Pierre Mac Orlan


Pierre Mac Orlan
Pierre Mac Orlan
Pierre Mac Orlan
Pierre Mac Orlan

Nom de naissance Pierre Dumarchey
Activités Ecrivain Essayiste Poète
Naissance 26 février 1882
Péronne
Décès 27 juin 1970 (à 88 ans)
Saint-Cyr-sur-Morin
Langue d'écriture Français
Genres Roman Essai Poésie
Œuvres principales

Pierre Mac Orlan (né Pierre Dumarchey, à Péronne le 26 février 1882 - mort à Saint-Cyr-sur-Morin le 27 juin 1970), est un écrivain français, créateur d'une œuvre imposante, d'une grande homogénéité malgré la diversité des formes sous lesquelles elle se manifeste et des thèmes qu'elle aborde. Du roman à la chanson, de l'essai à la poésie, son œuvre s'organise autour de quelques concepts clés, au premier rang desquels un abord original et poétique de l'existence contemporaine : le fantastique social.

Sommaire

Biographie

Il n'est pas facile de reconstituer les années de jeunesse de Pierre Dumarchey, qui s'est montré peu disert sur le sujet, et s'est parfois plu à brouiller les pistes[1]. Qui plus est, un certain nombre de documents ont été détruits, que ce soit par accident (les registres de l'état civil de Péronne, dont l'acte de naissance de Pierre Dumarchey, ont disparu dans le bombardement qui a détruit son hôtel de ville en 1916[2], les archives de l'École normale contenant son dossier ont été détruits pendant la Seconde Guerre mondiale[3]) ou de volonté délibérée : le père de « Mac Orlan » brûla ainsi divers papiers et documents personnels dans les premières années du XXe siècle[4], et l'écrivain lui-même devait se livrer vers la fin de sa vie à un autodafé, brûlant dans son jardin une partie de sa correspondance et de ses archives personnelles, afin de ne pas avoir « des soucis posthumes », confia-t-il à un témoin de la scène[5].

La connaissance de ces années est cependant décisive pour comprendre la genèse de l'œuvre ultérieure, tant celle-ci puiserait ses matériaux dans le « noyau de matière vivante » que fut la jeunesse de son auteur[6], époque où Pierre Mac Orlan fit sa moisson de souvenirs. S'employant ensuite à les mettre en forme et à les « remâcher[7] », voire à les exorciser[8], l'auteur du Quai des Brumes s'appliqua à effacer ses traces de jeunesse pour se construire une biographie pour partie légendaire, et devait gommer jusqu'à son nom d'état-civil, au profit « d'une personnalité littéraire au nom fantaisiste dont le passé coïncidait merveilleusement avec son œuvre[9]. »

Enfance

Pierre Dumarchey, qui adopterait une vingtaine d'années plus tard le pseudonyme de Mac Orlan, naquit à Péronne le 26 février 1882, premier fils de Pierre Edmond Dumarchey (1853-1928) et de Berthe Francine Artus (1861-[10]?). Cinq ans plus tard, le couple eut un second fils, Jean (1887-1929 [11]?).

On suppose que les relations que Pierre entretenait avec son père, militaire à la carrière chaotique[12], furent difficiles[13], et que le climat familial se détériora à tel point que, à partir de 1889, les deux frères furent confiés, en qualité de pupilles, à la garde d'un oncle maternel, Hippolyte Ferrand, professeur d'histoire devenu inspecteur d'académie à Orléans[14].

Les relations entre l'oncle et les neveux ne furent pas non plus sans heurts : Jean fut probablement le plus rétif à l'autorité de cet homme austère et consciencieux, qui dut s'en séparer[15]. Quant à Pierre, il conserva assez de rancune envers son tuteur pour avoir, en 1909 écrit des ouvrages érotiques (La Comtesse au fouet et Les grandes flagellées de l'histoire) en les publiant sous le nom de Pierre Dumarchey, afin, expliqua-t-il plus tard à Pascal Pia, de contrarier cet oncle « qui lui avait mené la vie dure[16]. »

Toutefois, un demi-siècle plus tard, c'est avec émotion que Mac Orlan évoquerait cet « homme d'une surprenante culture littéraire », dont il se sentirait enfin proche :

« C'est en ce moment, maintenant qu'il n'existe plus et que je suis moi-même un homme âgé, qu'un équilibre affectueux s'établit entre nous deux. [...]
Aujourd'hui, je pense souvent à lui en prononçant les mots que j'eusse toujours voulu dire quand il en était temps. C'est à cette heure que je désirerais accorder nos témoignages et dire comment, par des routes différentes, nous nous sommes rejoints. Le grain semé, il y a plus de cinquante ans, m'offre à présent une floraison sans joie[17]. »

Du lycée d'Orléans à l'École normale de Rouen

Camille Pissarro : la rue de l’Épicerie à Rouen (huile sur toile, 1898)

Si l'on en croit Pierre Mac Orlan, ses années d'études au lycée d'Orléans ne furent guère brillantes[18]. Il n'est pas douteux toutefois qu'elles furent, associées à l'influence de son tuteur, déterminantes dans la formation de ses goûts littéraires[19], et que c'est de ce moment que naquit son intérêt pour les « poètes clandestins » de la culture classique, comme Catulle, Martial ou encore l'Apulée des Métamorphoses[20]. C'est à cette époque également qu'il découvrit une œuvre qui devait le marquer durablement : celle de François Villon, peut-être par l'intermédiaire du futur poète et chansonnier Gaston Couté, qui à cette époque était scolarisé dans le même lycée, et que Pierre Dumarchey connaissait, bien qu'ils n'eussent pas été intimes[21]. Mais, plus que la littérature, deux passions dominaient alors l'adolescent : Aristide Bruant et le rugby à XV.

Pierre Dumarchey admirait à ce point le chansonnier réaliste qu'il lui adressa, en 1898, ses premiers poèmes, et qu'il eut la joie de recevoir en réponse une carte postale de son idole, qu'il conserverait précieusement toute sa vie[22]. Trois ans plus tard, il rencontrerait à Montmartre l'homme dont les meilleures chansons, devait-il écrire plus tard, « appartiennent à la littérature[23] », ainsi qu'à une poésie populaire dont il faisait remonter l'origine aux ballades écrites en jargon de François Villon[24].

Quant au rugby, auquel il consacrerait un essai dans les dernières années de sa vie[25], il tint très vite une place si importante dans l'existence de l'adolescent qu'il devait expliquer près de soixante-dix ans plus tard que, « entre quinze et vingt-cinq ans, [sa] mission sur cette terre fut de monter des équipes de rugby[26]. » Jusqu'en 1913, il pratiqua ce sport (il officiait au poste de demi d'ouverture), notamment à l'École normale d'instituteurs de Rouen (dont il se vantait d'avoir créé l'équipe[27]), puis au Paris Universitaire Club (en compagnie d'Alain-Fournier et de Henri Jeanson[28].) Même s'il a sans doute exagéré la place qu'avait tenu le rugby dans sa jeunesse[29], Mac Orlan resterait toujours attaché à un jeu susceptible d'être pour des jeunes gens trop épris d'aventures un remède possible à la délinquance[30]. Et en remerciement pour cette fidélité au rugby, il se vit offrir en 1967 un ballon ovale, dédicacé par les joueurs du XV de France[31], ballon avec lequel il fut enterré trois ans plus tard.

En attendant, les médiocres résultats scolaires du jeune Dumarchey au lycée d'Orléans incitèrent son oncle à l'envoyer à Rouen, pour intégrer cette École normale d'instituteurs dont Mac Orlan garderait des souvenirs essentiellement sportifs. Il y étudia durant l'année scolaire 1898-1899. Les archives de l'École normale ayant été détruites durant la Seconde Guerre mondiale, on sait peu de choses sur cette période de la vie de l'écrivain, si ce n'est qu'il ne dépassa pas la première année et que, dès la suivante, il avait quitté Rouen pour se rendre à Paris. Il était alors âgé de dix-sept ans[32].

La bohème à Montmartre et à Rouen

Pierre-Ernest Prins, Le Lapin Agile (huile sur toile, 1890)

Pierre Dumarchey arriva à Paris, au cours de l'hiver 1899, où il retrouva son frère Jean, apprenti chez un oncle restaurateur et décorateur de meubles anciens à Montmartre[33]. Livré plus ou moins à lui-même, le jeune homme fréquentait le cabaret Le Zut, très prisé des anarchistes, où il fit sans doute la connaissance de Frédéric Gérard, le futur patron du Lapin Agile[33]. Pierre Dumarchey écrivait alors des poèmes dans la veine post-symboliste[34], et envisageait de devenir peintre, à la manière de Toulouse-Lautrec, qu'il admirait[35]. Mac Orlan a dans un essai de 1929 donné quelques précisions sur cette vocation artistique : « J'aimais la peinture et les arts en général, écrivait-il dans Rouen, non pas tant pour la somme d'émotion qu'ils pouvaient me procurer que pour la situation sociale indépendante qu'ils offraient à ceux qui les pratiquaient. »

« La peinture me plaisait parce que cet art précisait, dans mes heures de méditation à jeun, un atelier avec toutes les idées de la liberté sociale que ce mot éveillait en moi. La plus belle image de confort que je pouvais inventer me représentait dans un atelier de l'Île Lacroix dont la baie vitrée dominait la Seine, les yoles de mer et les « quatre » au garage. Je me voyais fumant ma pipe auprès d'un poêle Godin, les pieds très chauds, attendant la visite d'une figurante des Folies-Bergère dont la compagnie m'eût honoré dans les endroits où je fréquentais[36]. »

Il peignit à cette époque quelques tableaux à sujets sportifs, qui depuis ont été perdus, sans parvenir à vivre de son pinceau. Devenu rapidement sans le sou, il devint alors teneur de copie[37] dans une imprimerie parisienne, avant de retourner à Rouen à la fin de 1900, où il exerça la même activité pour le quotidien Le Petit Rouennais[38].

Le jeune homme fit à cette époque plusieurs allées-et-retours entre Paris et Rouen, d'autant plus difficiles à dater que Mac Orlan livrerait dans ses récits ultérieurs des versions divergentes sur la chronologie de cette époque de sa vie. Il s'en justifia en expliquant que, de 1900 à 1910 à peu près, les évènements furent pour lui « sans dates et parfaitement interchangeables », et que « rien ne soudait [les années] les unes aux autres dans un ordre logique[39]. » Ce qui est certain en revanche c'est que, dans l'une et l'autre de ces deux villes, les premières années du XXe siècle furent pour Pierre Dumarchey une période de vaches maigres.

Sa vie à Rouen, où il logeait dans un petit appartement rue des Charrettes[40], se partageait entre son travail au journal et les sorties nocturnes dans les bars à matelots en compagnie d'un groupe de jeunes gens insouciants que réunissait un goût commun pour les activités sportives et qui aspiraient avec plus ou moins de sérieux à devenir peintres ou écrivains[41]. Il se lia plus particulièrement avec Paul Lenglois (1878-1957), journaliste au Petit Rouennais, avec lequel il fit la rencontre d'un personnage étrange et douteux connu sous le nom de Star. Cet individu d'un certain âge exerçait la profession de photographe couplée aux activités d'escroc (il ne mettait pas de plaque dans son appareil photographique) et d'indicateur de police, le tout associé à fort penchant pour la mythomanie[42]. La fréquentation de cet homme pouvait être dangereuse, indiquerait plus tard Mac Orlan, tant il avait un don particulier pour entraîner son entourage dans les situations scabreuses[43]. Star mourut un peu plus tard, « comme un vieux chien, sur le paillasson d'un bel appartement vide dont les clefs [lui] avaient été confiées[44] ». Mais, à partir de 1927, il reviendrait de façon de plus en précise, sous des noms divers, dans l'œuvre de Mac Orlan, au point de devenir le modèle de la plupart des personnages interlopes qui se rencontrent dans les livres de l'écrivain : Capitaine Hartmann (Filles d'amour et ports d'Europe, 1932), Père Barbançon (Père Barbançon, 1946), Oncle Paul (La Pension Mary Stuart, 1958), Jérôme Burns (L'Ancre de Miséricorde, 1941), etc.[45]

Après avoir perdu son emploi d'assistant d'imprimerie, Pierre Dumarchey retourna à Montmartre en 1901, où il retrouva ses compagnons de l'année précédente. Il fréquenta notamment le cercle anarchiste regroupé autour du journal Le Libertaire, pour lequel il écrivit un article dans lequel il promouvait la révolution prolétarienne[46], ainsi que Le Zut, puis, après que celui-ci eut été fermé par la police, le Lapin Agile, cabarets dans lesquels il se lia d'amitié avec André Salmon et Guillaume Apollinaire[47]. Il retrouva également son frère Jean, qui, aspirant lui aussi à faire carrière dans la peinture[48], avait intégré la bohème montmartroise, ou plutôt sa frange la plus équivoque, plus proche des apaches et des prostituées que des artistes[49], où son goût pour l'alcool et sa facilité à faire le coup de poing étaient davantage reconnus que ses talents d'illustrateur[42]. Les deux frères vécurent semble-t-il d'expédients et de petits boulots[50], avant d'être appelés à remplir leurs obligations militaires.

La naissance du nom de Mac Orlan

Juste avant d'être intégré au 156e Régiment d'infanterie, en octobre 1905, Pierre avait toutefois obtenu ses premiers engagements, peu glorieux, en tant que peintre et illustrateur : il avait décoré l'intérieur d'un auberge à Saint-Vaast-Dieppedalle, et surtout illustré le roman écrit par un de ses amis rouennais : Monsieur Homais voyage, de Robert Duquesne. Les dessins étaient signés, pour la première fois, du nom de Pierre Mac Orlan[51]. Ce dernier expliqua par la suite qu'il avait choisi ce nom en hommage à une bien improbable grand-mère écossaise[52], mais l'hypothèse la plus plausible est que ce pseudonyme avait été forgé à partir du nom d'Orléans, où le jeune homme fit ses études secondaires, et où il découvrit l'œuvre de François Villon[53]

Les maigres engagements qu'il trouva à l'époque ne suffisaient toutefois pas à sortir Pierre Mac Orlan de ses difficultés financières ; aussi accueillit-il comme un répit bien venu le fait d'avoir à remplir ses obligations militaires, qui signifiaient du moins que durant le temps de son incorporation, il mangerait à sa faim. Mais il fut réformé au bout de six mois, pour raisons de santé[54]. Son frère en revanche s'engagea au 33e Régiment d'infanterie, où il devait passer cinq ans, avant de s'engager dans la Légion étrangère, pour cinq ans également[55], peut-être pour échapper à la justice à la suite d'une bagarre qui aurait mal tourné[56]. Pierre, quant à lui, tirait toujours le diable par la queue jusqu'au moment où, après un bref séjour en Angleterre, il fut engagé par une mystérieuse femme de lettres qui en fit son secrétaire particulier et avec laquelle il passa plusieurs mois en Italie (à Naples et à Palerme[57]), puis en Belgique, où il rencontra à Bruges les rédacteurs de la revue littéraire Le Beffroi, notamment Théo Varlet, traducteur de Stevenson et surtout de Kipling, dont il lui fit découvrir La Lumière qui s'éteint et La Chanson de Mandalay, deux œuvres qui devaient bouleverser le jeune homme[58] et qu'il évoquerait souvent dans ses livres à venir.

Après s'être pour une raison inconnue séparé de la femme qui l'employait et un bref séjour à Marseille à la fin de l'année 1907, Pierre Mac Orlan revint à Paris au début de l'année suivante, où il retrouva tout naturellement le Lapin Agile, dont il courtisait la serveuse, Marguerite Luc[59] (la fille de la maîtresse de « Frédé », le gérant du cabaret[60].) Désargenté comme à l'accoutumée, Mac Orlan vécut un temps chez son père et la seconde femme de son dernier, qui apparemment s'agaçaient de voir que ce jeune homme de vingt-cinq ans était incapable de se prendre en charge et de gagner sa vie[61]. Il quitta donc leur domicile pour des logements parfois précaires, comme celui qu'il occupa un hivers au Bateau-Lavoir (il lui avait été cédé par André Salmon), sans mobilier ni chauffage et où, en guise de lit, il dormait sur un tas de vieux journaux[62]. Il vécut aussi, en 1910, à l'hôtel Bouscarat, place du Tertre, où logeaient Jules Depaquit et Gaston Couté[63]. « On imagine, écrit Bernard Baritaud, une existence médiocre, inquiète, dominée par des préoccupations de survie, des années à la fois fébriles (l'obsession de manger) et désœuvrées[64]. »

Les moyens de subsistance de Mac Orlan étaient en effet toujours précaires : il tentait de gagner sa vie en vendant des chansons qu'il composait[65], des ouvrages à caractère érotiques qu'il publiait sous pseudonyme (voire sous son nom d'état civil), et surtout en essayant de placer ses œuvres picturales[66]. Après avoir été éconduit par Clovis Sagot (qui était entre autres le marchand de Picasso), il tenta de placer ses dessins humoristiques dans la revue Le Rire, dirigée par Gus Bofa, à qui il fut présenté par Roland Dorgelès. Mais Bofa se montra peu enthousiasmé par le trait de Mac Orlan. En revanche, il apprécia les légendes qui l'accompagnaient. Aussi proposa-t-il à ce dernier de plutôt rédiger des petits contes qu'il se proposait de publier dans sa revue. Ce fut cette rencontre qui aurait décidé de la vocation d'écrivain de Mac Orlan[67]. Elle marqua en tout cas entre les deux hommes le début d'une amitié qui se poursuivrait jusqu'à la mort de Gus Bofa en 1968[68].

À partir de 1910, devenu un collaborateur régulier de la revue Le Rire (puis du Sourire, son successeur, toujours sous la direction de Gus Bofa), il publia de nombreuses nouvelles humoristiques (réunies dans les recueils Les Pattes en l'air, Les Contes de la pipe en terre et Les Bourreurs de crânes entre 1911 et 1914), tout en se lançant dans la bande-dessinée, avec les péripéties de Frip et Bob[69], devenant ainsi le premier auteur complet de BD phylactérienne française, a-t-on pu écrire[70]. La situation sociale de Pierre Mac Orlan s'améliora alors sensiblement[71]. Qui plus est, en 1912, il publia son premier roman humoristique : La Maison du retour écœurant ; enfin, l'année suivante il épousa Marguerite Luc (le 8 avril 1913[72].)

Mac Orlan poursuivit sur la voie de l'écriture romanesque, avec Le Rire jaune publié en feuilleton en 1913 dans la revue Comœdia dirigée par Gaston de Pawlowski (à qui le roman est dédié.) Plus ambitieux que La Maison du retour écœurant, Le Rire jaune révèle aux côtés du ton humoristique des premiers textes, « une vision dramatique, parfois prophétique, de l'avenir proche[73]. » Publié en volume au printemps 1914, ce roman passa pourtant à peu près inaperçu : trois mois plus tard, la guerre était déclarée.

La guerre (1914-1918)

Poilus de la Première Guerre mondiale

C'est à Brest, en Bretagne, où il était en villégiature avec sa femme et les peintres Maurice Asselin et Jacques Vaillant que Mac Orlan apprit que la guerre contre l'Allemagne était déclarée[74].

Mobilisé le 2 août 1914, il rejoignit le 69e d'infanterie, à Toul, et fut blessé le 14 septembre 1916, près de Péronne, à quelques kilomètres de son lieu de naissance.

Étendu dans un fossé, il doit d'avoir la vie sauve à un « Joyeux », autrement dit l'une de ces fortes têtes, souvent des repris de justice, qui composent les bataillons d'Afrique. « Mac Orlan sera éternellement reconnaissant à ces soldats des sections de discipline qui étaient les frères d'infortune du légionnaire Jean Dumarchey », écrit Jean-Claude Lamy [75].

Mac Orlan retourne à la vie civile décoré de la Croix de guerre. De cette expérience du front, il conservera un souvenir intense et ambigu, mélange de fascination et de dégoût pour cette « extraordinaire époque où plusieurs millions d'hommes furent transformés en aventuriers « actifs », firent cent fois le sacrifice de leur vie, de leurs affections, de ce qu'ils avaient été et de ce qu'ils pouvaient devenir[76] ». Il n'en reste pas moins, estimera-t-il, qu'un « match d'un homme de soixante-dix kilos contre un obus du même poids est, sans discussion, une des inventions les plus sottes de notre temps. Toute la guerre de 1914 est établie sur ces proportions. Cette expérience démontre chez les hommes une inconscience inquiétante[77]. »

Quoi qu'il en soit, l'écrivain n'a jamais manifesté le désir de renouveler l'expérience et dans son Petit manuel du parfait aventurier, paru en 1920, il vante les bonheurs de l'aventure « passive », celle que l'on goûte assis dans son fauteuil, par opposition aux dangereuses incertitudes qui sont le lot habituel des aventuriers « actifs ».

Écrivain et grand reporter (1918-1937)

Les années d'après-guerre sont des années fastes pour Pierre Mac Orlan : sa réputation littéraire grandit grâce à la publication de romans tels que Le Nègre Léonard et Maitre Jean Mullin (1920) (qui lui vaut les compliments de Marcel Proust, et dont Antonin Artaud apprécie « le fascinant cachet d'irréalité presque logique[78] »), La Cavalière Elsa (1921), Marguerite de la nuit (1924), Le Quai des brumes (1927), etc. En parallèle, il devient directeur artistique des Éditions d'Art de la Renaissance du Livre et, lorsqu'il n'est pas envoyé à l'étranger pour en ramener des reportages, il coule en compagnie de son épouse des jours paisibles dans la maison de Saint-Cyr-sur-Morin qu'il a fini de restaurer en 1924.

En sa qualité de grand reporter, recruté en même temps que quelques autres écrivains par Pierre Lazareff, Mac Orlan se rend notamment en Allemagne, où il rend compte de la Révolution allemande, et où il retourne régulièrement jusqu'en 1937, observateur lucide de la dégradation de la situation sociale et témoin inquiet des progrès de l'Hitlérisme.

Il est également envoyé en Tunisie faire des reportages sur la Légion étrangère, en Angleterre pour couvrir un fait-divers sordide, qui lui permet d'étudier les méthodes de Scotland Yard, en Italie où, en 1925, il fait une interview de Mussolini. On citera enfin une série d'articles consacrés à un aspect peu connu de la Prohibition américaine : « l'Avenue du rhum » et ses pirates (voir le recueil de reportages publié sous le titre de : Le Mystère de la malle n°1 [79].)

De ces reportages, Mac Orlan tirera également la matière de plusieurs romans : ainsi du Camp Domineau (1937) pour les reportages sur la Légion, ou de Dinah Miami (1928) pour les reportages sur la Prohibition.

Cette époque marque un autre bouleversement dans la vie de Pierre Mac Orlan : la mort de son frère cadet. Jean Dumarchey, devenu on s'en souvient légionnaire au début du siècle, était libérable au moment où a éclaté la Première Guerre mondiale. Il ira au front, sera blessé, retournera néanmoins au feu. Le légionnaire Dumarchey, anarchiste dans l'âme, allergique à la discipline, hermétique à la propagande, ne s'est jamais fait d'illusions sur les raisons pour lesquelles on lui demandait de faire la guerre : « J'ai vu le peuple se faire tuer sans conviction, écrivit-il dans une lettre désabusée à son frère, pour une cause qu'il n'a pas comprise et qu'il ne comprendra probablement jamais[80]». Il meurt en 1929 des suites d'une hémorragie cérébrale[81].

Avec la disparition de Jean se rompait le seul lien qui rattachait Pierre au nom de « Dumarchey. »

Saint-Cyr-sur-Morin (1) (1938-1950)

La Seconde Guerre mondiale apparaît à Mac Orlan comme une monstrueuse absurdité, et le pousse à se désintéresser un peu plus de l'actualité de son temps et à travailler à la mise en forme de ses souvenirs, qui sont rattachés à un monde dont les bombardements ont fini d'anéantir le décor matériel, et dont l'avenir s'annonce comme étant en rupture fondamentale avec tout ce qu'il avait été jusque là : « Un homme qui avait vingt ans quand Stendhal écrivait l'histoire de Fabrice del Dongo », notera-t-il en 1961[82], « un homme qui avait vingt ans quand Villon entendait sonner la petite cloche de la Sorbonne n'étaient pas très différents de ce que j'étais quand j'avais vingt ans. Mais je ne peux plus ressembler à l'homme qui aura vingt ans dans un demi-siècle ».

Pourtant, Mac Orlan reste à l'écoute des innovations techniques dont son époque est prodigue : depuis longtemps déjà, il avait compris l'importance que prendraient le cinéma et le phonographe. Il s'intéresse également à la radio pour laquelle il écrit des chroniques et participe à des émissions.

La télévision même ne le laisse pas indifférent : il achètera dès le moment qu'elles seront disponibles une télévision en couleurs. Mais ce sera afin de mieux distinguer les maillots des joueurs lors des diffusions dominicales des matchs de rugby.

Les honneurs (1950-1968)

En 1950, Pierre Mac Orlan est élu, à l'unanimité, membre de l'Académie Goncourt (il reprend le couvert de Lucien Descaves)[83]. Il se vantera d'être le seul membre de la prestigieuse institution à ouvrir lui-même quand on frappe à sa porte.

S'il s'est fait prier pour entrer à l'Académie Goncourt, on ne peut pas dire pour autant que Mac Orlan méprisait les distinctions, et c'est avec un plaisir évident qu'il reçoit en 1967 celle qu'il attendait depuis des années : les insignes de commandeur de la Légion d'honneur, décernée par Georges Pompidou sur proposition du ministre de la Culture André Malraux, depuis longtemps un admirateur de l'œuvre du patriarche de Saint-Cyr-sur-Morin[84]. Distinction longtemps retardée par le fait que Mac Orlan avait publié, dans les années 1910-1920, diverses œuvres érotiques[85].

Enfin, en 1968, Mac Orlan rejoint Boris Vian et Raymond Queneau au Collège de 'Pataphysique, où il entre en qualité de Satrape, ce qui a dû lui rappeler ses années rouennaises du tout début du siècle, lorsque la connaissance de l'œuvre d'Alfred Jarry valait brevet d'admission dans la petite bande à laquelle il appartenait.

Saint-Cyr-sur-Morin (2) : les dernières années (1963-1970)

Maison de Pierre Mac Orlan à Saint-Cyr-sur-Morin (2007)

Après la mort de sa femme, le 10 novembre 1963, Mac Orlan ne sort plus guère de la maison qu'il habite depuis 1924. Il reçoit en revanche des visites, par exemple de Georges Brassens, qui aura ce joli mot à propos de Mac Orlan : « il donne des souvenirs à ceux qui n'en ont pas » et de Jean-Pierre Chabrol, qui habite Saint-Cyr. Mac Orlan, parfois, sort son accordéon et chante quelques-unes des chansons qu'il écrit depuis le début des années cinquante, et qui évoquent le monde d'avant le cataclysme de la Première Guerre mondiale, à moins qu'il n'entonne un vieil air de marche militaire.

Le vieil homme parait pauvre, des amis s'en émeuvent. En réalité, grâce aux droits d'auteur qu'il perçoit pour ses livres, et surtout ses chansons, Mac Orlan est largement à l'abri du besoin. Mais l'écrivain vit chichement, dans une économie qui lorgne vers l'avarice. C'est que toute sa vie, confiera-t-il, il a vécu avec au ventre la peur de connaître à nouveau la faim, avec laquelle il avait fait connaissance durant les années montmartroises de la fin de son adolescence.

Le 27 juin 1970, la peur le quitte en même temps que ces souvenirs dont il était si prodigue.

Pierre Mac Orlan de l'Académie Goncourt, 1882-1970, est inhumé au cimetière du village où il avait choisi de vivre quarante-cinq ans plus tôt.

Prix Pierre-Mac-Orlan

Parmi ses dernières volontés, il exprime le désir que « chaque année un prix portant [son] nom[86] soit attribué à Saint-Cyr-sur-Morin (frais payés) à un écrivain de valeur, de préférence âgé et en difficulté avec la vie ou un artiste peintre offrant une situation semblable[87] ».

Bibliographie

Œuvres de Mac Orlan

Ne sont mentionnés dans les rubriques "Romans et nouvelles" et "Essais, mémoires, reportages", que les textes repris dans les Œuvres Complètes en vingt-cinq volumes non numérotés, publiées sous la direction de Gilbert Sigaux, au Cercle du bibliophile (Genève, 1969-1971), avec une préface générale de Raymond Queneau. Sont indiqués pour chaque titre le nom de son éditeur, ainsi que le lieu et la date de sa première publication.
En ce qui concerne les romans et les recueils de nouvelles, le contenu des rééditions peut être notablement différent de celui des publications originales, et la composition des recueils de nouvelles n'est pas nécessairement la même d'une édition à l'autre. À l'inverse, un même ouvrage peut avoir été publié sous des titres différents. Quant aux essais, ils regroupent en règle générale des textes parus antérieurement, en volumes ou dans des revues (c'est le cas notamment pour les trois volumes de Masques sur mesure.) Ne sont mentionnés ici que les titres des recueils définitifs, à l'exclusion des indications de parution originale des textes réunis dans ces volumes d'essais.
Un grand nombre de textes n'ont pas été rassemblés dans l'édition des Œuvres Complètes, soit à la demande expresse de leur auteur (les textes érotiques notamment), soit parce qu'ils étaient considérés comme perdus. On a même pu aller jusqu'à dire que ces vingt cinq volumes ne représentaient en fait que « la partie visible de l'iceberg[88] » du corpus mac-orlanien. Francis Lacassin a par la suite fait publier plusieurs recueils posthumes de textes inédits.
Par ailleurs, les Cahiers Mac Orlan, qui ont vocation, sous l'égide du Comité Mac Orlan, à réunir d'autres textes introuvables de l'écrivain, comptent treize numéros publiés à ce jour[89].

Pour une bibliographie détaillée des œuvres de Mac Orlan, se reporter à celle qui figure dans l'étude de Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan. Sa vie, son temps, aux pages 331-349, qui inclut également une filmographie et une discographie.

Romans et nouvelles

Frontispice de la première édition des Clients du Bon Chien jaune (1926)
  • Les Pattes en l'air, Société d'éditions littéraires et artistiques, Librairie Ollendorff, Paris, 1911
  • La Maison du retour écœurant, Bibliothèque humoristique, Paris, 1912
  • Le Rire jaune, Albert Méricant, Paris, 1913
  • Les Contes de la pipe en terre, L'édition moderne, Librairie Ambert, Paris, 1914
  • Les Bourreurs de crâne, La Renaissance du livre, Paris, 1917
  • U-713 ou les Gentilshommes d'infortune, Société littéraire de France, Paris, 1917
  • Le Chant de l'équipage, L'Édition française illustrée, Paris, 1918
  • Bob bataillonnaire, Albin Michel, Paris, 1919 (réédité sous le titre Le Bataillonnaire en 1931)
  • La Clique du Café Brebis, histoire d'un centre de rééducation intellectuelle, La Renaissance du livre, Paris, 1919
  • Chronique des jours désespérés, Émile-Paul frères, Paris, 1919
  • Le Nègre Léonard et maître Jean Mullin, Éditions de la Banderole, Paris (tirage limité), Paris, 1920 / Gallimard, Paris, 1920
  • À bord de L'Étoile Matutine, Georges Crès, Paris, 1920
  • La Bête conquérante, L'Édition française illustrée, Paris, 1920
  • La Cavalière Elsa, Gallimard, Paris, 1921
  • Malice, Georges Crès, Paris, 1923
  • La Vénus internationale, Gallimard, 1923
  • À l'hôpital Marie-Madeleine, Le Sagittaire, Paris, 1924
  • Marguerite de la nuit, Émile-Paul frères, Paris, 1925
  • Les Clients du Bon Chien jaune, Les Arts et le livre, Paris, 1926
  • Sous la lumière froide, Émile-Paul, Paris, 1926
  • Le Quai des brumes, Gallimard, Paris, 1927
  • Dinah Miami, Éditions Larousse, Paris, 1928
  • Les Vrais Mémoires de Fanny Hill, Éditions M.P. Trémois, Paris, Paris, 1929 (édition définitive sous le titre de Les dés pipés ou Les aventures de Miss Fanny Hill en 1952)
  • La Tradition de minuit, Émile-Paul frères, Paris, 1930
  • La Bandera, Gallimard, Paris, 1931, film de 1935
  • Quartier réservé, Gallimard, Paris, 1932
  • La Croix, l'ancre et la grenade, Devambez, Paris, 1932
  • Filles d'amour et Ports d'Europe, Éditions de France, Paris, 1932 (première version de ce qui devient Mademoiselle Bambù en 1966)
  • La Nuit de Zeebrugge, Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque, Paris, 1934 (republié sous le titre Le Bal du Pont du Nord en 1946)
  • Le Tueur n°2, Librairie des Champs-Élysées, coll. Police-Sélection, Paris, 1935
  • Le Camp Domineau, Gallimard, Paris, 1937
  • Le Carrefour des trois couteaux, Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque, Paris,1940
  • L'Ancre de miséricorde, Émile-Paul frères, Paris, 1941
  • Picardie, Émile-Paul, Paris, 1943

Essais, mémoires, reportages

  • Le Petit manuel du parfait aventurier, La Sirène, Paris, 1920
  • Les Pirates de l'avenue du rhum, Le Sagittaire, Paris, 1925
  • La Seine, Pierre Laffite, Paris, 1927
  • Villes, Gallimard, Paris, 1929
  • Nuit aux bouges, Flammarion, Paris, 1929
  • Légionnaires, Éditions du capitole, Paris, 1930
  • Le Bataillon de la mauvaise chance. Un civil chez les joyeux, Éditions de France, Paris, 1933
  • Hambourg, éd. Alpina, Paris, 1933
  • Rues secrètes, Gallimard, Paris, 1934
  • Verdun, Nouvelles éditions latines, Paris, 1935
  • Propos d'infanterie, Fernand Sorlot, Paris, 1936
  • Masques sur mesure, Gallimard, Paris, 1937
  • Dans les tranchées, Les Œuvres libres, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1939
  • Montmartre, Éditions Armand de Chabassol, Bruxelles, 1946
  • Les Bandes. Essais sur l'éducation sentimentale, Éditions de la belle page, Paris, 1947
  • L'Écharpe de suie, La Couronne, Paris, 1947
  • La Lanterne sourde, Gallimard, Paris, 1953
  • Le Mémorial du petit jour, Gallimard, Paris, 1955
  • La Petite cloche de Sorbonne, Gallimard, Paris, 1959
  • Masques sur mesure II (Œuvres Complètes, volume XXIV[90]), Le Cercle du bibliophile, Genève, 1970 (réunit les principaux essais consacrés à la peinture)
  • Masques sur mesure III (Œuvres Complètes, volume XXV), Le Cercle du bibliophile, Genève, 1970 (contient un choix de préfaces et de portraits)
  • Sous la croix blanche, Le Cercle du bibliophile, Genève, 1971 (texte écrit en 1946 et non publié à l'époque. Recueilli dans les Œuvres Complètes avec Picardie)

Poésie et chansons

Article détaillé : Chansons de Pierre Mac Orlan.

Littérature érotique

  • Le Masochisme en Amérique, La Librairie d'amateurs, Paris, 1905 (anonyme. Réédité avec Pierre Dumarchey comme nom d'auteur aux éditions Jean Fort en 1910)
  • Femmes du monde et sang bleu, Première partie : Georges, hors commerce, « Pour les amis d'Isidore Liseux », Paris, 1908 (sous le pseudonyme de Chevalier de X)
  • La Comtesse au fouet, Jean fort, Paris, 1909 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Les Grandes flagellées de l'histoire, Jean fort, Paris, 1909 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Lise fessée, Jean fort, Paris, 1910 (sous le nom de Pierre Dumarchey)
  • Les Aventures amoureuses de Mademoiselle de Sommerange ou Les Aventures libertines d'une Demoiselle de Qualité sous la Terreur, « Sweetgra's, Québec » (en réalité : Jean Fort, Paris), 1910 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Petite dactylo, suivi de Les Belles clientes de M. Brozen et de Le Maître d'école, Jean Fort, Paris, ca. 1910 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Mademoiselle de Mustelle et ses amies. Roman pervers d'une fillette élégante et vicieuse, Jean fort, Paris, 1913 (sous le pseudonyme de Pierre du Bourdel)
  • Baby Douce Fille, Jean Fort, Paris, 1919 (sous le pseudonyme de Sadie Blackeyes)
  • Petites cousines, À la folie du jour, Paris, 1919 (sous le pseudonyme de Sadinet)
  • La Semaine secrète de Vénus, P. Cotinaud, Paris, 1926 (anonyme)

Publications posthumes

  • Le Mystère de la malle n°1 (quatre reportages de 1924 à 1934), U.G.E., coll. 10/18, Paris, 1984
  • Manon la souricière (contes et nouvelles non recueillis dans les Œuvres complètes), Gallimard, Paris, 1986
  • Capitaine Alcindor, (contes et nouvelles non recueillis dans les Œuvres complètes), Gallimard, Paris, 1988
  • Domaine de l'ombre (articles consacrés au « fantastique social » non recueillis dans Masques sur Mesure), Phébus, Paris, 2000
  • Images abolies (recueil d'articles et de préfaces non réédités), Michel de Maule, Paris, 2005

Études sur Pierre Mac Orlan

  • Pierre Berger, Pierre Mac Orlan, Éditions Seghers, collection « Les Poètes d'aujourd'hui », 219 pages, 1951
  • Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan, sa vie, son œuvre, Droz, Genève, 1992
  • Ilda Tomas, Pierre Mac Orlan : ombres et lumières, Université de Grenade, 1995
  • Le Petit Mac Orlan illustré, Musée des Pays de Seine-et-Marne, 1996
  • Jean-Claude Lamy, Mac Orlan, l'aventurier immobile, Albin Michel, Paris, 2002
  • Pierre Mac Orlan, Roman 20-50, n°47, Presses universitaires du Septentrion, juin 2009
  • André Nolat, Romances de la rue (Notes sur quatre écrivains : Mac Orlan, Carco, Simonin, Boudard), éditions Baudelaire, 2009

Pierre Mac Orlan dans l'audiovisuel

Cinéma

Adaptations d'œuvres de Mac Orlan
Collaborations

Radio

  • Le Quai des Brumes, adaptation radiophonique par Pierre Berger, Paris 1955

Article connexe

Notes et références

  1. En expliquant par exemple qu'il avait été « orphelin de bonne heure »Cf. Baritaud, p.24.
  2. Cf. Jean-Claude Lamy, Mac Orlan. L'Aventurier immobile, p.27.
  3. Cf. Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan. Sa vie, son œuvre, p.37.
  4. Cf. Lamy, p.30.
  5. Il s'agit de Pierre Guibert, dont le témoignage est rapporté par Jean-Claude Lamy, op. cit., p. 36.
  6. L'expression est de Bernard Baritaud, op. ict., p.16.
  7. L'expression est de Jean Quéval, selon qui « l'œuvre entière [de Mac Orlan] est peut-être la plus intensément privée et la plus remâchée de la littérature française » (« Une lecture de Mac Orlan », article publié dans le numéro 273 de la N.R.F. (septembre 1975), et cité par B. Baritaud, op. cit., p.16.
  8. Baritaud, p.17.
  9. Baritaud, p.15.
  10. Elle se « volatilise » en 1889, explique Jean-Claude Lamy (op. cit., p.27.) On ne sait si elle décéda à cette date, ou si elle se sépara de son époux. Cette disparition, en l'absence de documents administratifs permettant de l'éclaircir, reste pour ses biographes une énigme (cf. Baritaud, p.32.)
  11. Les dates de la mort de Jean Dumarchey divergent suivant les sources : juste après la Première Guerre mondiale selon Jean-Claude Lamy (op. cit., p.29), en 1929 selon Bernard Baritaud (op. cit., p.30.) L'un et l'autre s'appuient sur des témoignages de Mac Orlan lui-même.
  12. Engagé volontaire en 1870, il ne cessa de passer « de la vie civile à la vie militaire et vice-versa » entre ce moment et 1898, date où il démissionne définitivement de l'armée (cf. Lamy, p.30)
  13. Cf. Baritaud, p.25.
  14. Lamy, p.32.
  15. La date de cette séparation n'est pas connue, mais se situe entre 1893 et 1896. Jean Dumarchey fut sans doute envoyé chez un autre oncle, à Montmartre (cf. Baritaud, p.28 et 38.)
  16. Pascal Pia, Les Livres de l'enfer, du XVIe siècle à nos jours (1978), cité par B. Baritaud, op. cit., p.27.
  17. Pierre Mac Orlan, Les Bandes (1947), repris en 1950 dans le recueil éponyme (cité dans l'édition des Œuvres complètes, p.155.)
  18. « Il arrive que des écrivains se vantent de n'avoir rien fait en classe, mais en ce qui me concerne, c'est la pure vérité. Mes professeurs s'efforçaient de m'enseigner des choses que j'entendais vaguement, les yeux fixés sur les tâches d'encre d'un couvercle de pupitre. » (Entretien de 1961 avec Thérèse de Saint-Phalle pour le journal Le Monde, cité par Jean-Claude Lamy, op. cit., p. 37)
  19. cf. Baritaud, p.34.
  20. cf. Pierre Mac Orlan, Les Bandes (O.C., p.152.), où est utilisée l'expression de « La poésie clandestine des lycées. »
  21. Cf. Baritaud, p.35.
  22. Lamy, p.33
  23. Mac Orlan, cité par J.C. Lamy, p.33.
  24. Pierre Mac Orlan, « Suite sur la chanson populaire », Les Cahiers Mac Orlan, n°11, La Chanson, p.35.
  25. Le Rugby et ses Paysages sentimentaux, dans l'ouvrage collectif Rugby : le match des matches (La Table ronde, 1968), repris dans les Œuvres complètes à la suite de Masques sur mesure I.
  26. Le Rugby et ses paysages sentimentaux, O.C., p.429.
  27. Lamy, p.41. Un des condisciples de Mac Orlan confirma la véracité de ce témoignage (cf. Baritaud, p.36.
  28. Lamy, p.40.
  29. Pierre Béarn, qui fut un proche de Mac Orlan, estime que celui-ci ne dut en réalité faire que quelques matches, mais qu'ils « suffisaient amplement pour se métamorphoser chez [lui] en une épopée vécue » (cité par J.C. Lamy, p.41.)
  30. Lamy, p.41.
  31. Le rugby et ses paysages sentimentaux, O.C., p.421.
  32. Baritaud, p.37.
  33. a et b Baritaud, p.38.
  34. Ces textes, non publiés, furent retrouvés après sa mort dans les archives de l'écrivain par Nino Frank (cf. Baritaud, p.40.)
  35. Baritaud, p.40
  36. Pierre Mac Orlan, Rouen, repris dans le recueil Villes (1966), O.C., p.?
  37. « Un teneur de copie était l'employé qui, dans les imprimeries, assistait le correcteur, lisant la copie à voix haute pendant qu'il suivait sur l'épreuve et corrigeait les fautes éventuelles, ou l'inverse. » (Bernard Baritaud, op. cit. p.43.
  38. Qui prit le nom de La Dépêche de Rouen à partir de 1903. Alain y publia une partie de ses Propos. Mac Orlan laissa entendre qu'il avait corrigé alors les épreuves des articles du philosophe(cf. Baritaud, pp.42-43.)
  39. Pierre Mac Orlan, Montmartre, cité par B. Baritaud, p.47.
  40. Lamy, p.48.
  41. Baritaud, p.45-46.
  42. a et b Lamy, p.34.
  43. Cf. Pierre Mac Orlan, Rouen, in Villes, O.C., p.105-106.
  44. Pierre Mac Orlan, Rouen, in Villes, O.C., p.106.
  45. Cf. Baritaud, p.45, à l'exception du dernier nom cité, sur la genèse duquel Mac Orlan a évoqué l'influence de Star dans une réédition de 1947 de L'Ancre de Miséricorde, reproduite en avant-propos dans l'édition Phébus de ce roman (Paris, 2000, p.35.)
  46. Baritaud, p.49.
  47. Baritaud, p.47.
  48. Lamy, p.27.
  49. Cf. B.Baritaud, p.47, qui évoque « une bande de paresseux, portant l'uniforme de la bohème de l'époque, mal nourris et fumant la pipe. »
  50. Baritaud, p.50-51.
  51. Cf. Baritaud, op. cit., p.51.
  52. cf. J.-C. Lamy, op. cit., p.37.
  53. Cette hypothèse a été formulée par Pierre Guibert (cf. Baritaud, op. cit., p.54.)
  54. Baritaud, p.54-55.
  55. Lamy, p.27-28.
  56. Selon le témoignage d'un ami de Mac Orlan (Pierre Gilieth), l'écrivain aurait confié à demi-mots que c'était à la suite d'un meurtre que Jean Dumarchey s'engagea dans la Légion (cf. Lamy, p.35-36.)
  57. Cf. Baritaud, op. cit., p.58. Bernard Baritaud situe ce voyage début 1907.
  58. Entretien avec Hugues Desalle (1967), Bibliothèque du centre Georges Pompidou, 840"19"MACO2 (audio-cassette)
  59. Qui fut le modèle de l'aquarelle de Picasso La Femme à la corneille (1904), dont une reproduction est visible sur le site painting-names.
  60. Baritaud, p.57.
  61. Baritaud, p.59.
  62. Baritaud, p.60-61.
  63. Baritaud, p.61.
  64. Ibid.
  65. « Bien moins belles que celles que chante aujourd'hui Germaine Montero », notait André Salmon en 1955, dans le premier tome de ses Souvenirs sans fin (Gallimard,NRF, p.176.)
  66. Cf. André Salmon, op. cit., p.177
  67. Cf. Baritaud, op. cit., p.68.
  68. Mac Orlan écrivit à cette époque un texte, Gus Bofa (in memoriam), resté inédit jusqu'à sa publication en 1994 dans le numéro 7 des Cahiers Mac Orlan (« Mac Orlan vu par Gus Bofa & Gus Bofa vu par Mac Orlan ».)
  69. Plusieurs planches de cette bande dessinée sont visibles sur le site du Comité Mac Orlan, dans la section « Les introuvables de Mac Orlan » (aux rubriques août, septembre, octobre et novembre 2007.),
  70. Claude Guillot, in Le Collectionneur de bandes dessinées n°85 (1998), cité par J.-C. Lamy, op. cit., p.69.
  71. Ainsi qu'il l'écrivit lui-même dans la préface de 1924 à La Maison du retour écœurant (cf Le Rire jaune et autres textes, Sillage, Paris, 2008.)
  72. Cf. J.-.C. Lamy, op. cit., p.62.
  73. Baritaud, op. cit., p.100.
  74. "Ces chansons de grivetons si bonnes conductrices du cafard", Le Figaro littéraire, 30 juillet 1964, repris dans La Chanson, Cahier Mac Orlan n°11, Prima Linea, 1996, p.56.
  75. op. cit., p. 120
  76. « Rouen » (texte de 1927)
  77. Le Petit manuel du parfait aventurier, 1920
  78. « P. Mac Orlan et le roman d'aventures », in Demain, 1921, cité par B. Baritaud, op. cit., p. 134
  79. Publié aux éditions 10/18 par Francis Lacassin et qui regroupe les reportages sur l'Italie, l'Allemagne, Scotland Yard (« le mystère de la malle n°1 ») et la Prohibition. Les articles sur la Légion étrangère ont quant à eux été recueillis dans les ouvrages intitulés Le Bataillon de la mauvaise chance et Légionnaires.
  80. Vité par J.-C. Lamy, op. cit., p.45
  81. Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan, sa vie, son œuvre, p. 30
  82. Dans la préface à une nouvelle édition de Sous la lumière froide.
  83. Couvert qui sera repris, après la mort de Mac Orlan, par Françoise Mallet-Joris
  84. Au moins depuis 1923, date à laquelle Malraux publie un compte-rendu élogieux du roman Malice.
  85. Dont certains sont actuellement republiés : citons L'Aventure amoureuse de mademoiselle de Sommerange, Mademoiselle de Mustelle et ses amies, La Petite dactylo et autres textes de flagellation, tous trois publiés aux éditions de la Musardine, ou encore La Semaine secrète de Vénus, publié aux éditions Arléa. Mac Orlan reniera ces textes et refusera qu'ils soient inclus dans ses œuvres complètes (Cf. J.-C. Lamy, op. cit., p. 73-85)
  86. Comité Mac Orlan, attribuant le Prix depuis 2005.
  87. Testament cité par J.-C. Lamy, op. cit., p. 259.
  88. Baritaud, p.13.
  89. Voir sur la page du site du comité Mac Orlan la liste des numéros parus.
  90. Les volumes des Œuvres complètes ne sont pas numérotés. Les indications mentionnées ici sont données par Gilbert Sigaux à la page 9 de ce volume.

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