Pierre Larrouturou


Pierre Larrouturou
Pierre Larrouturou à une réunion publique d'Europe Écologie, en 2010

Pierre Larrouturou, né le 19 octobre 1964, est un homme politique français, spécialisé dans les questions d'économie. Il est surtout connu comme partisan actif du partage du temps de travail, sujet sur lequel il travailla avec Michel Rocard et Gilles de Robien (loi Robien). Ancien adhérent du Parti socialiste dont il fut membre du Conseil national, il siège dorénavant au Conseil fédéral d'Europe Écologie – Les Verts, et depuis mars 2010, il est conseiller régional d'Île-de-France.

Sommaire

Biographie

Pierre Larrouturou est le cinquième fils sur six enfants d'un scientifique d'EDF. Il est le frère du chercheur Bernard Larrouturou (né en 1958).

Il fait des études d'ingénieur agronome (Agro Paris Tech) puis est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. Il débute sa carrière en devenant, en 1989, ingénieur-conseil chez Andersen Consulting, qu'il quittera en 1993, pour se consacrer entièrement à ses recherches et travaux, et initier la mise en œuvre de la semaine de 4 jours à la carte dans de nombreuses entreprises (plus de 400 selon lui).

Il est marié, a deux enfants,[1] est catholique pratiquant.

Carrière et idées politiques

Il devient en 1995 membre du Club des Acteurs de la Nouvelle Époque (ou Club des "ANE"), dirigé par Thierry Consigny, et dans lequel il côtoyait Hervé Gaymard et quelques grands patrons[2].

Il mène la liste "Union pour la Semaine de Quatre Jours" aux élections législatives de 1997 et aux élections européennes de 1999.

Pierre Larrouturou tente de se présenter à l'élection présidentielle de 2002 mais n'obtient pas les 500 signatures nécessaires.

Après le 21 avril 2002, avec la présence de l'extrême droite au deuxième tour de l'élection présidentielle, il adhère[3] au Parti socialiste dont il devient délégué national Europe.

Quelques années après l'application des 35 heures, en octobre 2004, Pierre Larrouturou co-écrit avec Michel Rocard un article dans Le Nouvel Observateur où il persiste et maintient qu'un passage rapide et sans étape intermédiaire aux 32 heures peut faire baisser le chômage. Il dirige depuis mai 2008 le mouvement « Nouvelle Gauche », qui a pour objectif de donner davantage la parole aux citoyens, et de pousser les dirigeants de la gauche à aborder les problèmes de fond.

À la veille du Congrès de Reims (novembre 2008), il se rallie à la motion « C » de Benoît Hamon, intitulée « Un monde d’avance : reconstruire l’espoir à gauche ». Il est élu, à ce congrès, membre du Conseil National du PS.

À la mi-novembre 2009, lassé de l'attitude des dirigeants socialistes, Pierre Larrouturou quitte le PS et rejoint Europe Écologie[4] dont il devient membre du Bureau exécutif[5] et qui le choisit comme tête de liste dans les Hauts-de-Seine aux Élections régionales de 2010. Europe Écologie fait liste commune avec celle du PS pour le second tour et la liste d'union l'emporte dans ce département votant traditionnellement à droite.

Depuis mars 2010, il est conseiller régional d'Île-de-France.

Pierre Larrouturou a publié dans Le Monde et Les Échos des articles promouvant la Semaine de quatre jours à la carte. Il estime en 2007 que la semaine de 4 jours à la Carte pourrait créer deux millions d'emplois[6]. Il dénonce également la politique menée par Nicolas Sarkozy.

À plusieurs reprises, il a utilisé la voie judiciaire pour se faire entendre, en 2000[7],[8] ou 2002[9],[10]. En juin 2007, il porte plainte contre François Fillon, se servant de l'article L.97 du code électoral qui peut condamner « ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manœuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages. » Il lui reproche de faire des promesses qu'il ne pourra pas tenir[11], et de présenter un faux bilan avantageant l'UMP.

Il se consacre désormais à un projet plus englobant : s'inspirant des méthodes de Pierre Mendès France, il propose un Traité pour une Europe Sociale.

La Semaine de 4 jours à la carte et à temps plein

Article détaillé : Semaine de quatre jours.

C'est de retour d'un congé d'une année sabbatique que lui est venue l'idée que le travail pouvait être partagé, en réduisant le temps hebdomadairement (moyenne sur un an), de 39 à 32 heures[1] (pour la majorité des salariés, des semaines de 32 heures ; pour les cadres, par exemple, ce seront d'autres formules). Le calcul fait, il estime à l'époque que jusqu'à deux millions d'emplois peuvent être créés[12].

Il prône alors, en 1993, la semaine de quatre jours[13],[14], qui deviendra plus tard la semaine de quatre jours à la carte.

La mise en place par Martine Aubry de la réforme des 35 heures est loin de le satisfaire : il la juge inadéquate, trop uniforme, timorée, et à long terme, préjudiciable à la RTT. Ces lois Aubry entraine l'abrogation en grande partie la loi Robien sur la réduction du temps de travail[15].

Pierre Larrouturou persiste à présenter un programme qu'il prétend équilibré et réalisable. Il publie de nombreux ouvrages à ce sujet[16][17][18]. Il fonde ses propositions sur des calculs liés à la production du pays, la productivité et préconise « l’adoption d'une loi-cadre par un référendum précédé d'un débat approfondi ».

Cependant la mise en place des 35 heures vaudra de la méfiance à l'égard de ses propositions. Il se recadre alors vers des projets de société.

Projet de société

Un meilleur partage du travail ne pouvant à lui seul venir à bout du chômage et de l’exclusion, Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou et Michel Rocard proposaient en 2004[19], un Traité de l'Europe Sociale ayant pour pricipaux axes cinq objectifs, et donc cinq critères pour l'Europe sociale :

  • Un emploi pour tous : un taux de chômage inférieur à 5 %.
  • Une société solidaire : un taux de pauvreté inférieur à 5 %.
  • Un toit pour chacun : un taux de mal-logés inférieur à 3 %.
  • L'égalité des chances : un taux d'illettrisme à l'âge de 10 ans inférieur à 3 %.
  • Une réelle solidarité avec le Sud : une aide publique au développement supérieure à 1 % du PIB.

En mai 2010 Pierre Larrouturou était invité à la Bourse du travail[20] par Pierre-Yves Collombat, président du groupe de la Gauche varoise au conseil général, qui constatait : « La situation économique et financière de la France est préoccupante. Reste à savoir pourquoi. »

Dans son exposé Pierre Larrouturou proposait l'élaboration d'un nouveau contrat social, avec une meilleure répartition du travail et une politique efficace de lutte contre le chômage. Ceci avant d'avancer ses solutions : Agir au niveau européen avec notamment :

  • Négocier un vrai Traité social – pour éviter le dumping intra-européen – et des montants compensatoires avec la Chine.
  • Tendre vers un nouveau Bretton Woods pour éviter une crise encore plus grave.

Enfin, d'autres propositions aux niveaux national et européen, dont la question du temps de travail, ainsi que :

  • Activer le Fonds de réserve des retraites pour financer une vraie politique du logement.
  • Mettre en place une vraie politique de l’énergie.
  • Investir davantage dans les énergies renouvelables.
  • Développer le tourisme, créateur d’emplois.
  • Aider à la création, à la formation et à l’accompagnement des créateurs d’entreprise.
  • Exonérer de charges les deux premiers emplois.
  • Créer un Small Business Act afin de favoriser la croissance des PME.
  • Instaurer un impôt européen sur les bénéfices et/ou une écotaxe.
  • Elaborer une vraie politique de recherche publique et privée.
  • Imposer des bonus-malus anti-précarité négociés branche par branche.
  • Simplifier le Code du travail et le faire strictement respecter.
  • Sécuriser les chômeurs (comme cela se fait au Danemark).
  • Investir dans l’Intelligence en créant un Plan Europe-Université.
  • Imposer un cahier des charges culturel aux chaînes de télévision.
  • Instituer une école des parents.
  • Abonner chaque enfant à un petit journal dès qu’il est âgé d’un an et demi, afin qu’il ait au plus tôt accès à la lecture et à l'écriture.

Publications

  • Ça ne peut plus durer ! Seuil, 1994.
  • Du temps pour vivre. Flammarion, 1996.
  • 35 heures : le double piège. Belfond, 1998.
Réédité sous le titre « Pour la semaine de quatre jours : sortir du piège des 35 heures ». La Découverte, 1999.
  • La gauche est morte, vive la gauche ! Presses de la Renaissance, 2001.
  • Urgence sociale, changer le pansement ou penser le changement ? Ramsay, 2006.
  • Le livre noir du libéralisme. Éditions du Rocher, 2007.
  • Pour en finir avec Sarkozy. Éditions du Rocher, 2008.
  • Crise : la solution interdite. Desclée de Brouwer, 2009.
  • Pour éviter le krach ultime, préface de Stéphane Hessel, Nova Editions, 2011[21].

Notes et références

  1. a et b Le guerrier du repos, Libération, 13 mars 2007
  2. Le Nouvel économiste, 19 mai 1995
  3. Ivan Villa, « Pierre L. quitte le PS... », Mediapart, 2009. Consulté le 10 mars 2009
  4. Sur le Site de Média Part du 21 nov 2009
  5. Pierre Larrouturou, « Crise financière : comment éviter l'explosion ? (source au bas de l'article). », lemonde.fr, 2010. Consulté le 10 mars 2010
  6. Pierre Larrouturou : "la semaine de 4 jours créerait 1,6 million d'emplois", Le Monde, 5 mars 2007
  7. Décision du conseil constitutionnel
  8. Décision du Conseil d'État
  9. Décision du 7 avril 2002 sur une réclamation formée de M. Pierre Larrouturou
  10. Rajf.org | Conseil d'État, référé, 7 mars 2002, n° 243833, M. Pierre Larrouturou
  11. Les mensonges de Fillon, Nous portons plainte contre le Premier ministre pour détournement de suffrages, Libération, 6 juin 2007
  12. Larrouturou estime en 1993 qu'« en tenant compte des effets induits - que le nombre des emplois créés sera compris entre 2 millions et 2,2 millions. », cité par Le Monde, 29 septembre 1993, « Pour la semaine de quatre jours »
  13. Retranscription de l'article « Pour la semaine de quatre jours », Le Monde du 29 septembre 1993
  14. Article « Semaine de 4 jours : une idée « vendue » par un consultant d'Arthur Andersen », Les Échos du 28 septembre 1993
  15. Les effets de la réduction du temps de travail sur les modes de vie : Qu’en pensent les salariés un an après ?, publié dans Premières synthèses du ministère de l'Emploi en mai 2001 dans l'édition 21.1
  16. Nouvelle Gauche, « La Semaine de 4 jours/Faisabilité », Nouvelle Gauche, 2010. Consulté le 25 mars 2010
  17. Nouvelle Gauche, « Vaincre le chômage / La Semaine de 4 jours », Nouvelle Gauche, 2010. Consulté le 26 mars 2010
  18. Les Amis de l'Ecole de Paris, « La Semaine de quatre jours/Les erreurs à éviter », http://www.ecole.org,  1995. Consulté le 14 mai 2010
  19. SciencesPo, « Sauvons l'Europe - SciencesPo », SciencesPo, 2008
  20. Varmatin.com, « La Seyne : Riche débat avec Pierre Larrouturou », Varmatin.com, 2010. Consulté le 14 mai 2010
  21. « Pour une révolution fiscale européenne », Extraits du livre « Pour éviter le krach ultime », 27 octobre 2011, par Laurent Nicolas et Pierre Larrouturou

Annexes

Articles connexes

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