Premier Empire de 1812 a 1813


Premier Empire de 1812 a 1813

Premier Empire de 1812 à 1813

Le Premier Empire de 1812 à 1813

Sommaire

1812

Le 26 janvier 1812, la Catalogne, formée en quatre départements, est réunie à la France.

Le 13 mars suivant, un sénatus-consulte divise en trois bans tous les sujets de l’Empire qui sont en état de porter les armes, et qui ne sont pas actifs militairement.[1]

La guerre avec la Russie, l’Angleterre et la Suède est imminente. Napoléon quitte Paris le 9 mai 1812, et se rend en Allemagne. Une réunion solennelle de têtes couronnées a lieu à Dresde ; l’impératrice Marie-Louise d'Autriche, l’empereur et l’impératrice d’Autriche, le roi de Prusse et plusieurs souverains de rang inférieur en font partie. Napoléon est le président, le directeur suprême de cette assemblée. [2]

Cependant le comte de Narbonne avait été envoyé auprès d’Alexandre pour le déterminer, moyennant quelques concessions, à soutenir le système continental, moyennant, quoi la paix ne serait pas troublée, Le négociateur échoue dans sa mission. [3]

Napoléon, méprisant de telles menaces et comptant toujours sur sa fortune, se rend sur le Niémen, bien résolu de marcher en avant, malgré les avis que lui donnaient des personnes réfléchies et expérimentées. Quelqu’un lui disait avec une courageuse franchise que la campagne de Russie pouvait décider du sort de sa dynastie et de sa propre existence, comme de l’avenir de la France. [4]

Campagne de Russie

Article détaillé : Campagne de Russie.


Retour de Russie

Tandis que la France et l’Europe croient Napoléon enseveli dans les neiges du Nord, elles apprennent qu’en moins de quatorze jours il a traversé la Pologne, l’Allemagne, et qu’il a atteint les rives de la Seine (18 décembre 1812).

Le lendemain de son arrivée dans son palais des Tuileries, des salves d’artillerie annoncèrent sa présence dans la capitale. De tous côtés, on s’empressa d’assister à son lever, les harangues accoutumées du Sénat, du conseil d’État, des corps judiciaires, du grand maître de l’Université, reprirent leur cours. [5]

Ce qui affligea surtout Napoléon, ce qui l’affecta peut-être plus que le désastre de Moscou, ce fut la conspiration de Malet (23 octobre 1812), dont il prit une connaissance approfondie.

1813

Cependant son âme, retrempée par les revers, avait redoublé d’énergie et d’activité ; il présidait tous les jours plusieurs comités pour régler, conduire les affaires tant extérieures qu’intérieures de son vaste empire. Le 11 janvier 1813, une levée de 250.000 hommes est décrétée par le Sénat. Dans le mois précédent, il avait fait sa paix avec le pape, qu’il tenait prisonnier à Fontainebleau. Il voulait, par cette espèce de nouveau concordat, se rendre les populations catholiques favorables, et laver la tache que, pour des yeux dévots, l’excommunication pontificale avait imprimée sur son front.

Un sénatus-consulte du 5 février détermine la forme de la régence pendant la minorité de l’Empereur ; le roi de Rome pourra être sacré et couronné du vivant de son père ; en conséquence, le fils de l’Empereur sera sacré le plus tôt possible ; sa mère, l’impératrice, a des droits incontestables à la régence. Napoléon n’avait rien tant à cœur que d’assurer à sa postérité l’héritage et la reversion de son immense pouvoir. Par des lettres du 30 mars suivant, l’impératrice Marie-Louise est déclarée régente de l’Empire.

Le 14 février, l’Empereur fit solennellement l’ouverture du Corps législatif. Après avoir rendu compte des motifs et des calamités de la campagne de Russie, il continue [6]

Le 25 du même mois, le ministre de l’intérieur rend compte au Corps législatif de la situation de l’Empire. On voit par cet exposé que depuis 1804 jusqu’au 1er janvier 1813, il a été dépensé 683 millions en travaux divers, tels que ponts, canaux, routes, ports, embellissements de Paris, dépôts de mendicité, palais, églises, etc. Les productions du sol et de l’industrie se sont singulièrement augmentées, et malgré des guerres continuelles, la population de l’ancienne France qui, en 1789, était de 24 à 25 millions, est maintenant de 28 millions 700 mille individus.

Cependant le général prussien York avait passé du côté des Russes avec 20.000 hommes. Les Anglais négociaient secrètement avec le cabinet de Vienne, dont le corps auxiliaire, commandé par Schwartzenberg, s’était mis complètement dans un état de neutralité ; Louis XVIII, de son côté, avait lancé du château d’Hartwel, dans les premiers jours de février, une proclamation [7]

Un ennemi de Napoléon, bien autrement dangereux, travaillait l’Allemagne, c’était la société de l’ Union de la Vertu (Tugend-Bund). Cette société avait pour but de rendre la guerre nationale, et de délivrer à tout prix la Germanie du joug qui pesait sur elle ; ajoutons que le roi Murat, après avoir remis, le 27 janvier, au prince Eugène, le commandement général des troupes stationnées dans le Nord, dont l’Empereur l’avait investi, avait quitté de son propre mouvement et sans le consulter, le quartier général de Posen, et, déguisé en voyageur allemand, avait pris la route de ses États ; de là, de vives réprimandes. L’Empereur lui écrivait [8]

Irrité par ces réprimandes, qui sont quelque peu injurieuses, Murat comptera bientôt au nombre des ennemis de son bienfaiteur et de son beau-frère.

Napoléon avait donc à combattre, au midi, l’Espagne et le Portugal ; à l’ouest, l’Angleterre soutenue par son puissant auxiliaire l’Océan ; au nord, la Suède avec Bernadotte, la Russie, la Prusse ; à l’est, l’Autriche déjà chancelante, et partout la haine des nombreuses populations qu’il avait foulées. Il avait des ennemis dans le centre même de son Empire ; la conscription était devenue insupportable, et la tentative de Malet avait ravivé les espérances des républicains.

L’Empereur partit de Paris le 15 avril, et le 29 il se trouvait à son quartier général d’Eckartzberg. Il avait imprimé sur sa route un mouvement électrique à la jeune armée à laquelle il avait parlé partout où il l’avait rencontrée. Au milieu de ses préparatifs de guerre, il se montrait toujours disposé à faire la paix ; le duc de Vicence fut chargé d’en suivre les négociations à Vienne.

Les forces des Français en Allemagne sont de 146 000 fantassins, divisé en 12 corps, plus 16 000 de garde impériale et 4 000 chevaux.

Les ennemis comptent 225 000 hommes, dont 125 000 Russes et 100 000 Prussiens.

À la suite de deux combats qui furent livrés à Weissenfels et au défilé de Rippach, où les jeunes soldats, soutenus par l’Empereur en personne, firent des merveilles, l’armée s’empara de Lützen et de tous les débouchés de la Saale.

Bataille de Lützen

Article détaillé : Bataille de Lützen (1813).

Le 2 mai, l’Empereur remporta la victoire de Gross-Gœrschen qu’il appela de Lutzen, en mémoire, sans doute, du fameux roi de Suède Gustave-Adolphe, dont le tombeau est dans cette ville. L’armée ennemie, commandée par le général en chef Wittgenstein, combattait sous les yeux d’Alexandre et du roi de Prusse. Napoléon avait sous ses ordres le prince Eugène, les maréchaux Ney, Mortier, Macdonald, Marmont ; les généraux Compans, Ricard. Il ne s’attendait pas à être attaqué ce jour-là, ni dans cette position ; il était déjà en marche sur Leipzig, lorsqu’il apprit que le maréchal Ney avait devant lui toute l’armée alliée ; rebrousser chemin au galop et changer les dispositions qu’il avait arrêtées, fut l’affaire d’un moment ; il fait des prodiges pour arrêter la fougue des Prussiens ; ses jeunes soldats, animés par sa présence, se battent comme des lions ; des deux côtés l’acharnement est le même pendant plus de quatre heures ; alors viennent se mettre en ligne le maréchal Macdonald et le général Bertrand, à la tête de leur corps. Napoléon saisit ce moment favorable pour forcer la victoire à se décider, en sa faveur. Une batterie de 80 pièces foudroie la position de Kaya, d’où dépend le gain de la bataille, pendant que 16 bataillons de la jeune garde, soutenus par 6 bataillons de leurs aînés, sont lancés en avant et joignent leurs efforts à ceux de l’infanterie de ligne ; dès ce moment, le sort de la journée est décidé.

Cette bataille fut extrêmement meurtrière ; les villages de Kaya, de Gross-Gœrschen furent pris et repris plusieurs fois à la baïonnette. L’armée française tira 40.000 coups de canon ; elle accusa une grande perte en tués ou blessés. Ou estime celle des alliés de 20 à 25.000 hommes.

Un succès si chèrement acheté fut sans résultats de quelque importance. Faute de cavalerie, le vainqueur se trouva dans la nécessité de laisser l’ennemi opérer tranquillement sa retraite et en bon ordre, protégé qu’il était par son excellente et nombreuse cavalerie, ravageant tout ce qu’il trouvait sur son passage.

L’ennemi, toujours poursuivi par Napoléon, s’arrêta dans les environs de Bautzen. Alexandre commandait en personne l’armée combinée ; il avait son quartier général à Wurschen ; ses forces présentaient un total de 160.000 hommes. Le centre des coalisés était soutenu par les fortifications qu’on avait élevées dans Bautzen et ses alentours.

L’armée française comptait 150.000 combattants.

Les positions de l’ennemi furent successivement enlevées et Napoléon entra dans Bautzen à trois heures de l’après-midi.

Le 21, à cinq heures du matin, le combat recommença par une vive fusillade. Napoléon annonça que l’attaque générale aurait lieu à une heure, et que la bataille de Wurschen serait gagnée à trois, ce qui arriva.

Le lendemain 22, les alliés furent poursuivis sans relâche par l’avant-garde française, à la tête de laquelle marcha constamment Napoléon ; mais ce même jour les Français éprouvèrent un échec à Reichenbach. Le 30 mai, ils reprennent Hambourg. Le 4 juin, un armistice est conclu à Plesswitz, en Silésie, entre Napoléon et ses adversaires ; c’est des deux côtés un prétexte pour gagner du temps et recevoir les renforts que l’on attend. Le 30 juin, une convention est signée à Dresde, par laquelle Napoléon accepte la médiation de l’Autriche. Un congrès doit s’ouvrir à Prague le 5 juillet. L’armistice est prolongé jusqu’au 15 août. Le congrès de Prague se dissout sans avoir rien conclu.

Avant la rupture de l’armistice, dans une négociation secrète, le duc de Vicence avait appris de Metternich que la paix serait garantie par l’Autriche, à condition que le duché de Varsovie serait dissous ; que les villes de Hambourg et Lubeck recouvreraient leur indépendance : que Napoléon renoncerait an protectorat de la confédération du Rhin ; que la Prusse serait rétablie et que l’Illyrie serait cédée à l’Autriche. L’Empire français conservait ainsi à peu près toute sa puissance ; mais Napoléon était-il disposé à ces concessions ?

Bientôt l’Autriche fit cause commune avec les coalisés et les fureurs de la guerre recommencèrent avec plus de violence que jamais.

Bernadotte, commandant en chef l’armée du nord de l’Allemagne disait dans sa proclamation du 15 août, que l’Europe devait marcher contre la France avec le même sentiment qui avait armé contre elle la France en 1792. C’était proclamer la proscription des Français et de Napoléon.

Le 15 août 1813, le prince de Schwartzenberg, généralissime des armées alliées, comptait sous son commandement 603.600 combattants et Napoléon 352.700. De plus, les coalisés se battaient en pays amis et pouvaient réparer leurs pertes, battre en retraite en toute sûreté. [9]

Le 13 août, les Autrichiens avaient opéré leur jonction avec les Austro-Russes. Ce ne fut que le 20 que Napoléon apprit cette jonction ; et, le 21, il reprend l’offensive, fond sur Blùcher et le force à reculer.

Article détaillé : Bataille de Gross Beeren.

Le 23, la forte position de Goldberg tombe aux mains des français. Apprenant que, par les conseils de son ennemi Moreau, que les alliés avaient fait venir d’Amérique, ceux-ci avaient résolu de se rendre maîtres de Dresde, il laisse son armée de Silésie au duc de Tarente, et marche avec sa garde sur la capitale de la Saxe, dans laquelle il arrive le 26, à dix heures du matin ; il était temps : plusieurs ouvrages venaient d’être enlevés dans les faubourgs, l’ennemi allait donner l’assaut. Napoléon prend l’offensive, l’attaque dans les faubourgs et le rejette au loin avec une perte de 4.000 hommes. Il combattit ce jour-là avec 65.000 hommes contre 180.000. Dans la soirée, il reçut un renfort de 45.000 hommes ; et, le lendemain 27, à la pointe du jour, à la tête de 110.000 hommes, il offre le combat à 180.000 coalisés, les repousse, les désunit et les force à la retraite avec une perte de 15.000 tués et autant de prisonniers, presque tous Autrichiens. C’est dans cette affaire que Moreau eut les deux jambes coupées par un boulet pendant qu’il s’entretenait avec l’empereur Alexandre.

Article détaillé : Bataille de Dresde.

Les revers des alliés sous les murs de Dresde étaient compensés par la victoire qu’ils avaient remportée le 26 à Katzbach sur le maréchal Macdonald. Cette bataille coûta aux Français 15.000 prisonniers. La perte de l’ennemi ne fut guère moins forte ; mais il lui était si facile de la réparer. Le duc de Reggio s’était fait battre par Bernadotte à Grossbeherren et Ahrensdorf, près de Berlin. Le général Vandamme qui avait reçu l’ordre d’occuper et de tenir les défilés de la Bohême, se lança imprudemment à la poursuite d’un corps russe qu’il avait battu à Pirna, descendit sur Culm avec 10 bataillons ; enveloppé tout à coup par 70.000 hommes, fait prisonnier avec 7.000 des siens, il laisse 3.000 morts sur le champ de bataille.

Napoléon, voulant toujours se rendre maître de Berlin, ordonne au maréchal Ney de s’y porter, après avoir réuni à son corps celui du maréchal Oudinot, avec ceux des généraux Régnier et Bertrand. Ney, défait par Bernadotte, perd, avec les deux tiers de son artillerie, ses munitions, ses bagages et plus de 12.000 hommes.

Dès ce moment, les pertes qu’ont éprouvées les deux partis sont à peu près compensées ; les succès de Lutzen, Bautzen, Dresde ne font plus illusion. Néanmoins Napoléon, au lieu de commencer d’opérer sa retraite vers le Rhin, toujours persuadé que sa fortune et son génie le feront triompher de tous les obstacles, s’obstine à rester dans le cœur de la Saxe. Cependant des corps de partisans se forment de tous côtés ; les sociétés secrètes agissent avec zèle et activité, presque à découvert. Les États du roi Jérôme sont à la merci des Russes ; des Saxons, des Westphaliens viennent de passer à l’ennemi ; une forte armée bavaroise fait sa jonction à Braunau avec un corps autrichien. Le roi de Wurtemberg apprit cette défection à l’Empereur, et en même temps il lui annonçait la sienne.

Bataille de Leipzig

Napoléon et Poniatowski à Leipzig par January Suchodolski
Article détaillé : Bataille de Leipzig.

Napoléon, las d’une guerre de chicane, et voulant en finir par une grande bataille, se porte sur Leipzig à la rencontre de Schwartzenberg ; il arrive dans cette ville le 15 octobre. Le 18 et le 19 du même mois est livrée la bataille de Leipzig. L’Armée de Napoléon était de 157.000 hommes, avec 600 pièces de canon. Les coalisés comptaient 348.000 combattants, avec une artillerie de 950 à 1.000 bouches à feu. Un demi-million d’hommes, rassemblés sur un espace de trois à quatre lieues carrées s’attaquent, se repoussent, se mitraillent, s’égorgent de près avec une fureur extrême.

Les soldats français luttaient avec le plus grand courage contre la supériorité numérique de leurs adversaires, lorsque les auxiliaires Saxons et Wurtembergeois passent à l’armée de Bernadotte et tournent aussitôt leurs canons contre les frères d’armes qu’ils viennent de trahir.

Il ne restait plus de munitions dans les caissons de l’artillerie française que pour 10.000 coups de canon ; il fallut donc, quoique l’ennemi eût abandonné le champ de bataille se retirer sur Erfurth pour y prendre des munirons. Le mouvement rétrograde commença la nuit ; avant le jour les ponts étaient passés ; 10.000 hommes environ d’arrière-garde défendaient les faubourgs pour donner à l’artillerie et aux parcs de réserve le temps de passer le grand pont, lorsque le sous-officier qui était chargé de le faire sauter apercevant des Cosaques qui avaient passé l’Elster Blanche à gué, croyant que tout était perdu, mit le feu à la mèche et le pont fut détruit. L’arrière-garde n’ayant plus de retraite resta prisonnière avec tous ses bagages et 200 pièces d’artillerie.

Les journées du 16 au 19 furent fatales aux deux armées : les Français perdirent 20.000 hommes tués, 30.000 prisonniers, dont 23.000 malades ou blessés abandonnés dans les hôpitaux de Leipzig, et 350 bouches à feu. Les coalisés laissèrent 47.000 morts sur le champ de bataille. On estime au double le nombre d’hommes mis hors de combat.

L’armée française, réduite à 90.000 hommes, arriva à Erfurth le 23 ; après s’y être approvisionnée et reposée, elle se remit en marche le 25. Le 26, une armée austro-bavaroise de 60.000 hommes, sous les ordres du général Wrède, se présenta à Hariau pour lui couper la retraite. L’armée de Wrède fut enfoncée et mise en déroute après avoir perdu 12.000 hommes. Le général Bertrand occupa Hanau, ce qui permit à l’armée de se retirer sur Mayence sans être inquiétée. Le 2 novembre, elle avait franchi le Rhin, et tout le sol germanique était délivré.

Cependant une nouvelle réunion de plénipotentiaires eut lieu à Francfort. Là, de nouvelles bases pour la paix furent convenues et communiquées, le 10 novembre, à Napoléon, par son ministre, le baron de Saint-Aignan. Il était arrêté que la France aurait pour limites le Rhin, les Alpes et les Pyrénées ; que l’Espagne serait rendue à son ancienne dynastie ; que l’Allemagne, l’Italie, la Hollande recouvreraient leur indépendance. [10]

Notes et références

  1. À cette occasion, le sénateur Lacépède s’exprimait ainsi : « Voilà ce que le héros croit devoir faire pour rendre les frontières inviolables, pour tranquilliser les esprits. Voici ce que fait le père de ses sujets pour que ce grand bienfait exige le moins de sacrifices. Les cohortes du premier ban, se renouvelant par sixième chaque année, les jeunes gens qui en feraient partie connaîtraient l’époque précise à laquelle ils doivent revenir sous le toit paternel. Parvenus à l’âge où l’ardeur est réunie à la force, ils trouveront dans leurs exercices des jeux salutaires et des délassements agréables, plutôt que des devoirs sévères et des occupations pénibles ! »
  2. Tous les individus qui la composent sont, de gré, ou de force, ses subalternes, ses courtisans ; chacun d’eux se présente à son lever, attend avec patience le moment où il pourra obtenir de lui une parole, un regard favorable.
  3. Il lui est répondu qu’on préfère la guerre à une paix sans honneur et peu certaine, qu’on ne commettra pas l’imprudence de se mesurer dans une grande bataille avec le monarque français, mais qu’on est résigné à tout sacrifier pour traîner les hostilités en longueur, afin de lasser, dé dégoûter les armées qui entreront sur les terres de la domination russe.
  4. « Napoléon et sa fortune !» répondit l’Empereur ; « que peuvent contre moi les éléments ? » On assure même que le prince russe Kourakin avait prédit à Paris les désastres qui attendaient Napoléon en Russie. Il se pourrait bien, au reste , que cette prophétie ait été faite après les événements.
  5. En cette occasion, l’Empereur dut être peu sensible à des démonstrations de joie qui auraient dû faire place à des compliments de condoléances ; le temps s’était singulièrement rembruni, on n’était plus aux époques brillantes d’Austerlitz, d’Iéna, de Wagram.
  6. « J’ai fait de grandes pertes, elles auraient brisé mon âme, si, dans ces grandes circonstances j’avais du être accessible à d’autres sentiments qu’à l’intérêt, à la gloire, à l’avenir de mes peuples. Les agents de l’Angleterre propagent chez tous nos voisins l’esprit de révolte contre les souverains. L’Angleterre voudrait voir le continent entier en proie à la guerre civile, mais la Providence l’a désignée elle-même pour être la première victime de l’anarchie. Je désire la paix, elle est nécessaire au monde ; quatre fois, depuis la rupture qui a suivi le traité d’Amiens ; je l’ai proposée dans des démarches solennelles. Je ne ferai qu’une paix honorable, conforme aux intérêts et à la grandeur de mon Empire. Ma politique n’est point mystérieuse. Tant que cette guerre maritime durera, mes peuples doivent se tenir prêts à toute espèce de sacrifices. »
  7. après avoir dit : « La divine Providence semble prête à briser l’instrument de sa colère, l’usurpateur du trône de saint Louis, le dévastateur de l’Europe, éprouve à son tour des revers, » il engage les Français à se jeter dans les bras de leur roi légitime : c’est, suivant lui, le seul moyen de mettre un terme aux calamités de la guerre que perpétue la tyrannie, de parvenir aux jouissances d’une liberté et d’une paix solide dont les puissances étrangères ne peuvent trouver la garantie que dans la parole du souverain légitime.
  8. « Vous êtes un bon soldat sur le champ de bataille, mais hors de là vous n’avez ni vigueur, ni caractère. Je suppose que vous n’êtes pas de ceux qui pensent que le lion est mort et qu’on peut… Le titre de roi vous a tourné la tête : Si vous désirez le conserver, conduisez-vous bien. »
  9. Pendant les conférences de Prague, Metternich disait au duc de Vicence : « Votre position et celle de vos adversaires sont bien différentes : des batailles perdues par eux ne leur feraient pas signer une autre paix que celle que l’on peut faire aujourd’hui, tandis qu’une seule bataille perdue par Napoléon change tout à fait la question. »
  10. Mullié indique qu'il est probable que les alliés n’avaient consenti à ces engagements que pour gagner du temps et faire croire aux peuples que si les fléaux de la guerre se prolongeaient encore, ce serait la faute de Napoléon.

Source

Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition](Wikisource)

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