Salamandridés


Salamandridés

Salamandridae

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Salamandridae
 Notophthalmus viridescens
Notophthalmus viridescens
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Amphibia
Sous-classe Lissamphibia
Ordre Caudata
Famille
Salamandridae
Goldfuss, 1820

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Les Salamandridae sont une famille d'amphibiens urodèles (dont les individus gardent leur queue à l'état adulte), décrite par le zoologiste allemand Georg August Goldfuss (1782-1848) en 1820. C'est une famille très diversifiée dont les membres présentent une écologie semi-aquatique à terrestre, des variations de parade nuptiale, de mode de reproduction (ovoviviparité, viviparité, oviparité), de méthode d'alimentation. Les Salamandridae regroupent plusieurs genres localisés dans une vaste zone à travers le monde (de l'Europe occidentale jusqu'à l'Oural, ainsi qu'en Inde, en Chine, dans le Nord de l'Afrique et en Amérique du Nord).

Sommaire

Nomenclature et systématique

La classification des amphibiens est relativement complexe et toujours en changement. La famille des Salamandridae est ainsi l'objet de nombreuses réorganisations systématiques et nomenclaturales, notamment grâce aux progrès de la phylogénétique. Une présentation toujours valable actuellement permet de diviser informellement les Salamandridae en deux grands groupes : les « vraies salamandres » (comprenant les genres Chioglossa, Lyciasalamandra, Mertensiella et Salamandra) et les « tritons » (regroupant les genres restants)[1],[2],[3]. Bien que ces deux groupes ne soient pas considérés comme des taxons à part entière, les études menées sur la phylogénie de la famille confirment l'origine monophylétique de ces groupes, qui pourraient donc être considérés comme des sous-familles de la famille Salamandridae[2].

Plusieurs genres ou espèces de Salamandridae font actuellement débat au sein de la communauté scientifique. Par exemple le genre Triturus, regroupant les tritons strictu senso, est désormais considéré comme polyphylétique et en cours de réorganisation[4],[5], ou l'espèce Salamandra salamandra chez qui certains taxons précédemment considérés comme des sous-espèces ont été élevés au rang d'espèce à part entière.

La place du genre Salamandrina n'est pas encore formellement reconnue, mais on s'accorde à dire qu'elle n'appartient ni au groupe des vrais salamandres, ni à celui des tritons précédemment cités. Le genre constituerait une lignée éloignée de ces deux groupes[1].

Liste des genres

De récentes études ont permis de préciser la phylogénie de certains genres de Salamandridae, ce qui a conduit à quelques remaniements taxinomiques. Le genre Mertensiella est devenu monotypique (c'est-à-dire qu'il ne contient plus qu'une seule espèce), Mertensiella luschani étant désormais dénommé Lyciasalamandra gen. nov. luschania. Le genre Triturus est également en cours de réorganisation, de récentes études phylogénétiques ayant remis en cause la monophylie de ce taxon.[1],[3],[6]

Biologie et comportement

La Salamandre tachetée prévient ses ennemis de sa toxicité par ses couleurs vives et voyantes.

Les Salamandridae forment un groupe très diversifié, autant dans les caractéristiques morphologiques que dans les adaptations écologiques et comportementales (alimentation, parade nuptiale et reproduction). La quasi-totalité des espèces de la famille ont des larves aquatiques, à l'exception de certaines « vraies salamandres » comme la Salamandre noire (Salamandra atra) qui mettent au monde des individus complets munis de poumons, pouvant vivre à l'air libre dès leur naissance. Les individus adultes ont pour la plupart un mode de vie bi-phasique, terrestre et aquatique, dans différentes proportions selon les genres. Le groupe des « vrais salamandres » (genres Chioglossa, Salamandra, Lyciasalamandra) montre ainsi une tendance très nette à l'adaptation à la vie terrestre dans plusieurs domaines : reproduction (ovoviviparité, allant jusqu'à la viviparité complète chez Salamandra atra par exemple), alimentation (adaptation de l'appareil buccal à une alimentation terrestre). Le groupe des tritons a quant à lui une écologie et une biologie bien plus aquatiques. La fécondation est interne mais il n'y a pas copulation : le mâle dépose un petit sac contenant le sperme, le spermatophore, sur ou à proximité de la femelle, qui le récupère ensuite par son cloaque. Les mécanismes d'alimentation sont également différents de chez les vraies salamandres, et tout l'appareil buccal est adapté à une alimentation aquatique.[7]

On peut distinguer quatre groupes de parade nuptiale différents selon le genre[2],[8]. Chez les genres Mertensiella, Salamandra, Pleurodeles et Tylototriton le mâle capture la femelle par sa face ventrale. Le spermatophore est déposé alors que le mâle enserre encore la femelle et qu'il la manoeuvre jusqu'au spermatophore. Chez les genres nord américains Notophthalmus et Taricha la capture de la femelle se fait par la face dorsale. Les mâles des genres Euproctus et Calotriton capturent la femelle avec leur queue et le spermatophore est déposé sur le corps, près ou dans les lèvres cloacales. Dans le dernier groupe de parade nuptiale il n'y a aucun contact physique du tout entre les deux partenaires sexuels (Cynops, Neurergus, Paramesotriton, Pachytriton et Triturus).

Toutes les espèces de cette famille secrètent des toxines par leur peau à un degré plus ou moins important. Beaucoup d'espèces ont des couleurs vives, afin de prévenir leurs éventuels prédateurs de leur toxicité (le meilleur exemple européen de cette tactique étant fourni par la Salamandre tachetée, noire ponctuée de jaune).

Répartition

Le triton de Californie Taricha torosa, répandu sur la côte Californienne et la Sierra Nevada aux États-Unis.

La famille des Salamandridae a l'aire de répartition la plus étendue parmi les urodèles, puisqu'elle regroupe plusieurs genres localisés dans une vaste zone allant des îles britanniques, de l'est de la Scandinavie aux montagnes de l'Oural et jusqu'au sud de la péninsule Ibérique et de l'Asie mineure, du nord et du centre de l'Inde et de Chine au nord du Viêt Nam, l'extrême nord-ouest de l'Afrique, du sud du Canada, aux États-Unis et à l'extrême nord du Mexique. Le Parc national des Great Smoky Mountains (USA) abrite 27 espèces différentes de salamandres[9].

Sources

Références

Notes et références

  1. a , b  et c Weisrock, D. W., Papenfuss, T. J., Macey, J. R., Litvinchuk, S. N., Polymeni, R., Ugurtas, I. H., Zhao, E., Jowkar, H., and A. Larson. 2006. A molecular assessment of phylogenetic relationships and lineage accumulation rates within the family Salamandridae (Amphibia, Caudata). Molecular Phylogenetics and Evolution 41:368-383.
  2. a , b  et c Larson, A., Wake, D., and Devitt, T. 2007. Salamandridae. Newts and "True Salamanders". Version 24 January 2007 (under construction) in The Tree of Life Web Project.
  3. a  et b Titus, T.A., Larson, A., 1995. A molecular phylogenetic perspective on the evolutionary radiation of the salamander family Salamandridae. Syst. Biol. 44, 125–151.
  4. García-París, M., A. Montori, and P. Herrero. 2004. Amphibia: Lissamphibia. Fauna Iberica Vol. 24. Madrid: Museo Nacional de Ciencias Naturales and Consejo Superior de Investigaciones Científicas
  5. Litvinchuk, S.N., A. Zuiderwijk, L.J. Borkin & J.M. Rosanov (2005): Taxonomic status of Triturus vittatus (Amphibia: Salamandridae) in western Turkey : drunkenness vertebrae counts, genome size and allozyme data. - Amphibia Reptilia 26 (3): 305-323.
  6. Steinfartz S, Vicario S,. Arntzen JW, Caccone A. A Bayesian approach on molecules and behaviour: reconsidering evolutionary patterns in Triturus newts (Amphibia: Salamandridae). Journal of Experimental Zoology, part B: Molecular and Developmental Evolution (in revision)[(en)Résumé de l'article]
  7. Özeti, N., Wake, D.B., 1969. The morphology and evolution of the tongue and associated structures in salamanders and newts (Family Salamandridae). Copeia 1969, 91–123.
  8. Salthe, S.N., 1967. Courtship patterns and the phylogeny of the Urodeles. Copeia 1967, 100–117.
  9. Catherine et Rémy Marion, Cap sur les ours, Paris, Nathan, 1997, p.53
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