Retirada


Retirada
Hommage trilingue aux Républicains espagnols à la frontière franco-espagnole du col des Balistres

La Retirada, du mot « retraite » en espagnol, est l'exode des réfugiés espagnols de la guerre civile. À partir de février 1939, ce sont plus de 450 000 républicains qui franchissent la frontière suite à la chute de la Seconde République espagnole et à la victoire du général Franco.

Les autorités françaises ont sous-estimé l'ampleur de l'exode. En mars, ce sont 264 000 Espagnols qui se serrent dans les camps des Pyrénées-Orientales quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes.

Sommaire

Exode

La chute du front de Catalogne et la prise de Barcelone par les phalangistes, le 26 janvier 1939, entraînent la débâcle des forces républicaines. Militaires et civils se ruent vers la frontière française, qu'ils passent à partir du 27 janvier.

140 000 hommes, femmes et enfants entrent en France en trois jours. À partir du 5 février, ce qui reste de l'armée républicaine est autorisé à franchir la frontière, quelques heures avant l'arrière-garde, c'est-à-dire l'armée de l'Ebre, et la division Durruti. Cette dernière sera enfermée à Mont-Louis-Gilberto[1].

Les camps

Mémorial érigé pour les espagnols de la retirada, internés dans le camp du Barcarès en 1939.

La France fait face à ce drame humanitaire, dans l'improvisation. Il faut désarmer, trier, appréhender tous les problèmes sanitaires, au cœur d'un hiver particulièrement rude.

Des camps de contrôle ou de triage sont créés au Boulou et à Bourg-Madame. D'autres « camps de concentration » sont installés en catastrophe sur les plages infestées de moustiques, les réfugiés construisant eux-mêmes leurs baraquements[2]. Les conditions de vie y sont déplorables, sans installations sanitaires. Saint-Cyprien est même déclaré officiellement « zone paludique ».

De février à juillet 1939, 15 000 personnes meurent dans les camps, la plupart de dysenterie. En avril 43 000 réfugiés sont encore retenus à Argelès-sur-Mer, 70 000 au Barcarès, 30 000 à Saint-Cyprien. Il faut attendre le début du printemps 1939 pour voir des camps être créés à la périphérie des Pyrénées-Orientales, notamment à Agde et Bram. En mars, 264 000 Espagnols se serrent dans les camps du Roussillon, quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes[3].

Certains émigrent en Amérique du Sud, d'autres sont renvoyés en Espagne où certains seront incarcérés et exécutés. La plupart sont enrôlés dans des Groupements de Travailleurs Étrangers.

L'entrée en guerre de la France, en septembre 1939, accentue la répression envers les exilés dont certains seront déportés vers les camps d'extermination nazis. Le statut de réfugié politique ne leur sera accordé que le 15 mars 1945.

les exilés en Pyrénées-Orientales

La retirada a constitué un apport humain et culturel aux Pyrénées-Orientales. Une fraction importante de cette population espagnole et catalane choisira d'y rester ou y reviendra après avoir été dispersée, à la sortie des camps. Au fil du temps et du travail des générations, au poids démographique s'ajouteront un poids économique et un poids culturel très concret.

Ainsi se développeront en Pyrénées-Orientales, la Sardane et la corrida, la paella et le flamenco[1]. Les plus célèbres des exilés en Pyrénées-Orientales sont:

Commémorations du 70e anniversaire de la Retirada 1939-2009

À l'occasion de l'anniversaire de la Retirada, un ensemble de manifestations sont organisées pour la première fois, de part et d'autre de la frontière, entre la Généralité de Catalogne, le Conseil général des Pyrénées-Orientales et la Région Languedoc-Roussillon.

L'intérêt mobilise de nombreuses villes des Pyrénées-Orientales, les associations des enfants d'exilés espagnols[4], le MUME, le musée mémorial de l'exil de La Jonquière[5] et les collèges et lycées français autour d'une période de l'histoire de France relativement ignorée[6].

Notes

  1. a et b Les Pyrénées-Orientales : Encyclopédie illustrée du Pays catalan, Privat, 2002, p. 63
  2. Les routes de l'exode en 1940, chemins croisés: réfugiés espagnols et l'exode des français Intervention de Denis Peschanski sur France Inter, 31 juillet 2010
  3. http://tempspresents.wordpress.com/2009/02/09/retirade-camp-retirada-barcares-photos-documents-1939-1942/ Nicolas Lebourg, Le Camp du Barcarès : quelques instantanés]
  4. Fils et Filles de Républicains Espagnols et Enfants de l'Exode
  5. (ca) Musée mémorial de l'exil
  6. voir [1]

Bibliographie

  • Serge Barba, De la Frontière aux Barbelés. Les chemins de la Retirada 1939, Trabucaire, (2009) (ISBN 978-2849740866)
  • Joseph Bartoli, Laurence Garcia, Georges Bartoli, La Retirada : Exode et exil des républicains d'Espagne, Actes Sud, (2009) (ISBN 978-2742780402)
  • Anne Boitel, Le camp de Rivesaltes, 1941-1942, Mare nostrum éditions, 2001.
  • Pierre Cros, Saint-Cyprien de 1939 à 1945, le village, le camp, la guerre, éditions

Trabucaire, Canet-en-Roussillon, 2001.

Paris, 1999.

  • Gabrielle Garcia, Isabelle Matas, La mémoire retrouvée des républicains espagnols,

Paroles d’exilés en Ille-et-Vilaine, éditions Ouest-France, Rennes, 2005.

  • Jacques Issorel, Collioure 1939 : les derniers jours d’Antonio Machado, Mare nostrum

éditions, Perpignan, 2001.

  • Emilia Labajos-Perez, L’exil des enfants de la guerre d’Espagne (1936-1939), la maison

aux géraniums, L’Harmattan, Paris, 2005.

  • Progreso Marin : Exil, Témoignages sur la guerre d'espagne, les camps et la résistance au franquisme. Loubatières. Isbn 2-86266-448-08
  • Denis Peschanski, La France des camps, l’internement 1938-1946, Gallimard, Paris,

2002.

  • Grégory Tuban et Josep Sangenis, Février 1939 : La retirada dans l'objectif de Manuel Moros, Mare Nostrum, (2008) (ISBN 2908476703)
  • Grégory Tuban, Les séquestrés de Collioure. Un camp disciplinaire au Château royal en

1939, Mare nostrum éditions, Perpignan, 1993.

  • L'Ange de la retirada (bande dessinée) / scénario Serguei Dounovetz ; ill. Paco Roca. Saint-Jean de Védas : 6 pieds sous terre, 2010. (Plantigrade). (ISBN 978-2-35212-055-1).
  • L'album existe aussi dans une trad. espagnole : El ángel de la retirada. Barcelone : Bang, 2010, 62 p. (Chispa). ISBN 9788415051244.

Voir également

Liens externes


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