment 97-8 du Livre V dans la partie "Citations":

    De nouveau Éros qui dissout les membres me torture,
    doux et amer, monstre invincible,
    ô Atthis ! Et toi, lasse d'attacher à moi
    ton souci, tu t'envoles vers Andromède.

    Cf. aussi le poème connu sous le titre L'égal des dieux.
  5. Voir le poème cité par Hephaistion dans son Manuel de métrique :

    Je possède une jolie petite fille, pareille
    à un bouquet de fleurs d'or, ma Cléis chérie...

  6. Voir son article dans le magazine L'Histoire, n°spécial de janvier 1984 ainsi que son livre La femme dans la Grèce antique, éd. Complexe, Bruxelles, 1991.
  7. Cf. Biographie du papyrus d'Oxyrhynque, ainsi que Maxime de Tyr, Dissertations XXIV, 7, ou encore un vers d'Alcée qui lui attribue des "tresses violettes" (selon Apollonios Dyscole, Des pronoms, 384 B).
  8. Sapho, Opéra en 3 actes de Charles Gounod, créé à Paris en 1851 puis remanié en 5 actes en 1884.
  9. L'Egal des Dieux, op. cit.
  10. Cf. le fragment cité par Démétrius dans De l'Eloquence, paragraphe 162 : "Femme à la voix bien plus douce que celle de la pectis", noté dans l'édition "Les Belles Lettres" comme le n°100 du Livre V.
  11. La Musique grecque, collection Payot, 1926, p. 126 pour le barbitos et p. 127 pour la magadis et la pectis. A consulter en ligne ici.
  12. Selon Aristoxène, théoricien de la musique. Cf. Théodore Reinach, Alcée, Sapho, op. cit., p.168.
  13. Alcée, Sapho édition Les Belles Lettres, op.cit.
  14. L'égal des dieux. Cent versions d'un poème de Sapho recueillies par Philippe Brunet, op.cit. p. 95.
  15. Civilisation grecque : De l'Iliade au Parthénon, op. cit.
  16. a, b, c, d, e, f, g et h Ibid.
  17. Alcée, Sapho, op. cit.
  18. a et b De l'Iliade au Parthénon, op. cit.
  19. Edition "Les Belles Lettres", op. cit.
  20. [ http://classicpersuasion.org/pw/sappho/sappbio7.htm H. T. Wharton's Life of Sappho]

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