Pays de Rays


Pays de Rays

Pays de Retz

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Armoiries du Pays de Retz : « D’or à la croix de sable ».

Le Pays de Retz (prononcer « Ré ») (anciennement « Rè » dans Pays de Rais, Rays, Raiz, à l'origine Ratense, Radesius, Ratiatensis en latin), est un territoire s’étendant au sud-ouest du département de la Loire-Atlantique dans la région Pays de la Loire.

Le Pays de Retz est un pays traditionnel de la Bretagne historique, érigé en baronnie puis en duché. Ses capitales successives ont été Rezé, puis Pornic, et enfin Machecoul à partir de 1581.

Les habitants du Pays de Retz sont appelés les Paydrets et les Paydrètes[1].

Pays de Retz se dit Paeï de Rais ou Paeï de Raezaé en gallo et en poitevin, et Bro Raez en breton.

Le Pays de Retz est un lieu chargé d’histoire : il a été le fief des différentes familles des seigneurs de Retz, qui se sont succédé depuis le XIe siècle : ce sont les familles de Retz, Chabot, Parthenay, Montmorency-Laval, Coëtivy, Montfort-Laval, Chauvigny, Sauvage, Tournemine, Annebault, Clermont-Tonnerre, Gondi, Blanchefort-Créquy, Neufville-Villeroy et Brie-Serrant. À part celles de Retz, Chabot, Montmorency-Laval et Gondi, ces familles ont été très éphémères, d’où leur nombre élevé, et se sont souvent succédé par les femmes.

Le Pays de Retz a été entre autres l’un des principaux fiefs de Gilles de Retz, frère d’armes de Jeanne d’Arc et maréchal de France, dont l’histoire a surtout retenu les crimes et débauches. Il a aussi été le fief de la famille de Gondi, d’origine italienne, implantée en France sous la régence de Catherine de Médicis au XVIe siècle, et pour laquelle le Pays de Retz est devenu duché. Il fut encore l’un des principaux lieux de déploiement des guerres de Vendée lors de la Révolution française.

Sommaire

Géographie

Le Pays de Retz est bordé à l’ouest par l’océan Atlantique avec la baie de Bourgneuf, au sud par le Marais breton et la Vendée, au nord par la Loire, et à l’est par le lac de Grand-Lieu et une limite approximative passant par Rezé, Pont-Saint-Martin, La Chevrolière, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Saint-Colomban, La Limouzinière, Corcoué-sur-Logne et Legé.

Le Pays de Retz actuel est composée des 47 communes suivantes :

Avant la Révolution et la création des départements, le Pays de Retz comprenait également Bouin (qui était encore une île), l’île tout entière de Noirmoutier, et d’autres communes situées aujourd’hui dans le Pays Clissonais.

Histoire

Préhistoire

Carte de la Gaule et localisation des Pictons.

La région est envahie par les Celtes dès la Préhistoire : les Gaulois. Leurs descendants de l’Antiquité sont des Vénètes en -52), peuple allié et voisin des Namnètes. Le Pays de Retz fait probablement partie du territoire des Ambilatres[2].

Les sites archéologiques datant du mésolithique découverts sur la côte du Pays de Retz ont donné le nom de retzien à une culture intermédiaire entre les cultures dites du groupe de Bertheaume et du téviecien, propres au Massif Armoricain, et les cultures néolithiques des Bassins Parisien (rubané et VSG) et Aquitain (NACA).

Antiquité

Dans l’Antiquité, le Pays de Retz fait probablement partie du territoire des Ambilatres, peuple allié aux Namnètes[3]. La fréquence des monnaies namnètes, vénètes, andécaves durant la période antérieure à la conquête et la rareté des monnaies pictonnes atteste de la prépondérance de l'influence armoricaine lors de l’Antiquité [4].

À l’époque, le cœur du Pays de Retz est la ville Portus Ratiatus, le « Port Ratiate », appelée aussi Civitas Ratiatum, la « Cité des Ratiates », et Ratiatum Pictonum Portus, le « Port Picton des Ratiates ». D’après l’historien local Émile Boutin, le nom des Ratiates remonterait au IVe siècle avant Jésus-Christ, et proviendrait de marchands phéniciens qui, venant par bateaux, seraient passés dans la région pour y faire du commerce, notamment sur l’île voisine de Noirmoutier. Ils auraient nommés plusieurs endroits raas, qui signifie « cap » en hébreu, notamment le cap de la pointe Saint-Gildas, que les marins de Carthage devaient contourner pour aller aux îles Cassitérides, les îles de l’étain. Le mot raas serait d’ailleurs resté par la suite pour désigner ce qui s’appelle aujourd’hui la pointe du Ratz et le Ras de Saint-Mathieu[5].

Pour autant, il convient d'être extrêmement prudent avec ce genre de conjectures : il semblerait qu’il ne faille plus attribuer aux Phéniciens tous les ratz, raz, ras de Bretagne ou d'ailleurs : tous les étymologistes s'accordent aujourd’hui à faire dériver le français ras et le breton raz d'un ancien nordique ras : « courant (d'eau) »[6].

Le nom des Ratiates évoluera étymologiquement et linguistiquement au fil des siècles : désignant d’abord le peuples des Ratiates, le mot Ratiatum va se décliner en adjectif : Ratiatensis (dans le latin Pagus Ratiatensis : « Pays Ratiate », « Pays Ratense », « Pays de Rezé »), puis Radesius, qui devient nom propre de la région ; Radesius devient au fil des siècles Rays, Rais, Raiz et enfin Retz. Évidemment, le mot a aussi donné son nom à la ville de Rezé (anciennement Rezay), capitale portuaire originelle du pays. Depuis, le mot est également devenu un suffixe pour les noms des villes Arthon-en-Retz, La Bernerie-en-Retz, Bourgneuf-en-Retz, Cheix-en-Retz, Fresnay-en-Retz, Les Moutiers-en-Retz, Saint-Cyr-en-Retz et Saint-Père-en-Retz, notamment pour les différencier d’autres villes homonymes de France.

C’est à l’arrivée de César que Rezé prend une grande importance. En effet, la rivale de la ville est alors la cité des Namnètes (Nantes), que César veut punir de son alliance avec les Vénètes. Pour ce faire, il agrandit le Poitou, territoire des Pictons, jusqu’à la Loire et donne à Rezé la prépondérance sur Nantes. Le Pays de Retz est donc rattaché à la civitas des Pictons pour leur participation à la victoire romaine aux dépens des Vénètes, et à la province d’Aquitaine Seconde. La région est bientôt marquée par des implantations de garnisons bretonnes-insulaires[réf. nécessaire] dès le IIe siècle (comme l’atteste la toponymie sur la côte et l’estuaire de la Loire).

Cet avantage du Sud-Loire se prolongera jusqu’à la fin du IVe siècle. La région devient ensuite une viguerie (vicaria ratiatensis : « viguerie de Retz ») (un viguier était un officier de justice), et est bientôt nommée Pagus Ratiatensis : « Pays de Retz ». Le Pays de Retz est une viguerie de l’Herbauges en Aquitaine, qui s’étend sur tout le sud de la Loire jusqu’au Lay (sud de l’actuelle Vendée), qui dépend du pays d’Herbauges.

Moyen Âge

Après les Celtes, les Romains et les Bretons, ce sont les peuples germaniques qui envahissent la Gaule. Le Pays de Retz est conquis par les Wisigoths au Ve siècle après Jésus-Christ, avant d’être récupéré par les Francs au VIe siècle (bataille de Vouillé en 507), grâce au premier roi des Francs Clovis Ier (466-511), ce qui met un terme à la période antique. Lors du partage de la France en 511 entre les fils de Clovis, le Pays de Retz échoit au royaume de Neustrie gouverné par le roi Clodomir (494-524) puis en 524 par Clotaire Ier le Vieux (497-561)[7], tous deux fils de Clovis. En 561, il échoit au royaume de Paris gouverné par le roi Caribert Ier (520-567), fils de Clotaire, puis par Chilpéric Ier (539-584) en 567, Childebert II (570-596) en 584, Gontran (545-592) en 584, Clotaire II le Jeune (584-629) en 584 et Thierry II (587-613) en 596. La France est ensuite réunifiée en 613 sous Clotaire II le Jeune (584-629) qui récupère les royaumes de Neustrie, Bourgogne et Austrasie. En 629 lui succède son fils Dagobert Ier (604-639). En 635, la France est alors redivisée et le Pays de Retz échoit au royaume de Neustrie gouverné par Dagobert Ier, puis par son fils Clovis II (635-657) en 639. Clovis II réunifie la France en 656. En 657, ses fils Clotaire III (652-673) puis en 673 Thierry III (651-691) lui succèdent, puis les fils de ce dernier, Clovis III (682-695) en 690, Childebert III (683-711) en 695, et Dagobert III (697-715) en 711. Leur succéderont alors Chilpéric II (670-721), Thierry IV (713-737) et Childéric III (714-754).[réf. nécessaire]

Aux Mérovingiens succèdent les Carolingiens. À la mort de Charlemagne, le Pays de Retz fait partie d’une grande région Aquitaine, au sein de l’Empire d’Occident qu’a conquis l’empereur. Jusqu’au milieu du IXe siècle le Pays de Retz reste donc directement lié au duché d’Aquitaine[réf. nécessaire], dont la partie nord est divisée en plusieurs pagus : les pays d’Herbauges, Tiffauges et Mauges. Rezé est la capitale du comté d’Herbauges, constitué sur le Bas-Poitou afin de lutter plus efficacement contre les razzias des Normands qui envahissent bientôt la région.

C’est aussi pendant la période carolingienne que la France est christianisée. Saint Philibert (vers 616-vers 684), descendant d’une famille noble d’Aquitaine, fondateur de la paroisse de Noirmoutier (l’île d’Her), évangélise le Pays de Retz, à son arrivée en 677. Ses disciples fondent plusieurs prieurés paroissiaux. Saint Philibert meurt vers 684, son corps est déposé dans la crypte de l’église abbatiale de Noirmoutier[8].

C’est à cette même période de christianisation que débarquent bientôt les Normands : les Vikings venus de Scandinavie. Le Pays de Retz étant en bord de mer, les flottilles envahissent les ports (notamment Machecoul) et les Normands pillent, détruisent et tuent tout ce qui est devant eux.

Le pays de Retz devient breton

Au IXe siècle, le royaume de Bretagne de Nominoé progresse vers l’est et le sud. De 843 à 851, batailles et traités entre rois de Francie ou empereurs germaniques et rois de Bretagne consacrent les victoires des bretons Nominoé et de son fils Érispoé. En 843, Lambert bat Rainald, comte d’Herbauges, envoyé par le roi de France Charles II le Chauve. Le commandement d’Herbauges est confié à Begon qui est également tué ; une troisième défaite vient parachever la victoire bretonne sur les Francs en 844, quand Lambert défait et tue Hervé et Bernard, sur les bords de la Maine, affluent de la Sèvre nantaise et qui sert de limite est au Pays de Retz. Le traité de 846 entre Charles II le Chauve et Nominoé, confirmé par le traité d’Angers en 851 entre Charles II le Chauve et Érispoé, donne le comté de Rennes, le comté de Nantes et le Ratense : le Pays de Retz devient ainsi breton au Xe siècle, après un accord établi entre descendants normands francisés et bretons. Les Bretons sont alors autorisés à occuper les deux rives de la Loire afin de mieux contrôler les attaques extérieures.

Ravagées par les Normands, les terres du Sud-Loire (nord de l'actuelle Vendée, Pays de Retz, Mauges) connaissent une âpre lutte entre Bretons, Angevins et Poitevins. En ce qui concerne le Pays de Retz, le traité d’Angers est confirmé en 943 et 973[9]. Le comte d’Anjou Foulques III Nerra sort principal bénéficiaire de l’affrontement entre comtes de Poitiers et d’Anjou : conquête des Mauges, sud de Saumur et Loudun. Le comté de Poitiers récupère une grande partie des pays d’Herbauges et Tiffauges, mais perd la totalité des Mauges au profit de l’Anjou. À l’extrémité sud du Pays de Retz et au nord-ouest du Bas-Poitou, la Bretagne et le Poitou s’accordent pour former des Marches Communes avec les paroisses situées entre les défenses (et châteaux) de la Bretagne (Machecoul et Clisson) et celles du Poitou (Palluau et Montaigu) ; il en est de même entre Bretagne et Anjou dans la région des Mauges.

Les premiers seigneurs de Retz

Armoiries de la maison de Retz : « D’or à la croix de sable ».

Les seigneurs de Sainte-Croix (qui ne s’appelle pas encore Machecoul), ville la plus influente du Pays de Retz, étendent déjà leur influence sur une grande partie de la région. Ils portent un blason « d’or à la croix de sable », sans doute en souvenir d’une précieuse relique conservée[10]. Sainte-Croix est la terre du seigneur Gestin Ier de Retz (vers 985-????). Son fils, Harscoët Ier de Retz (vers 1010-vers 1070), lui succède. Harscoët (ou Harscouët, Harscoïde ; Arscoitus, Arscutus en latin) est marié à une certaine Ulgrade (vers 1015-????), dont il a un fils : Gestin II de Retz (vers 1040-après 1083), qui va lui succéder[11].

L’origine des tout premiers seigneurs de Retz est inconnue. On dit traditionnellement qu’ils seraient venus de Bretagne : ceci serait prouvé par le prénom Harscoët, à consonance bretonne. Pourtant, on trouve des prénoms germaniques au sein de la même famille : l’épouse de Harscoët Ier de Retz est prénommée Ulgrade, ses fils s’appellent Gestin, Urvoid, Hilaire et Aldroin, et Harscoët serait une déformation de Harscoïde, ce qui laisse penser que les premiers seigneurs de Retz sont, au départ, en réalité des Francs[12]


Armoiries de la maison de Machecoul : « D'argent, à trois chevrons de gueules ».

En 1070, Gestin II de Retz (1040-????) succède à son père Harscoët, puis, de père en fils, Garsire Ier de Retz (1070-1141) en 1083 puis Harscoët II de Retz. Le frère de ce dernier, Garsire II de Retz (1105-1160), lui succède en 1141 en tant que seigneur de Retz, tandis que son autre frère Raoul (1106-1162) hérite de la seigneurie de Machecoul en 1160 et prend alors le nom du domaine pour devenir Raoul Ier de Machecoul[13] : la châtellenie de Machecoul est alors détachée du Pays de Retz et est gouvernée par les descendants de Raoul Ier de Machecoul pendant un siècle.

Pendant ce temps, à Garsire II de Retz, succèdent, de père en fils, les seigneurs Harscoët III de Retz (1135-1207) en 1137, Garsire III de Retz (1165-1225) en 1207, Raoul III de Retz (1200-1252) en 1225 et la fille de ce dernier, Eustachie de Retz en 1252. En 1258, Eustachie obtient que la châtellenie de Machecoul (la ville la plus importante de la région, séparée depuis un siècle du Pays de Retz), qui n’a plus d’héritier, soit à nouveau pleinement réintégrée au Pays de Retz. Dès lors, les seigneurs de Retz redeviennent seigneurs de Machecoul[14],[15].

Armoiries de la maison Chabot : « D’or à trois chabots de gueules, deux et un ».

Eustachie de Retz meurt en 1265 : la descendance d’Harscoët de Retz s’éteint ainsi avec sa dernière héritière directe. C’est son mari, Gérard Ier Chabot (1197-1264), originaire du Poitou, qui reprend la seigneurie de Retz, fondant ainsi une nouvelle dynastie seigneuriale qui va régner jusqu’en 1406 de père en fils, ceux-ci devenant barons de Retz[16] : à Gérard Ier Chabot succèdent Gérard II Chabot (1245-1298) en 1264, Gérard III Chabot « le Benoist » (1280-1338) en 1298, Gérard IV Chabot (1300-1344) en 1338, Gérard V Chabot (1320-1399) en 1344, et la fille de ce dernier, Jeanne Chabot « la Sage » (1331-1406) en 1399, dernière baronne de Retz de la famille, qui se mariera trois fois mais n’aura pas d’enfants[17].

Le pays de Retz religieux

Sur le plan religieux, la période du Moyen Âge est très riche en édification d’un grand nombre de monuments cultuels. Le Pays de Retz se couvre d’édifices religieux (abbayes, églises, prieurés) construits par des ordres provenant essentiellement de la province ecclésiastique de Tours (Touraine, Bretagne, Anjou, Maine). Ce maillage religieux est en grande partie réalisé par plusieurs congrégations religieuses.

Des moines venus de l’abbaye Stavelot-Malmédy (située dans les Ardennes) s’établissent dès le VIIe siècle à Sainte-Pazanne, au bord de la rivière Le Tenu, en un lieu qui prend le nom d’Ardennes. Ils y fondent « le prieuré d’Ardennes » de Sainte-Pazanne.

Les moines de l’abbaye de Noirmoutier (fondé par Saint Philibert en 675), décident de s’installer en l’an 800 à Déas, hameau qui prend par la suite le nom de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Ils y construisent l’église de la nouvelle abbatiale en 815 (qui reste l’une des plus ancienne de France) et y déposent les reliques du saint, en 836, pour les protéger des pillards normands.

En 1038 est fondé, aux Moutiers-en-Retz, pour les bénédictines de l’Abbaye du Ronceray d’Angers, un prieuré consacré à Notre-Dame du Ronceray, d’Angers. C’est la première église des Moutiers-en-Retz.

Au XIIe siècle, l’église de Saint-Léger-les-Vignes et les dîmes de la paroisse sont confiées à la protection de l’abbaye de Saint-Florent d’Angers.

En 1317, les diocèses de Nantes et de Poitiers s’accordent sur la division des évêchés et des paroisses, qui rejoignent soit le diocèse de Nantes, soit le diocèse de Luçon. Le Pays de Retz est intégralement rattaché au diocèse de Nantes. Lors du rattachement de la Bretagne à la France (1532) l’ensemble des paroisses formant les Marches Communes Bretagne-Poitou et Bretagne-Anjou seront aussi rattachées au diocèse de Nantes.

La paroisse de Saint-Père-en-Retz appartient aux bénédictins de l’abbaye de Marmoutier, située en Touraine. L’église du Pellerin est également sous la dépendance et la protection des moines de l’abbaye de Marmoutier.

Le Pays de Retz est également marqué par la construction de nombreux châteaux défensifs qui défendent la Bretagne au sud contre le royaume de France ou l’Aquitaine anglaise (qui englobe le Poitou actuel), le plus important étant celui de Machecoul, principale ville du Pays de Retz.

La baronnie de Retz

Armoiries de la maison de Parthenay : « Burelé d’argent et d’azur, à la bande de gueules brochant sur le tout ».

N’ayant pas d’héritier de son dernier mari Jean de Parthenay (????-1427), Jeanne Chabot « la Sage » lègue sa baronnie de Retz à un cousin issu de germain, Guy II de Montmorency-Laval (????-1415), qui devient ainsi baron de Retz[18].

Armoiries de la maison de Montmorency-Laval : « D’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2 et chargée de cinq coquilles d’argent ».

Guy II de Montmorency-Laval est l’arrière-petit-fils de Gérard III Chabot « le Benoist » (1280-1338) : celui-ci a épousé en 1299 Marie Clémence L’Archévêque (1280-1359), dame de Parthenay, de qui il a eu deux enfants : Gérard IV Chabot (1300-1344) et Jeanne Chabot (1300-1341), dite Jeanne de Retz « la Folle »[19]. Cette dernière a épousé Foulques Ier de Montmorency-Laval (????-1358), de qui elle a eu entre autres enfants Guy Ier « Brunnor » de Montmorency-Laval (????-1383), qui a épousé Tiphaine de Husson, dame de Ducey, et a eu un fils : Guy II de Montmorency-Laval[20].

Le nouveau baron de Retz se marie en février 1404 avec Marie de Craon (1387-????), dame de Champtocé-sur-Loire et d’Ingrandes, dont la famille revendiquait la baronnie de Retz (Marie de Craon est une descendante de Gérard II Chabot) : ce mariage met donc fin à une querelle de succession[21]. À la demande de Jeanne Chabot « la Sage », Guy II de Montmorency-Laval change de nom et devient Guy de Retz (également dénommé Guy de Laval-Rais).

Guy de Retz et Marie de Craon donnent naissance à deux fils : Gilles de Retz et René de Retz, nés en 1404 et 1407. Leurs parents étant morts dès 1415 alors qu’ils sont encore petits, les deux garçons vont être élevés par leur grand-père maternel Jean de Craon (????-1432), violent, à la réputation sulfureuse, qui va faire d’eux des guerriers.

Armoiries de Gilles de Retz : « D’or à la croix de sable (de Retz), à la bordure d’azur semé de fleurs de lis d’or (de France) » (depuis septembre 1429).

À la mort de son père Guy de Retz en 1415, le petit Gilles de Retz (1404-1440), 11 ans, hérite donc d’un patrimoine très riche et puissant, rassemblant à la fois les terres de son père et celles de sa mère. Il épouse en 1422 Catherine de Thouars (1405-1462), dame de Tiffauges et de Pouzauges, une cousine germaine, dont il n’a qu’une fille, Marie (1429-1457). Sa femme lui apporte alors en dot des terres en Poitou, et il devient ainsi l’un des plus riches seigneurs du royaume de France. Il est baron de Retz, seigneur de Tiffauges, de Pouzauges et de Champtocé-sur-Loire, comte de Brienne, seigneur de Machecoul, d’Ingrandes, La Bénate, Le Coutumier, Bourgneuf-en-Retz, Bouin, etc.

Gilles de Retz, d’après un portrait anonyme du XVIe siècle (il n’existe aucun portrait de lui de son vivant : on ignore à quoi il ressemblait en réalité).

Gilles de Retz va s’illustrer à la guerre de Cent Ans, dont il sera un des héros. Compagnon d’armes de Jeanne d'Arc, il sera nommé maréchal de France par le roi Charles VII, puis conseiller et chambellan du roi. De retour au pays, Gilles de Retz profite joyeusement de sa colossale fortune dans un train de vie démesuré. À cause de lui, Machecoul est à l’époque une ville très en vue qui fait parler d’elle.

Gilles de Retz va plonger dans la décadence. Assez instruit pour son siècle, il a recours à l’alchimie, puis finalement se jette dans la magie noire, invoquant le diable et, manipulé par des complices, sombre dans le crime. Il commence à violer, torturer, assassiner et immoler en secret des enfants. Il sera condamné à être pendu et brûlé, après un procès sans précédent à Nantes et des aveux qui horrifieront l’assistance, tant les détails de sa cruauté dépassent l’entendement[22].

Article détaillé : Gilles de Rais.
Armoiries de la maison de Coëtivy : « Fascé d’or et de sable de six pièces ».
Armoiries de la maison de Montfort-Laval : « D’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2 et chargée de cinq coquilles d’argent ».

Gilles de Retz ne laisse qu’une fille, Marie de Retz (1429-1457), baronne de Retz. Elle dirige le Pays de Retz avec ses deux maris successifs, Prigent VII de Coëtivy (1399-1450) et André de Montfort-Laval dit « André de Lohéac » (1408-1486), dont elle n’aura aucun enfant.

Son oncle René de Retz (1407-1473), seigneur de La Suze-sur-Sarthe, frère cadet de Gilles de Retz, hérite ensuite de la baronnie de Retz. Lui succède sa fille unique, Jeanne de Retz.

Le pays de Retz disputé entre la Bretagne et la France

Le contexte géopolitique se complique à l’époque. À la fin du XVe siècle, éclate le conflit de la Ligue du Bien Public, qui oppose le pouvoir royal de France et les grands féodaux, notamment le duc de Bretagne François II (1435-1488)[23].

Les ducs de Bretagne ont toujours oscillé entre une politique francophile et anglophile qui puisse maintenir l’indépendance de leur duché. Après le retour à l’alliance française sous Charles VII (lors de la guerre de Cent Ans), les événements évoluent différemment avec le roi Louis XI (1461-1483). Ce roi entre dans des combats avec une grande partie de ses vassaux, rebelles ou jugés tels, parmi lesquels figure le duc de Bretagne François II. Une « guerre civile » commence en 1465 et s’éternise jusqu’en 1482, entrecoupée de trêves, de négociations et de traités de paix provisoires. Louis XI soutient systématiquement tous les opposants au duc de Bretagne François II. Tout devient prétexte à conflit, notamment l’administration des « marches communes ». De son côté, François II renouvelle une trêve avec l’Angleterre et confirme son alliance avec la Bourgogne, dirigée par Charles le Téméraire. Louis XI attaque à plusieurs reprises la Bretagne[24].

En 1473, Louis XI entre en Bretagne à la tête de 50 000 hommes de troupe. Il remporte des succès militaires : il prend Champtocé-sur-Loire, Ancenis et Machecoul, et pousse jusqu’aux portes de Nantes[25].

Lors de la prise de Machecoul par Louis XI en 1473, le roi de France, qui vient de brûler la ville voisine de Bouin[26], trouve la ville déserte à son approche : il voulait y faire une entrée triomphale, mais il parcourt la ville vide, car personne ne vient à sa rencontre ! Les Machecoulais sont restés cachés dans leurs maisons, apeurés[27],[28].

En fait, comme à l’ordinaire, Louis XI procède aux prises de villes afin de négocier en position de force. Il doit, aussi, tenir compte des menaces du moment, notamment une possible intervention du roi d’Angleterre, Édouard IV, pour secourir le duc François II. Le roi de France conclut une trêve d’une année avec le duc de Bretagne, ce qui lui permet de se retourner contre Charles le Téméraire, le duc de Bourgogne. Mais la trêve signée avec François II est bien un « triomphe manqué » pour Louis XI, malgré sa victoire de Machecoul[29].

Armoiries de la maison de Chauvigny : « D’argent à la fasce fuselée de cinq pièces de gueules, surmontée d’un lambel de six pendants de sable ».

La fille unique de René de Retz, Jeanne de Retz, dirige la baronnie avec son mari, François de Chauvigny (vers 1430-1491), vicomte de Brosse, qui devient le nouveau baron de Retz. Leur succède en 1490 leur fils, André III de Chauvigny (1430-1503), prince de Déols, baron de Retz, comte de Châteauroux, vicomte de Brosse, seigneur de Challouyau, de Chemillé, de Falleron, de Froidfond.

Pendant ce temps, le roi de France Louis XI et le duc de Bretagne François II ont laissé place à leurs successeurs et enfants, respectivement Charles VIII (1470-1498) et la duchesse Anne de Bretagne (1477-1514). En 1489, la guerre reprend entre les Bretons du « parti français » et les Bretons « indépendantistes ». En 1490, Anne de Bretagne, accompagnée de son maréchal de Bretagne, le seigneur de Rieux, reprennent Machecoul, défendue par le baron de Retz André de Chauvigny[30]. Mais en 1491, le château de Nantes est livré à Charles VIII par Alain d’Albret, et la duchesse Anne reconnaît sa défaite, contrainte d’épouser le roi Charles VIII à Langeais en 1491 : il a 21 ans, elle a 14 ans[31]. La Bretagne cessera d’être un duché indépendant en 1532, après l’Acte d’union signé à Vannes ; la baronnie de Retz reviendra ainsi pleinement à la France.

Le duché de Retz des Gondi

En 1503, André de Chauvigny (1430-1503), baron de Retz, meurt sans enfant et surtout sans héritier. Des prétendants se succèdent : le premier est Tanneguy Sauvage (1430-1503), un cousin éloigné. Tanneguy Sauvage est un descendant de Jeanne Chabot « la Folle » (1300-1341) (fille de Gérard III Chabot « le Benoist »), déjà citée précédemment. Celle-ci, mariée à Foulques Ier de Montmorency-Laval (????-1358), a eu une fille : Jeanne de Montmorency-Laval (1325-????), mariée à « Guillaume » Éon Sauvage, seigneur du Plessis-Guerrif, d’où descend Tanneguy Sauvage[32].

Armoiries de la maison de Tournemine : « Écartelé d’or et d’azur. »

Un autre prétendant se fait connaître : Georges de Tournemine (????-1524), baron de La Hunaudaye et du Hommet, un autre cousin éloigné d’André de Chauvigny. Georges de Tournemine est lui aussi un descendant de Jeanne Chabot « la Folle » (1300-1341) mariée à Foulques Ier de Montmorency-Laval (????-1358), dont leur fille, Philippa de Montmorency-Laval (????-1403), a été mariée à André de Saffré (????-1407). La fille de ces derniers, Jeanne de Saffré (????-1459), dame de Frossay, a épousé Jean de Tournemine (????-1427), baron de La Hunaudaye, de qui est issu Gilles de Tournemine (????-1475), seigneur de Frossay, qui a eu pour fils Georges de Tournemine (????-1524)[33].

Armoiries de la maison d’Ailly d’Annebault : « De gueules, à deux branches d’alisiers d’argent, passées en double sautoir, au chef échiqueté d’argent et d’azur de trois traits. »

En 1524, sa fille, Françoise de Tournemine, dame de La Hunaudaye, devient baronne prétendante de Retz. Le mari de Françoise de Tournemine, Claude d'Annebault (1500-1552), seigneur d’Annebault, seigneur de Saint-Pierre, maréchal de France et amiral de France, reprend ensuite le flambeau, et son fils, Jean III d’Annebault (????-1562), baron d’Annebaut et de La Hunaudaye devient effectivement baron de Retz en 1552. Mais lui non plus n’a pas d’enfant[34].

Armoiries de la maison de Clermont-Tonnerre : « De gueules, à deux clefs d’argent passées en sautoir. »

Son épouse Claude-Catherine de Clermont-Tonnerre (1543-1603), dame de Dampierre, baronne de Retz, pair de France, salonnière française[35], se remarie alors avec Albert de Gondi (Albèrto Gondi) (1522-1602), seigneur du Perron, comte puis marquis de Belle-Île et des Îles d’Hyères, général des Galères de France, maréchal de France. Albert de Gondi est au service de la reine de France Catherine de Médicis (avec qui il était venu d’Italie) et de ses fils les rois Charles IX puis Henri III. Ce dernier récompense Albert de Gondi en 1581 en érigeant la baronnie de Retz en duché, dont Machecoul devient dorénavant la capitale (les capitales précédentes ayant été Rezé puis Pornic).

C’est d’ailleurs à cette époque que l'orthographe du nom du duché, qui avait été depuis toujours Rais, Rays, Raiz, Rayz, est définitivement changée : on l'écrivait avec un a, comme le voulait son étymologie Ratiate, Ratiatensis ; on ne l'écrira plus qu’avec un « e » : Retz, comme s'il était un dérivé de retis, retibus[36]

Armoiries d’Albert de Gondi : « D’or, à deux masses d’armes de sable, passées en sautoir et liées de gueules. »

Le nouveau duc de Retz est né à Florence en Italie, d’Antònio II Guidobaldo Gondi et de Marie-Catherine de Pierrevive[37],[38]. En 1572, il a acheté la charge de gouverneur de Belle-Île. Le roi ratifie cet achat, à condition qu’il fortifie sa défense. Il accorde le titre de marquis de Belle-Île à son fils aîné, Charles de Gondi (1569-1596), dit « le maréchal de Belle-Île »[39].

C’est l’époque des guerres de religion : catholiques et protestants s’opposent. En 1588, le jeune fils du duc, Charles de Gondi, a 19 ans, et malgré son jeune âge, c’est lui qui va défendre la capitale de Retz, Machecoul, contre des assaillants protestants, les Huguenots. Mais pour défendre Machecoul, il dispose d’une faible garnison : 56 hommes d’armes. Même si les murailles du château sont épaisses, il demande à la ville de Nantes, tenue par le duc de Mercœur, chef de la ligue en Bretagne, des secours d’armes et de munitions de guerre et il envisage de renforcer les défenses de la ville, bientôt entourée d’ennemis[40].

Protestants calvinistes, les Huguenots sont dirigés par le roi de Navarre Henri de Bourbon (1553-1610) (le futur roi de France Henri IV), qui avance vers Paris. Celui-ci guerroie à Clisson, défendue par le seigneur d’Avaugour, puis se dirige vers Nantes, et campe à Vertou. En août 1588, il assiège la ville et le château de Machecoul. Il envoie quelques coups de canon (couleuvrine). Mais ne se voyant pas en force de s’en rendre maître, il lève le siège, non sans avoir eu des pertes[41]. Pour enterrer ses morts, il les place en rond et fait planter un saule devant chacun d’eux. Ainsi est créé le Bois des Huguenots[42],[43]. De rage, il se venge en pillant les abbayes de LoyaulxFresnay-en-Retz) et de l’Île ChauvetBois-de-Cené), avant de s’attaquer à Prigny, Le Collet, Bouin, Bourgneuf-en-Retz et Beauvoir-sur-Mer[44]. Malgré tout, si quelques familles de la petite noblesse, dont celle des de La Lande-Machecoul, sont calvinistes, la grande majorité du duché de Retz reste catholique. Et Henri de Navarre se montre magnanime et traite bien ses habitants[45].

Le jeune Charles de Gondi s’en va ensuite guerroyer jusqu’au Mont-Saint-Michel, où il est tué en 1596. Sa jeune veuve, Antoinette d’Orléans (1574-1618), duchesse de Longueville et descendante du roi de France Charles V (1338-1380), fait rapatrier le corps de son époux et lui organise des obsèques dignes de son rang. Les cérémonies ont lieu à Nantes, mais le corps est enseveli à Machecoul. En 1599, Antoinette d’Orléans décide de « refaire sa vie » en entrant au Couvent des Feuillantines à Toulouse. Elle devient sœur Antoinette de Sainte-Scholastique. Après un passage par Fontevraud-l’Abbaye, elle fonde à Poitiers, en 1617, un nouvel ordre religieux : la congrégation des bénédictines de Notre-Dame-du-Calvaire. Elle meurt en 1618[46].

Armoiries d’Henri de Gondi : « Écartelé : 1 et 4 d’or à deux masses d’armes de sable passées en sautoir et liées de gueules (de Gondi) ; 2 et 3, contre-écartelés au I et IV d’azur au trois fleurs de lys d’or accompagné d’un lambel, un bâton péri en bande brochant sur la partition, le tout d’argent (d’Orléans-Longueville), au II et III du contre-écartelé d’azur au trois fleurs de lys d’or accompagné d’un bâton de gueules péri en bande (de Bourbon). »

En 1602, le duc de Retz Albert de Gondi meurt et c’est son petit-fils Henri de Gondi (1590-1659), fils de Charles de Gondi et d’Antoinette d’Orléans, qui lui succède. Henri de Gondi n’a que deux filles : Marguerite de Gondi (1615-1670) et Catherine de Gondi (????-1677). Catherine épouse le cousin germain de son père, Pierre de Gondi (1602-1676), comte de Joigny. Et c’est donc Pierre de Gondi qui succède à son beau-père et cousin en 1634[47].

Pierre de Gondi et Catherine de Gondi n’ont que deux filles eux aussi : Marie-Catherine Antoinette de Gondi (1637-1716) et Paule-Marguerite de Gondi (1655-1716)[48]. Marie-Catherine Antoinette, après quelques passages à la cour de Louis XIV, laissant entrevoir une vie mondaine prometteuse, décide finalement en 1665 de devenir religieuse calvairienne. Son père Pierre de Gondi tente, pendant un an, de convaincre sa fille d’abandonner son projet, puis finit par ne plus s’y opposer. Marie-Catherine devient sœur Antoinette de Sainte-Scholastique, le même nom utilisé par son arrière-grand-mère Antoinette d’Orléans[49]. Le duc de Retz est chagriné par le départ de sa fille, qui doit partir au Calvaire de Nantes. Il manifeste son désir de fonder à Machecoul un monastère de Calvairiennes afin de rapprocher son enfant de lui. Après un avis favorable du roi Louis XIV en 1671, l’acte définitif consacrant l’établissement des Calvairiennes à Machecoul est passé le 26 avril 1673 : c’est ainsi qu’est créé le Couvent des Calvairiennes, avec sa Chapelle du Calvaire, encore debout aujourd’hui. Sœur Antoinette dirige le monastère à partir de 1674, alors qu’elle n’est âgée que de 26 ans[50].

Son père le duc de Retz Pierre de Gondi meurt en 1676, et son épouse et cousine Catherine de Gondi meurt en 1677. Leur fille Marie-Catherine Antoinette de Gondi reste prieure jusqu’en 1677, puis elle part à Paris, et meurt en 1716[51].

Armoiries de la maison de Créquy : « D’or au créquier de gueules. »

À la mort du duc de Retz Pierre de Gondi en 1676, c’est son autre fille, Paule-Marguerite de Gondi (1655-1716), sœur de Marie-Catherine Antoinette, qui devient duchesse de Retz. Elle épouse en 1675 François Emmanuel de Blanchefort-Créquy (1645-1681), comte de Sault, duc de Lesdiguières, pair de France, mais n’aura pas de descendant[52]. Ainsi s’achève, à la mort de Paule-Marguerite en 1716, la maison de Gondi.

Le duché de Retz au XVIIIe siècle

Armoiries de la maison de Neufville-Villeroy : « D’azur au chevron d’or, accompagné de trois croisettes ancrées du même. »

Le duché de Retz passe alors aux mains de Nicolas VI de Neufville (1663-1734), duc de Villeroy, petit-cousin de Paule-Marguerite de Gondi : la grand-mère maternelle de Nicolas de Neufville était Marguerite de Gondi (1615-1670), fille d’Henri de Gondi. Marguerite de Gondi a épousé en 1645 Louis de Cossé de Brissac (1625-1661)[53]. Leur fille, Marguerite-Marie de Cossé de Brissac (1648-1708) a épousé en 1662 François de Neufville-Villeroy (1644-1730). Ces derniers sont les parents de Nicolas de Neufville.

En 1734, le fils de Nicolas de Neufville lui succède : Louis-François Anne de Neufville (1695-1766), duc de Villeroy, duc de Beaupréau, qui meurt sans enfant. Son neveu Gabriel de Neufville (1731-1794) lui succède en 1766, mais lui non plus n’aura pas d’enfant.

Armoiries de la maison de Brie-Serrant : « D’argent, à quatre fasces de sable au lion de gueules, brochant sur le tout. »

En 1778, Gabriel de Neufville, qui mourra en 1794 sur l’échafaud à Paris, vend le duché de Retz. Il est alors racheté, par Clément Alexandre de Brie, marquis de Serrant. Le nouveau duc envoie en son nom un représentant pour prendre possession de ses terres : Louis de Rotrou de La Grandière, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, qui, du 11 au 20 octobre 1780, parcourt les lieux. Le chevalier de La Grandière est accompagné du procureur fiscal du duché, François Réal des Perrières, dressant procès-verbal de la prise de possession[54],[55].

Le nouveau duc de Retz « démantèle » alors le duché : il ne garde que les fiefs de Machecoul et Pornic, et vend, de 1780 à 1782, une énorme quantité de fiefs, à savoir : à Jean-Baptiste Richard, seigneur de La Roulière, les fiefs de Saint-Colombin, Le Bignon, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et La Chevrolière, - à Joseph Charette, seigneur de Briord, les fiefs de Port-Saint-Père, - à Auguste Thomas des Rotais, seigneur de La Senaigerie, le fief de La Bénate en Bouaye, - à René Montaudouin, seigneur de La Clartière, le fief des Huguetières en Sainte-Croix de Machecoul, - à Jean Le Court, sieur de La Bigne, le fief de Chéméré, - à Joseph Gazel, seigneur du Chaffaut, un fief de La Bénate, - à Claude du Pas, marquis de La Garnache, et à Jacques Imbert, seigneur de La Choltière, tous les fiefs de Retz en Paulx, Bois-de-Cené, La Garnache et La Trinité de Machecoul, - à René de Talhouët, seigneur de La Grationnaye, les fiefs de Retz en Saint-Michel-Chef-Chef, La Plaine-sur-Mer et Sainte-Marie-sur-Mer, - à Charles Chevalier, seigneur du Boischevalier, les fiefs de Retz en Grand'Landes et Legé, - à Joseph Le Long, seigneur du Boisjoly, le fief de Pornic en Chauvé, - à Simon de Portnavaleau le fief de La Bénate en La Limouzinière, - à Claude Le Maignan le fief de Saint-Jean-de-Corcoué, - à Félix Dubois, sieur de La Patellière, le fief de La Garangère en Paulx, - à Louis de Goulard le fief de Saint-Étienne-de-Corcoué, - à Philippe de Biré un autre fief de La Bénate en Bouaye, - enfin à Charles Danguy, seigneur de Vue, le fief d’Arthon-sur-Mer[56].

Après toutes ces aliénations, le domaine de Retz n’est plus considéré comme un duché, et est rétrogradé en une simple baronnie d’ancienneté[57]. Le marquis de Brie-Serrant est d’ailleurs titré « baron de Retz », comme ses prédécesseurs des XIIIe, XIVe et XVe siècles.

Le marquis de Brie-Serrant sera le dernier seigneur de Retz. Il va être dépossédé de ses terres lorsque, en 1793, en pleine Révolution française, vont éclater les guerres de Vendée, lors desquelles le Pays de Retz va être l’un des cœurs des événements.

Le Pays de Retz et la Révolution Française

En 1790, la Bretagne est divisée en cinq départements, le marquis de Brie-Serrant est dépossédé de ses terres et ses biens, et le Pays de Retz est presque entièrement intégré au nouveau département créé : la Loire-Inférieure (qui deviendra l’actuelle Loire-Atlantique). Le Pays de Retz n’est plus alors qu’un témoin historique et culturel.

Les nouveaux départements de la Loire-Inférieure et de la Vendée recoupent approximativement les limites des duchés de Bretagne et du Poitou, à quelques communes près : les paroisses paydrètes de Saint-André-Treize-Voies, Bouin, La Bernardière et La Bruffière, qui faisaient partie du diocèse de Nantes, sont rattachées au diocèse de Luçon, et inversement la commune poitevine de Remouillé est intégrée au département de la Loire-Inférieure.

Le pays de Retz en pleines guerres de Vendée

Article détaillé : Guerre de Vendée.

Si les premières réformes de 1789 sont bien accueillies, la Constitution civile du clergé (1790) et l’abolition de la royauté (1792) sont rejetées majoritairement dans les campagnes. L’exécution de Louis XVI et la levée en masse de 300 000 hommes, au début de l’année 1793, achèvent de discréditer la République[58].

Insigne des insurgés royalistes pendant les guerres de Vendée (1793).

Dès 1793 éclatent les premières émeutes, dirigées surtout contre les bourgeois et les riches, qui s’arrogent des privilèges que tous considèrent comme réservés aux seigneurs qui les ont mérités par les services rendus au royaume. C’est au milieu de nombreuses difficultés, résultant de l’avalanche de décrets de toutes sortes émanant des autorités, district et département, que survient la fameuse conscription des 300 000 hommes[59].

Au départ, cette insurrection ne diffère guère des autres insurrections qui se développent en France au printemps et à l'été 1793. La différence, c'est que, partout ailleurs, les troupes viennent assez rapidement à bout des émeutes. En Vendée, au contraire, une colonne armée de soldats de métier est défaite le 19 mars au Pont-Charrault, entraînant la région d'un affrontement limité vers une véritable guerre civile[60].

En 1793, le Pays de Retz rejoint la Vendée militaire. Les villes portuaires comme Paimbœuf et Pornic restent, elles, favorables aux idées républicaines. François Athanase de Charette de La Contrie (1763-1796) devient l'un de ses principaux protagonistes en menant une véritable « guérilla » contre les troupes républicaines.

Le Massacre de Machecoul, peinture de François Flameng, 1884

Le dimanche 10 mars 1793, la protestation s'étend. La Loire-Inférieure se soulève massivement, acculant les Nantais à l'impuissance devant la multiplicité des interventions nécessaires. Durant la première semaine, les sites de la protestation sont extrêmement éparpillés. Le 11 mars, Machecoul est envahie par des attroupements de protestataires venus des communes voisines, qui se livrent à des massacres à Machecoul, et ce jusqu'en avril[61]. Parmi les habitants emprisonnés, puis massacrés, on compte des prêtres jureurs. Le nombre des morts est évalué, selon les auteurs, entre une centaine et 800 ; Jean-Clément Martin en a recensé, pour sa part, au moins 160[62]. Parmi les émeutiers se trouvent Charette, qui ne fait rien pour arrêter les massacres, René Souchu, son ancien procureur fiscal, leur chef, et l'abbé Prioul, qui célèbre une messe à côté des cadavres[63].

Article détaillé : Massacres de Machecoul.

Ailleurs, dans le Pays de Retz, d'autres bandes se choisissent des chefs roturiers : le chirurgien Jean-Baptiste Joly, ancien sergent de l'armée royale, le marchand d'œufs Louis Guérin, le colporteur Pajot, ou encore le perruquier Gaston Bourdic[64].


Le 12 mars 1793, la garde nationale tire sur les manifestants pour dégager les abords de Paimbœuf, menacé par des paysans venus de 32 communes proches de la petite ville.

Fin mars 1793, la « Vendée militaire » reconstitue approximativement l'ancien territoire du Comté d'Herbauges du IXe siècle et comprend : le département de la Vendée, la moitié méridionale de la Loire-Inférieure (Pays de Retz, Saint-Sébastien-sur-Loire, Vertou, Clisson) et la région des Mauges du Maine-et-Loire). Le nord-ouest des Deux-Sèvres tombe à son tour en mai 1793[65].

L'armée du Marais breton dans le Pays de Retz, entre la Sèvre nantaise et l'océan Atlantique (15 000 hommes) rejoint l'armée d'Anjou, à l'est de la Sèvre nantaise (40 000 hommes) ainsi que l'armée du Centre, au cœur de la Vendée (10 000 hommes)[66].

François Athanase de Charette de La Contrie, par Jean-Baptiste Paulin Guérin (1819).

Deux jours plus tôt, le 10 juin, Charette, qui a fini par s'imposer sur les troupes contre-révolutionnaires en Pays de Retz, s'empare de Machecoul, gardée par 1 300 hommes, à la tête d'environ 15 000 hommes ; les républicains laissent sur le terrain 200 tués et une dizaine de canons. Cette réussite ouvre la route de Nantes.


Dès l'été 1793, les républicains reprennent le dessus. Les troupes royalistes subissent des défaites et commencent pour elles la Virée de Galerne. En 1795, un accord de paix est conclu à La Jaunaye, à Saint-Sébastien-sur-Loire, le 17 février 1795 : l’amnistie est accordée aux rebelles, leurs biens leur sont restitués, ils bénéficient d'indemnités en cas de vente ou d'incendie, même s'ils sont portés sur la liste des émigrés, ainsi que du remboursement des bons et des assignats, les Vendéens sont dispensés de levées militaires et leurs armes leur sont laissées, les troupes républicaines se retirent, enfin, la liberté de culte leur est accordée. Charette signe ce traité qui permet la pacification.

Article détaillé : Bataille de Nantes.
Exécution de François Athanase de Charette de La Contrie en 1796 à Nantes, par B. Van Deschamp (1866).

À la suite de la reprise de la guerre en 1795, en rapport avec le débarquement des émigrés à Quiberon, Charette (nommé le 8 juillet « général de l'Armée catholique et royale » par le comte de Provence (futur Louis XVIII) depuis Vérone) reprend la lutte, fin juin, mais ne parvient à réunir que 4 000 paysans autour de lui. Pour le combattre, Lazare Hoche organise des colonnes mobiles de 50 à 60 cavaliers qu’il fait marcher la nuit. Le 30 septembre, l'annonce que le comte d'Artois (futur Charles X) va débarquer le 12 octobre sur le continent permet à Charette de réunir 15 000 hommes, mais les départs et les désertions se multiplient après l'abandon du projet, le 12 octobre, tandis que Charette, harcelé par les républicains, doit fuir. Poursuivis, les derniers chefs vendéens sont capturés et fusillés. Le 25 mars 1796, Charette est blessé et arrêté au Bois de La Chabotière par les troupes du général Jean-Pierre Travot : lorsqu’il est pris, il a trois doigts coupés et une balle dans la tête. Il sera fusillé à Nantes, Place des Agriculteurs (aujourd’hui Place Viarme), et malgré les douze balles reçues, la tradition veut qu'il soit resté une minute et quarante secondes debout !

Le Pays de Retz sort exsangue et ruiné de cette guerre civile, dont il va longtemps garder les stigmates.

Le Pays de Retz au XIXe siècle

Le fils du roi de France Charles X (1757-1836), Charles Ferdinand d’Artois (1778-1820), duc de Berry, épouse en 1816 Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870). La nouvelle duchesse de Berry, impressionnée par les guerres de Vendée de 1793, entreprend un voyage-pèlerinage dans la Vendée historique en 1828. En 1830, son beau-père le roi Charles X est contraint d’abdiquer et s’exile en Écosse : la duchesse de Berry essaie alors, mais sans succès, de soulever les pays voisins de la France contre le nouveau roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850), considéré par elle et les monarchistes légitimistes comme un usurpateur. Puis elle tente de soulever les régions de France restées fidèles aux Bourbons. Après un échec en Provence, elle tente sa chance en Vendée, où elle arrive le 17 mai 1832 : une insurrection est déclenchée les 5 et 6 juin 1832 en Vendée et en Loire-Inférieure, et les communes du canton de Machecoul y prennent une part active. Mais les troupes du roi Louis-Philippe mettent rapidement un terme au soulèvement. La duchesse de Berry, traquée, se cache à Nantes où, dénoncée par le traître Deutz, elle est arrêtée en novembre 1832 : sa « chevauchée » est terminée[67].


La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le Pays de Retz est occupé par les Allemands en juin-juillet 1940. Le pays est proche de la base de sous-marins allemands de Saint-Nazaire. La Wehrmacht résiste dans la poche de Saint-Nazaire jusqu’à l’armistice. Les 30 000 soldats allemands vont tenir jusqu'au 11 mai 1945 au milieu de 130 000 civils de part et d’autre de l’estuaire de la Loire[68].

À la Libération, un bataillon de FFI, le bataillon Marcel, arrive de Bretagne, une fois les Allemands partis. D’autres FFI viennent aussi depuis la Vienne[69].

Symboles du Pays de Retz

Blasonnement du Pays de Retz

Blason Retz.svg Armoiries de Retz
  • Description : D’or à la croix de sable.
  • Le blason de Retz date du milieu du XIIIe siècle (après la bataille de Bouvine en 1214)[70].
  • À l’origine, ce blason était « d’or à la croix de gueules ». L’évêque de Nantes Quiriac aurait permis au quatrième fils de Montmorency, comte de Laval et des Mauges, de porter une croix noire à la mort de sa mère car il était mineur[71].
Blason Gilles de Rais.svg Armoiries de Gilles de Retz (depuis septembre 1429)
  • Description : D’or à la croix de sable (de Retz), à la bordure d’azur semé de fleurs de lis d’or (de France).
  • En septembre 1429, le roi de France Charles VII fait grand honneur au baron Gilles de Retz pour les services qu’il lui a rendus lors de la Guerre de Cent Ans : il change le blason de la baronnie de Retz en lui ajoutant une « bordure de France » : « D’or à la croix de sable (de Retz), à la bordure d’azur semé de fleurs de lis d’or (de France) ».

Depuis, le blason originel de Retz est devenu une source d'inspiration pour la création de nombreux blasons de communes du Pays de Retz, en le reprenant en totalité ou en s’inspirant simplement des couleurs et des éléments qui le composent : or et sable, et « croix » : le blason de Retz entre ainsi dans la composition des armoiries d’Arthon-en-Retz, La Bernerie-en-Retz, Bouaye, Bourgneuf-en-Retz, Brains, Chauvé, La Chevrolière, Corcoué-sur-Logne, Fresnay-en-Retz, Frossay, La Montagne, La Plaine-sur-Mer, Saint-Brévin-les-Pins, Sainte-Marie-sur-Mer, Sainte-Pazanne, Saint-Étienne-de-Mer-Morte, Saint-Hilaire-de-Chaléons, Saint-Même-le-Tenu, Saint-Père-en-Retz, Saint-Viaud, La Sicaudais et Vue.

Bannière armoriée du Pays de Retz

Drapeau historique

Bannière armoriée du Pays de Retz : « Croix de sable sur fond d’or ».

La bannière armoriée du Pays de Retz date de 1251[réf. nécessaire]. Elle présente les couleurs héraldiques du blason déjà existant des premiers seigneurs de Retz : croix de sable sur fond d’or. Ces armoiries ont été confirmées en 1696 et plusieurs fois jusqu'à nos jours.

Cette bannière est l’un des plus vieux drapeaux de France. Les sociétés historiques, culturelles et économiques du pays reprennent habituellement ces armes et ce drapeau[72].

Nouveau drapeau

Un nouveau drapeau a été créé et dessiné en mai 2000, à l'initiative du Cercle Culturel Celtique de Pornic, par Romuald Renaud (dont les modalités strictes de conception de ce travail et les précisions historiques en rapport ont été confirmées exactes par l'Institut Culturel de Bretagne, la Société Bretonne de Vexillologie, le Conseil Héraldique de Bretagne et le président d'honneur de la Société des Historiens du Pays de Retz). Ce nouvel emblème a reçu l'aval du Syndicat Mixte du Pays de Retz Atlantique, qui a financé ses premières phases de production.

Blasonnement : « D’hermine à la croix de sable, le premier canton changé pour or à la croix de sable ».

Vexillologie : Drapeau aux 2/3. Fond blanc, au centre une croix noire bordée d'un liseré blanc. Au premier canton d'or (CMJN 0,26,95,0) à la croix noire. Aux trois autres cantons cinq mouchetures d'hermine.

La présence armoriée de la bannière originelle de Retz au sein de ce nouveau drapeau indique l'importance de son rang et sa place à part entière dans l'histoire de la Bretagne. Définitivement intégré au royaume de Bretagne dès le traité d'Angers de 851 avec les comtés de Nantes et de Rennes, il jouit de la dignité de doyenneté des baronnies de Bretagne, il est après l'union du duché de Bretagne au royaume de France, érigé en vicomté, en comté[réf. nécessaire], en baronnie puis en duché, et siège aux États de Bretagne jusqu'en 1789.

La croix noire rappelle la paroisse et la ville de Sainte-Croix[réf. nécessaire], ancien nom de Machecoul, cité fortifiée et capitale historique du Pays de Retz, en devenant l'un de ses quartiers. Elle rappelle également le drapeau le plus ancien commun à tous les pays de Bretagne, adopté en 1188 lors de la troisième croisade.

Les cinq mouchetures d'hermine précisent que le Pays de Retz fait partie de l'évêché de Nantes qui est l'un des cinq évêchés de langue gallo et française. Elles précisent également qu'il fait partie du département de la Loire-Atlantique (anciennement Loire-Inférieure) qui est l'un des cinq départements issus du découpage de la province de Bretagne en 1790. C'est également un hommage héraldique rappelant le fait peu connu suivant : en 1237, le duc de Bretagne Pierre de Dreux (1190-1250), dit Pierre « Mauclerc » « de Braine », à qui l'on doit l'apparition des mouchetures d'hermine dans les armoiries de Bretagne, après avoir abdiqué de son titre de duc, devint par mariage seigneur de Machecoul.

L'association du canton armorié de la bannière originelle de Retz avec les mouchetures d'hermine (pratique adoptée dès le XVIe siècle, notamment par les ports et la marine du duché puis de la province) est empruntée au drapeau toujours en vigueur de la ville et du Pays de Nantes, qui fut l'une des capitales de la Bretagne historique.

Fabriqué en différents formats à des centaines d'exemplaires ainsi que sous forme de plusieurs milliers d'autocollants, il a déjà été adopté par de nombreuses collectivités, entreprises diverses, restaurants, hôtels, associations culturelles, sportives et autres, musées, ports et bateaux de plaisance, établissements privés ou publics, etc. Toutefois, depuis sa création, certains déplorent l'absence de référence poitevine pour ce drapeau.

Depuis la fin juin 2006, à la demande du Musée du Pays de Retz dans le cadre promotionnel des 40 ans de sa création et avec l'accord et le soutien du président du Conseil Général de Loire-Atlantique Patrick Mareschal, il flotte aux côtés du nouveau drapeau « logo » du département sur les 35 km de l'axe départemental RD-213 « Route Bleue », de Bourgneuf-en-Retz à Saint-Brévin-les-Pins.

Cet outil de communication concourt pleinement à permettre, sur et en dehors de son territoire, une promotion touristique, culturelle et économique localisable, identifiable et qualitative du Pays de Retz en « Sud Bretagne ».

Ancienne administration du Pays de Retz

Ci-après la liste des seigneurs, barons et ducs ayant régné sur le Pays de Retz. Pour leur généalogie détaillée, leurs filiations et leurs descendances, lire :

Article détaillé : Liste des seigneurs de Retz.
Maison de Retz
Période Identité
 ????  ???? après les invasions normandes, un chevalier breton (ou franc ?), qui prend le nom de seigneur de Retz, s’établit au Pays de Retz en prenant la place vacante des anciens viguiers[73].
 ????  ???? Gestin (????-????), vicomte, d’origine bretonne (ou franque ?), parent du précédent
 ????  ???? Gestin Ier DE RETZ (985-????), seigneur de Retz, seigneur de Sainte-Croix, fils ou parent du précédent
 ???? 1070 Harscoët Ier DE RETZ (1010-1070), seigneur de Retz, seigneur de Sainte-Croix, fils du précédent
1070 après 1083 Gestin II DE RETZ (1040-????), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
après 1083 avant 1137 Garsire Ier DE RETZ (1070-1141), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
 ????  ???? Harscoët II DE RETZ (????-????), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
avant 1137 1160 Garsire II DE RETZ (1105-1160), seigneur de Retz, frère du précédent
avant 1137 1207 Harscoët III DE RETZ (1135-1207), seigneur de Retz, fils du précédent
1207 après 1225 Garsire III DE RETZ (1165-1225), seigneur de Retz, fils du précédent
avant 1225 1252 Raoul III DE RETZ (1200-1252), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
1252 1265 Eustachie « Aliette » DE RETZ (1228-1265), dame de Retz, dame de Machecoul, fille du précédent
-
Maison Chabot[74]
Période Identité
1244 1264 Gérard Ier CHABOT (1197-1264), seigneur de Retz (du chef de sa femme), mari de la précédente
1264 1298 Gérard II CHABOT (1245-1298), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils des deux précédents
1298 1338 Gérard III CHABOT « le Benoist » (1280-1338), seigneur de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
1338 1344 Gérard IV CHABOT (1300-1344), baron de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
1344 1399 Gérard V CHABOT (1320-1399), baron de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
1399 1406 Jeanne CHABOT « la Sage » (1331-1406), baronne de Retz, dame de Machecoul, fille du précédent
-
Maison de Parthenay
Période Identité
1379 1406 Jean DE PARTHENAY (????-1427), baron de Retz (du chef de sa femme), troisième mari de la précédente
-
Maison de Montmorency-Laval[75] (deuxième maison de Laval) (qui prend le nom de Retz)
Période Identité
1406 1415 Guy II DE MONTMORENCY-LAVAL, baron DE RETZ (????-1415), seigneur de Machecoul, cousin issu de germain de Jeanne Chabot « la Sage » et arrière-petit-fils de Gérard III CHABOT « le Benoist »
1415 1440 Gilles DE MONTMORENCY-LAVAL, baron DE RETZ (1404-1440), seigneur de Machecoul, fils du précédent
1440 1457 Marie DE MONTMORENCY-LAVAL, baronne DE RETZ (1429-1457), dame de Machecoul, fille du précédent
-
Maison de Coëtivy
Période Identité
1441 1450 Prigent VII DE COËTIVY (1399-1450), baron de Retz (du chef de sa femme), premier mari de la précédente
-
Maison de Montfort-Laval
Période Identité
1451 1457 André DE MONTFORT-LAVAL (1408-1485), baron de Retz (du chef de sa femme), second mari de Marie de Retz
-
Maison de Montmorency-Laval[76] (deuxième maison de Laval) (qui prend le nom de Retz)
Période Identité
1457 1473 René DE MONTMORENCY-LAVAL, baron DE RETZ (1407-1473), seigneur de Machecoul, oncle paternel de Marie de Retz
1473 1481 Jeanne DE MONTMORENCY-LAVAL, baronne DE RETZ (????-????), dame de Machecoul, fille du précédent
-
Maison de Chauvigny
Période Identité
1473 1481 François DE CHAUVIGNY (1430-1491), baron de Retz (du chef de sa femme), mari de la précédente
1481 1503 André III DE CHAUVIGNY (????-1503), baron de Retz, seigneur de Machecoul, fils des deux précédents
-
Maison Sauvage
Période Identité
1503 1503 Tanneguy SAUVAGE (1430-1503), prétendant à la baronnie de Retz, cousin éloigné du précédent, arrière-arrière-arrière-petit-fils de Gérard III Chabot « le Benoist »
-
Maison de Tournemine
Période Identité
1503 1524 Georges DE TOURNEMINE (????-1524), prétendant à la baronnie de Retz, cousin éloigné des deux précédents et arrière-arrière-arrière-petit-fils de Gérard III Chabot « le Benoist »
1524  ???? Françoise DE TOURNEMINE (????-????), prétendante à la baronnie de Retz, fille du précédent
-
Maison d’Annebault[77]
Période Identité
 ???? 1552 Claude D’ANNEBAULT (1495-1552), prétendant à la baronnie de Retz (du chef de sa femme), mari de la précédente
1552 1562 Jean III D’ANNEBAULT (????-1562), baron de Retz, seigneur de Machecoul, fils des deux précédents
-
Maison de Clermont-Tonnerre[78]
Période Identité
1562 1603 Claude-Catherine DE CLERMONT-TONNERRE (1543-1603), baronne puis duchesse de Retz, dame de Machecoul, seconde épouse du précédent
-
Maison de Gondi[79]
Période Identité
1565 1602 Albert DE GONDI (1522-1602), baron puis duc de Retz (du chef de sa femme), second mari de la précédente
1596 1634 Henri DE GONDI (1590-1659), duc de Retz, seigneur de Machecoul, petit-fils des deux précédents
1634 1676 Pierre DE GONDI (1602-1676), duc de Retz, seigneur de Machecoul, cousin germain et gendre du précédent
1676 1716 Paule-Marguerite DE GONDI (1655-1716), duchesse de Retz, dame de Machecoul, fille du précédent
-
Maison de Blanchefort-Créquy
Période Identité
1676 1681 François Emmanuel DE BLANCHEFORT-CRÉQUY (1645-1681), duc de Retz (du chef de sa femme), mari de la précédente
-
Maison de Neufville-Villeroy
Période Identité
1716 1734 Louis Nicolas VI DE NEUFVILLE, duc de VILLEROY (1663-1734), duc de Retz, seigneur de Machecoul, petit-cousin de Paule-Marguerite de Gondi et arrière-petit-fils d’Henri de Gondi
1734 1766 Louis-François Anne DE NEUFVILLE, duc de VILLEROY (1695-1766), duc de Retz, seigneur de Machecoul, fils du précédent
1766 1778 Gabriel Louis François DE NEUFVILLE, duc de VILLEROY (1731-1794), duc de Retz, seigneur de Machecoul, duc de Retz, neveu du précédent
-
Maison de Brie-Serrant
Période Identité
1778 1790 Clément Alexandre DE BRIE, marquis de SERRANT (1748-????), baron de Retz par rachat du Pays de Retz, et non-apparenté aux précédents
-
1790 En 1790, Alexandre de Brie-Serrant est dépossédé de toutes ses terres, et le Pays de Retz est intégré au nouveau département créé : la Loire-Inférieure (qui deviendra l’actuelle Loire-Atlantique en 1957). Il cesse ainsi d’être une entité politique à part entière, n’étant plus qu’un souvenir historique et culturel, dirigé par les Conseils Généraux du département
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Langues

Répartition des langues régionales en France.

Le dialecte traditionnel du Pays de Retz, encore parlé de nos jours mais bien souvent mêlé au français, est le gallo-poitevin, un parler intermédiaire entre le gallo parlé au nord de la Loire et dans tout l’est de la Bretagne, et le bas-poitevin parlé en Vendée et dans le Poitou saintongeais. Ce parler est donc un patois intermédiaire du fait de la position de transition qu'occupe géographiquement le Pays de Retz, entre la Bretagne gallèse et la Vendée poitevine.

Il faut également noter que le breton a été parlé dans l'ouest du Pays de Retz : il aurait été introduit lors des immigrations bretonnes du IIIe au VIe siècle. Puis dans le mouvement général de reflux de cette langue vers la pointe de la Bretagne à partir du IXe siècle, la pratique de cette langue dans le Pays de Retz se serait retirée[réf. nécessaire]. Le breton n'apparaît plus, de manière certaine, dans le paysage des langues vernaculaires paydrètes depuis le XVe siècle.

Quelques éléments de toponymie témoignent de sa présence passée : Gourmelon, le Rohy, le Coquer, le Ménigou, Coëtargant, etc., en sont des preuves attestées. Paimbœuf est la seule commune du Pays de Retz dont le nom soit d’origine bretonne.

Noms des villes du Pays de Retz en gallo, breton et latin
FRANÇAIS GALLO[80] BRETON[81] LATIN[82]
Arthon-en-Retz Arton-en-Rais Arzhon-Raez  ?
La Bernerie-en-Retz La Bernèri-en-Rais Kerverner-Raez  ?
Bouaye Bouaye Bouez Boiacum[83]
Bouguenais Bougonae Kervegon[84]  ?
Bourgneuf-en-Retz Bórg-Noe-an-Rais, Bórg-Noe-an-Raéz Bourc'hnevez-Raez Burgum ad Ligerim[85]
Brains Bren Brenn Brenno[86]
Chauvé Chauvae Kalveg Calleva[87]
Cheix-en-Retz Chae-en-Rais Keiz-Raez  ?
Chéméré Chéméraé Keverieg Camariacus[88]
La Chevrolière La Chaevrolèrr Kerc'hevrel  ?
Le Clion-sur-Mer  ?  ?  ?
Corcoué-sur-Logne  ? Kerc’haoueg  ?
Le Cormier  ?  ?  ?
Corsept Corsoeut Korzed, Korsed Corbilo[89], Corpus Septimum[90]
Fresnay-en-Retz  ? Onnod-Raez  ?
Frossay  ? Frozieg Fructiciacum[91]
Indret  ?  ? Antricium[92]
Legé Legé Levieg  ?
La Limouzinière La Limózeinèrr Kerlouevig  ?
Machecoul Machecoul Machikoul, Machicoul Machicolium[93]
La Marne La Marnn Maeron Marnis[94]
La Montagne La Montaèyn Ar Menez  ?
Les Moutiers-en-Retz Móstiers Mousterioù-Raez, Mousteroù-Raez  ?
Paimbœuf Pemboe, Penboe, Pembo Pen Bo, Pembo, Pembro[95]  ?
Paulx  ? Palud Palus[96]
Le Pellerin Pellerein Pentelloù  ?
La Plaine-sur-Mer  ? Plaen-Raez  ?
Pont-Saint-Martin  ? Pont-Marzhin Pons Sancti Martini[97]
Pornic Pornic Pornizh Porniti[98]
Port-Saint-Père Port-Saeint-Paèrr Porzh-Pêr Portus Sancti Petri[99]
Préfailles  ? Pradvael  ?
Rezé Rezaé, Raezaé Reudied Ratiatum[100]
Rouans  ? Rodent Rotomagus[101]
Saint-Aignan-Grandlieu Saent-Aenyan-Graund-Loe Sant-Enion-al-Lenn-Veur  ?
Saint-Brévin-l’Océan  ? Sant-Brewenn  ?
Saint-Brévin-les-Pins  ? Sant-Brewenn  ?
Saint-Colomban  ? Sant-Koulman  ?
Saint-Cyr-en-Retz  ?  ?  ?
Sainte-Marie-sur-Mer  ?  ?  ?
Sainte-Pazanne  ? Santez-Pezhenn Sancta Pisenna[102]
Saint-Étienne-de-Mer-Morte Saent-Estienn-de-Melmartz Sant-Stefan-Melveurzh  ?
Saint-Hilaire-de-Chaléons Saent-Hilaire Sant-Eler-Kaleon  ?
Saint-Jean-de-Boiseau Saent-Jan-de-Boézeau Sant-Yann-ar-Granneg  ?
Saint-Léger-les-Vignes Saent-Léjé-lez-Vegnes Sant-Lezer-ar-Gwiniegi  ?
Saint-Lumine-de-Coutais  ? Sant-Leven-ar-C’hoad Sanctus Leobinus[103]
Saint-Mars-de-Coutais Saent-Mar-de-Costt Sant-Marzh-ar-C'hoad Sanctus Medardus[104]
Saint-Même-le-Tenu  ? Sant-Masen-ar-Porzh[105] Sanctus Maximinus Taunaci[106], Portus Vitraria[107]
Saint-Michel-Chef-Chef  ? Sant-Mikael-Keveger  ?
Saint-Père-en-Retz Saeint-Paèrr-en-Rais Sant-Pêr-Raez Sanctus Petrus[108]
Saint-Philbert-de-Grand-Lieu Saent-Filber-Graund-Loeen Sant-Filberzh-Deaz[109] Deas[110]
Saint-Viaud  ? Sant-Widel-Skovrid Sanctus Vitalus[111]
La Sicaudais  ?  ?  ?
Tharon-Plage  ?  ?  ?
Touvois Tovoéz Tolvez Talavia[112]
Vue  ? Gwaguenez, Gwagenez Vidua[113]
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Quelques personnalités liées au Pays de Retz

Anecdotes

À lire


À voir

Médias locaux du Pays de Retz

Presse écrite

Radio

Liens externes

Voir aussi

Géographie

Histoire

Données généalogiques

Sources et liens externes

Données générales et historiques

Données généalogiques

Débat linguistique



Contes et histoires

  • BIRON Dominique, BRISSON Élisabeth, PÉROYS Dominique, PÉROYS Joseph (recueil et transcription). Contes de la Voisine : Seize contes populaires en parler du Pays de Retz. Séquences, 1990. 103 p.
  • PERRAUDEAU, Gilles. Contes populaires du Pays de Retz. Éditions du Pays de Retz, 1982. 40 p. (Plus de 25 contes en parler du Pays de Retz, recueillis près de 11 informateurs).

Notes et références

  1. Le mot « paydret » est traditionnel; le terme « retzien », d'origine savante, est utilisé en archéologie.
  2. FICHTL, Stephan. Les peuples gaulois, IIIe-Ier siècles av. J.-C.. Éditions Errance, 2004. Carte p. 10.
  3. FICHTL, Stephan. Les peuples gaulois, IIIe-Ier siècles av. J.-C.. Éditions Errance, 2004. Carte p. 10.
  4. La Vendée des origines à nos jours", coll. "L'Histoire ar les Documents", éditions Bourdessoules, St Jean d'Angely, 1982.
  5. BOUTIN, Émile. Un peu d’histoire…, Regards : le magazine d’information de la ville de Machecoul, bulletins municipaux.
  6. F.E.W., tome XVI, p. 668 et 668b.
  7. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  8. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  9. FAVREAU, Robert, in COMBES, Jean (dir.), Histoire du Poitou et des Pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime. Clermont-Ferrand : Éditions Gérard Tisserand, 2001. P. 150.
  10. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  11. BOUTIN, Émile. Un peu d’histoire…, Regards : le magazine d’information de la ville de Machecoul, bulletins municipaux.
  12. BOUTIN, Émile. Un peu d’histoire…, Regards : le magazine d’information de la ville de Machecoul, bulletins municipaux.
  13. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  14. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  15. INFOBRETAGNE. Machecoul et son histoire, 2008.
  16. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  17. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison Chabot
  18. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  19. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison Chabot
  20. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Montmorency
  21. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  22. Lors du procès de Gilles de Retz, on frémit d’horreur en lisant les détails obscènes et atroces de ces crimes et actes de barbarie qui dépassent l’entendement et vont au-delà de la simple pédophilie homosexuelle : jamais les plus sanguinaires des tyrans n’ont imaginé plus abominables cruautés que celles qu’il a mêlées à ses infâmes plaisirs. Les innocentes victimes, de jeunes garçons âgés de 8 jusqu’à 18 ans, sont égorgées vivantes, sodomisées, violées, torturées à mort, décapitées, etc. : il est dit qu’avant de perpétrer ses débauches sur les garçons et afin d’empêcher leurs cris et éviter qu’ils ne soient entendus, Gilles de Retz les « accrochent » parfois avec ses propres mains, ou les fait accrocher par le cou par d’autres complices, avec des cordes ou des crochets dans sa chambre. Puis il les relâche et, les soulageant, assure qu’il n’a pas voulu leur nuire ni les blesser, prétendant juste avoir voulu jouer avec eux. Et de cette manière, il les fait arrêter de pleurer. La vue du sang le porte au plus haut degré de l’excitation sexuelle et à l’orgasme. Il commet parfois ses plaisirs avec les garçons avant de les blesser, mais c’est rare ; d’autres fois, il les sodomise après les avoir accrochés ou avant de leur infliger d’autres blessures ; d’autres fois encore, après leur avoir tranché la gorge, il se masturbe sur les veines du cou ou de la gorge, ou sur le sang giclant ; d’autres fois encore, ils les viole alors qu’ils sont en train d’agoniser interminablement, à condition qu’il y ait encore quelle chaleur dans leurs corps. Lors de son procès, il précise même qu’il a plus de plaisir au meurtre des enfants, à voir séparer leurs têtes et leurs membres, à les voir languir et à voir leur sang gicler, qu’à simplement les connaître charnellement. Après ces débauches horribles, il les tue immédiatement, en les rendant coupables de leurs propres morts. Parfois les garçons sont décapités, parfois leurs gorges sont tranchées, parfois ils sont démembrés et parfois leurs cous sont cassés avec un bâton de bois. Il n’est pas certain que le viol soit de mise mais plutôt l’accomplissement d’une jouissance devant les supplices et l’interminable agonie des enfants. Il fait démembrer les enfants par des complices, expose parfois les entrailles à l’air libre ou écrase les têtes à l’aide d’une massue armée de clous. Une fois les garçons morts, il les embrasse ; ceux qui ont les plus belles têtes et les plus beaux membres, il les donne à contempler, et il fait cruellement ouvrir leur corps et se délecte de leurs organes intérieurs. De plus, quand les enfants meurent, il s’assoit sur leur ventre, prend plaisir à les voir mourir et il en rit. Le tout est accompagné de sorcellerie et de rites sataniques. À la fin de cette boucherie inimaginable, les serviteurs nettoient les salles du château de tout ce sang tandis que Gilles de Retz va se reposer. Les cadavres sont ensuite précipités dans les fosses d’aisance quand il est en voyage, ou brûlés dans la cheminée de ses châteaux, et il jette les cendres au vent. Malgré ces précautions, on trouvera 46 cadavres à Champtocé-sur-Loire et 80 à Machecoul. Le nombre réel de victimes paraît incalculable si l’on considère que ces massacres ont eu lieu, presque sans relâche, dans ses châteaux de Machecoul, de Champtocé-sur-Loire, de Tiffauges, dans son hôtel de La Suze-sur-Sarthe, à Nantes, et dans la plupart des villes où il passait, et qu’ils ont duré 8 ans suivant ses propres aveux, ou 14 ans suivant la déclaration d’un de ses complices.
  23. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  24. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  25. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  26. INFOBRETAGNE. Étymologie et histoire de Machecoul, 2008.
  27. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  28. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  29. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  30. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  31. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  32. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  33. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  34. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison d’Annebault
  35. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Clermont-Tonnerre
  36. INFOBRETAGNE. Machecoul et son histoire, 2008.
  37. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  38. INFOBRETAGNE. Étymologie et histoire de Machecoul, 2008.
  39. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  40. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  41. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  42. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  43. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  44. INFOBRETAGNE. Étymologie et histoire de Machecoul, 2008.
  45. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  46. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  47. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  48. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  49. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  50. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  51. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  52. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  53. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  54. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  55. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  56. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  57. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  58. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  59. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  60. MARTIN, Jean-Clément. « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, n°311.
  61. DUPUY, Roger. La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine. Éditions du Seuil, 2005 (Collection Points). P. 101.
  62. MARTIN, Jean-Clément. « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, n°311.
  63. SOBOUL, Albert (dir.). Dictionnaire historique de la Révolution française. Quadrige/PUF, 1989. P. 697-698, entrée « Machecoul » de Claude Petitfrère.
  64. Gaston Bourdic deviendra populaire parmi les insurgés, sans doute pour avoir revêtu l'uniforme d'un colonel républicain qu'il avait tué - et s'être accaparé le titre de général.
  65. DUPUY, Roger. La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine. Éditions du Seuil, 2005 (Collection Points). P. 104-106.
  66. DUPUY, Roger. La République jacobine : Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine. Éditions du Seuil, 2005 (Collection Points). P. 106.
  67. LEDUC, Emmanuel. L’Histoire de Machecoul au travers de la fresque Pavageau de la Salle St Honoré, 200?, 22 p.
  68. Site de Michel Gautier, historien de la poche dans le Pays de Retz
  69. MAIRIE DE MACHECOUL. Machecoul au fil des siècles : des mots… des images…, bulletin municipal hors-série, 2000, 36 p.
  70. Écus du Pays de Nantes
  71. Écus du Pays de Nantes
  72. Drapeau du Pays de Retz
  73. INFOBRETAGNE. Ancienne noblesse de Machecoul, 2008.
  74. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison Chabot
  75. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Montmorency
  76. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Montmorency
  77. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison d’Annebault
  78. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Clermont-Tonnerre
  79. WEB.GÉNÉALOGIE. Maison de Gondi
  80. Le gallo est le seul patois historiquement parlé en Haute-Bretagne (Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique).
  81. Les noms en breton indiqués dans ce tableau ne sont donnés qu’à titre purement indicatif mais n’ont rien d’officiel ni d’historique (puisque l’on n’a jamais parlé breton au Pays de Retz) : la plupart ne sont que des traductions récentes mot-à-mot du toponyme, à l’exception de Paimbœuf, qui est la seule commune du Pays de Retz à avoir un nom d’origine bretonne.
  82. Les noms en latin indiqués dans ce tableau ne sont donnés qu’à titre purement indicatif : certains sont étymologiquement l’origine du toponyme, d’autres sont des reformulations contemporaines mais n’ont pas de valeur historique.
  83. Nom étymologique de la ville.
  84. De Ker Vegon, de Begon, comte d’Herbauges qui a donné son nom à Bouguenais.
  85. À confirmer.
  86. Nom étymologique de la ville. Le radical gaulois Nemus Brenno est établi par un document du chartrier de Buzay dès 1179.
  87. Nom étymologique de la ville. Du brittonique calleva : « bois ».
  88. Nom étymologique de la ville. Du latin camariacus : « cour ».
  89. Reformulation latine non-étymologique.
  90. Nom étymologique de la ville. Septième paroisse des bords de la Loire créée par Saint Martin de Vertou, la ville reçut le nom de Corpus Septimum qui devint Corsept.
  91. Nom étymologique de la ville.
  92. Nom étymologique de la ville. Du latin antricum : « petite antre », de antrum : « antre ».
  93. Reformulation latine non-étymologique.
  94. Nom étymologique de la ville. La paroisse de La Marne est mentionnée dès 1062, dans un acte de l’abbaye de Redon sous le nom de Sanctoe Marioe de Marnis : « Sainte-Marie de La Marne ».
  95. Nom étymologique de la ville. Paimbœuf est la seule commune du Pays de Retz à avoir un nom d’origine bretonne : Pen Bo : « tête de bœuf », de pen : « tête », et bo : « bœuf ».
  96. Nom étymologique de la ville. Du latin palus : « marais ».
  97. Reformulation latine non-étymologique.
  98. Nom étymologique de la ville. Du gallo-romain porniti : « le port », qui donna Pornit au Moyen Âge, puis Pornic.
  99. Nom étymologique de la ville.
  100. Nom étymologique de la ville.
  101. Nom étymologique de la ville.
  102. Nom étymologique de la ville.
  103. Reformulation latine non-étymologique.
  104. Nom étymologique de la ville.
  105. Signifie Saint-Même-le-Port.
  106. Reformulation latine non-étymologique.
  107. Nom d’origine de la ville.
  108. Nom étymologique de la ville.
  109. Signifie Saint-Philbert-Déas, Déas étant l’ancien nom de la ville au Moyen Âge.
  110. La ville s’appelait jadis Déas, nom gallo-romain.
  111. Reformulation latine.
  112. Nom étymologique de la ville (à confirmer).
  113. Nom étymologique de la ville. Du gaulois Vidua.
  114. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  115. GUÉRIN, Louis. Histoire, Machecoul, 1996, p. 18-22. (Fascicule contenant un historique rédigé par le frère Louis Guérin).
  116. MAIRIE DE MACHECOUL. Regards : le magazine d’information de la ville de Machecoul, bulletins municipaux.
  117. LE FLÉCHER, Ronan. Bianca Taillard ravissante bretonne de Machecoul en Loire-Atlantique, 4e dauphine de Miss France 2009, Agence Bretagne Presse, 6 décembre 2008.


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