Primat des Gaules


Primat des Gaules

Le Primat des Gaules est un titre conféré à l'archevêque de Lyon, ancienne capitale des Trois Gaules, en vertu de l'ancienneté de son siège (remontant à l'époque gallo-romaine), et de l'autorité qu'il a exercée par le passé sur les autres évêques de France. Le titre de primat conféré à un archevêque lui garantit une juridiction théorique sur plusieurs provinces écclésiastiques. En France, seuls les titres de Primat des Gaules et de Primat de Normandie, attribués respectivement aux archevêques de Lyon et de Rouen, sont encore utilisés.

Sommaire

Histoire

La primatie de Lyon est bien établie par la tradition. Le titre de Primat des Gaules et de Germanie aurait été attribué à Anségise, l'archevêque de Sens, par Jean VIII en 876[1]. Bien qu'Anségise de Sens ait conservé ce titre, il paraît douteux qu'il ait réellement exercé les pouvoirs de primat sur la Gaule et la Germanie.

Grégoire VII confirme la primatie de Lyon à l'archevêque Gébuin par une bulle le 19 avril 1079, après une contestation au concile de Poitiers de 1078. Il écrit que l'église de Lyon avait joui de ce privilège per annorum longa curriccula. Il a clairement par ce fait voulu supprimer la primatie alors revendiquée par l'archevêque de Sens. Cette primatie est alors étendue sur les quatre provinces dites "lyonnaises" du Bas-Empire[2]. Mais le pape limite également les pouvoirs de cette distinction. Son titulaire n'est plus qu'une juridiction d'appel, et il n'exerce plus le vicariat apostolique[3].

Elle est contestée régulièrement, et au Concile de Clermont du 1er décembre 1095, le pape Urbain II confirme de nouveau les privilèges de Lyon et déclare que l'archevêque de Sens devait soumission et obéissance au primat.

En 1696, la primatie des Gaules est contestée par le primat de Normandie. Un procès opposa Claude II de Saint-Georges, archevêque de Lyon et primat des Gaules, à Jacques Nicolas Colbert, archevêque de Rouen, et primat de Normandie. La cause en était que l'archevêque de Rouen voulait réaffirmer sa suprématie et son indépendance, suite à un visa délivré par le primat des Gaules pour la nomination à une cure située sur le diocèse de Rouen. Terminé en 1702, le procès devant la justice du Royaume de France finit par faire triompher l'archevêque de Rouen, malgré la légitimité prouvée et démontrée de la primatie des Gaules, simplement par défaut de possession. Cette curiosité de l'histoire fit que le primat de Normandie s'est retrouvé l'égal du primat des Gaules, le premier faisant juridiction sur sa seule province ecclésiastique, le second sur le reste de la France : les trois autres Lyonnaises[4].

L'actuel Primat des Gaules est Mgr Philippe Barbarin.

Notes et références

  1. voir Villard Fr. p. 422.
  2. Lyon même, Rouen, Tours, Sens.
  3. voir Gadille J., p. 67
  4. Histoire de l'Église de Lyon, par Étienne-Joseph Poullin de Lumina, 1770, chap. III, p. 414-463, Procès pour la primatie avec l'archevêque de Rouen.

Bibliographie

  • Gadille Jacques (dir.), Le diocèse de Lyon. Histoire des diocèses de France, Tome 16, Beauchesne, 1983, Paris, 350 p. (ISBN 2-7010-1066-7)
  • Villard François. Primatie des Gaules et réforme grégorienne. In : Bibliothèque de l'école des chartes. 1991, tome 149, livraison 2, pp. 421-434 ISSN-1953-8138 Lire ici
  • L'abbé Rony. Saint Jubin, archevêque de Lyon et la primatie lyonnaise. In : Revue d'histoire de l'Église de France. 1929, tome 15, n°69, pp. 409-430 Lire ici

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