Rap


Rap
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Rap
Origines stylistiques Spoken word
Sprechgesang
performance poetry
toasting
signifying
the dozens
scat singing
talking blues
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis
Début des années 1970
Instrument(s) typique(s) Platine vinyle

Sampler

Boite à rythme
Popularité Mondiale, surtout au milieu des années 1990

Sous-genre(s) Rap conscient

East Coast
Midwest Rap
West Coast
G-funk
Rap Chrétien
Dirty South
Rap hardcore
Jazz rap
Gangsta rap
Rap old school
Grime
Crunk
Pop-rap
Pimp Rap
Snap Music

Hyphy
Genre(s) dérivé(s) Hip-hop
Scènes régionales Dans le monde entier, principalement en Amérique du Nord.

Voir aussi Hip-hop

Slam (poésie)
Graffiti
Breakdance
Human Beatbox
Deejaying
Lexique du hip-hop
Cultures urbaines
Culture de jeunesse
Liste de rappeurs américains

Liste des musiciens du hip-hop français

Le rap (rythme and poetry) est une forme d'expression vocale sur fond musical appartenant au mouvement culturel hip-hop, apparue au milieu des années 1970 dans les ghettos noirs aux États-Unis. Le hip-hop est apparu dans le Bronx. Le rap consiste le plus souvent à égrener des couplets rimés séparés par des refrains, accompagnés de rythmes (beat, scratching, échantillonnage). Ayant été influencé par d'autres genres musicaux appartenant à la culture noire (reggae, blues, jazz, etc.), le rap a acquis une popularité de plus en plus grande au fil des années 1980.

Aux premières heures, les MC's, (Master of Ceremony ou Microphone Controller) servaient juste à soutenir les DJ's, et les parties rappées étaient simplement appelées MC-ing (emceeing).

Sommaire

Étymologie

Le mot rap est le rétroacronyme des expressions anglaises rhythm and poetry (rythme et poésie), Rock Against Police ou R.AP pour rage against police (rage contre la police) ou encore comme une utilisation du verbe anglais to rap signifiant parler sèchement. Au XVIIIe siècle, le verbe to rap en anglais britannique signifiait « dire ». Dans l'Anglais vernaculaire afro-américain des années 1960, to rap signifie « discuter ». En argot britannique, le mot rap signifie baratiner.

Aujourd'hui, le mot rap est si étroitement associé à la musique hip-hop que ces deux termes sont parfois confondus.

Les thèmes

Le rap a débuté aux USA à la fin des années 1970..

Le rap comme le reste de la culture hip-hop cumule un aspect festif, hédoniste et un aspect contestataire. Les thèmes abordés varient selon les genres et ont évolué selon les époques. Comme la soul et le funk dont ils s'inspirent, les textes traitent des sujets communs à toute la musique populaire occidentale, c’est-à-dire la vie quotidienne, l'amour ou le sexe.

De nombreux groupes de rap et rappeurs, et de la beat generation, ont également des textes à vocation contestataire (forces de l'ordre) ou politique, voir les textes du rappeur français V-laskes, du rappeur américain Eminem. On peut citer le groupe américain Public Enemy ou le groupe français Assassin.

La première chanson de ce genre est The Message écrite et chantée par Grandmaster Flash en 1979. Ces textes, parfois très virulents contre les symboles du pouvoir, la police ou la justice, ont stigmatisé le rap pour une partie de la population. Pour David O'Neill, le succès de The Message a favorisé en France une conception très politisée du rap contrairement à des racines américaines plus hédonistes[1]. Les critiques violentes sont en fait assez minoritaires et l'aspect contestataire se limite le plus souvent à une dénonciation qui passe par les descriptions des problèmes sociaux tels que l'homophobie, le racisme, la pauvreté, le chômage, l'exclusion.

Une thématique récurrente, notamment dans le gangsta rap, tourne autour de la société de consommation et des symboles du pouvoir, comme les femmes, les voitures ou les armes à feu. Les rappeurs jouent sur ces fantasmes et se construisent des personnages en général sans lien avec leur vraie personnalité et leur quotidien réel. Des critiques ont été faites contre ces textes qualifiés de sexistes[2], matérialistes ou prônant la violence, par des hommes politiques et par une partie du milieu rap.

Les religions sont également présentes comme les autres positions philosophiques possibles (le plus souvent les trois monothéismes abrahamiques dans le rap américain ou français (ainsi que le déisme, parfois l'animisme et les kamites ou l'influence de l'islam dans la zulu nation, voire dans de rares cas l'agnosticisme, l'athéisme[3]).

Structure rythmique

Les rythmes de la musique du rap comme les paroles sont souvent des rythmes 4/4 ou 2/2 avec des temps fortement scandés par une alternance de grosse caisse et de caisse claire. Généralement, le tempo avoisine les 95-105 pulsations par minute. Le caractère syncopé marqué rappelant celui de certaines formes de funk, dont le rap des premiers temps était d'ailleurs fortement inspiré.

Ce style a été amené de manière prédominante par les musiques soul et funk, lesquelles répétaient tout au long des morceaux leurs rythmes et leurs thèmes musicaux. Dans les années 1960 et 70, James Brown jette certaines bases sur lesquelles sera fondée une partie du rap : une musique rythmée (ses enregistrements sont encore aujourd'hui une source de samples inépuisable pour les DJ), un style de chant saccadé, parfois parlé ou crié et des textes véhiculant une forte identité et des revendications sociales ou politiques. C'était le parfait tremplin pour pousser les MC à écrire leurs rimes. C'est d'ailleurs toujours ce qui attire le plus dans le rap : l'emphase mise sur les paroles et la prouesse de leurs élocutions.

Dans le rap (instrumental), les DJ (ou disc jockeys) et les producteurs sont libres d'expérimenter avec la création de morceaux instrumentaux. Les producteurs peuvent prendre des sources sonores assez « diverses » (comportant des voix, etc.)

Instrumentation et production

L'instrumentation rap découle de la musique funk, disco et R&B, à la fois sur le plan de l'équipement sonore et des albums échantillonnés. Alors que le mixage réalisé par les DJ disco et de clubs avait pour but de produire une musique continuelle avec des transitions discrètes entre les morceaux, celui réalisé par Kool DJ Herc a lui donné naissance à une pratique visant à isoler et à étendre les seuls breaks en les mélangeant entre eux avec deux copies du même morceau. À l'origine, les breaks (ou breakbeats) étaient les transitions à l'intérieur d'un morceau, composées surtout de percussions. C'est ce qu'Afrika Bambaataa décrivit comme « la partie du disque qu'attend tout le monde… où ils se laissent aller et font les fous » (Top, 1991). James Brown, Bob James et Parliament - parmi d'autres - ont longtemps été des sources populaires pour les breaks. Sur cette base rythmique, on pouvait ajouter des parties instrumentales provenant d'autres albums (et beaucoup l'ont fait). L'instrumentation des premiers samples utilisés est la même que celle de la musique funk, disco ou rock : voix, guitare, basse, clavier, batterie et percussions.

Alors que l'originalité de la musique rap provenait principalement des breaks des albums du DJ, l'arrivée de la boite à rythmes (appelée en anglais beat box ou drum machine) a permis aux musiciens du rap d'intégrer des fragments originaux à leur musique. Les sons de la boîte à rythme étaient joués soit par-dessus la musique produite par le DJ, soit seule. La qualité des séquences rythmiques est progressivement devenue centrale pour les musiciens de rap, car ces rythmes étaient la part la plus dansante de leur musique. En conséquence, les boites à rythme ont rapidement été équipées pour produire des kicks (sons de grosse caisse) avec une basse puissante et sinusoïdale en arrière-plan. Cela a permis d'émuler les solos de batterie de vieux albums de funk, de soul et de rock datant des années 1960 et 1970. Les boites à rythme avaient de plus un stock limité de sons prédéterminés incluant des cymbales, des grosses caisses, des caisses claires et des toms.

L'introduction des échantillonneurs (ou sampleurs) a changé la manière dont le rap était produit. Un échantillonneur permet d'enregistrer et de stocker numériquement des petits passages sonores provenant de n'importe quel appareil disposant d'une sortie électrique, comme une platine-disque. Les producteurs ont donc pu échantillonner les sons de batterie des albums de leur jeunesse. Plus important encore, ils ont pu sampler des sons de cuivre, de basse, de guitare et de piano à ajouter à leurs rythmes. Et le rap avait finalement son orchestration au grand complet.

Le caractère dur et énergique des sonorités de la musique rap, souvent assez éloigné du son plus organique des autres genres musicaux, constitue un obstacle à la reconnaissance du genre en tant que forme artistique à part entière. Même les groupes de rap ayant un orchestre utilisent souvent les samples et le son des machines pour créer leurs rythmes en studio (lors de concerts, ils les recréent habituellement avec un orchestre). Le rap est l'objet d'une méprise répandue selon laquelle les samples et les boites à rythme sont des techniques pour musiciens paresseux ou encore qu'ils ne sont qu'une pâle compensation pour un « véritable » orchestre (cette considération étant d'ailleurs courante pour toute musique faisant usage de ces techniques). Dans les faits, les producteurs de rap sont souvent à la recherche d'un timbre, d'une texture et d'une fréquence précis pour leur sample et leur séquence rythmique. Un batteur jouant en direct le break de Funky Drummer de James Brown ne peut se substituer à son sample. Toutefois, on peut noter ces dernières années une tendance de retour vers les instruments originaux avec des musiciens et producteurs tels que Timbaland, Outkast, The Roots et The Neptunes. Aujourd’hui, certains rappeurs utilisent de nouveaux procédés pour enjoliver leur art. La batterie est ancrée depuis bien longtemps dans le rap, le tempo est étrangement similaire à une platine ou encore à un logiciel de percussions. Timbaland a récemment démontré, que la batterie pouvait convenir au rap, grâce à la grosse caisse et autres. Kanye West quant à lui, utilise les percussions pour son rap. Et ainsi, d'autres rappeurs vont suivre ce mouvement, celle de l'association d'instruments à percussions, qui mettent en valeur leurs origines lointaines, venant d'Afrique et autres pays colonisés.

Le flow

Le "flow" est un terme inventé par le rappeur Rakim, et qui signifie la manière dont le rappeur chante. En effet, une même phrase peut être rappée d'un nombre infini de manières. Il est en général plus rapide et plus rythmé que les autres types de chant. Le flow peut se concentrer sur le rythme, se rapprocher de la parole ou plus rarement d'une mélodie. La mode actuelle en ce qui concerne les flows est de "surprendre" l'oreille de l'auditeur en utilisant des rythmes ternaires, dansants et changeants. Les rappeurs américains utilisent ce genre de procédés pour garder l'attention de l'auditeur même si celui-ci ne comprend pas les paroles, et ce dans le but de se vendre internationalement. Cependant, des artistes, comme Sinik en France (qui y remédiera dans la chanson Adrénaline), possèdent un flow strictement linéaire (lorsque le rappeur place systématiquement le même nombre de syllabes, souvent 4, par pulsation, ce qui est perçu comme étant répétitif et monotone). Dernièrement, T.I. est revenu à ce genre de flow, notamment dans le très populaire Live your Life (featuring Rihanna), qui sera néanmoins numéro 1 aux États-Unis. Le flow dépend aussi de la voix et des intonations du rappeur. Les procédés poétiques classiques tels les allitérations, homéotéleutes, métaphores et assonances sont utilisées massivement. La paronomase est la figure de rhétorique reine du rap. L'argot est souvent utilisé.

Historique

Les origines et les influences

Le rap semble formellement se rapprocher de la culture africaine dont se réclame le mouvement hip-hop. Le chant scandé du MC évoque en effet le griot, poète et musicien qui chronique la vie quotidienne ou est invité à chanter lors des célébrations (par exemple un mariage). De même, le retour à une musique essentiellement basée sur le rythme plus que sur la mélodie ramène aux polyrythmies de percussions africaines.

Une grande partie des premiers DJ et MC est d'origine jamaïquaine. Les sound systems jamaïcains, et la pratique du talk-over, ont donc eu un rôle dans l'apparition du rap dans les ghettos Noirs américains.

La genèse

L'ancêtre le plus proche du rap est le spoken word (mot parlé), apparu au début des années 1970 avec quelques groupes confidentiels dont The Last Poets à New-York, The Watts Prophets en Californie, ainsi que Gil Scott Heron[4]. Il s'agit à cette époque de la déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection.

Parallèlement au spoken word et bien que par essence le hip-hop a surtout le funk comme racines, une autre influence possible dans la génèse du rap est l'apparition dès le début des années 70, du toasting en jamaïque. Des DJ/animateurs se mettaient à parler-chanter par dessus des mix intrumentaux de hits reggae (souvent placés en face B de ces derniers) à la radio où dans les sound systems. Ces mix conçus pour les sound systems allaient permettrent le développement du dub, tandis que cette façon de chanter-parler par dessus définissait le toasting, ou autre ragga, et du coup les prémices de rap à venir. U Roy est l'un des meilleurs exemples. Le rapprochement avec le rap est évident.

Le hip-hop, lui, est né en 1974 avec DJ Kool Herc, et les premiers raps étaient réalisés par des MC (Maîtres de Cérémonie) qui faisaient des rimes toutes simples pour mettre l'ambiance en soirée.

Le premier morceau de rap proprement dit, King Tim III du groupe Fatback Band, voit le jour en 1979.

En 1979, quelques mois après, le premier tube rap sort en 45 tours, c'est Rapper's Delight du Sugarhill Gang. Les rappeurs y sont accompagnés par un orchestre funk et il ne s'agit que d'une vulgaire caricature de la révolution qui se prépare dans les rues new-yorkaises. On peut noter aussi la parution de Magnificient Seven en 1980 du groupe punk anglais The Clash.

En 1982, The Message de Grandmaster Flash est la révolution annoncée. Il s'agit du premier tube hip-hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d'ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu'on entend sur l'enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash (le DJ - concepteur sonore). Le rappeur n'avait pas le rôle de premier plan qu'il a aujourd'hui. Les rappeurs américains tel que Run DMC critiquent le racisme des blancs dans leurs chansons, la majorité des auditeurs sont alors des noirs. Les Beastie Boys commencèrent eux aussi a se faire connaître, prouvant et montrant ainsi que la culture hip-hop était bien un mélange de culture et d'influence noir et blanche. Plus tard, Puff Daddy a calqué la musique rap sur les chants doux très en vogue chez les blancs aux États-Unis.

Les années 1980 sont celles de l'explosion du rap avec des groupes politiques comme Public Enemy ou entertainment comme Run-DMC. Dans la lignée du Do It Yourself des punks New-Yorkais (le hip-hop fut d'abord surnommé le punk noir), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché.

Il s'agit d'une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d'une part sous l'influence de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip-hop le moyen d'éloigner les jeunes de la drogue et des gangs et d'émuler leur créativité, d'autre part en tant que témoignage d'une vie difficile (rap "hardcore").

Initialement issu des quartiers défavorisés, le rap à ses débuts est souvent un exutoire au mal-être et aux revendications des jeunes qui les habitent. Les propos violents ou crus sont fréquents, volontiers provocateurs (Fuck tha Police de NWA ou C'est clair de NTM). Le rap est donc accueilli par le grand public plus comme un phénomène social que comme une forme artistique à part entière.

L'âge d'or

Le milieu des années 1980 est désigné comme l'âge d'or du rap. À New York, la guerre des crews (équipes) se termine. Les crews réunissaient des rappeurs (souvent des dizaines) du même quartier, réunis autour d'un producteur charismatique. Le plus célèbre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui est attribuée l'invention du sampling (échantillons extraits d'autres morceaux puis inclus dans les boucles). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs (luttes) avec les lyricists (paroliers) des autres quartiers. Par exemple, KRS-One, du South Bronx, a défié le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The Bridge is Over qu'il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.

L'âge d'or, c'est donc l'émergence à New York des duos DJ-MC comme Gang Starr (DJ Premier et Guru), Eric B & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l'œuvre de Marley Marl ; et en Californie d'une nouvelle scène Gangsta avec surtout les NWA.

À Los Angeles le groupe de rap NWA est fondé par Dr Dre, Ice Cube, Eazy-E, Mc Ren et Dj Yella en 1986, il sévit jusqu'en 1991 après avoir révolutionné le rap. En effet, alors que le rap new-yorkais produit un rap teinté de soul et de jazz à tendance consciente, les NWA créent le gangsta rap, musicalement très inspiré du p-funk. Il s'agit de raconter leur vécu : les violences policières, les guerres de gangs, et de représenter leur ville Compton. Leur album "straight outta compton" est classé comme un monument du hip-hop. Ce groupe permet à la scène rap de la côte ouest d'avoir une visibilité médiatique. Cela est plutôt réussi puisque jusqu'au milieu des années 1990, le rap de Los Angeles domine[réf. nécessaire] l'actualité hip-hop (avec les premiers albums solos de Dr Dre en 1992, de 2pac en 1991, de Snoop Dogg en 1993, Tha Dogg Pound composé de Daz Dillinger et Kurupt en 1995, etc.) pendant toute cette période avec le Gangsta rap et le G-funk (sample de funk de la côte ouest).

Mais le rap de l'est ne baisse pas les bras en sortant des albums de rap pendant cette même période. Se font connaître des artistes issus du Juice Crew comme NAS avec Illmatic en 1994, Mobb deep (The Infamous en 1995), le Wu Tang Clan en 1993 avec Enter the Wu tang 36th Chambers, The Notorious B.I.G. en 1994 avec Ready to die. New-York produit un rap bien plus sombre faisant le récit de la dure réalité des rues du Queens, du Bronx et de Brooklyn. C'est Puff Daddy qui révolutionne une nouvelle fois le rap new-yorkais en mettant un peu de fête et en samplant de la funk qui permet à Notorious B.I.G. d'avoir une énorme couverture médiatique et de rivaliser avec les rappeurs de Los Angeles.

Il s'ensuivra d'ailleurs une guerre entre l'est et l'ouest des États-Unis due à la rivalité entre 2Pac et Notorious B.I.G.. Celle-ci se termine par la mort prématurée des deux protagonistes, assassinés en 1996 pour le premier et en 1997 pour le second. Cette date marque la fin d'une époque pour le hip-hop old school.

L'évolution du rap de nos jours

S'il est bien issu des populations noires américaines, le rap s'est démocratisé dès le début des années 1990 pour toucher également les populations blanches dont provient une part croissante des créateurs de rap, l'exemple le plus connu étant Eminem. Plus récemment, les pays asiatiques et africains ont également développé leurs propres scènes rap.

Ainsi devenu un courant musical mondial très à la mode, le rap génère d'importants flux d'argent. Des radios spécialisées sont apparues mais privilégient les artistes « grand public » dont la promotion est assurée par les majors et aboutissent à une certaine homogénéité au détriment des artistes indépendants. Certains font remarquer que le rap est depuis le début une musique grand public qui, comme tous les genres, contient en son sein des artistes commerciaux et d'autres plus indépendants et peut-être plus créatifs.

Les évolutions du rap sont nombreuses. On peut parler par exemple de hip-hop instrumental ou abstract hip-hop (Dj shadow, RJD2, Big Dada, DJ Krush), une musique très élaborée qui se base sur la rythmique hip-hop. Le rap s'inspire et se mélange aussi aux autres genres jusqu'à brouiller les frontières : rock et métal avec la fusion et le rapcore, trip-hop avec l'abstract hip-hop, musiques traditionnelles ou encore électroniques.

La différence entre le Rap et le hip-hop

Le rap est un mode d'expression alors que le hip-hop est un mouvement culturel et artistique qui regroupe quatre principaux modes d'expression[5]:

Ces modes d’expression artistique existaient séparément avant la création du mouvement hip-hop. Réunis dans les années 1970, ils donnèrent naissance à un réel état d’esprit avec ses propres codes : des valeurs, des attitudes, un style vestimentaire et des cultures urbaines.

Le rap dans le monde

Le rap est apparu aux États-Unis et s'est répandu à travers le monde dans les années 1980.

Europe

Le rap français est un des premiers à avoir émergé en 1979. Un pionnier est Sidney, dont l'émission H.I.P. H.O.P., diffusée sur TF1 en 1984, fut la première au monde entièrement hip-hop[6] puis Dee Nasty, suivit par des groupes tels que IAM, Suprême NTM, ou Assassin.

Asie

Le rap coréen est représenté par des groupes tels que Psy, Epik High, Dynamic Duo ou des rappeurs solos comme Outsider, KeiKei ,Drunken Tiger, Maslo, LMNOP , illinit, L.E.O, Marco, etc...

DJ Krush est l'artiste japonais le plus connu mais il y a également : dj honda, m-flo, East End X Yuri, Teriyaki boys, DABO, Hannya, Suiken, Seeda, Nerimazafakka. On peut citer le taiwanais MC HotDog ou les hongkongais Lazy Motherfucker.

Le rap des Philippines date des années 1980 avec Francis Magalona.

Rap québécois

Article détaillé : Rap québécois.

Peu médiatisé, le rap québécois a pris son envol dans les années 90 quand des groupes comme L.M.D.S et Dubmatique sont apparus avec un rap tout âge en quelque sorte et les Sans Pression, C-Drik,Yvon Krevé avec un style plus urbain. Le Rap québécois a vécu une évolution dans les années 2000, plusieurs artistes mis à la porte par les Majors ayant dû fonder leur propre label. Ruffneck, ancien membre de Micks Familia a fondé B.B.T Wreck-Hurdz (Big Brodah Team) label travaillant avec des artistes tels que Buzzy Bwoy, Ruffneck, Le Chum, Ketzal, Jocky, L'intrus et Mistalex. Ironik a fondé Iro Production label ayant comme artiste Ironik, Narkoi et Papaz. Sans Pression a co-fondé avec Cast 13 DEEP RECORDS label ayant comme artiste le pionnier du rap Quebecois SP, Cobna, Treizieme Etage. Anodajay a quant à lui fondé les éditions 7e ciel ayant comme artiste : Samian, Koriass, Dramatik et Anodajay. Avec l'aide des médias le rap québécois serait de plus en plus populaire. Il est à noter que certaines radios jouent du rap québécois en soirée.

Amérique latine

Vico C est le premier rappeur latino qui sera à l'origine du reggaeton. Le rap sud-américain est surtout connu en France par le succès du groupe nord-américain Cypress Hill ou de kid frost. Sur les scènes locales nous pouvons rencontrer :

Afrique

Certains pays ont une influence francophone (Mali, Sénégal, Tunisie, Maroc, Algérie, Guinée, Burkina Faso,Bénin, Maroc, Congo, Côte d'Ivoire, Gabonetc.) et d'autres une influence anglophone (Nigeria, Ghana), ces influences n'empêchant pas une identité africaine propre dans les rythmes et les flows au slang particulier.

On assiste depuis quelques années à l'émergence de pays comme le Gabon avec des acteurs tels que Movaizhaleine, Ba'ponga, Lestat XXL, Lord Ekomy Ndong ☥ ou encore Secta'a. Déjà au début des années 90 le groupe V2A4, pionnier en Afrique sortait le tube "AFRICAN REVOLUTION" qui peut être considéré comme le premier 45 tour de l'histoire du hip-hop africain. De même Libreville abritait déjà le grand mouvement des "Rappeurs De La Cote Ouest Africaine", initié par Arcad animateur sur Africa numéro 1. Aujourd'hui le pays abrite des évènements hip-hop parmi les plus grands du continent africain tels que La Nuit De La Musique, le Bantou live, le Show Du Pays ou le Gabao hip-hop qui voient défiler chaque année les stars du hip-hop mondial.

Le Rap Tunisien Depuis le tout début des années 1990, on voit en Tunisie quelques artistes et groupes s'aventurer sur des scènes locales (T-Men, Wled Bled, Arab Clan, Brigade Parazit's, Light Beat, B4 Clan, etc.) avec un succès limité à une sphère d'initiés, ces mêmes artistes demeurant totalement inconnus pour la grande majorité de la jeunesse tunisienne. Cette vague artistique s'amplifiant de génération en génération, on retrouve des rappeurs chantant de plus en plus en tunisien (dialecte arabe local). Cette scène rap est très active et productive mais souffre du manque de soutien à la fois officiel et des éditeurs locaux.

Ce manque de soutien est notamment dû au contenu de quelques titres de rap dénonçant les injustices sociales, le chômage, la corruption, etc. Cette scène rap est sous surveillance, surtout depuis l'apparition d'El Général qui interpelle le président Zine el-Abidine Ben Ali sur la corruption, le chômage et les violences de la police.

Le Rap Marocain jugé comme l'un des principaux pays du rap africain au Maghreb , qui, comme le Rap français et même comme le Rap Américain, a différentes formes allant du Rap Commercial au Rap Conscient. Le rap Marocain ne se fait réellement connaître qu'à partir des années 2000 par le rappeur Bigg avec une vision du Rap très proche de celle des Européens et où on recense beaucoup de succès à travers l'Europe et l'Afrique. Ce sont des artistes et des groupes comme H-Kayne, Muslim ou Bigg qui ont rendu célèbre le Rap Marocain.

Le Rap Algérien est composé de plusieurs artistes tels que les pionniers MBS, Hamma Groupe... Mais le plus connu est sans doute le rappeur Lotfi du groupe Double Kanon, qui est l'un des groupes à avoir vendu le plus d'albums au Maghreb. À la suite d'une dispute entre Lofti et Wahab, Lotfi se lança dans une carrière solo extraordinaire ponctué par des albums d'une qualité irréprochable.

Le Sénégal, aussi pays précurseur, est toujours à la pointe du rap africain, avec une scène prolifique et des pointures internationales comme PBS (Positive black soul) ou Daara J et Pee Froiss. Beaucoup d'autres pays sont des plaques tournantes pour le Rap à travers le monde comme le Nigeria, la Guinée, l'Égypte, le Congo, le Cameroun, Le Mali, la Tunisie et l'Algérie avec une multitude de groupes et d'artistes.

Le Burkina Faso rassemble chaque année les rappeurs venus d'Afrique et du monde entier durant une semaine à travers un festival nommé "OUAGA HIP HOP".

Mais l'on observe partout en Afrique un développement de la scène rap comme en Côte d'Ivoire (Garba 50, Tour 2 Garde) ou le Bénin (Ardiess, le CCC, KC Montejàno).

Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau d'Algérie Algérie
Drapeau de Tunisie Tunisie
  • Psyco M
  • Balti
  • El Général
  • Nizar t-men
  • DJ Costa
  • Guito'n
  • The Poke
  • Zizou Mc
  • Fami DKF
  • Wistar
  • Mr Mustapha
  • Vipa
  • Nordo
  • Diablo Mascott
Drapeau de République démocratique du Congo République démocratique du Congo

Les différents styles de rap

Notes et références

  1. "Le premier hit à envahir la France fut The Message, titre conscient sur les conditions de vie des ghettos. D'où cette idée biaisée que le rap serait une musique sérieuse qui tirerait sa légitimité de la revendication sociale alors qu'il a toujours parlé de sexe, de rue et de musique."David O'Neill, Explicit Lyrics : Toute la culture rap ou presque, Les éditeurs libres, 2007
  2. « Dans leurs chansons, les filles ne sont que le gibier de la drague. Leurs textes peuvent se résumer à "Toutes des putes y compris ma sœur, sauf ma mère, mais pas la tienne". Ils inscrivent leur mépris de la femme dans leur propre nom. Tu avais "NTM", et tu as "Doc Gynéco". ça veut bien dire ce que ça veut dire. Ils réduisent la femme à son sexe et ses seins […] Ces mecs ont une mentalité du Moyen Âge, ou plutôt non, au Moyen Âge les chevaliers s'humiliaient pour l'honneur de leur Dame. C'est carrément la préhistoire. », Lionel Labosse, L'année de l'orientation, Publibook, 2006, p. 45-46.
  3. Ill Bill ex Non Phixion a un morceau nommé god is an atheist, il rappe dans un autre morceau : " God is an atheist, why should I believe in religion?"
  4. Voir notamment la chanson The Revolution Will Not Be Televised.
  5. http://www.urbandictionary.com/define.php?term=hip-hop
  6. - Extrait du commentaire de la chaîne musicale MCM à propos de la compile de Sidney :
    « on peut dire aujourd'hui que Sidney est le papa du hip-hop français. Concepteur de l'émission H.I.P. H.O.P. en 1984 (1re émission rap au monde diffusée à l'époque le dimanche à 14h00 avant Starsky & Hutch), ce Dj/rappeur/breakeur extravagant fait découvrir cette nouvelle tendance américaine aux Français, à peine remis de la vague disco, et crée des vocations (Joey Starr, Passi, Stomy Bugsy…) » - H.I.P H.O.P - L'émission Mythique de Sidney
    - Extrait d'un commentaire, sur l'histoire du hip-hop, diffusé par l'université de Lyon, Université Lumière Lyon 2 :
    « Dès le début des années 1980, le phénomène s'exporte, notamment en France où les jeunes des banlieues de grandes villes telles que Paris, Lyon, Marseille ou Lille sont les premiers "touchés". L'apparition des radios libres permettra à la musique hip-hop de se propager. Mais c'est en 1984 et la diffusion sur TF1 d'une émission devenue culte, sur la culture hip-hop, que ce mouvement va se répandre partout en France : il s'agit de "H.I.P-H.O.P" présentée par Sydney, Dj antillais amateur de funk, qui deviendra par la même occasion le premier animateur noir de la télévision française. Dès lors et grâce à cette médiatisation, le hip-hop devient populaire en France. » - Festival l'Original 84-04 : 4 jours de hip-hop sur Lyon. Par ailleurs, le "Festival l'Original 84-04" avait précisément choisi de fêter les 20 ans de l'arrivée du hip-hop en France en 2004, par référence à Sidney et "H.I.P-H.O.P"
    - Voir aussi la biographie officielle Universal Music France

Annexes

Bibliographie

  • Olivier Cachin, L'offensive rap.
  • Julien Barret, Le Rap ou l'artisanat de la rime, L'Harmattan, ISBN 2-296-06783-2.
  • Gérôme Guibert & Emmanuel Parent (dir.), Dossier "hip hop", revue Copyright Volume ! (n°3-2), Bordeaux, Éditions Mélanie Seteun, 2004.
  • Jeff Chang, Can't Stop Won't Stop: A History of the Hip-Hop Generation. New York: St. Martin's Press, 2005, (ISBN 0-312642579-1)
  • Eva Kimminich,„RapAttitüden, RapAttacken und RAPublikaner.“ In: Winfried Wehle (Hrsg.), Lyrik des 20. Jahr¬hunderts. Tübingen (Stauffenburg) 2010, S. 411-458.
  • Eva Kimminich, „Rap et société: Immigration, intégration, racisme – Naissance et développement d’une orature anticapitaliste. “ In: Schriftenreihe des Frankreichzentrums der Albert-Ludwigs-Universität. Freiburg 2007, S. 102-115.
  • Eva Kimminich, „Citoyen oder Fremder? Ausgrenzung und kulturelle Autonomie in der Banlieue Frankreichs.“ In: Archiv für Sozialgeschichte, Bd. 46: Integration und Frag¬men¬tierung in der europäischen Stadt. Bonn (Verlag J.H.W. Dietz Nachf.) 2006, S. 505-538.
  • Eva Kimminich, „Rap: More Than Words – Eine Zwischenbilanz: 3 Jahrzehnte Hip Hop – 3 Jahrzehnte Hip Hop-Forschung.“ In: Rap More Than Words (= Welt – Körper – Sprache. Perspektiven kultureller Wahrneh¬mungs- und Darstel¬lungsformen, Bd. 4), Frankfurt a.M./Berlin/Bern/New York /Paris/Wien (Peter Lang)2004.
  • David O'Neill, Explicit Lyrics : toute la culture rap ou presque, Paris, Les éditeurs libres, 2007. ISBN 978-2-916399-05-8

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