Restauration (art)


Restauration (art)
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Détail d'une fresque de Masaccio à Florence, avant et après sa restauration (dont suppression de censures)

La restauration en art englobe toutes les interventions et tous les traitements servant à rétablir un état historique donné et, par là, à améliorer la lisibilité et l'intégrité esthétique d'un objet ou d'un bâtiment ou, le cas échéant, rendre son utilisation à nouveau possible.

Sommaire

Histoire

Le 11 juin 1993, l'assemblée générale de la Confédération Européenne des Organisations de Conservation-Restauration (E.C.C.O.) en adopte la définition suivant : « elle consiste à intervenir directement sur des biens culturels endommagés ou détériorés dans le but d'en faciliter la lecture tout en respectant autant que possible leur intégrité esthétique, historique et physique ». Selon l'E.C.C.O., la restauration se distingue ainsi de la « conservation » matérielle, qui est « préventive » lorsqu'elle agit « indirectement sur le bien culturel, afin d'en retarder la détérioration ou d'en prévenir les risques d'altération en créant les conditions optimales de préservation compatibles avec son usage social », ou « curative » lorsqu'elle intervient « directement » sur lui « dans le but d'en retarder l'altération »[1].

Principes

Restaurateur au travail.

Avant toute entreprise de restauration de tout ou partie d'un monument historique, il y a une étude archéologique du site. Comme pour l'archéologie classique, chaque modification, chaque élément (sol, enduit, papier peint, enduit, mur, porte) d'une construction est considéré comme une unité stratigraphique. La découverte par sondages de fresques médiévales dans une église (parfois recouvertes de plusieurs enduits accumulés au cours des siècles) fait appel à des techniques d'Archéologie du bâti. L'interprétation de ces œuvres et leur mise en perspective dans le contexte historico-religieux de leur époque nécessite de la part du restaurateur d'art des connaissances qui font de lui plus qu'un simple technicien.

Les écoles contemporaines de restauration mettent l'accent, dans leurs interventions, sur les principes de lisibilité, de réversibilité et de respect de la création originale.

  • La lisibilité implique que la partie restaurée puisse se distinguer de la partie originale, par la variation du rendu ou du matériau.
  • La réversibilité impose l'utilisation de techniques ou de matériaux qui puissent être éliminés dans le futur par une autre restauration. Le constat ayant été fréquemment fait des dégâts irréversibles causés à des œuvres par des restaurations antérieures mal conduites.
  • Le respect de la création originale interdit au restaurateur toute re-création d'un élément disparu sur lequel il ne dispose pas d'une documentation historique certaine.

Les formations actuelles de restaurateurs agréées par l'État[2] comportent une formation scientifique approfondie (chimie, physique des matériaux,...) qui complète la formation d'histoire de l'art[3].
L'importance historique et patrimoniale d'une intervention de restauration implique une planification minutieuse. Le type de restauration, son étendue et ses buts sont définis en amont après collecte et analyse d'une documentation historique.
Cet examen, usuellement mené par une équipe pluri-disciplinaire, peut amener aussi bien à conserver l'aspect dégradé de l'œuvre avec une simple consolidation qu'à reconstituer l'intégrité des éléments. Restaurateur au travial

Restaurations

Principales étapes techniques d'une restauration de peinture murale du XVème siècle

Exemples de grandes restauration(s) réçente(s)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Association pour le Respect de l'Intégrité du Patrimoine Artistique (A.R.I.P.A.), Chronique d'un saccage : la restauration en question, Éditions Ivrea, 1999. (ISBN 2-85184-271-4)
    Bulletins de l'A.R.I.P.A. n°1 à 19.
  • (fr) J.P. Babelon, Restauration et histoire, 13-16 octobre 1976
    in Acte du colloque sur les restaurations françaises et la charte de Venise
     
  • (fr) Françoise Bercé, Des monuments historiques au patrimoine, du XVIIIe à nos jours, ou « Les égarements du cœur et de l’esprit », Paris, Flammarion, 2000 
  • Cesare Brandi, Théorie de la restauration, Allia, 2011.
  • (fr), Théorie de la restauration, Visibilité de la restauration, Lisibilité de l’œuvre, Paris, École du Patrimoine, 13–15 juin 2002 
  • (fr) Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle par Eugène Viollet-le-Duc (1856) sur Wikisource
  • (fr) Conseils pour la restauration en 1849 par Eugène Viollet-le-Duc et Prosper Mérimée sur Wikisource Instructions pour la conservation, l’entretien et la restauration des édifices diocésains, et particulièrement des cathédrales. : Introduction.
  • (fr) René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4).
    Notices : Doctrine : pp. 663 à 669 et Restauration pp. 1125 à 1127
     

Notes et références

  1. La profession de conservateur-restaurateur, code d'éthique et de formation, adopté par l'assemblée Générale d'E.C.C.O., le 11 juin 1993
  2. Formations en restauration
  3. Ces formations n'existent en France que depuis 1975.


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