Reporters Sans Frontières


Reporters Sans Frontières

Reporters sans frontières

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Logo de Reporters sans frontières
Contexte général
Champs d'action Liberté de la presse
Zone d'influence Monde entier
Fiche d’identité
Fondateur Robert Ménard
Forme juridique ONG
Fondation 1985
Siège central Paris, France
Origine française
Secrétaire
général
Jean-François Julliard
Méthode Non-violence, Lobbying, Recherche
Slogan « N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre »
« Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu »
Site internet http://www.rsf.org/

Reporters sans frontières (RSF), Reporters Without Borders (RWB) en anglais, Reporteros Sin Fronteras en espagnol, est une organisation non gouvernementale internationale, se donnant pour objectif la défense de la liberté de la presse.

Fondée par le Français Robert Ménard en 1985, sa devise est : « Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu »[1].

Dans ses communiqués de presse et publications, RSF se définit ainsi :

« Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. »

En 2005, l'association a été lauréate du Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen.

Sommaire

Fonctionnement

La liberté de la presse dans le monde en 2007
(Selon les données du rapport RSF 2008)

RSF est une communauté d'organisations déclarant souhaiter agir conjointement avec de larges intérêts communs mais de façon globalement indépendante.

En 2005, Reporters sans frontières compte neuf sections nationales en Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse), des représentations en Asie (Bangkok, Istanbul, Tokyo), en Amérique (Montréal, New York, Washington), à Moscou et Abidjan, ainsi que plus de cent vingt correspondants dans le monde.

RSF est également membre de l'International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau virtuel mondial d'ONG qui sont supposées surveiller les violations à la liberté d'expression et qui organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et d'autres personnes persécutées alors qu'elles exercent leur droit à la liberté d'expression. Nombre de rapports de RSF contiennent ou sont fondés sur des éléments collectés via ce réseau.

RSF estime conserver son indépendance grâce aux bureaux internationaux qui peuvent publiquement faire leur propre analyse indépendamment des pressions que pourraient subir les représentants de RSF ou d'autres organisations membres de l'IFEX dans un pays donné ; RSF bénéficie du support de représentants de la presse dans de nombreux pays du monde, non exposés aux mêmes pressions inévitables localement.

En 2006, plus de la moitié (58%) de son financement officiel vient de la vente de livres, de calendriers et autres enchères au profit de RSF. A cela s'ajoutent les dons et cotisations des membres (9%), le mécénat par des institutions privées (24%) comme la fondation de George Soros, le Center for a Free Cuba, le National Endowment for Democracy ou encore la Fondation de France et enfin d'institutions publiques françaises (9%) comme le bureau du premier ministre, le Ministère des Affaires étrangères ou encore l'Organisation internationale de la francophonie [2].

Actions

Le secrétaire-général de RSF, Jean-François Julliard (au centre), reçoit, au nom de RSF, la médaille Charlemagne pour les médias européens

Les actions de RSF pour la défense de la liberté de la presse sont :

  • dénoncer les atteintes à la liberté de la presse ;
  • aider les journalistes et leurs collaborateurs qui sont persécutés à cause de leur activité professionnelle ;
  • soutenir les familles des journalistes persécutés ;
  • aider à poursuivre devant la justice les personnes ou institutions coupables de persécutions à l'encontre des journalistes et de leurs collaborateurs ;
  • rassembler des pétitions nominatives de soutien à ses actions, les publier et les présenter auprès des autorités compétentes en terme d'action justicière ;
  • promouvoir son action auprès de la communauté publique internationale et publier les résultats de son action.

Toutefois, les actions de l'association ont lieu dans un cadre restreint, portant surtout sur des pays en développement. Selon Robert Ménard (dans son livre : Ces journalistes que l'on veut faire taire aux éditions Albin Michel) : « Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie-Herzégovine ou au Gabon et les ambiguïtés des médias algériens ou tunisiens... mais de ne pas nous occuper des dérives françaises. »

Rapport annuel

Carte de la liberté de la presse en 2008 selon le rapport RSF

RSF publie chaque année un rapport sur l'état de la liberté de la presse dans le monde pour lequel elle a forgé la notion de prédateurs de la presse pour les chefs d'État, chefs de guerre et dictateurs, qui privent les journalistes de la liberté nécessaire à leur travail. Et qui, non seulement ne les protègent pas, mais les maltraitent, les persécutent, jusqu'à l'assassinat. Parmi ceux-ci, on peut citer :

Réseau Damoclès

En raison de l'impunité dont jouissent certaines responsables de crimes commis contre les journalistes, RSF a décidé de créer, en janvier 2002, le réseau Damoclès.

Son but est d'aider les victimes et d'intervenir auprès des différentes instances juridiques compétentes pour que les responsables soient jugés.

Le réseau aide également à financer les assistances juridiques, avocats et détectives, permettant la défense de journalistes emprisonnés ou condamnés, ou blessés ou tués pour lesquels les actions judiciaires tardent ou se refusent à en juger les auteurs.

Il a également négocié une "assurance mission" destinée aux photo-reporters, journalistes ou pigistes indépendants, leur assurant (ou à leur famille) une garantie d'assistance en cas de décès accidentel, de dommages physiques ou d'invalidité permanente survenue au cours de leur mission dans le monde entier.

Enfin, il prête gracieusement des gilets pare-balles aux journalistes et photo-reporters indépendants indiquant clairement leur appartenance à la presse.

Internet

Carte des entraves à la circulation de l'information sur le réseau
     très grave      grave      difficile      moyenne      situation bonne

RSF dénonce aussi le filtrage d'Internet, suit les évolutions inquiétantes des solutions techniques mises en œuvre dans différents pays du monde, et alerte le public sur le fait qu'Internet est de plus en plus contrôlé par les États et peut dans certains pays fausser la présentation objective des évènements, en empêchant toute vérification par le grand public, privé de l'accès normal aux sources d'information, contrevenant à leur pluralité, ou en s'immisçant dans la vie privée des résidents.

Publications et événements

Reporters sans frontières crée ou met à jour chaque année des publications, diffusées gratuitement sur Internet ainsi que des livres, brochures ou magazines, grâce au concours de personnalités du monde des arts et des médias. On trouvera ainsi :

  • Le Tour de France pour la liberté de la presse, album paru le 27 juin 2005, créé grâce aux images de Presse Sports, de l'Agence France-Presse et de Reuters, cet album, vendu au profit de Reporters sans frontières, est un hommage à toute une profession rendu par la profession elle-même.
  • Le Tour du monde de la liberté de la presse, aborde les principales atteintes à la liberté de la presse recensées en 2003 sur les cinq continents, et s'appuie sur de nombreux témoignages.
  • Guides pratiques :
    • Le Guide pratique du Bloggeur et du Cyberdissident, paru le 22 septembre 2005, gratuit. Contient des conseils pratiques et des astuces techniques pour aider les bloggeurs à préserver leur anonymat et contourner la censure. [3]
    • Le Guide pratique du journaliste, détaillant les règles à suivre en zone de guerre, le secours aux blessés, les conseils en matière juridique dans un conflit armé, sur la façon d'enquêter sur les atteintes à la liberté de la presse et à rédiger des rapports, ainsi que des références juridiques. [4]
    • La Charte sur les journalistes en zone de conflit, indispensable aux journalistes. [5]
  • Série des livres noirs :
    • La Guerre en Irak, le livre noir, paru le 2 décembre 2004, dresse un état des lieux inquiétant sur les violations des droits de l'homme commises depuis le début de la guerre.
    • Chine, le livre noir, recueil de témoignages inédits sur la répression à l'encontre des dissidents, des minorités ethniques, des internautes, des malades du sida ou des journalistes, montre l'envers du décor du succès économique chinois.
    • Cuba, le livre noir, rassemble des rapports d'organisations de défense des droits de l'homme qui décrivent l'ampleur de la répression lancée par Fidel Castro au printemps 2003, avec 75 dissidents arrêtés et condamnés à de lourdes peines.
    • Algérie, le livre noir" souligne la réalité des centaines de milliers de morts et disparus depuis 1992 et des milliers de personnes torturées lors d'arrestations ou de détentions au secret, au travers de rapports de différentes organisations de défense des droits de l'homme.
    • Israël / Palestine, le livre noir rassemble des enquêtes de huit organisations israéliennes, palestiniennes et internationales sur les violations des droits de l'homme commises depuis 2000 en Israël et en Palestine.
    • Tunisie, le livre noir, compilation de rapport sur la situation des droits de l'homme dans le pays.
  • Série biannuelle (mai et novembre) de magazines de photographies, destinée au grand-public (en vente au profit des actions de RSF) :

RSF parraine aussi des spectacles destinés à sensibiliser le public sur les atteintes aux libertés fondamentales, dont la liberté d'accès à l'information. Des spectacles de soutien sont aussi organisés régulièrement par nombre d'artistes qui souhaitent contribuer par leur action à soutenir financièrement RSF et à en assurer la promotion.

D'autre part, RSF mène de façon continue une dizaine de pétitions simultanées destinées à recueillir le soutien du public dans la défense de certains journalistes emprisonnés ou de familles de journalistes victimes d'actes criminels, et à demander l'intervention des autorités en leur faveur afin que justice leur soit rendue de façon équitable.

RSF participe également à divers salons et manifestations sur la profession de journaliste, et sur les atteintes aux droits de l'homme dans le monde. Elle mène des actions de promotion et campagnes de presse dans différents média avec le soutien d'agences de presse, de publicité de photographes ou de réalisateurs. En 2005, la campagne avait pour slogan Personne ne devrait pouvoir empêcher un journaliste de s'exprimer.

RSF diffuse sur Internet un bulletin d'actualités générales traduites en langue persane à partir de dépêches d'agences de presse internationales, destiné à un public qui ne dispose que d'une seule agence de presse officielle dans sa langue.

Enfin, RSF publie en France Qui-vive !, un journal d'information murale destiné au jeune public.

Critiques de RSF

Accusations de parti pris pro-américain

Pour le Réseau Voltaire, RSF met en œuvre des « campagnes politiques contre des cibles déterminées » auxquelles est consacrée la plus grande partie du budget. Non seulement elles corromprait la neutralité de RSF, mais engagerait même l'organisation dans des prises de positions résolument politiques . Il est reproché notamment que ces campagnes, et par conséquent la plus grande partie des dons et financements de RSF, soient ou aient été dirigées contre un ensemble de gouvernements (Cuba, Venezuela...) hostiles aux États-Unis.[6]

A gauche et à l'extrême gauche, Ignacio Ramonet[réf. nécessaire] et Salim Lamrani[7] dénoncent un acharnement de la part de RSF contre certaines cibles, montrant par là même un alignement de l'ONG sur les positions politiques du gouvernement américain. A l'inverse, ils accusent RSF d'être très silencieux lors d'atteintes à la liberté de la presse ou à l'intégrité des journalistes dans certains pays.

Notamment, après la mort de journalistes lors de l'attaque de l'hôtel Palestine à Bagdad par l'armée américaine en 2003, certains[évasif] ont reproché à RSF de s'être bornés à interroger les militaires responsables de l'assaut,[8] et de ne pas avoir mené une véritable enquête sur la responsabilité des États-Unis. Le lendemain de la mort des deux reporters espagnols en Irak, RSF a publié sur la page d'accueil de son site un communiqué sur la situation du journalisme à Cuba, plutôt que sur l'évènement.[9]

La Fédération internationale des journalistes s'est plainte du manque de coopération de RSF sur certains sujets sans donner plus de détails[réf. nécessaire].

Reporters sans frontières et la Caraïbe

Depuis peu, Reporters sans Frontières est accusé par des associations altermondialistes de s'être associé avec l'extrême-droite cubaine de Miami, et de mener une campagne contre Cuba et contre le Venezuela, dans un but politique pro-américain plus que pour défendre les libertés.

Venezuela

Dans le cas du Venezuela, selon ces associations (en 2003) :

  • la majorité des médias sont détenus par l'opposition au gouvernement (en 2002) ;
  • malgré la tentative de coup d'État de Pedro Carmona en 2002, aucune mesure de censure n'a été prise contre la presse (en 2002) ;
  • en outre, le gouvernement finance ou incite au niveau local la création de médias alternatifs et locaux.

Malgré ces deux derniers points le Venezuela fut classé 96e (sur 166 pays classés) en 2003 par RSF dans son classement des pays respectueux des libertés de la presse. Cependant le classement de 2003 comprenait nettement plus de pays qu'en 2002 (année du premier rapport où seulement 139 pays étaient classés), même si la note de 2003 était plus défavorable qu'en 2002 (du fait des mesures prises en 2003 suite à la tentative de coup d'État). Depuis 2003, ces notes s'améliorent lentement, mais le Venezuela reste maintenant classé 90e (sur 167 pays classés) en 2005.

On a également reproché à RSF un "silence complice" lors du coup d'État contre le président élu Hugo Chávez en 2002, alors que les putschistes auraient réprimé les journalistes des médias publics et communautaires.[9]

Cuba

RSF a classé Cuba en 2004 dans les dix pires pays en matière de liberté de la presse, devançant notamment la République populaire de Chine, l'Irak et d'autres pays (Brésil, Haïti, Mexique, Pérou) où des crimes, notamment des assassinats, auraient été commis contre des journalistes. Pourtant, aucun assassinat de journaliste n'aurait eu lieu à Cuba depuis la Révolution de 1959. La raison invoquée par RSF pour la position de Cuba à ce classement est la détention de vingt-et-un journalistes dans les prisons cubaines, accusés par le gouvernement cubain d'avoir été corrompus par les États-Unis, donc d'intelligence avec l'ennemi. RSF déclare cependant prendre en compte d'autres variables dans son classement, telle l'indépendance de la presse vis-à-vis du pouvoir en place [10].

Selon le journaliste Salim Lamrani, la réalité de la situation de l'information sur l'île est très différente de la version défendue par RSF.[11] Il en va de même pour la liberté d'accès à Internet, Salim Lamrani accusant RSF de mentir et même de se contredire sur le sujet.[12]

Il semblerait que le contentieux entre RSF et les altermondialistes soit important, RSF ayant critiqué la participation d'Ignacio Ramonet à un salon du livre à Cuba, comme étant de nature à conforter le régime cubain que l'organisation dit hostile à la liberté de la presse. Ignacio Ramonet a par la suite dénoncé l'"anticastrisme primaire" de ceux qui lui reprochaient sa présence au Salon.[13]

Refus de se pencher sur la liberté de la presse en France

Un autre aspect critiqué de RSF est le fait qu'elle ne condamne pratiquement pas :

  • les pratiques d'autocensures ou de censures liée à la pression économique.
  • les dérives de l'information ou de non respect de la déontologie journalistique dans les pays occidentaux.

Mais ce dysfonctionnement de l'association parisienne est pleinement assumé par son secrétaire général. C'est ainsi que Robert Ménard dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire explique qu'un différend d'importance l'opposa à ses prédécesseurs, dont Jean-Claude Guillebaud. Ce dernier, soutenu par une grande partie des militants de l'association, estimait que l'association devait dénoncer, en France même, les dérives déontologiques, financières et économiques qui caractérisent l'évolution du monde médiatique (les concentrations et la restriction du pluralisme, par exemple).

Pas question, répondait Ménard. Car selon lui : « Parce que, ce faisant, nous risquons de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien de patrons de presse et de l'argent du pouvoir économique » [14].

"Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie ou au Gabon et les ambigüités des médias algériens ou tunisiens... mais de ne pas nous occuper des dérives françaises." extrait du livre "Ces journalistes que l'on veut taire" chez Albin Michel. Rapporté par l'hebdomadaire français Marianne du 5 au 11 Mars 2001, page 9. [1]

Cependant, RSF a depuis quelques années mis en place au sein de son bureau Europe un bureau France qui suit de près les atteintes à la liberté de la Presse en France, et intervient le cas échéant. Ainsi, lorsque l'établissement public d'administration de la Défense (EPAD) a voulu interdire en 2004 la diffusion du journal gratuit Economie Matin sur le parvis de la Défense au prétexte qu'il y avait déjà deux quotidiens gratuits, l'intervention de RSF a permis la diffusion de celui-ci, aux mêmes conditions économiques.[réf. nécessaire]

Journée de la liberté sur internet

Le 12 mars 2008, RSF organisait une journée pour la liberté sur internet destinée à dénoncer la cybercensure dans le monde. La répression des blogueurs à travers le monde serait croissante et les fermetures de sites Internet toujours plus nombreuses, selon l'organisation. Initialement patronnée par l'UNESCO, cette organisation lui a retiré son soutien, invoquant que certains éléments avait été présentés par RSF sans qu'elle n'en ait eu connaissance et de façon à laisser croire que l'UNESCO soutenait ces informations[15]. Une dépêche de l'AFP du 30 mars 2008 explique que ce retrait aurait été justifié par « des fautes réitérées d’éthique commises dans le seul but de discréditer un certain nombre de pays » et parce que « les agissements de RSF montrent une fois de plus qu’il ne poursuit que le sensationnalisme en voulant s’ériger en grand inquisiteur des nations en voie de développement ».

Critiques contre la Chine, JO de Pékin 2008

Lors du passage de la flamme olympique le 7 avril 2008 à Paris avant les Jeux olympiques d'été de 2008, RSF a organisé des actions spectaculaires, affirmant que les Chinois n'avaient pas accès aux Jeux et dénonçant les violations des droits de l'Homme en Chine[16]. Pour le sinologue Jean-Luc Domenach, la population chinoise a vu les manifestations pro-tibétaines à Paris et elle en a été très remontée. Les forums internet chinois ont rapproché ces actions de l'invasion des Huit puissances ( 八国联军 ) en 1900[17]. En riposte, des T-shirts pour la Corse libre sont apparus à Pékin. Au final, pour les JO, le peuple s'est rapproché de son gouvernement [18].

Le 7 août 2008, à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques, RSF a vu pour la première fois depuis sa création 25 ans plus tôt une de ses manifestations interdite en France, par la préfecture de Paris. Cette interdiction a été annulée le 8 août par le tribunal administratif de Paris et la manifestation, commencée devant le Fouquet's avenue des Champs-Élysées (restaurant de luxe où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire à l'élection présidentielle en 2007), s'est ensuite déplacée vers l'ambassade de Chine.[19],[20]

Financements et dépenses de Reporters sans frontières

Certains gouvernements et journalistes[21] critiquent le financement de RSF par des fonds américains, des groupes de presse, l'Open Society Institute de Georges Soros ou encore le Center for Free Cuba.[22]

Le directeur de celui-ci, Franck Calzon, fut le premier président de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) (lobby cubano-américain visant à renverser le gouvernement cubain, soupçonné d'employer le terrorisme[23]). Dans les années 70, il fut également l'un des dirigeants du groupe Abdala, lié au Front de libération nationale de Cuba, responsable d'attentats terroristes dans plusieurs pays, dont la France, le Portugal et le Canada.[24] Cependant, les États-Unis reculent dans le classement annuel.

Aussi, RSF reçoit des subventions des marchands d'armes Dassault et Lagardère (indirectement par les organes de presse qu'ils contrôlent). Et des révélations récentes en mai 2005 ont montré que RSF était aussi financé par le Département d'État des États-Unis par l'entremise du National Endowment for Democracy, association qui finance quasi totalement le Center for Free Cuba. RSF conteste l'importance de ce financement[25], et déclare « En y renonçant nous donnerions du crédit à ces calomnies fondées sur un antiaméricanisme nauséabond et une sympathie incompréhensible pour le régime castriste. Ce pays arrive juste après la Chine par le nombre de journalistes incarcérés dans ses geôles »[26].

D'après ses comptes, RSF ne consacre que 7% de son budget à la poursuite de son but déclaré, la défense et le soutien des journalistes et de la liberté d'information, par le biais de soutien juridique, de soutien matériel à leurs familles et autres [27]. Le reste du budget serait généralement utilisé pour le lancement les controversées « campagnes politiques contre des cibles déterminées » (voir plus haut).

Rony Brauman, membre fondateur de RSF et ex-président de Médecins sans frontières, a vivement critiqué "l'opacité financière" de l'organisation. Il dénonce le financement par des états européens, des fabricants d’armes, et des "structures du pouvoir à Washington". Craignant que RSF devienne "un bras exécutif de la diplomatie de l’Europe", il a quitté l'organisation.[28]

Défenses

Selon RSF, les soutiens financiers critiqués ne sont que peu représentatifs, ajoutant qu'il reste à montrer que des pressions ont été exercées de la part des groupes privés critiqués qui détiennent les organes de presse membres de RSF, de nature à modifier les relations de ces organes avec RSF.

Une part importante des financements et activités de RSF ne dépend pas de ces subventions, et sont supportés directement par des bénévoles indépendants dans de nombreux pays du monde. RSF plaide aussi pour la bonne foi des groupes de presse dans leur objectif de liberté de la presse, et considère que chacun de ses membres dispose d'une liberté de ton propre, et ne remet pas en cause leur droit à critiquer l'action limitée ou les insuffisances de RSF.

De plus le soutien de RSF est considéré comme un acquis important et positif pour nombre de journalistes, l'absence de soutien officiel dans d'autres cas pouvant être mal vécu (absence qui ne signifie ni approbation ni condamnation), RSF pouvant être mené à prendre position plus tard (ou n'étant pas parvenu jusqu'à présent à définir une position consensuelle clairement exprimable), et pouvant être amené à fixer temporairement des objectifs prioritaires d'action, plus efficaces et au résultat tangible et vérifiable.

RSF se déclare aussi impuissante pour lutter contre l'autocensure, car elle ne peut forcer aucun journaliste à publier en son nom des informations qu'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas publier. Aussi la décision d'autocensure appartient seulement à ceux qui l'appliquent, et dont les motifs pour le faire peuvent être légitimes. Par contre RSF soutient activement les journalistes soumis à des pressions de censure, qu'elles soient internes à leur rédaction, ou due aux pressions politiques extérieures (nationales ou internationales). Et pour cela, RSF fournit à tous les journalistes du monde des canaux leur permettant de s'exprimer plus librement (voir le guide du journaliste dissident).

De même, RSF dit ne pas pouvoir lutter directement contre les dérives de l'information ou le non-respect de la déontologie journalistique dans les pays mêmes démocratiques. RSF croit que ce problème peut se résoudre par la promotion active de la diversité des sources et moyens de diffusion, et il milite activement pour la pluralité et le libre exercice de la concurrence, y compris entre supports de nature différente (presse écrite, radiodiffusée, Internet, affichage...), et contre les concentrations excessives de ces moyens (par exemple la concentration des chaînes de télévision en Italie, directement par un chef de gouvernement qui peut contrôler les sources privées et publiques les plus importantes, une des raisons de la rétrogradation de l'Italie dans son classement mondial) et pour le libre accès aux médias étrangers et le développement de réseaux d'échanges.

Notes et références

  1. (fr) « Présentation de RSF » sur le site officiel de Reporters sans frontières, 22 avril 2009
  2. (fr) Structure des charges et des produits, 31 décembre 2006, Reporters sans frontières. Mis en ligne le 31 décembre 2006, consulté le 16 avril 2008
  3. (fr) http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=527 aussi disponible en (en), (zh), (ar), (fa).
  4. (fr) (en) http://www.reseau-damocles.org/rubrique.php3?id_rubrique=393
  5. (fr) (en) http://www.reseau-damocles.org/rubrique.php3?id_rubrique=391
  6. (fr) Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA, Réseau Voltaire
  7. Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne, Salim Lamrani, juillet 2009
  8. Journalistes en Irak, Maxime Vivas, OFM, décembre 2004
  9. a  et b Discussion avec Robert Ménard, Cuba Solidarity Project
  10. (fr) Critères pour l'établissement du classement mondial 2006 de la liberté de la presse
  11. Les Mensonges de Reporters sans frontières, Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 2005
  12. Les Mensonges de Reporters sans frontières sur Cuba, Salim Lamrani, juin 2009
  13. Anticastrisme primaire, Ignacio Ramonet, le Monde diplomatique
  14. « Entretien avec Robert Ménard », dans Marianne, 5 mars 2001, p. 9 
  15. Lire le communiqué de l'UNESCO en ligne
  16. Chine - Rapport annuel 2008, RSF, 2008
  17. Exemple de fil de discussion, avec images, 8 et 9 avril 2008
  18. Jean-Luc Domenach, sinologue: « À Pékin, on trouve des T-shirts pour la Corse libre
  19. La justice annule l'interdiction de manifester près de l'ambassade de Chine, lemonde.fr et AFP, 8 août 2008
  20. A Paris, une manif sous tension devant l'ambassade de Chine, liberation.fr, 8 août 2008
  21. Quand une respectable fondation prend le relai de la CIA, le Monde diplomatique, juillet 2007
  22. Financements sans frontières, le Monde diplomatique, juillet 2007
  23. Granma International, 16 juin 2003
  24. Cf. Enrique Encinosa, Cuba en guerra, Historia de la oposicion anti-castrista. 1959-1993, The Endowment for Cuban American Studies of the Cuban American National Foundation, Miami, 1994.
  25. Pourquoi s’intéresser autant à Cuba ? La réponse de Reporters sans frontières aux accusations des défenseurs du gouvernement cubain
  26. Révélations sur le financement de RSF, Le Figaro, 21 avril 2008.
  27. (fr) Comptes publiés sur le site de RSF
  28. Beaucoup de journalistes connaissent la réalité de RSF, Interview de Rony Brauman par Hernando Calvo Ospina, 2007

Voir aussi

Bibliographie

  • Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone

Liens externes

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