Révolution de couleur


Révolution de couleur

Révolutions de couleur

Les révolutions de couleur ou révolutions des fleurs sont le nom donné collectivement à la série de mouvements qui se sont développés dans les sociétés post-communistes d'Europe centrale et orientale et d'Asie centrale. Certains observateurs ont parlé d'une vague révolutionnaire.

Les partisans à ces révolutions ont pour la plupart usé d'une résistance non violente pour protester contre des gouvernements vus comme corrompus et autoritaires et pour promouvoir la démocratie et l'indépendance nationale principalement vis-à-vis de Moscou. Ces mouvements ont adopté une couleur ou une fleur comme symbole de leur mouvement. Ces révolutions sont caractérisées par le rôle important d'organisations non gouvernementales et particulièrement d'activistes étudiants dans l'organisation d'une résistance non violente.

Certains de ces mouvements ont été des succès comme en Serbie, en Georgie (la révolution des roses en 2003), en Ukraine (révolution Orange de 2004) et (bien que plus violente que les précédentes) le Kirghizistan (révolution des Tulipes de 2005). A chaque fois, des manifestations massives dans les rues, suivant des élections contestées, entraînaient le départ d'un leader considéré comme autoritaire et non démocratique.

Sommaire

Les révolutions de couleur

États post-communistes

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  • La révolution du 5 octobre en 2000 qui conduisit à la chute de Slobodan Milošević. Ces manifestations sont considérées pour beaucoup comme le premier exemple de révolutions pacifiques qui ont suivi ensuite. Cependant les Serbes ont adopté une approche qui avait déjà été utilisée dans les élections parlementaires en Slovaquie (1998) et en Croatie (2000), caractérisée par des mobilisations civiles importantes pour le vote et une unification de l'opposition politique. Les protestataires n'adoptèrent pas une couleur ou un symbole spécifique, mais le slogan Gotov je (Готов је, il est fini !) devint après coup le symbole de la tache accomplie. Les manifestations étaient soutenues par le mouvement de jeunesse Otpor, dont certains des membres "exporteront" le savoir dans les révolutions d'autres pays. Malgré ces points communs, beaucoup se réfèrent à la Georgie comme la vraie première révolution colorée.
  • La Révolution des Roses en Georgie, suivant les élections contestées de 2003, conduisirent à la chute d'Édouard Chevardnadzé et son remplacement par Mikheil Saakachvili après de nouvelles élections législatives en mars 2004. La révolution des roses était soutenu par le mouvement de résistance civique Kmara.
  • La révolution Orange en Ukraine, suivant le second tour contesté de l'élection présidentielle ukrainienne de 2004 et conduisit à l'annulation du résultat et un second vote. Le leader de l'opposition Viktor Iouchtchenko fut déclaré président, battant Viktor Ianoukovytch. La révolution Orange était soutenu par Pora.
  • La révolution des Tulipes, fut plus violente que les précédentes et suivi les élections kirghizes parlementaires contestées de 2005. Elle était aussi moins unie que les révolutions précédentes. Les manifestants de différentes régions adoptèrent différentes couleurs pour leur protestation (rose et jaune). Cette révolution était soutenue par le mouvement de résistance des jeunes KelKel.
  • En Moldavie, suite à la victoire aux élections législatives du Parti des Communistes le 7 avril 2009, l'opposition accusa ce dernier de fraudes[1] et appela les habitants à se révolter. Des troubles éclatèrent dans la capitale, Chisinau : des manifestants défilèrent, incendièrent le parlement, et allèrent jusqu'à appeler au rattachement du pays à la Roumanie voisine. Certains voient cet épisode comme une tentative avortée de révolution colorée[2].

Usages du nom au Moyen-Orient

Différents évènements qui sont intervenus au Moyen-Orient et non dans d'anciens pays communistes, avaient quelquefois sur le moment été décrits ou rapprochés des révolutions de couleur, principalement par le nom populaire les désignant. Cependant, ces évènements ont des différences notables avec les révolutions de couleur décrites précédemment et leur "rattachement' à celles-ci est loin d'être reconnus.

  • La Révolution du Cèdre au Liban. Contrairement aux révolutions en Europe de l'Est ou en Asie centrale, elle ne suivait pas une élection contestée, mais l'assassinat d'un leader de l'opposition Rafik Hariri en 2005. Et au lieu de l'annulation des élections, elle exigeait le retrait des troupes syriennes du pays. Mais certains éléments et méthodes utilisés lors des protestations sont assez similaires pour que ces évènements aient été traités par la presse et les commentateurs comme une des révolutions de couleur. Le cèdre du Liban est le symbole du pays, et la révolution fut nommée d'après lui, les manifestants pacifiques utilisant les couleurs blanche et rouge du drapeau du Liban.
  • La "Révolution pourpre" fut le nom utilisé la première fois par quelques commentateurs américains optimistes et reprise par le président américain George W. Bush pour décrire la "démocratie en marche" en Irak à la suite des élections législatives de 2005. Ce nom fut intentionnellement, et dans un but politique, utilisé pour le parallèle avec la révolution orange et celle des roses. Cependant, le nom ne "prit pas" ni aux États-Unis, ni en Irak , ni ailleurs. Le nom venait de la couleur de l'encre dont l'index des votants était tamponné pour éviter les fraudes.
  • "La "Révolution bleue" fut le nom utilisé par certains koweitiens [2] en référence aux manifestations au Koweit pour soutenir le droit de vote des femmes en mars 2005; le nom vient de la couleur utilisée par les manifestants. En mai de cette année là, le gouvernement accéda à leur demande, accordant le droit de vote aux femmes dès les élections parlementaires de 2007 [3].

Facteurs d'influence

Les révolutions anti-communistes

Beaucoup ont cité l'influence des révolutions qui ont mis fin aux régimes communistes en Europe orientale et centrale à la fin des années 1980 et au début des années 1990, particulièrement la Révolution de Velours à Prague (Tchécoslovaquie) en 1989. Une démonstration pacifique par les étudiants (principalement de l'Université Charles) fut attaquée par la police - et contribua à la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie. Mais les racines de l'image floral pacifique peuvent remonter plus loin de la Révolution des Œillets au Portugal au milieu des années 70.

Mouvements étudiants

Le premier est Otpor ("Résistance") en Serbie, qui fut créé à l'université de Belgrade en octobre 1998 et commença a protester contre Milošević durant la guerre du Kosovo. Beaucoup de ses membres furent arrêtés ou battus par la police. Malgré cela, durant la campagne présidentielle de septembre 2000, Otpor lança sa campagne Gotov je ("il est fini) qui galvanisa le mécontentement serbe à l'encontre de Milošević et conduisit à sa chute.

Les membres d'Otpor ont inspiré et entrainé des membres d'autres mouvements étudiants dont Kmara en Georgie, Pora en Ukraine, Zubr en Biélorussie et MJAFT! en Albanie. Ces groupes ont scrupuleusement mis en pratique une résistance non violente comme expliqué et proné par les écrits de Gene Sharp.[4] Les manifestations massives qu'ils ont organisées, qui furent essentielles à la réussite en Serbie, en Georgie et en Ukraine, ont été marquées par l'usage d'une couleur et d'un humour s'opposant aux leaders autoritaires au pouvoir.

Fondation Soros et influence américaine

Les opposants aux révolutions de couleur accusent la fondation Soros et/ou le gouvernement américain de soutenir et même d'organiser les révolutions dans le but de servir les intérêts occidentaux. Il est notable qu'après la révolution Orange plusieurs pays d'Asie centrale menèrent des actions contre l'Open Society Institute de George Soros de différentes façons — l'Ouzbékistan, par exemple, obligea les bureaux régionaux de l'OSI à fermer quand les médias tadjikes, contrôlés par le pouvoir, accusèrent l'OSI du Tajikistan de corruption et de népotisme [5]

Des preuves suggérant une implication du gouvernement américain incluent USAID (et UNDP) soutenant des structures Internet appelées Freenet), qui sont maintenant connues comme une part majeure de la structure Internet dans au moins un des pays - le Kirghistan - dans lequel une des révolutions de couleur se produisit.

"Les États-Unis à la conquête de l'Est", un documentaire de la reporter française Manon Loizeau lors de la révolution des Tulipes au Kirghizistan montre l'implication des États-Unis dans cette révolution. On y voit ainsi Mike Stone de la Freedom House participer à l'organisation. On y voit aussi les acteurs des révolutions précédentes comme Giga Bokeria, de la révolution des Roses en Géorgie, venir supporter le groupe préparant la révolution des Tulipes[3]

Le journal britannique The Guardian déclara que USAID, National Endowment for Democracy, l'International Republican Institute, le National Democratic Institute for International Affairs et Freedom House sont intervenus directement. [6] Des informations sur les sites Internet des ces organisations (dont les quatre premières sont financées par le budget américain) confirment ses affirmations.

Des activistes d'Otpor en Serbie et de Pora en Ukraine ont dit que les publications et les formations qu'ils avaient reçu du personnel de l'Albert Einstein Institution, basée aux Etats-Unis ont contribué à la formation de leurs stratégies.

Réactions et mouvements liés dans d'autres pays

  • Arménie
  • Azerbaidjan
  • Biélorussie
  • Moldavie
  • Mongolie
  • Birmanie
  • Russie
  • Ouzbekistan

Notes

  1. Les observateurs de l'OSCE n'ont cependant pas relevé d'irrégularités.
  2. Moldavie: une "révolution de couleur" avortée, Andreï Fediachine, RIA Novosti, 9 avril 2009.
  3. [1]

Source

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Color Revolution ».
Ce document provient de « R%C3%A9volutions de couleur ».

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Révolution de couleur de Wikipédia en français (auteurs)

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