SAS dans la guerre du Golfe


SAS dans la guerre du Golfe

Le Special Air Service dans la guerre du Golfe

Les Special Air Service sont intervenus avec d'autres forces spéciales, dans la Guerre du Golfe (1990-1991).

Sommaire

Préambule

Le 2 août 1990, le président irakien Saddam Hussein, envoie son armée envahir l’état pétrolier voisin : le Koweit.
Le 6 aout, le président américain George H. W. Bush signe l'ordre d'engagement de l'opération « Bouclier du désert ».

Le général Peter de la Billière commande la force Britannique.
Ancien chef du SAS il est convaincu que le régiment doit prendre une part importante à toutes les opérations.
Au début le général américain Norman Schwarkopff commandant la Coalition n’est pas intéressé, en affirmant que les forces spéciales constituent une gène sur le terrain. Mais de la Billière le persuade du contraire.
Les SAS se déploient donc en Arabie Saoudite.
Tandis que la pression internationale augmente, Saddam Hussein prend des civils occidentaux en otage; il veut les utiliser comme bouclier humain en les disposant autour des installations militaires.
La libération d’otages est au cœur de l’entrainement anti-terroriste des SAS.
De concert avec les américains de la Force Delta, il commence à envisager une tentative de récupération.
Mais au moment où les forces spéciales sont prêtes, la crise du bouclier humain prend fin. Saddam Hussein relâche les otages.

Opération Tempête du Désert

L’opération tempête du désert est lancée le 17 janvier 1991.
La destruction de l’armée irakienne, de son commandement et de ses systèmes de contrôle débute par 40 jours de raids aériens ininterrompus.
Tandis que les appareils de la coalition frappent les cibles sensibles irakiennes, Saddam veut à tout prix porter un coup fatal aux alliés.
Il se tourne vers le Scud, un missile balistique de fabrication russe, d’une portée de 300 km tiré à partir d’une rampe mobile.
Avec une certaine acuité politique, Saddam dirige ses Scud vers Israël, menaçant ainsi le point faible de la Coalition.
Si Israël réplique à l’Irak, les états arabes, qui forment une part importante de la Coalition, pourraient lui retirer leurs soutiens.
La guerre des Scud fut menée par des missiles sol-air Patriot mais plus particulièrement par les forces commandos terrestres.
À cause de leur portée limitée, ces missiles ne pouvaient être tirés sur Israël qu’a proximité de la frontière Jordanienne, dans le désert Irakien occidental.
Cette région est divisée en zones opérationnelles, les aires de SCUD.
Il s’y cache au moins 36 lanceurs mobiles.
Pour que les appareils de la Coalition puissent les détruire, ils doivent être localisés. Cela s’avère impossible depuis les airs d’autant plus qu’ils sont souvent maquillés en véhicules civils.

Rôle du SAS

Dans les guerres contre Saddam Hussein, le régiment de SAS Britannique retourne aux sources, retrouvant les missions premières qu’il s’était attribué à sa création:

  • Frapper au cœur du désert.
  • Traquer les cibles ennemies.
  • Guider les frappes aériennes avec une incroyable précision.

On sait peu de choses sur le rôle exact du SAS, mais on en sait assez, pour imaginer sans le moindre doute ce qu’ils ont accompli.

Première mission

Tout comme 50 ans plus tôt lorsque les V2 de Hitler ont commencés a s’abattre sur Londres, le SAS a pour mission de traquer les Scud.
Le SAS se met en chasse des Scud avec 2 tactiques :

  • Des patrouilles de surveillance des voies d’accès et
  • Des colonnes mobiles de combat.

3 patrouilles de surveillance de 8 hommes sont héliportés derrière les lignes ennemies.
Leur terrain de chasse est le désert encadrant la route qui mène de Bagdad en Jordanie, la voie principale de ravitaillement.
Si les patrouilles aperçoivent quoi que ce soit ressemblant à un lanceur mobile de SCUD, elles requiert une frappe aérienne alliée.

2 des équipes des SAS (Bravo-One-Zero et Bravo-Three-Zero) décident que le désert n’offre pas assez de protection pour mener leur mission à bien et reviennent à la base.

La 3e patrouille du nom de code « Bravo 2-0 » (Bravo-Two-Zero), décide de rester.
Dans l’après midi du second jour, les commandos progressant à pied, arrivent à proximité de la route. Ils s’arrêtent, à l’abri d’un monticule, pour observer le terrain. Tout d'abord ils s'aperçoivent que la route de ravitaillement principale n’était pas une route goudronnée, comme le pensait le commandement de la Coalition mais une piste.
À quelques dizaines de mètre, de l’autre coté de la piste, ils se trouvent face à 2 mitrailleuses anti-aériennes M 60.
Mais les SAS rencontrent presque immédiatement un gros problème:
Ils entendent des chèvres, puis un jeune garçon qui crie sur ses chèvres. Tout à coup ses yeux se sont écarquillés en apercevant les commandos, et s’est aussitôt mis à courir vers les mitrailleuses en hurlant.
Les SAS prennent alors l’offensive en s’approchant jusque 15 ou 20 mètres en tirant. Les irakiens battent alors en retraite devant l’effet de surprise. Ils se ressaisissent et demandent l'envoi de renforts qui arrivent rapidement.
Vu le surnombre écrasant des forces irakiennes, « Bravo 2-0 » envoi un message qui est mal déchiffré par le commandement, qui envoie des hélicoptères, mais trop au sud de leur position.
Poursuivie, traquée, la patrouille fuit alors à travers un terrain très inhospitalier en affrontant l’une des pires météos des ces années là en Irak. La neige tombe, en plein désert !

3 hommes meurent, 1 s’en sort mais 4 sont capturés et torturés par les irakiens.

La mission est un échec, mais on en tire d’importantes leçons.
La mission avait oublié la mobilité, les fréquences radios d’urgence étaient erronées et le commando a été déposé trop près des positions ennemies.
Les irakiens disposaient d’une force de détection rudimentaire mais très efficace; les bergers qui sont partout.
Tout cela a mis en danger « Bravo 2-0 ».

Création des colonnes

Toutefois cet échec permet au commandement des troupes spéciales de préserver les opérations spéciales à venir.
Ironie du sort, la toute première opération des SAS, aéroportée elle aussi, lancée par David Stirling dans le désert nord africain en 1941 a elle aussi été un désastre.
Comme lui le régiment constitue dorénavant des patrouilles dotées de jeeps.
On forme des colonnes de 30 hommes dans les escadrons A et B.
Chaque colonne est dotée de 8 Land Rover armées surnommées « Les Panthères Roses ».
Elles sont la réminiscence des Jeep de combat des SAS durant la Seconde Guerre Mondiale en Afrique du Nord.
Chaque Land Rover sert de base opérationnelle à un groupe de 4 soldats.
Elles sont garnies de plusieurs armes, dont des lance-missile Milan, des lance-grenades M19-40mm et des mitrailleuses Browning.
Les Land Rover sont appuyés par les camions Unimog flanqués d’une escorte à moto.

La chasse aux Scud

Les Scud pleuvent toujours sur Israël.
Le 20 janvier 1991, 4 colonnes des escadrons A et D traversent la frontière pour aller les traquer dans le désert irakien occidental.
C’est dans un paysage rude que le SAS est chargé de repérer les missiles SCUD de Saddam Hussein, avant qu’ils ne disloquent la Coalition.
Les 4 colonnes du SAS s’enfoncent au cœur des lignes ennemies.
Munies de lunettes de vision nocturne, ils arrivent à franchir les positions irakiennes dans l’obscurité.
Comme leurs prédécesseurs 50 ans plus tôt, ils campent le jour et se déplacent la nuit.

Les véhicules sont déployés dans un rayon de 150 mètres pour s’assurer que l’angle de tir de leurs armes, les couvrent mutuellement. Les mortiers sont placés au centre de la position pour prévenir toute approche ennemie.

Les véhicules sont déployés dans un rayon de 150 mètres pour s’assurer que l’angle de tir de leurs armes, les couvrent mutuellement.
Les mortiers sont placés au centre de la position pour prévenir toute approche ennemie.
Les véhicules sont ensuite camouflés et les hommes se reposent à l’intérieur, où à leur coté.
Tout doit être effectué en 1 heure, avant le lever du soleil.

Le premier contact avec l’ennemi a lieu lorsqu’une jeep irakienne approche de la position retranchée de l’escadron A.
Ce n’est qu’a 3 mètres des Land Rover que le véhicule irakien se rend compte que ce sont des ennemis.
1 SAS tire et tue le conducteur, après l’enfer se déchaine sur le véhicule. 3 Irakiens sont tués et 1 est capturé.
Le 24 janvier le SAS a pénétré loin dans l’aire sud et livre à l’aviation de la coalition ses informations sur les troupes ennemies et ses points forts.
Les SAS possèdent du matériel de marquage laser pour guider les frappes aériennes, mais ils préfèrent agir par radio. Le contrôle allié de l’espace aérien, implique que l’on peut ravitailler directement les unités du SAS. Embarquements de prisonniers et des blessés, débarquement des renforts et des munitions .
Le 29 janvier l’une des colonnes de combat de l’escadron D est interceptée par des soldats irakiens.
L’une des Land Rover ouvre le feu avec le lance grenade M19-40mm ; l’effet est radical, d’abord sur la défensive, les 17 soldats du SAS pouvaient prendre la main et contre-attaquer. La colonne des SAS repousse les irakiens et poursuit sa mission.
Le 4 février la colonne croise un convoi de Scud. Après un engagement de près de 5 heures, les SAS détruisent un missile, les F15 se chargeant de détruire les autres cibles.
Toutefois un nombre croissant d’affrontement avec les soldats irakiens laissent à penser aux SAS que leurs mouvements sont repérés.
Une unité de l’escadron A attaque une tour de communication irakienne, elle est détruite mais une violente fusillade s’ensuit.
Dans les jours qui suivent le SAS continue de passer le désert au peigne fin.
Ils détruisent 7 stations de communication le long de voie de ravitaillement principale (vers la Jordanie).
Le 21 février le SAS subit sa 4ème perte dans cette guerre. Un caporal motocycliste tombe dans une embuscade.

Bilan

Le nombre exact de Scud détruits par le SAS n’a jamais été révélé, mais la simple présence des colonnes SAS parcourant le désert Irakien occidental à joué un rôle primordial dans l’arrêt de l’offensive des Scud sur Israël.
Le régiment s’est montré à la hauteur de la confiance placée en lui par le général Peter de la Billière.
À la fin de la première guerre du golfe, le commandant en chef de la Coalition Norman Schwarkopff, très sceptique au début, tient à féliciter personnellement les SAS.
Le régiment reçoit 55 médailles pour actes de bravoure.

Après la guerre du Golfe le SAS continue d’affiner ses compétences pour le combat dans le désert au cours de plusieurs manœuvres importantes. Il interviendra par la suite dans la guerre en Guerre d'Afghanistan (2001) et dans la Guerre d'Irak en 2003

Liens internes

Sources et références

  • Commandos des SAS - Les chasseurs de Scud de Tempête du désert


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