Republique des Sept-Iles


Republique des Sept-Iles

République des Sept-Îles

République des Sept-Îles

Επτάνησος Πολιτεία el
Repubblica Settinsulare it


1800 — 1814



La République des Sept-Îles en 1801
La République des Sept-Îles en 1801

Informations générales
 Statut Administration conjointe des empires russe et ottoman, puis administration française
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Population
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Superficie
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Histoire et événements
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Pouvoir législatif
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Départements français de Grèce Départements français de Grèce
République des îles Ioniennes République des îles Ioniennes

La « République des Sept-Îles » est le nom donné à l'entité rassemblant sept îles Ioniennes (anciennement vénitiennes), situées entre la Grèce et l’Italie, formée en 1800, sous la protection de la Russie et de l'Empire ottoman, que la France s’était attribuées au traité de Campo-Formio en 1797, et transforma en trois départements français de Grèce.

Ne pas confondre avec l’Heptanèse qui était une région de Grèce à l'époque de la domination ottomane, composée des mêmes îles.

Les sept îles composant la République des Sept-îles étaient :

Sommaire

La période « russe »

Le 21 mars 1800, les Russes et l'Empire ottoman, dans le traité de Constantinople, s’accordent pour former la république fédérative des Sept-Îles. Le tsar Alexandre Ier, que l’on dit très impliqué dans le projet de Constitution qu’il aurait écrit, devient le protecteur officiel de la jeune république, tandis que le Sultan Selim III en obtient la suzeraineté nominale en échange d’un tribut de 75 000 piastres à verser tous les trois ans.

En raison de leur importance stratégique, la Russie envoie un corps d'occupation dans les îles qui s'installe à Sainte-Maure, mais les canons dits « de terre » restent sous la responsabilité d'un fonctionnaire turc désigné spécifiquement par le Divan.

Kapodistrias

Dans les faits, les îles sont parfaitement autonomes. Leur exécutif est constitué par un Sénat de douze membres disséminés entre Corfou, Zante et Céphalonie, les trois principales îles, tandis qu’un prince-président, élu par le Sénat représente l’autorité suprême. La magistrature est aux mains de la noblesse, ainsi que tous les autres postes clés. Le clergé n’exerce qu’une autorité morale sur le pays. Une seule avancée de taille : le grec est désormais reconnu comme langue administrative, après des siècles de domination de l’italien. La religion considérée comme dominante change aussi : le catholicisme romain est détrôné par l'orthodoxie grecque.

Ioánnis Kapodístrias, futur dirigeant de la Grèce indépendante est un des hommes qui gouvernent la République. Il est chargé d'organiser les îles de Céphalonie, Sainte-Maure et Ithaque.[1] On lui attribue aussi la constitution de 1803.

La République des Sept-Îles est reconnue par la République française, l'Espagne et l'Autriche dans le traité d'Amiens le 25 mars 1802. Mais, dès le 18 Vendémiaire An X (10 octobre 1801), l'une des dispositions d'une convention secrète - dont le but est de consolider la paix de Lunéville et de garantir la sécurité de l'Europe - signée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord pour la France et l'ambassadeur russe, le Comte de Markov, pour la Russie, reconnaît et garantit l’indépendance et la Constitution de la République des Sept-Iles-Unies, et convient qu’il n’y aurait plus de troupes étrangères dans ces îles.

Alors que les Turcs menacent d’intervenir pour rétablir l’ordre précédent, la situation devient assez grave pour que Talleyrand, ministre des Affaires étrangères, prenne lui-même la plume et expédie un rapport au Premier Consul, selon lequel la situation est plus que propice à une intervention française : les Russes ont perdu toute influence, les Turcs sont abhorrés, alors que les Britanniques ne possèdent de l’influence que dans les villes et non dans les campagnes. Talleyrand conclut son rapport par une phrase : la France est l’objet de tous les vœux.

Le 14 novembre 1803, une nouvelle Constitution est promulguée. D’apparence audacieuse, cette Constitution n’est finalement qu’une copie habile de la première, réservant tous les pouvoirs à la seule classe aristocrate. En effet, seule la noblesse dispose du droit de vote. Les restrictions sont cependant nombreuses : s'il faut être noble pour pouvoir voter, il faut aussi être né sur les îles, d'une union légitime, être chrétien et disposer d'un revenu foncier important (dont la quotité varie selon les îles) ; à défaut d'un revenu foncier, un diplôme universitaire est suffisant.[2]

Pendant ce temps, la diplomatie a pris le pas, mais reste tendue : Talleyrand a incité Bonaparte à temporiser, car intervenir à Corfou signifie la reprise d’un conflit européen. Aussi, on y a envoyé un ambassadeur, le général Romieux, lequel n’a que peu d’expérience en la matière.

Ses rapports sont désenchantés et il souffre d’avoir en face de lui un puissant parti russe. Les Russes ont en effet mis en place un subtil jeu d’alliance avec les populations locales : leur représentant diplomatique est le comte Georges Mocenigo, figure du parti aristocratique, né à Zante et d’origine vénitienne. Il compte des doges dans sa famille. La disparition de la Sérénissime lui a permis d’obtenir sans difficultés la nationalité russe. Cette nomination au poste de consul du tsar lui donne en fait tous les pouvoirs sur les îles et il gouverne de fait.

La période « française »

En 1806, la position russe est de moins en moins solide dans les îles. Ali Pacha de Janina songe alors à agrandir ses possessions en s'emparant de l'archipel. Il envoie son secrétaire, Méhémet Guérini auprès de Napoléon à Tilsit afin d'obtenir l'aval de la France à ses projets. Au même moment, Napoléon propose au Tsar Alexandre Ier son soutien en échange des îles Ioniennes[3].

Finalement l'archipel revient à la France après le traité de Tilsit en 1807. En août de la même année, le général César Berthier arrive à Corfou et, le 1er septembre, annonce au Sénat que les îles passent sous la protection de la France ; rien n'est changé dans le fonctionnement constitutionnel, administratif ou judiciaire de la République : « La république des îles septinsulaires devient l'un des gouvernements qui dépendent de l'empire français. Les habitants deviennent les sujets de l'Empereur et Roi. Ils conservent leur gouvernement ; les membres du Sénat conservent leurs fonctions[4]. »

Berthier intègre alors dans ses troupes régulières quelques milliers d'Albanais chassés du continent par Ali Pacha. Le colonel Minot est chargé de commander ce « régiment albanais » qui a pour but de défendre les îles parce que l'Empereur s'était engagé à ce qu'aucun « soldat de ligne français, italien ou napolitain » ne le fasse. L'expérience est un échec, les Albanais plus habitués à la guérilla des montagnes ont du mal à accepter la discipline militaire. Ils se mutinent même à de nombreuses reprises, notamment en octobre 1809, lorsque les Britanniques s'emparent de la majeure partie des îles Ionniennes, à l'exception de Corfou qui restera bloqué par la flotte britannique jusqu'en 1814.

Déçu par l'attitude française à Tilsit, Ali Pacha se tourne vers les Britanniques pour faire aboutir son projet de s'emparer des Îles ioniennes. On pense que Kapodistrias fut déterminant dans l'échec d'Ali Pacha et la mise en place du protectorat britannique.

En 1809, les Britanniques occupent les îles, à l’exception de Corfou, vigoureusement défendue par le général Donzelot jusqu’en 1814, date à laquelle le traité de Paris place les îles Ioniennes sous le protectorat britannique : la « République des Sept-Îles » est alors rebaptisée République des îles Ioniennes. En 1819, le Sultan Mahmoud II reconnaît ce protectorat en échange de la restitution de Parga.

Voir aussi

Liens externes

Notes

  1. Louis Lacroix, Les Îles de la Grèce., 1853, p. 638.
  2. Ibid., p. 639.
  3. Article « Îles ioniennes » du Dictionnaire Napoléon de Jean Tulard.
  4. Rodocanachi, Bonaparte et les îles Ioniennes, 1899, p. 195.
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