Politologue


Politologue

Science politique

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La science politique est la science qui étudie les phénomènes politiques. Plus précisément, elle consiste à étudier les processus politiques mettant en jeu des rapports de pouvoir entre les individus, les groupes, et surtout au sein de l'État.

Sommaire

Historique

Origine

La réflexion sur le problème politique remonte au Ve et IVe siècle avant Jésus-Christ, avec les philosophes, tels Platon (428 ou 427 à 348 ou 347 av. J.C.), Aristote (384 à 322 av.J.C.), Thucydide (env. 460-395). Il s'agissait comme l’étymologie grecque, πολιϛ, renvoit, aux affaires de la Cité, c’est-à-dire, par extension, ce qui se rapporte immédiatement aux activités du gouvernement.

XIXe siècle

La science politique est une discipline relativement récente, dont certains datent l'émergence (du moins en ce qui concerne la science politique moderne), au XVIe siècle avec Nicolas Machiavel [1] (séparation de la morale et de la politique). Déjà, dans l'Antiquité, il existe des formes d'organisations politiques : la polis (dont est issu le mot politique, qui signifie cité) dans la démocratie grecque, la Res Publica (chose publique) qui instaure l'égalité de tous quant aux droits politiques dans la Rome antique, à l'exception des esclaves. Une curiosité hexagonale, dans le grand public, est que Nicolas Machiavel, inventeur du genre littéraire du "récit de voyage", soit connu comme homme politique et que Michel de Montaigne, homme politique, soit connu comme inventeur du genre littéraire des Essais.

Dans la Pensée chinoise de Marcel Granet, l'art politique datait des « écoles confucéennes ». L'Administration publique chinoise est la plus ancienne, le « mandarinat », a commencé à cette époque. En Europe, la politologie est à la conjonction du Droit, de la Sociologie et de la Psychologie.

L'anglophonie distingue political scientist et political analyst. Le premier analyse la politique (politics), le second élabore les politiques publiques (policies). Auparavant la formation en science politique se faisait dans une Faculté de Droit. Un État commence par des articles de Droit constitutionnel. La formation en "Économie politique" était également proposée par les facultés de droit, là où Võ Nguyên Giáp avait eu son doctorat en économie politique, avant de devenir Général, sur le terrain, après avoir gagné des batailles. La science politique se ramifie en trois grandes branches administration publique, relations internationales, études militaires et stratégiques.

Mais ce n'est véritablement qu'au milieu du XIXe siècle que naissent les sciences sociales et parmi elles la science politique, surtout grâce aux changements engendrés par l'ère industrielle et l'industrialisation. Cette industrialisation influe sur les sciences sociales (nouvelles classes sociales, patronat, travailleurs) et le développement de moyens de communication et de transport. C'est aussi la fin des grandes explorations, on cherche davantage à comprendre le monde et son fonctionnement. On assiste à l'essor de l'individualisme, et par réaction à celui-ci, à la montée des nationalismes. Changement important : la main divine est supplantée par le scientisme. Jusque lors, les hommes de science, à l'image du Pic de la Mirandole, se devaient de connaître toutes les sciences. Au XIXe siècle, ils se spécialisent dans des domaines particuliers.

Il s'opère une scission de l'économie et de la politique. L'État se développe et acquiert au fil du temps de nouvelles compétences, d'où un développement de l'administration. Sa complexification va de pair avec sa bureaucratisation. Sur ce point, voir Max Weber, Economie et société.

Dans une société connaissant de profondes transformations, la science politique, à l'image des autres sciences sociales, pense l'organisation des sociétés et des gouvernements.

Plus sur Genèse de la science politique[2].


XXe siècle

Pendant que la science politique évolue aux États-Unis, il y a stagnation en Europe durant l'entre-deux guerres, notamment en raison de la présence de régimes autoritaires. Le développement aux États-Unis est stimulé par l'absence de contraintes et par la venue d'un certain nombre de scientifiques réfugiés (allemands, anglais, italiens, autrichiens). Les travaux de cette époque sont illustrés par de grandes figures telles que Seymour Martin Lipset ou Reinhard Bendix. Ils ont pour principal objet la stratification sociale.

Dès 1945, la science politique entre dans une nouvelle phase de son développement, il y a accord sur toute une série d'objets d'étude qui forment le champ de la science politique, il y a une revendication commune de l'expression « Science Politique », émergence de vecteurs de distribution des résultats des recherches.

Selon Philippe Braud[3], la science politique recouvre la théorie politique, la sociologie politique, la science administrative, les relations internationales. D'autres y ajoutent les études stratégiques.

Selon Maurice Duverger, la science politique n'est constituée que par la sociologie politique.

Repères

Quelques auteurs contemporains

A-B-C

D-E-F

G-H-I

J-K-L

M-N-O

P-Q-R

S-T-U

V-W-X-Y-Z

Quelques grands objets et concepts

Méthodes

Les méthodes utilisées par la science politique sont principalement celles des sciences sociales. Les enquêtes de terrain ou recherches d'archives fondent les théories avancées par les auteurs. Dans les autres cas, le registre est celui de l'essai ou du commentaire politique.

Méthode qualitative

La méthode qualitative consiste à réaliser des entretiens semi-directifs avec des acteurs de terrain concernés par le sujet étudiés. L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de recueillir un matériau riche en informations (plus fines que dans les questionnaires). L'écueil à éviter est la reproduction du discours des acteurs dans ce qui sera dit plus tard sur le sujet en question (exemple: une étude sur élections tient les mêmes propos que tel ou tel membre d'un parti politique). La méthode qualitative est plutôt utilisée par les chercheurs français et européens.

Méthode quantitative

Les méthodes quantitatives mobilisent l'usage du questionnaire (écrit, par téléphone) et des statistiques. Elles permettent de recueillir des données en grand nombre et donc d'appréhender les phénomènes selon un point de vue global. Le chiffrage de grandes tendance donne une certaine représentativité aux résultats produits. La constitution d'un échantillon représentatif (ayant les mêmes proportions de catégories de personnes que dans la réalité) est pour cela nécessaire. Les données sont ensuite traités par des logiciels statistiques tels que SPSS ou MODALISA. Les méthodes quantitatives demandent une plus grande maîtrise technique des outils statistiques, et sont aussi plus coûteuses. Ces grandes enquêtes nécessitent des équipes et des moyens solides. Elles sont surtout utilisées aux États-Unis.

Méthode historique

La méthode historique[14] ne consiste ni en une collection de dates et une succession d'évènements ni en une histoire quantitative mais à retracer l'"histoire longue du politique"[15] afin de mettre en lumière "les logiques sociales à l'oeuvre dans la vie politique"[16] sur le long terme.


Références bibliographiques

http://en.wikipedia.org/wiki/Comparative_politics

  1. Machiavel, Le prince, diverses éditions (1532); et sur Machiavel, voir Skinner, Quentin, Machiavel, Paris, Points, Essais, 2001
  2. Source: Favre, Pierre, Naissance de la science politique en France : 1870-1914, Paris, Fayard, 1989 (ISBN 2213023255)
  3. Braud, Philippe, La science politique, Paris, Presses universitaires de France, Que sais-je, 2007 (9e éd.) (ISBN 2130560024)
  4. Chagnollaud, Dominique, Science politique: Eléments de sociologie politique, Paris, Dalloz, 2004 (5e éd.) (ISBN 2247055184)
  5. François, Bastien, Le régime politique de la Ve République, Paris, La Découverte, Repères, 2005 (3e éd.) (ISBN 2707147966)
  6. Gaxie, Daniel, Le cens caché. Inégalités culturelles et ségrégation politique, Paris, Le Seuil, 1978 (ISBN 2020049414)
  7. Gerstlé, Jacques, La communication politique, Paris, Armand Colin, 2004 (ISBN 2247058841)
  8. Mayer, Nonna, "La science politique est-elle une science?", Nouvelles fondations, n°2, 2006-2
  9. Martin Virginie, "Toulon sous le Front national, Analayse d'entretiens non directifs", L'Harmattan 2002
  10. Nay, Olivier, Histoire des idées politiques, Paris, Armand Colin, 2007 (ISBN 2247048978)
  11. Voir le classique Michels, Roberto, Les partis politiques : essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Paris, Flammarion, 1971 (1914)
  12. Offerlé, Michel, La profession politique : XIXe-XXe siècles, Paris, Belin, 1999 (ISBN 2701125421)
  13. Ihl, Olivier, Kaluszynski, Martine, Pollet, Gilles, Les sciences de gouvernement, Paris, Economica, 2003 (ISBN 2717846832)
  14. Pour un exemple d'application de cette démarche, voir le classique Elias, Norbert, La dynamique de l'Occident, Paris, Calmann-Lévy, 1979 (ISBN 2702120350), et parmi les travaux récents voir Déloye, Yves, Les voix de Dieu. Pour une autre histoire du suffrage électoral : le clergé catholique français et le vote XIXe-XXe siècles, Paris, Fayard, 2006 (ISBN 2213622787)
  15. Déloye, Yves, Sociologie historique du politique, Paris, La Découverte, Repères, 2007, (3e éd.), p. 22 (ISBN 2707152013)
  16. Idem, p. 26

Articles connexes

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