Pitié


Pitié

Compassion

Compassion personifiée: une statue du centre Epcot en Floride

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Voir « compassion » sur le Wiktionnaire.

La compassion est le sentiment par lequel on est porté à percevoir ou ressentir la souffrance des autres, et poussé à y remédier. Le mot compassion provient du latin cum patior, « je souffre avec ». Il s'agit donc d'un calque latin du grec sym patheia, sympathie, dont le sens avait dévié. D'où le besoin de ce mot, ainsi que de celui d'empathie. « Pitié » et « apitoiement » sont tous deux devenus péjoratifs, mais signifient originellement compassion, tout comme « miséricorde » et son synonyme « commisération ».

Sommaire

En psychologie

La compassion est une prédisposition à la perception et la reconnaissance de la douleur d'autrui, entraînant une réaction de solidarité active, ou seulement émotionnelle. Il s'agit donc d'une variante d'empathie axée sur la douleur. On peut aussi se porter de la compassion, ce qui sous-entend que l'on est détaché de soi-même, sans quoi on peut aisément la confondre avec l'apitoiement, avec sa composante de complaisance. De même la compassion envers autrui peut être confondue avec la pitié, au sens moderne, avec sa connotation de condescendance.

Ces deux distorsions de la compassion sont donc stériles, parce qu'il y manque une aide, un soutien actifs et efficaces, dans la mesure du possible. En effet, si une personne se noie, cela n'arrange pas les choses de se noyer avec elle, et peut même empirer sa condition. De plus, pleurer sur le sort de quelqu'un ne l'aide généralement pas.

Dans la culture humaniste

En tant que valeur...

Dans le bouddhisme et le jaïnisme

Article principal : Karunā.

La compassion, Karunā en pâli et en sanskrit, est au cœur de la bodhicitta, elle-même au fondement de la pensée mahayaniste. Dans le cadre de la bodhicitta ce terme est alors synonyme de mahakaruna, la grande compassion aspirant à ce que tous les êtres soient libérés des souffrances et de leurs causes, voire à l'Éveil. Alors elle compte parmi les facultés spirituelles d'amour appelées les quatre Incommensurables. Elle est aussi dite 'grande' lorsque, par une pratique appropriée, cette aspiration devient complètement spontanée, manifeste la même intensité affective qu'envers un parent ou un enfant, et en actualise le même engagement.

Par contraste avec Maitreya, le futur Bouddha de l'amour bienveillant, Shakyamuni est un Bouddha de compassion, survenu en notre âge de souffrance.

Les principales déités méditationnelles (yidam) de compassion sont Tara, Kouan-Yin, et Avalokiteshvara, dont le nom tibétain est Tchenrézi, dont les Dalaï lama et les Karmapa sont considérés comme des émanations.

Dans le christianisme

La compassion dans le Christianisme, évoque un sentiment de fraternité humaine, qui nous incite à effectuer des actes de : charité (caritas, avec un sens proche du verbe anglais to care) et donc à secourir notre prochain. On agit par compassion, en accomplissant tout acte de partage. Les examens de conscience et exercices spirituels amènent à dissuader de détester qui que ce soit, sans quoi il serait impossible d'éprouver de la compassion pour ce dernier; lorsque le besoin s'en présentera, tous les moyens nécessaires seront utilisés dans le but : d'aider ou de délivrer la personne, y compris si elle n'est pas du clan (parabole dite du Bon Samaritain), du simple fait de sa proximité. L'Évangile insiste sur cette notion de proximité (d'où vient le mot prochain), qui permet il est vrai de voir si l'on agit de façon efficace ou non. Le choix d'un Samaritain montre qu'il s'agit bien de la proximité du moment et non de la plus habituelle proximité culturelle, où la compassion se manifeste plus facilement. Bernard de Clairvaux met à plusieurs reprises en garde contre la tentation de se replier sur soi pour ne pas rencontrer le prochain (ce que nous nommerions aujourd'hui cocooning), en insistant sur la gravité de cette faute.

Si un Chrétien ressent un sentiment de compassion, c'est qu'il serait aussi disposé à accomplir un acte de charité par respect de ses valeurs aussi bien que par considération; mais non, en principe, éprouver de l'indifférence. Et pas davantage pour en tirer fierté (voir : Vaine gloire).

On peut considérer que la Vierge Marie a eu une réelle compassion pour son fils Jésus, sur la croix. Elle a souffert avec lui. Le christianisme demande d'apprendre à compatir à la souffrance du Christ et de son prochain afin d'avoir l'élan nécessaire pour aider celui-ci. Il entend enseigner à souffrir en aimant, et à aimer même en souffrant, notion proche de celle de rédemption.

Voir également : Communion des saints.

Islam

La notion de compassion dans l'Islam est essentiellement représentée par le concept de Zakâh qui veut que tout bon musulman se doit de faire preuve de charité et d'attention envers les pauvres. Ce concept est complémentaire au processus du Ramadan durant lequel le jeûne symbolise en partie la solidarité envers les êtres qui souffrent, que cela soit de faim ou d'autre chose. En cela, le Ramadan véhicule une dimension plus "pieuse" voire plus mystique de la compassion. Le Zakâh a, quant à lui, une origine plus civile que spirituelle. Contrairement au Ramadan, il s'agit moins directement d'une obligation d'origine divine que d'une obligation socio-politique, un peu à l'instar des philanthropes dans l'occident du XIXème siècle. En effet, le Zakâh fait directement référence à la compassion envers ceux qui croulent sous les dettes ou envers les captifs, ce qui tend à prouver son caractère plus pragmatique.

Judaisme

Notes et références


Voir aussi

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