Saint-Jean-Baptiste de Belleville


Saint-Jean-Baptiste de Belleville

Église Saint-Jean-Baptiste de Belleville

église Saint-Jean-Baptiste de Belleville
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
Non renseigné
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Pays France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville ParisXIXe
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattaché à Archidiocèse de Paris
Début de la construction 1854
Fin des travaux 1859
Style(s) dominant(s) Néogothique

48°52′31.6″N 2°23′21.4″E / 48.875444, 2.389278

L’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville est une des premières églises d'architecture néogothique construites à Paris. Située au 139 de la rue de Belleville, dans le 19ème arrondissement de Paris, elle fut construite entre 1854 et 1859.

Composée d'une nef à deux collatéraux et huit chapelles latérales, un transept, un chœur, un déambulatoire donnant accès à sept chapelles, de deux sacristies et de deux clochers, elle peut être considérée comme l'œuvre la plus aboutie de Jean-Baptiste-Antoine Lassus, l'un des premiers architectes du style gothique au XIXe siècle en France. Lassus détermina la structure, fixa le programme iconographique et dessina le mobilier de l'église ; le décor sculpté est l'œuvre d'Aimé-Napoléon Perrey et les verrières furent réalisées par Auguste de Martel, d'après des cartons de Louis Steinheil.

En 2008, le chœur fit l'objet de travaux destinés à aménager un baptistère et à rénover le sanctuaire.

(M) Ce site est desservi par la station de métro : Jourdain..

Sommaire

Facade

Depuis au moins 1543, Jean le Baptiste est le saint patron de l’église et de la paroisse. C'est pourquoi la facade lui est consacrée. Messager de Dieu annoncé par les prophètes, Jean prêche au désert et invite à la conversion: il annonce la « bonne nouvelle », la venue du Messie, celui qui baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu. Il invite les foules à recevoir le baptême pour se préparer à accueillir le Messie. Il désigne à ses disciples Jésus comme l’Agneau de Dieu, le Messie. Il le baptise dans le Jourdain. Pour avoir dénoncé le mariage d’Hérode avec la femme de son frère, Jean est décapité. Au risque de mourir, Jean s'est fait le témoin d'une vie nouvelle, digne précurseur de l'Agneau le Christ Jésus.

  • Portail central : l’ange annonce à Zacharie la naissance de Jean, Marie visite sa cousine Elisabeth, naissance de Jean, sa prédication, Jean baptise Jésus, Jean critique Hérode, il est décapité, sa tête est apportée (Luc 1-3 ; Marc 6,17-29). Le Christ en gloire.
  • Trumeau : Jean au désert présente l’Agneau de Dieu.
  • Portail de gauche : les prophètes Isaïe (Isaïe 6,6 ; Mt 3,3 ; 11,10) et Malachie (Mt 17,11) annoncent Jean le Baptiste.
  • Portail de droite : Jésus et Jean en prison (Mt 11,2-19). Le Christ libère Adam et Ève. Le triomphe de Jean le Baptiste.

Au dessus des portes, deux vitraux: le roi David et sainte Cécile, et une rosace: la Vierge Marie au ciel.

Nef

L’iconographie, la typologie variée des verrières et les techniques mises en œuvre manifestent le souci archéologique propre aux architectes du néogothique. Ces vitraux illustrent des récits de l’Ancien Testament :
Nef, sur le côté gauche
1 Eve tirée du côté d’Adam 2 Adam, Eve et le serpent 3 Adam, Eve et l’ange 4 Caïn et Abel 5 L’arche de Noé 6 Le sacrifice de Noé 7 Noé maudit Canaan 8 La tour de Babel
Transept gauche
9 Abraham et Isaac 10 Abraham et Melchisédech 11 Moïse et le buisson ardent 12 les tables de la Loi
Transept droit
13 l’arche d’alliance 14 le désert 15 le serpent d’airain 16 la mort de Moïse
Nef, sur le côté droit
17 Job et ses amis 18 Tobie et les morts 19 Samson et le lion 20 Josué et le soleil 21 David jouant de la harpe 22 Salomon rendant la justice 23 Eléazar et l’éléphant 24 Judith et Holopherne

Chapelles latérales

Le vaisseau central est flanqué de deux collatéraux et de chapelles latérales. Le mobilier -autels, baptistère, confessionnaux, portes- a été dessiné par Lassus.
Sur le côté gauche :

  • Saint Jean baptisant Jésus.
  • Saint Michel.
  • Saint Nicolas, évêque de Myre (270-345).
  • Saint Vincent, prédicateur, diacre, martyr (304)


Sur le côté droit :

  • La descente de Jésus aux enfers.
  • Saint François-Xavier, prêtre, (1506-1552).
  • Sainte Catherine d’Alexandrie, philosophe, martyr du 4ème siècle.
  • Saint Fiacre, ermite et jardinier (vers 670).

Sanctuaire

Les trois vitraux de la Passion et de la Résurrection.
  • Au premier niveau
  1. Portement de Croix : aidé par Simon de Cyrène, Jésus porte la Croix et s’adresse aux femmes de Jérusalem.
  2. Calvaire : Jésus est élevé sur la Croix, entouré de Marie et du disciple bien aimé. Ce vitrail est inspiré de la grande verrière de la cathédrale de Poitiers, œuvre du XIIe siècle.
  3. Déploration sur le corps du Christ : Joseph d’Arimathie s’adresse à Nicodème, à côté de Marie, mère de José. Marie-Madeleine verse des larmes et un disciple embrasse la main de Jésus.
  • Au second niveau
  1. Résurrection : Jésus sort du tombeau, portant le livre de vie et la Croix, instrument de sa victoire sur la mort.
  2. Ascension : Jésus trône dans les cieux, les disciples et Marie.
  3. Pentecôte : envoyé par le Christ Jésus, l’Esprit-Saint descend sur les douze apôtres réunis autour de Marie (Luc 24,49).
Les quatre vitraux de la travée du chœur.
  1. Saint Jean-Baptiste, saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint André
  2. Saint Philippe, saint Jacques le Mineur, saint Jean, saint Thaddée
  3. Saint Luc, saint Pierre, saint Matthias, saint Marc
  4. Saint Simon, saint Thomas, saint Barthélémy, saint Matthieu
Les reliques et l'autel.
  • Lors de la consécration de l’autel, des reliques de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars (1786-1859), y ont été déposées. L’autel est orné du vitrail de l’Agneau pascal : Jean le Baptiste désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu, reprenant une comparaison du prophète Isaïe (Isaïe 53,7-11).
Le tabernacle

Grand orgue

Cavaillé-coll (1863) - Roethinger (1960) - Beuchet (1976) - Bernard Dargassies (2003). 2 claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes. Transmissions électriques. 22 jeux.

Grand-Orgue : Bourdon 16' Montre 8' Bourdon 8' Flûte harmonique 8' Salicional 8' Prestant 4' Doublette 2' Fourniture IV rgs Cymbale III rgs Trompette 8' Clairon 4'

Récit expressif : Cor de nuit 8' Gambe 8' Voix céleste Flûte 4' Doublette 2' Trompette 8' Hautbois 8'

Pédale : Flûte 16' Flûte 8' Bombarde 16' Trompette 8'

Accouplements: Récit/Grand orgue en 16', 8'. Tirasses: Grand orgue, Récit. Crescendo général. Appel d’anches sur les trois claviers. Tutti.

Jean-Baptiste Lassus et Henri Guérin

Jean-Baptiste Lassus (1807-1857). Premier à avoir appliqué aux édifices du Moyen Âge les méthodes de l’examen et du raisonnement archéologiques et à avoir combiné cette approche graphique avec l’étude des textes anciens, Lassus a transmis beaucoup de son savoir à Viollet-le-Duc. Lassus combine ce savoir avec la pratique d’architecte restaurateur : il est chargé de monuments nombreux et considérables : la Sainte Chapelle et Notre-Dame, Saint-Séverin et Saint-Germain l’Auxerrois, les cathédrales de Chartres et du Mans, de nombreux édifices bretons. Théoricien du gothique, Lassus met en avant le caractère rationnel de ce mode de construction et insiste sur le caractère porteur de l’ogive, s’opposant au discours méprisant de Quatremère de Quincy qui ne voyait dans le gothique que l’expression du désordre ou du caprice.

Henri Guérin (1929) a adopté la technique du vitrail en dalle de verre que pratiquait le moine bénédictin Dom Ephrem Socard à l’abbaye d’En Calcat. Technique bien différente de celle du vitrail traditionnel par le matériau lui-même la dalle, plaque de verre de trois centimètres d’épaisseur et par le moyen de liaison des pièces de verre, un mortier de ciment et non un joint de plomb. Henri Guérin a personnalisé cette technique en lui appliquant sa manière de peintre : en enlevant lors de la taille, de l’ombre dans les dalles par de grands éclats en profondeur. Il a peu à peu affiné les joints de ciment jusqu’à les transformer en fine résille qu’il teinte dans la tonalité permettant son intégration à l’architecture.

Autel de saint Jean-Baptiste

  • Le baptême de Jésus Christ par saint Jean.
  • La prédication de Jean. Sous la peinture, une inscription : Fuit homo missus a Deo Joannes ut testimonium perhiberet de lumine (« Il y eut un homme envoyé de Dieu, Jean, pour témoigner de la lumière » (Jean 1,6-7).
  • La décapitation de Jean (Mt 14,3-12).

Baptistère

Lors des travaux du chœur, en 2008, autour de la croix, installée en 1961, un octogone a été tracé au sol, pour le baptême. La décision de placer le baptistère dans le choeur s'explique par le désir de mettre en valeur le baptême dans une église consacrée à Jean le Baptiste et par la volonté de pouvoir accueillir dignement les grandes assemblées présentes pour les baptêmes, ce que ne permet pas la chapelle des fonds baptismaux.

L'orgue du chœur est dû à Suret et date de 1859. Il est composé de deux claviers de 54 notes et d'un pédalier de 18 notes. Les transmissions sont mécaniques. Il compte treize jeux. Devant les deux buffets d'orgue, six stalles dessinées par Lassus.

Vitraux du chœur

  • Sainte Anne, mère de la Vierge Marie.
  • Saint Roch, pèlerin, serviteur des malades (1340-1376).
  • Saint Martin, soldat, moine, évêque de Tours (316-397).
  • Saint Denis, premier évêque de Paris (vers 250).
  • La chapelle de la Vierge Marie, rectangulaire, est ornée de trois vitraux représentant la vie de Marie. La représentation de l’Immaculée Conception de Marie, comme celle de la rose de la facade, reprend l’iconographie de la Vierge de la Médaille miraculeuse frappée en 1832. Le dogme de l'Immaculée Conception fut proclamé en 1854, ce qui explique la présence de de deux représentations de ce thème théologique dans cette église construite en 1857.
  • Saint Vincent de Paul, prêtre (1581-1660)
  • Le bon samaritain (Luc 10,29-37)
  • Sainte Geneviève, vierge consacrée, patronne de Paris (420-500
  • Saint Charles Borromée, évêque de Milan, cardinal (1538-1584).

Autel de saint Joseph

Joseph, de la maison du roi David, est l’époux de la Vierge Marie, mère de Jésus.(Peinture de Jean-Baptiste Auguste Leloir 1809-1892).

  • La nativité
  • Le mariage de Joseph et de Marie, avec une inscription : Maria desposata Justo cui nomen Joseph « Marie accordée en mariage à un juste du nom de Joseph ».
  • La mort de Joseph, entouré de Jésus et Marie.
  • Vitraux de saint Jean: son évangile décrit Jean le Baptiste désignant à ses disciples Jésus comme l'Agneau; son martyre; la rédaction de l'Apocalypse et des lettres aux sept églises.

Transept

Tympan du portail de gauche : Monseigneur François-Nicolas Morlot, archevêque de Paris (1857-1862) et la Religion présentent à saint Jean-Baptiste l’église de Belleville.
Tympan du portail de droite : La résurrection de Jésus. Le tombeau du Christ est gardé par cinq soldats : deux sont en admiration et en prière, un autre réfléchit, un autre encore se sauve, épouvanté, et le dernier tente de percer le Christ de sa lance.

La paroisse

Les clochers de Saint-Jean-Baptiste de Belleville marquent le paysage du quartier. Ici, une vue de l'ancien Tramway funiculaire de Belleville

En 1543 les habitants du village de Belleville reçurent un prêtre, vicaire de saint Merry. Le nom de l'église a déterminé ceux de la station de métro et des deux rues qui la longent : Jean baptisait dans le fleuve Jourdain, dans la province romaine de Palestine.

En 1924, l'abbé Maillet, prêtre de la paroisse prend la direction de la Manécanterie des Petits chanteurs à la Croix de Bois.
La paroisse fut plus tard confiée aux Fils de la Charité, de 1937 à 2003, dont le père Michonneau curé de 1956 à 1966.

En 2003, la paroisse fut à nouveau confiée au clergé diocésain.

Sources et références

  • Jean-Michel Leniaud, Jean-Baptiste Lassus, 1807-1857, ou le temps retrouvé des cathédrales, Genève, Droz, 1980.
  • Jean-Claude Caron, « Jacques-Olivier BOUDON, Paris, capitale religieuse sous le Second Empire »,Revue d'histoire du XIXe siècle, 2002.
  • Bouyssy M., « Que veut une forme ? Le néogothique sans rivage », Sociétés & Représentations 2005/2, N§ 20, p. 5-22.
  • Martine Callias Bey, « Les édifices néogothiques parisiens et leurs verrières : églises et chapelles catholiques », In Situ n°11, 22/07/2009.

Voir aussi

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