Prosper Mérimée


Prosper Mérimée
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Prosper Mérimée
Prosper Mérimée.jpg
Nom de naissance Prosper Mérimée
Activités Écrivain, historien, archéologue
Naissance 23 septembre 1803
Paris
Décès 23 septembre 1870 (à 66 ans)
Cannes

Genres = Nouvelles

Langue d'écriture français
Genres Nouvelles, romans, contes

Prosper Mérimée, né le 28 septembre 1803 à Paris et mort le 23 septembre 1870 (à 66 ans) à Cannes, est un écrivain, historien et archéologue français.

Sommaire

Biographie

Prosper Mérimée est né le 23 septembre 1803 dans une famille d'artistes bourgeois. Il n'est pas baptisé. Son père, Léonor Mérimée est professeur de dessin à l'École polytechnique, et sera plus tard secrétaire perpétuel de l'École des Beaux-Arts. Sa mère, Anne Moreau est portraitiste, et enseigne, elle aussi, le dessin.

Le couple a un solide bagage intellectuel et artistique datant du XVIIIe siècle, mais ne s'engage guère dans les courants culturels naissants. De l'éducation parentale, Mérimée retiendra l'horreur de l'emphase.

Souffrant d'asthme, il meurt le 23 septembre 1870 lors d'une de ses nombreuses cures à Cannes[1]. Il est l'arrière-petit-fils de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.

Études

Mérimée fait des études de droit, apprend le piano et étudie la philosophie et aussi de nombreuses langues : l'arabe, le russe, le grec et l'anglais. Il est l’un des premiers traducteurs de la langue russe en français. Il a obtenu son certificat musical de fin d'études à Rome où il gagne le premier prix international européen de piano puis le troisième prix de chant/chorale/direction de chœur à Paris.

Ses études au lycée Napoléon (qui deviendra le lycée Henri IV) le mettent en contact avec les fils de l'élite parisienne ; entre eux, Adrien de Jussieu, Charles Lenormant et Jean-Jacques Ampère avec qui il traduit Ossian. En 1819, il s'inscrit à la faculté de droit, marchant ainsi dans les pas de son grand-père François Mérimée, éminent avocat du Parlement de Rouen et intendant du maréchal de Broglie. Il obtient sa licence en 1823. La même année, il est exempté du service militaire, pour faiblesse de constitution. Néanmoins, il sera incorporé en 1830 à la Garde nationale.

Monuments historiques

Après avoir fait ses études de politique, il se livre à la littérature. Il entre pourtant dans l’administration puis devient, après 1830, secrétaire du cabinet du comte d’Argout, passa rapidement par les bureaux des ministères du Commerce et de la Marine et succéda enfin à Ludovic Vitet en 1834 aux fonctions d'inspecteur général des Monuments historiques, où son père occupait la fonction de secrétaire, et qui lui permettait de poursuivre en toute liberté les travaux littéraires auxquels il devait sa précoce réputation.

C’est à ce moment qu’il demanda à l'un de ses amis d'enfance, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, d’effectuer une de ses premières restaurations d’édifice en France. Ce poste lui donna en outre l’occasion de faire dans le Midi, l’Ouest, le Centre de la France et en Corse des voyages d'inspection, dont il publia les relations (1836-1841). Son action permet le 26 février 1850 le classement de la crypte Saint-Laurent de Grenoble comme monument historique. À cette époque, il correspond avec nombre d'« antiquaires » ou érudits locaux, comme M. de Chergé, président de la Société des antiquaires de l'Ouest à Poitiers, ville dont il sauva nombre de vestiges, en particulier en 1850 le baptistère Saint-Jean menacé de démolition. En 1850, dans la cathédrale du Puy-en Velay, il découvre la peinture murale des "arts libéraux" sous un épais badigeon[2], oeuvre majeure de l'art français de la fin du moyen-âge, dans ce qui est un acte fondateur de l'archéologie du bâti. Dans le département voisin des Deux-Sèvres, il confie à l'architecte niortais Pierre-Théophile Segretain (1798-1864) la restauration de plusieurs églises ; lors de ses tournées d'inspecteur des monuments historiques dans la région, il s'arrêtait parfois dans la maison de celui-ci, au-dessus de la place de La Brèche (détruite), où, bon dessinateur, il se délassait à « crayonner » les chats de la famille. Il donne d'ailleurs des dessins afin d'illustrer Les Chats (1869) ouvrage de son ami l'historien d'art et collectionneur Jules Champfleury. Charles Arnaud, secrétaire de la société savante locale, lui offre un jour un brochet façonné en angélique confite, spécialité niortaise, comme l'aigle réalisé pour la venue de Napoléon III (ou du prince impérial ?).

Académicien

En 1844, il est élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et, en 1844, à l’Académie française en remplacement de Charles Nodier.

Ayant pris fait et cause pour son ami le comte Libri, Mérimée est condamné à quinze jours de prison et à mille francs d’amende, il est écroué le 4 juillet 1852 à la Conciergerie.

Impératrice Eugénie

Mérimée, ami de la comtesse de Montijo, rencontrée en Espagne en 1830, lui envoie le 25 mai 1850 un croquis « d'après un portrait de femme par Vélasquez de 55 sur 40 cm, acheté pour huit francs, qui paraît avoir été coupé d'une toile plus grande, et reconnu pour un original par tous les connaisseurs à qui je l'ai montré »[3]. Quand Eugénie devint l’impératrice Eugénie des Français en 1853, l’Empire le fit sénateur l’année même, avant de l’élever successivement aux dignités de commandeur et de grand officier de la Légion d'honneur. Pour distraire la cour de l'Impératrice et de Napoléon III, il écrit et dicte en 1857 sa célèbre dictée.

Auteur

Prosper à 5 ans, gravure d'après un portrait peint par sa mère.

Les honneurs lui vinrent au milieu de l’existence littéraire d’un homme ayant fait, pendant quarante ans de l’archéologie, de l’histoire et surtout des romans. Mérimée aime le mysticisme, l’histoire et l’inhabituel. Il a été influencé par la fiction historique popularisée par Walter Scott et par la cruauté et les drames psychologiques d’Alexandre Pouchkine. Les histoires qu’il raconte sont souvent pleines de mystères et ont lieu à l’étranger, l’Espagne et la Russie étant des sources d’inspiration fréquentes. Une de ses nouvelles a inspiré l’opéra Carmen.

Cultivant à la fois le monde et l’étude, Prosper Mérimée, qui travaillait, à ses heures et suivant ses goûts, de courts écrits, bien accueillis dans les revues avant de paraître en volumes, avait conquis la célébrité, dès ses débuts, avec deux ouvrages apocryphes, attribués à des auteurs imaginaires : le Théâtre de Clara Gazul, comédienne espagnole (1825) de Joseph Lestrange, et la Guzla, recueil de prétendus chants illyriens d’Hyacinthe Maglanovitch (1827).

La première de ces publications, l’une des plus complètes mystifications littéraires, précipita la révolution romantique en France, en stimulant les esprits par l’exemple de productions romantiques étrangères. Toutefois, les pièces de Clara Gazul ne paraissaient pas faites pour la scène et, lorsque plus tard Mérimée fut en position d’y faire accepter l’une d’elles, le Carrosse du Saint-Sacrement, elle n’eut pas de succès (1850).

Mérimée publia aussi sous le voile de l’anonyme : la Jacquerie, scènes féodales, suivie de la Famille Carvajal (1828), et la Chronique du règne de Charles IX (1829) ; puis il signa de son nom les nouvelles, petits romans, épisodes historiques, notices archéologiques ou études littéraires, d'abord dans la Revue de Paris puis dans la Revue des Deux Mondes, et qui formèrent ensuite un certain nombre de volumes, sous leurs titres particuliers ou sous un titre collectif.

On citera  : Tamango, la Prise de la Redoute, la Vénus d'Ille, les Âmes du purgatoire, la Vision de Charles XI, la Perle de Tolède, la Partie de trictrac, le Vase étrusque, la Double méprise, Arsène Guillot, Mateo Falcone, Colomba (1830-1840) ; puis à un plus long intervalle : Carmen, (1847, in-8°) ; Épisode de l’histoire de Russie, les Faux Démétrius (1852, in-18) ; les Deux héritages, suivis de l’Inspecteur général et des Débuts d’un aventurier (1853, in-8°).

Tous ces récits, pleins de mouvement, d’intérêt et d’originale invention, plaisaient surtout aux lecteurs délicats par la forme sobre et élégante dont l’auteur s’était fait une manière définitive.

Il faut citer encore, outre les Voyages ou Rapports d’inspection archéologique, réimprimés en volumes : Essai sur la guerre sociale (1841, in-8, avec pl.) ; Histoire de don Pédre Ier, roi de Castille (1843, in-8°) ; un volume de Mélanges historiques et littéraires (1855, in-18), contenant douze études diverses, puis des Notices, Préfaces et Introductions, entre autres ; Notice sur la vie et les ouvrages de Michel Cervantes (1828) et Introduction aux contes et poèmes de Marino Vreto (1855), etc. ; enfin, sans compter un certain nombre d’articles de revue non réimprimés, le recueil posthume de Lettres à une Inconnue (1873, 2 vol. in-8), qui excita une grande curiosité et qui fut suivie de Lettres à une Nouvelle inconnue (1875).

Autres

Lors de la Commune, ses livres et papiers furent détruits par l'incendie de sa maison du 52, rue de Lille. Le romancier et critique d'art Louis Edmond Duranty, disciple de Champfleury et qui fut portraituré par Degas, serait son fils naturel. Son décès avait été déclaré dans toute la capitale en 1869 alors qu’il n’était pas encore mort. La rumeur fut finalement démentie par le Figaro.


La « base Mérimée »

À partir de 1834, Prosper Mérimée commence à faire recenser sur l’ensemble du territoire français les ensembles architecturaux remarquables, annonçant avec un siècle d'avance « l'Inventaire Général des Monuments et Richesses Artistiques de la France » lancé par André Malraux.

C'est pourquoi, le Ministère de la Culture et de la Communication a créé la base Mérimée, qui recense l’ensemble des monuments historiques et, au-delà, le « patrimoine architectural remarquable ».

La critique

  • Le critique Charles Du Bos (1882-1939) juge inimitable son naturel dans la « transcription des propos tout-à-fait quelconques qui s’échappent au cours d’une conversation, une sorte de banalité de bon aloi. »
  • Citation de Victor Hugo : « Pas un coteau, des prés maigres, peu de gazon ; / Et j’ai pour tout plaisir de voir à l’horizon / Un groupe de toits bas d’où sort une fumée, / Le paysage étant plat comme Mérimée. » « Toute la lyre », recueil de poèmes de Victor Hugo.

Liste des œuvres


  • 1828 La Jacquerie, scènes féodales, suivie de la famille de Carvajal
  • 1829 Chronique du règne de Charles IX
  • 1833 La double méprise. La Mosaïque
  • 1835 Notes d'un voyage dans le midi de la France
  • 1836 Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France
  • 1838 Notes d'un voyage en Auvergne
  • 1841 Colomba et nouvelles diverses
  • 1841 Notes d'un voyage en Corse
  • 1841 Essai sur la guerre sociale
  • 1844 Études sur l'histoire romaine, 2 vol. Peintures de l'église Saint-Savin (Vienne)
  • 1847 Carmen
  • 1848 Histoire de don Pedro 1er, roi de Castille
  • 1850 Henry Beyle (Stendhal)
  • 1852 Nouvelles
  • 1853 Les faux Démétrius, épisode de l'histoire de Russie
  • 1854 Les deux héritages, comédie, suivie de scènes historiques
  • 1855 Mélanges historiques et littéraires. Marino Vreto, contes de la Grèce moderne
  • 1865 Les Cosaques d'autrefois
  • 1873 Dernières nouvelles. Lettres à une inconnue, 2 vol.

Nouvelles

  • Les Espagnols au Danemark (1825)
  • Une Femme est un diable (1825)
  • Le Théâtre de Clara Gazul (1825)
  • La Guzla (1827)
  • La Jacquerie (1828)
  • La Famille Carvajal (1828)
  • Chronique du règne de Charles IX (1829)
  • Mateo Falcone (1829)
  • Vision de Charles XI (1829)
  • L'Enlèvement de la Redoute (1829)
  • Tamango (1829)
  • Federigo (1829)
  • Histoire de Rondino (1830)
  • Le Vase étrusque (1830)
  • La Partie de trictrac (1830)
  • Mosaïque (1833)
  • La Double méprise (1833)
  • Les Âmes du purgatoire (1834)
  • La Vénus d'Ille (1837)
  • Colomba (1840)
  • Arsène Guillot (1844)
  • L'Abbé Aubain (1844)
  • Carmen (1845)
  • Il Viccolo di Madama Lucrezia (1846)
  • Les Deux Héritages (1850)
  • La Chambre bleue (1866)
  • Lokis (1869)
  • Djoûmane (1870)

Voyages

  • Lettres d’Espagne (1832)
  • Notes de voyages (1835 - 1840)

Essais

  • Essai sur la guerre sociale (1841)
  • Études sur l’histoire romaine (1845)
  • Histoire de Don Pèdre Ier, roi de Castille (1847)
  • La Littérature en Russie, Nicolas Gogol (1851)
  • Épisode de l'Histoire de Russie, Les Faux Démétrius (1852)

Correspondance

  • Lettres à Panizzi (recueil, date 1856 )
  • Une correspondance inédite (octobre 1854-février 1863), avertissement de Fernand Brunetière (3ème édition, Calmannn-Lévy 1897 - publiée pour la 1ère fois ds La Revue des Deux Mondes)

Sources littéraires et biographies

  • Mérimée, morceaux choisis en collaboration avec Jean Mallion (Didier, 1952)
  • D'Haussonville, Etude sur Prosper Mérimée 
  • Charlotte Fruton, Mérimée et la médecine, 1938
    thèse de doctorat en médecine
     
  • Pierre Trahard, La Jeunesse de Prosper Mérimée (1803-1834), Paris, E. Champion, 1925 
  • Pierre Trahard, Prosper Mérimée de 1834 à 1853, H. Champion, 1928 
  • Pierre Trahard, La Vieillesse de Prosper Mérimée (1854-1870), H. Champion, 1930 
  • Pierre Trahard, Prosper Mérimée et l’art de la nouvelle, Paris, Nizet, 1953 
  • Marquis de Luppé, Mérimée, Albin Michel, 1945 
  • André Billy, Mérimée, Flammarion, 1959 
  • Xavier Darcos, Mérimée, Flammarion, 1998
    collection "Les grandes biographies" (Prix France Télévision 1998)
     
  • Jean Autin, Prosper Mérimée, écrivain, archéologue, homme politique, Paris, Perrin, 1983, 350 p. (ISBN 978-2262002732) 
  • André Fermigier, Mérimée et l'inspection des monuments historiques, dans Pierre Nora (dir.), Les lieux de mémoire, vol. 1, Paris: Gallimard Quarto, 1997, p. 1599-1614.
  • Prosper Mérimée (Connaissance des arts), Paris : Monum, 2003.
  • Christian Chelebourg, Prosper Mérimée, le sang et la chair - Une poétique du sujet, Paris: Minard ALM, 2003.

Ouvrages de Maurice Parturier

  • Une correspondance inédite de Prosper Mérimée (supplément littéraire du Figaro des 2, 9, 16 et 23 mars 1929)
  • Mérimée, Lettres aux Grasset (La Connaissance, 1929)
  • Curiosités sur Mérimée (Le Figaro Littéraire, 17 octobre 1931)
  • Lettres de Mérimée à la famille Delessert - préface d'Emile Henriot (Plon, 1931)
  • Précisions sur Mérimée (La Revue de Paris, des 1er et 15 septembre 1932)
  • Autour de Mérimée (Giraud-Badin, 1932)
  • idem. (Bulletin du Bibliophile, 20 mai 1932)
  • Lettres de M. à Ludovic Vitet (Plon, 1934)
  • Deux lettres de P. M. à George Sand (Le Divan, juillet-septembre 1935)
  • Lettres de P. M. à Madame de Beaulaincourt, 1866-1870 (Calmann-Lévy, 1936)
  • Introduction aux lettres de M. aux Antiquaires de l'Ouest, recueillies et annotées par Jean Maillon (1937)
  • Correspondance générale Paris (Le Divan ; le tome VI (1850-1852) date de 1947)
  • Une amitié littéraire, Prosper Mérimée et Ivan Tourgueniev (Hachette, 1952)


Liens externes

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Références

  1. Nikolaus Heim, épilogue in Mateo Falcone, édition trilingue {ISBN|3-89811-008-7}
  2. [1]Notre-Dame du Puy-site du conseil général de Haute-Loire
  3. Correspondance générale, tome VI (1850-1852), p. 53


Précédé par
Charles Nodier
Fauteuil 25 de l’Académie française
1844-1870
Suivi par
Louis de Loménie

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