Pic de saint-barthélemy


Pic de saint-barthélemy

Pic de Saint-Barthélemy

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Pic de Saint-Barthélemy
La face sud du pic de Saint-Barthélemy (à gauche du centre)
La face sud du pic de Saint-Barthélemy (à gauche du centre)
Géographie
Altitude 2 347,9 m
Massif Massif de Tabe
Pyrénées
Longueur  km
Largeur  km
Superficie  km2
Coordonnées 42° 49′ 08.93″ Nord
       1° 46′ 16.06″ Est
/ 42.8191472, 1.7711278
42°49′08.93″N 1°46′16.06″E / 42.8191472, 1.7711278
Administration
Pays France France
Région Midi-Pyrénées
Département Ariège
Ascension
Première préhistoire
Voie la plus facile Par la station des Monts d'Olmes
Géologie
Âge
Roches

  Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
Pic de Saint-Barthélemy

  Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Pic de Saint-Barthélemy

Le pic de Saint-Barthélemy est le second sommet du massif de Tabe (Ariège, chaîne des Pyrénées) par l'altitude 2 348 m (derrière le pic de Soularac, 2 368 m).

Mais aussi le sommet le plus connu du massif, pour des raisons historiques (mystiques et religieuses). Il est nommé en référence à l'apôtre Saint Barthélemy.

Sommaire

Toponymie

Le pic de Saint-Barthélemy porte (ou a porté au cours de l'Histoire) une multitude de dénominations dont : Tava (occitan « phonétique » latinisé, 1075, 1295), Mountanha dé Taba (occitan, 1350), Taburus Montis (latin, 1540), Tabe (français, 1609), Tabor (français, 1609, 1639, 1737…), montagne d'Appy (1783), montagne de Tabe.

Le nom du pic a toujours eu tendance à servir pour nommer le massif en entier, par un phénomène de confusion onomastique. De nos jours, le massif porte encore indifféremment les trois noms suivants : massif de Tabe, montagne de Tabe, ou massif du Saint-Barthélemy. Le pic en lui-même porte aujourd'hui les deux noms suivants : pic de Saint-Barthélemy, qui est le nom officiel, utilisé en sciences (en cartographie notamment), et montagne de Tabe, utilisé localement et assez couramment.

La dénomination pic de Saint-Barthélemy ne date que de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle. La première apparition connue se trouve dans le mémoire de Maraldi (1703, cf. p. 237), et apparaît sous la forme Montagne de S. Barthelemi. Cette dénomination, appliquée au pic lui-même, semble faire suite à une dénomination préalable de ses étangs sous la forme étangs de Saint-Barthélemy attestée (en latin) dès 1639, et qui est la première apparition effective du nom du saint comme toponyme dans le massif.

Géographie

Accès

Topographie

Le pic de Saint-Barthélemy (au centre) vu du mont Fourcat

Le pic de Saint-Barthélemy, contrairement à son voisin le pic de Soularac tout en escarpements rocheux, est soutenu par quatre crêtes herbues en pente relativement douces. À l'est, se trouve le col du Trou de l'Ours, menant au pic de Soularac (distant de 820 m à vol d'oiseau), et à l'ouest se trouve le col de Girabal (1 996 m). Au sud, la crête descend en pente douce vers le pic des Bugarels, tandis qu'au nord s'étire la crête principale, en direction du roc de la Gourgue (1 818 m) et du Planas.

Altimétrie et géodésie

En raison de sa position avancée dans la chaîne, le pic de Saint-Barthélemy fut toujours un point de premier ordre pour les opérations concernant l'altimétrie dans les Pyrénées. Il a été l'un des tous premiers sommets pyrénéens (et probablement au monde) à être mesuré scientifiquement. Cette toute première mesure est l'œuvre de l'expédition de Jean-Dominique Cassini (Cassini Ier) et Maraldi en 1700-1701, dont le but était de décrire le Méridien de Paris sur toute la longueur du Royaume, afin, principalement, de connaître la grandeur et la forme de la Terre. Le pic de Saint-Barthélemy partageait avec le Madrès et le Canigou la caractéristique d'être directement visible depuis l'extrémité septentrionale de la base mesurée dans le Roussillon, ce qui fait qu'il fut mesuré à cette occasion (d'autant que le Canigou passait pour être la plus haute montagne d'Europe). Le pic de Saint-Barthélemy fut observé le 5 décembre 1700 et le 18 février 1701, les mesures donnèrent 1195 et 1184 toises respectivement (soit 2 329 et 2 307 m). Une trentaine d'années plus tard, l'astronome Montpelliérain François de Plantade lui trouva 2319 m d'altitude par des observation géométriques et barométriques effectuées le 25 août 1731.

Les premières tentatives de nivellement systématique des sommets marquants de la chaîne eurent lieu entre 1787-1789 puis 1816-1817, sous l'action du géodésien Reboul aidé de l'astronome Vidal. Le but ici était d'essayer de déterminer une bonne fois pour toutes quel était le point culminant de la chaîne. Ici encore, le pic de Saint-Barthélemy est l'un des dix « sommets principaux » sur lesquels sont faites les observations les plus précises, et qui servent ensuite de référence pour la mesure des sommets secondaires. Les mesures, effectuées le 9 septembre 1789 fournirent l'altitude de 2 322,5 m pour le pic de Saint-Barthélemy. Le pic de Saint-Barthélemy servit également de signal pour les opérations menées entre 1792 et 1797 par Delambre et Méchain pour la nouvelle mesure du méridien de Paris en vue de définir la longueur du mètre.

Toutefois, malgré les indications (mont Saint-Barthélemy) de Méchain, ce n'est pas ce pic, mais son voisin le pic de Soularac qui a été utilisé dans la mesure de la Méridienne en vue de la définition du mètre, entre 1792 et 1797. De même, c'est le pic de Soularac qui a été mesuré par Cassini-I et Maraldi en 1700-1701, malgré l'indication de Montagne de S. Barthelemy.

Cartographie

Les besoins de la cartographie sont autrement plus grands, car il faut porter les détails du terrain sur la carte. Ici encore, le pic de Saint-Barthélemy joue les premiers rôles dès le début, puisqu'il fait partie des six seuls sommets pyrénéens à figurer sur la carte de triangulation établie par Cassini en 1744, en vue de l'établissement d'une future carte, même si au cours de cette campagne, les relevés des cartographes (qui ne tiennent pas compte des altitudes) furent restreintes aux zones de plaine. Ensuite, c'est un relevé complet avec nivellements, triangulations, relevés toponymiques qui est entrepris par les officiers géodésiens de l'état-major pour le compte du ministère de la Guerre, en vue de dresser la future carte au 1/80000e de la France, ancêtre direct de la carte d'état-major au 1/50000e. Dans les Pyrénées, ces opérations géodésiques et toponymiques sont menées à bien, entre 1825 et 1827, sous les ordres du lieutenant-colonel Corabeuf, par le capitaine Peytier et les lieutenants Testu et Hossard. La chaîne est triangulée au moyen de 22 sommets principaux, appelés « signaux de premier ordre » qui servent ensuite à repérer tous les autres détails (122 sommets de second ordre, puis, plus tard, quelques milliers de points du troisième ordre). Les mesures attribuent au « pic de Saint-Barthélemy, signal de premier ordre », la hauteur de 2 348,8 m qui restera valable jusqu'au milieu du XXe siècle, arrondie à 2 349 m sur les cartes. Le sommet du pic demeure l'un des « points de premier ordre » de la nouvelle triangulation française (NTF), et possède donc sa propre fiche signalétique NTF, ce qui explique la précision des coordonnées fournies dans l'encadré ci-dessus. La hauteur exacte du pic est fixée à 2 347,9 m, précision décimétrique.

Détail curieux, le pic de Soularac, tout proche voisin, a vu son altitude minorée de plus d'une vingtaine de mètres (2 343 m au lieu de 2 368 m), depuis les origines de sa mesure (en 1827 donc) jusqu'aux années 1930 environ, ce qui lui retirait ispso facto son statut de point culminant du massif, alors que la hiérarchie est absolument évidente pour quiconque se trouve sur le terrain. La raison de cette erreur grossière (reproduite dans toutes les cartes et tous les écrits durant tout le XIXe siècle et le début XXe siècle), reste assez peu claire. Elle est probablement à relier au fait que la mesure correcte du pic de Soularac par les officiers géodésiens en 1827 a bien été répertoriée dans leurs relevés, mais associée à un toponyme tellement inusité (pic de Lestangtot, voire pic de Lestanglot, seule apparition écrite jamais attestée) que le lien entre la mesure géodésique et le pic lui-même n'a sans doute pu se faire au moment de la mise en carte.

Histoire

Bien que second sommet du massif par l'altitude, le pic de Saint-Barthélemy en est le plus célèbre, notamment pour des raisons historiques : ce sommet fut en effet le cadre d'un culte solaire depuis des temps immémoriaux, et donnait lieu à des célébrations annuelles, où se rassemblaient les habitants des vallées voisines. Les cérémonies, solaires puis païennes, liées au commencement de l'automne, débutaient le soir, se poursuivaient dans la nuit et s'achevaient le lendemain matin, au lever du soleil par des rites spécifiques. Bien que le département de l'Ariège soit relativement pauvre en ce domaine, les flancs du pic de Saint-Barthélemy sont riches en monuments mégalithiques, y compris jusque dans la zone sommitale, puisque le site du col de la Peyre comprenait un menhir, un étrange double cromlech (aujourd'hui recouvert par les remblais de la carrière de talc de Trimouns), et, selon certains, un dolmen (également recouvert).

Ces cérémonies cultuelles païennes furent ensuite christianisées en un pèlerinage ayant lieu le jour de la Saint-Barthélemy (24 août) et une chapelle (probablement non-couverte, et maintenant ruinée) fut érigée au sommet. On note, fait assez inhabituel, que ce pèlerinage chrétien comprenait lui aussi le fait de passer la nuit au sommet, d'assister au lever du soleil, et ce n'est qu'ensuite que se déroulait la messe matinale du 24, avec là encore une survivance de certains rites païens (voir Astruc, 1737). Ce pèlerinage se maintint jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, date vers laquelle une nouvelle chapelle Saint-Barthélemy, plus accessible, fut construite de l'autre côté de l'Ariège, à une dizaine de kilomètres vers le sud-ouest.

Le sommet du pic et l'étang du Diable niché en son flanc semblent former une sorte de dyade en tant que sanctuaire. D'une part, le sommet représente la composante sacrée, lumineuse et bénéfique, avec ses cultes solaires immémoriaux, accompagnés de libations liées à des traces de cultes de fécondité et de fertilité. Par la suite, ce culte est christianisé en un pèlerinage au Tabor, lieu de la Transfiguration du Christ en Palestine (dans un éclair de lumière), puis enfin, en un culte dédié à Saint-Barthélemy. D'autre part, l'étang sombre, perdu dans d'affreuses et stériles solitudes, est paré dans les croyances populaires, de pouvoirs maléfiques : il est considéré comme une « gueule d'Enfer » et supposé abriter le Démon sous ses eaux noires, on le croit aussi une cheminée de volcan qui, dès qu'on en agite l'eau, crache des vapeurs sulfureuses qui enflamment l'air en déclenchant des orages meurtriers et vengeurs (rappelons que, selon les anciens dogmes chrétiens, les volcans sont considérés comme autant de cheminées communiquant avec les enfers).

Tous ces éléments, concernant les cultes et l'aménagement du sommet, sont largement relatés dans les diverses références anciennes ci-dessous, ainsi que dans de nombreuses autres à partir de la fin du XVIIIe siècle, mais qui en général ne font que citer ou reprendre les sources plus anciennes sans apporter d'éléments significatifs nouveaux.

Historiquement, la crête du massif et le sommet du pic matérialisaient un tronçon de la frontière entre le Languedoc et le Comté de Foix, au tracé assez complexe dans ces parages. Selon Marcailhou d'Aymeric (1898), les gros anneaux de fer aujourd'hui disparus que l'on trouvait sur ces crêtes, attestés dans les écrits des XVIe et XVIIe siècles, et qui ont été à l'origine de légendes spécifiques, étaient en fait de signes de bornages établis « à la suite des guerres carlovingiennes ». Telle est l'origine du nom col de Cadène (chaîne), situé à l'ouest du pic, sur la crête sommitale du massif.

Annexes

Bibliographie

Quelques sources, généralement consultables en bibliothèques municipales (Pau, Toulouse, Lourdes, Montpellier…) :

  • Roger II de Foix (1075) : Charte du 25 janvier 1075. Retranscrit in Alexandre Bruel (1888), Recueil des chartes de l'Abbaye de Cluny, Tome IV, charte N°3480, Paris, Imprimerie Nationale
  • B. Hélie (1540) : Historiae Fuxensium Comitum, Toulouse.
  • F. de Belleforest (1575) : Histoires prodigieuses et mémorables, extraictes de plusieurs fameux autheurs [...].
  • P. Olhagaray (1609) : Histoire des comtés de Foix, Béarn et Navarre [...], Paris.
  • P.J. Fabre (1639) : Hydrographum spagyricum [...], Toulouse.
  • M. Maraldi (1703) : Expériences du baromètre faites sur diverses montagnes de la France in Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, Paris.
  • J. Astruc (1737) : Mémoires pour l'Histoire naturelle de Languedoc, Toulouse
  • H. Reboul (1817) : Nivellement des principaux sommets de la chaîne des Pyrénées. Annales de chimie et de physique, Paris.
  • H. Marcailhou d'Aymeric (1898) : Le Massif de Tabe, Ed. Lacour-Ollé, fac-similé d'une monographie parue dans le Bulletin de la société Ramond.
  • B. Duhourcau (1973) : Guide des Pyrénées mystérieuses, Ed. Tchou, puis Tchou Princesse.
  • A. Sarda (1994) : Le Thabor pyrénéen. Ed. de l'auteur, Quillan.

Liens externes

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