Rene Berthelot


Rene Berthelot

René Berthelot

René Berthelot est un compositeur et chef d'orchestre français, né le 11 janvier 1903 à Orléans et mort le 6 janvier 1999 à Orléans.

René Berthelot
Portrait de René Berthelot
Portrait de René Berthelot

Activité(s) Directeur du conservatoire de musique d'Orléans, compositeur, chef d'orchestre, violoncelliste, conférencier et écrivain
Naissance 11 janvier 1903
Orléans, France
Décès 6 janvier 1999
Orléans, France
Mouvement(s) Moderne
Distinctions Légion d'honneur, Ordre des Arts et des Lettres, Ordre national du Mérite, Palmes académiques



Sommaire

L'Homme

Biographie

Grand Orléanais, d'origine modeste, il a fait ses études à l'école primaire avec Roger Secrétain, Paul Sougy et Jean Avezard. L'amitié qui les liait ne devait jamais être démentie. Il fut aussi, dès sa jeunesse, lié par une profonde amitié à Jean Zay.

Grand amateur de littérature, de poésie et tout particulièrement des poèmes symboliques, il collabora dès 1923 aux revues orléanaises comme Le Grenier (avec Roger Secrétain, Jean Zay et Claude Léwy) ou Le Mail, et, dans les années 1970, tint une chronique régulière dans le quotidien orléanais La République du Centre.

Mais plus encore que la littérature, la passion de sa vie fut la musique, comme violoncelliste, compositeur, et directeur de conservatoire.

René Berthelot a beaucoup marqué nombre d'élèves du Conservatoire d'Orléans dont il fut le professeur, après y avoir été lui-même un brillant élève. Lorsqu' Antoine Mariotte fut, en 1936, nommé par Jean Zay à la direction de l' Opéra Comique, René Berthelot devint directeur du Conservatoire National de Musique d'Orléans, dont il fut ensuite le directeur honoraire.

Il resta trente-six ans à la tête de l'établissement, déployant une considérable activité artistique et pédagogique, et se révélant être un excellent administrateur. Il était un remarquable chef d'orchestre. Il composa un grand nombre de pièces instrumentales ainsi que des mélodies sur les textes des poètes qu'il aimait. Il était aussi l'infatigable animateur de la Société des concerts du Conservatoire d'Orléans.

Lorsque René Berthelot devint directeur du Conservatoire, l'établissement comptait 300 élèves. Ils étaient 800 lorsqu'il le quitta. Il est monté sur son podium et descendu plus de 3 500 fois et a donné plus de 278 concerts.

René Berthelot a reçu la légion d'honneur en 1948 par Pierre Chevallier, l'Ordre des Arts et des Lettres ainsi que l'Ordre National du Mérite. En 1960, il reçoit la médaille d'or au concours internationaux Vercelli en composition. (Jamais une médaille d'or n'avait été attribuée jusqu'à ce jour.)

Antoine Mariotte selon René Berthelot (d'après un croquis réalisé en 1922 pendant la classe d'harmonie)

Anecdotes

Noël Gofstein raconte:

"Les cours de Solfège de notre Directeur étaient passionnants par la rigueur et le talent pédagogique de René Berthelot. Notre seul point de friction fut l'étude de la lecture en sept clefs (il n'avait pu nous en imposer une huitième à son grand regret) ; mon manque d'entrain pour ce périlleux exercice suscitait des dialogues aigres-doux : "Vous ne connaissez pas vos clefs. Gofstein" "Mais je les travaille, Monsieur le Directeur" "Ne les travaillez pas, mais sachez-les" (injonction sans réplique). De temps en temps, pour nous permettre de reprendre haleine, notre Directeur nous régalait de ses improvisations sur des thèmes divers dans lesquels il excellait : littérature, musique, anecdotes, qui m'incitèrent à tout noter sur un petit carnet que j'intitulai "Berthelotiana", mine inépuisable d'idées pour mes devoirs de Français au Lycée. Mes progrès en violon furent subtilement analysés et commentés lors de chaque examen par René Berthelot qui savait déceler sous d'apparentes facilités, un travail parfois sommaire. Après une exécution des redoutables "Airs Bohémiens" de Sarasate, le Directeur, ne retrouvant pas dans la dernière page son compte de doubles croches parfaitement articulées, m'apostropha ironiquement : "Il y a chez vous des choses qui font illusion, ou plutôt qui ne font pas illusion". Jugement que j'acceptai car il était sévère mais juste. En ce temps là, les élèves jouaient le jeu et ne contestaient pas, ce qui leur était fort profitable.

A l'orchestre René Berthelot dirigeait avec clarté, souplesse et rigueur. Exigeant quand il le fallait, il demanda, lors d'une répétition, aux seconds violons dont je faisais partie, de reprendre dix fois leur entrée en sautillé pendant l'Orage de la Symphonie Pastorale. La difficulté du passage et le caractère approximatif du sautillé qui se jouait de l'unisson recherché ont déclenché chez le chef d'orchestre un autre orage, non prévu par Beethoven. Souvent, le déchiffrage d'une nouvelle œuvre ne s'effectuait pas sans heurts. René Berthelot nous remettait aussitôt dans le droit chemin avec une de ces explications dont il avait le secret : "Mais enfin, c'est très simple ; c'est du solfège préparatoire. Vous avez 3 doubles croches en quintolet suivies d'un huitième de soupir pointé puis une demi-pause que nous devons interpréter en crescendo. Où est la difficulté ? Reprenons au numéro 128..." Il ne manquait jamais, quand il le fallait, de reprendre quelques passages délicats avec les seules cordes pour la répétition ; il utilisait alors son expression favorite : "Je vais lâcher les vents avant la fin", ce qui mettait tout le monde à l'aise.

Devant certains solistes parisiens un peu trop imbus d'eux-mêmes, il ne manquait jamais de remettre discrètement les choses à leur place. En 1945, l'imposant et gominé pianiste, Joseph Benvenuti crut lui faire plaisir en lui assénant après le concert d'un ton pontifiant : "Mon cher ami, l'orchestre d'Orléans ne m'a gêné en aucune façon". Ce qui lui attira immédiatement une réplique méritée : Mon cher ami, l'Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire d'Orléans ne gêne jamais personne ; le contraire se produit parfois". Comme Goethe, René Berthelot avait l'amour de la Poésie mais aussi de la vérité. On pourrait consacrer des volumes à René Berthelot : violoncelliste, professeur, chef d'orchestre, conférencier, compositeur, écrivain. Ce polydoué génial dessinait remarquablement, s'intéressait à la facture des instruments, aux meubles anciens, aux bibelots, à la bibliophilie ; il collectionnait les affiches, les autographes, les livres rares ; grand lecteur, c'était un adepte, comme Valéry Larbaud, de "ce vice impuni, la lecture". "En matière de culture" écrivait-il "tout se tient et rien n'est inutile". Et son ami d'enfance Roger Secrétain me confia un jour: "Avec lui, tout prend une autre dimension".

Claude-Henry Joubert raconte:

"Musicologue, il avait publié de nombreux articles dans la Revue musicale, la Revue internationale de musique, l'Education musicale, etc. Ses articles parus dans le journal régional "La République du Centre" ont été réunis en 1983 dans un recueil délicieux. On y lit des réflexions sur la poésie, la grammaire, la littérature, la peinture, la musique. Son talent d'écrivain égalait son intelligence musicale ; on songe à Anatole France, aussi à Valéry. Son humour en faisait un conférencier et un conteur captivant. Il était volontiers frondeur et déterminé : ainsi, pendant l'occupation, alors que l'œuvre de Mendelssohn était interdite, il avait programmé le concerto pour violon en mi mineur... de Bartholdy ! Adepte, dans tous ses travaux, de la perfection, homme d'une intégrité généreuse, il fut un maître dont l'enseignement demeure vivant et exemplaire."

Lionel Marmin raconte:

"A la fin de 1956, je prenais mes fonctions de Secrétaire Général à la Mairie d'Orléans. J'ai eu la chance de trouver parmi les chefs de service que j'allais avoir pour collaborateurs et dont j'ai vite décelé les qualités professionnelles et l'attachement à leur ville, un homme d'un niveau, d'une "classe" exceptionnels : René Berthelot. Pour moi, qui n'était pas orléanais, ne connaissant en rien (sauf Jeanne d'Arc...) ni la ville ni sa région, je me rendis rapidement compte de la valeur de l'homme. Angevin, j'étais un habitué des Concerts Populaires dont le chef-lieu s'enorgueillissait, et je participais, modestement, à la vie littéraire et culturelle d'une ville qui se piquait de briller aussi dans ces deux domaines. Pour m'en tenir à la musique, je constatais très vite la valeur des "prestations" musicales que la Société des Concerts, sous la direction de René Berthelot, offrait à Orléans et dont il a été dit ce qu'il fallait en penser. Nous fîmes naturellement rapidement connaissance. L'homme me parut tout de suite comme une personnalité hors du commun, d'un esprit d'une finesse et d'une netteté, et d'une précision élégante dans son parler, qui impressionnaient et faisaient plaisir. J'ajouterais même d'une "autorité" simple qui ne pouvait heurter personne, tant elle n'était que reflet de la valeur des ses propos.

Par ailleurs, René Berthelot, s'il ignorait la timidité et la fausse modestie (il aurait pu dire, comme le vieux et grand Corneille à ses détracteurs : "Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dit") avait le respect, et le sens je crois pour ce qui regardait ses fonctions, de la hiérarchie. Il pouvait intervenir pour les questions concernant sa charge avec fermeté et même insistance, accompagnée, au besoin, de causticité, mais toujours avec la courtoisie déférente qu'il estimait due à ceux de l'autorité de qui il dépendait dans ses fonctions.

Ses œuvres

Piano

  • Variations classique sur "l'Amour de moy" ;
  • Suite en variations sur "Au clair de la lune" ;
  • Rondoletto scolastico ;
  • Sonatine ;
  • Valse lointaine ;
  • Petit thème varié ;
  • Petite suite variée ;
  • Au rendez-vous des gammes ;
  • Deuxième impromptu ;
  • Fileuse à la croisée.

Violon et piano

  • Arioso et Rondo dans le style ancien ;
  • Variations sur la "Molinara" (de Beethoven) ;
  • Feuilles d'album.

Violoncelle et piano

  • Arioso appasionato.

Flûte et piano

  • Fauréenne,
  • Feuilles d'album,
  • Pastorale et danse rustique (enregistré aux U.S.A)

Hautbois et piano

  • Arioso et rondo,
  • Air pastorale,
  • Complainte et saltarelle,
  • La ronde interrompue,
  • Lamento et Marcietta,
  • Un air triste un air gai,
  • Cavatine et scherzetto.

Clarinette et piano

  • Trois pas de danse,
  • Lamento et Marcietta,
  • Ouled Naïl,
  • Un air triste un air gai,
  • En berçant l'ourson,

Siciliana malinconica.

Saxophone et piano

  • Adage et arabesque,
  • Un air triste un air gai,
  • La ronde interrompue,
  • En berçant l'ourson,
  • Siciliana malinconica.

Cor et piano

  • Frère Jacques,
  • Variations brèves 'sur un chant scout'.

Trompette et piano

  • Variations sur "Charmante Gabrielle",
  • La ronde interrompue,
  • Trois pas de danse,
  • Lamento et Marcietta,
  • Ballade.

Trombone et piano

  • Le roi Renaud.

Compositions vocales

  • Trois vocalises : 1-Pour voix élevées ; 2-Pour voix moyennes ; 3-Pour voix graves (commande du Ministère des Affaires culturelles).

Mélodies, chants et piano

  • Cinq poésies du grand siècle : Epitaphe de Scarron (Scarron) ; Epitaphe de La Fontaine (la Fontaine) ; La Belle Vieille (François Maynard) ; Réflexion sur la beauté (Antoinette Deshoulières) ; Epigramme sur le mariage (François Maucroix).
  • Complainte du roi et de la reine (Paul Fort).
  • L'heure propice (Tristan Klingsor).
  • Chansons galantes et romanesques (Tristan Klingsor) : 1-La belle d'Argenteuil ; 2-Mademoiselle Rose ; 3-Le Postillon de Longjumeau.
  • Si dans cent ans (Tristan Klingsgor).
  • La main ( Rémy de Gourmont ).

Œuvres chorales

  • Chansons à la française (poésies de Maurice Carême) : I-Berceuse de lune ; II-Chanson des mâts ; III-Le retour du roi ;
  • Le moulin de papier (poésies de Maurice Carême, 1981 ; I- Belle Paola ; II-Berceuse du petit sapin ; III-Le vent frivolant);
  • Epitaphe (poésie anonyme du XVIe siècle, 1961);
  • Chanson de Barberine (poésie d' Alfred de Musset);
  • Ave Maria (sur un thème de Fauré),
  • Heureux ceux qui sont morts (poésie de Charles Péguy ; médaille d'or au concours international de Vercelli de 1960),
  • Batelier de l'Allier (poésie de Maurice Fombeure, 1965),
  • La guerre des baleiniers (poésie de Maurice Fombeure, 1965),
  • Chansons de Marie-des-Anges (poésie de Jean Richepin, 1973),
  • Robin m'aime (d'après Adam de la Halle),
  • Hymne à la nuit (sur un thème de Jean-Philippe Rameau),
  • Cloche d'or cloche d'argent (poésie de Maurice Carême, 1981).
  • Complainte pour les chevaux partis en guerre (poésie de Marc Alyn, 1984)
  • Pour 3 voix égales (femmes ou enfants)
  • Chœurs en cinq minutes (voix de femmes ; poésie d'Henri Guérin, 1961): 1-Les éléphants ; 2-Les amours du jardin ; 3-Les yeux du chat ; 4-Les caprices de la poule ; 5-Les trois écus.
  • L'enfance retrouvée (six petits chœurs à voix égales dans le style populaire sur des poésies de Maurice Fombeure : 1-Airs de ronde ; 2-Je stipule...; 3-Comptine ; 4-C'est le joli printemps... ; 5-Chanson de la Belle ; 6-Le clair tamis.
  • Le loup et l'agneau (fable de La Fontaine) ;
  • Le poulet et le renard (fable de Louis Ratisbonne).
  • La petite classe (poésies de Maurice Carême): 1-La souris de Paris ; 2-Petit village ; 3-La sorcière de Malines (Premier prix au concours de la ville de Paris 1980),
  • L'alligator (poésie de Robert Desnos);
  • Enfantines.
  • Pour 2 voix égales
  • À cloche-pied (poésies de Maurice Carême) : 1-Le bonheur ; 2-Cloche d'or, cloche d'argent ; 3-La canne en bois (Mention au concours de composition chorale de la Ville de Paris 1980).

Chansons populaires harmonisées

  • L'amour de moy ;
  • Le glas ;
  • Les trois marins ;
  • Naviguons ma brunette ;
  • La petite lingère ;
  • Berceuse populaire tchèque (1971).

Ouvrages

Ouvrages d'enseignements

  • Vingt leçons de solfège avec accompagnement de piano (plusieurs versions sont disponibles suivant le niveau) ; d'autres leçons de solfège se trouvent dans les recueils du solfège contemporain (éditions Billaudot).

Publications

Différents travaux de pédagogie, d'histoire ou d'analyse musicale ont été publiés par René Berthelot, notamment dans les revues suivantes:

  • Revue musicale ;
  • Revue internationale de musique ;
  • Revue musicale de France ;
  • Education musicale ;
  • Musica.
  • René Berthelot est l'auteur des ouvrages suivants :
  • Orléans qui êtes au pays de Loire, Edition des Amis du musée d'Orléans;
  • Propos de la Quinzaine (1973-1982), Orléans, Editions de la République du Centre, 1983 (recueil d'articles publiés dans le journal régional La République du Centre ).

Editeurs

  • Éditions "A Cœur Joie";
  • Gérard DELRIEU;
  • Alphonse LEDUC;
  • Henry LEMOINE;
  • Éditions SALABERT.

Liens externes

Site officiel de René Berthelot

Conservatoire d'Orléans

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