Paul Fleuriot de Langle


Paul Fleuriot de Langle
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Paul Antoine Fleuriot Vicomte de Langle
Surnom Fleuriot de Langle
Naissance 1er août 1744
au château de Kerlouët
Décès 11 décembre 1787 (à 43 ans)
à Maouna, Îles Samoa
Mort au combat
Origine Royaume de France Royaume de France
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef de division
Années de service 1758 - 1787
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Chevalier de l'Ordre de Cincinnatus
Autres fonctions Membre de l'Académie de marine
Commandant en second de l'expédition de La Pérouse

Paul Antoine Marie Fleuriot, vicomte de Langle, né le 1er août 1744 au château de Kerlouët à Quemper-Guézennec, Côtes-d'Armor et décédé le 11 décembre 1787, à Maouna, Îles Samoa, est un officier de marine et aristocrate français du XVIIIe siècle. Entré dans la Marine royale à l'âge de à 14 ans, au début de la guerre de Sept Ans, il y fait toute sa carrière. Nommé capitaine de vaisseau puis chef de division pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, il était également membre de l'Académie de Marine. Il embarque comme second de l'expédition de Lapérouse (1er août 1785 - 11 décembre 1787).

Sommaire

Biographie

Origines et famille

Paul Antoine Marie Fleuriot naît dans une famille de la noblesse bretonne. Ses parents possèdent le Il est le fils de Jean Sébastien Fleuriot, comte de Langle (1712-1781) et de Marie Jeanne de La Monneraye (1707-1796). De cette union naissent deux fils et quatre filles. Son frère ainé, Jean Charles Fleuriot, comte de Langle (1708-1809) est capitaine au Régiment Royal-Étranger de cavalerie.

Cette famille donnera à la France un grand nombre de marins qui se distingueront et parviendront à des grades élevés. On peut citer notamment ses deux petits-fils: Camille Louis Marie Fleuriot de Langle (16 janvier 1821-3 janvier 1914), contre-amiral le 8 mai 1879, il est Major de la flotte du 2e arrondissement maritime de Brest; ainsi que le frère ainé de ce dernier Alphonse Jean René Fleuriot de Langle (16 mai 1809-22 juillet 1881), vice-amiral et janvier 1871, Préfet maritime du 2e arrondissement maritime de Brest.

Carrière dans la Marine royale

Il entre dans la compagnie de garde-marine de Brest le 4 juin 1758, et embarque le 16 novembre suivant sur le vaisseau Le Diadème, alors qu'il n'a que 14 ans. Il fait deux campagnes à Saint-Domingue (actuelle Haïti) et en Espagne. Il est élu membre de l'Académie de Marine en 1774. Il prend une part active aux travaux de cette assemblée et publie en particulier des observations sur le calcul de la longitude par les distances lunaires d'après les recherches faites lors de sa campagne sur La Dédaigneuse.

Guerre d'indépendance des États-Unis (1775 - 1783)

Il prend part à la guerre d'indépendance américaine. Lieutenant de vaisseau en février 1778, il passe sur Le Saint-Esprit avec lequel il combat à Ouessant le 27 juillet 1778. La même année, il reçoit la croix de Saint-Louis. Commandant Le Hussard en 1779, il participe à la prise du cutter Actif. Commandant L'Aigrette en août 1780, il passe en avril 1781 au commandement de la frégate La Résolue et rejoint aux Antilles l'escadre du comte de Grasse. Commandant de L'Experiment en mars 1782, il escorte des convois aux Antilles.

Article détaillé : Expédition de la baie d'Hudson.

Il participe en mai-août 1782, sous les ordres de La Pérouse, commandant Le Sceptre, à l'expédition contre les établissements anglais de la baie d'Hudson. Il commande à cette occasion L'Astrée et démontre dans les deux cas son excellence en matière maritime. Il reçoit son brevet de capitaine de vaisseau en novembre 1782.

Il est également membre de Ordre de Cincinnatus (Chevalier).

Voyages d'exploration scientifique

Expédition de La Pérouse

Article détaillé : Expédition de La Pérouse.

Admiré pour ses compétences, ses connaissances, notamment en mathématiques et en astronomie, et sa force de caractère, il est choisi par son ami Jean-François de La Pérouse comme second de l'expédition La Pérouse et commandant de la frégate L'Astrolabe (500t, 114 membres d'équipage).

La mort de Fleurieu et de onze de ses hommes sur les plages de Manoua en 1788. (Gravure de N. Ozanne, 1797)

Sur le chemin du retour, Paul-Antoine et ses hommes accostèrent sur l'île Maouna pour chercher de l'eau potable qui manquait sur le vaisseau[1]. Sur leurs chaloupes chargées de barriques d'eau[2], ils attendirent que la marée soit haute pour pouvoir rejoindre le vaisseau[3].

Des indigènes de Tutuila encerclèrent les canots, et l'hostilité monta. Fleuriot de Langle refusa de tirer sur les indigènes, car la mission devait rester pacifique sur ordre du roi. Il reçut une pierre sur la tête, et tomba à l'eau.

Dès lors, une véritable bataille commença entre l'équipage et ses agresseurs. Douze marins furent tués, vingt furent blessés et Fleuriot de Langle fut achevé à coups de massue[4].

Il est nommé chef de division le 24 avril 1788 (à titre posthume).

Hommages et postérité

Très affecté, La Pérouse aurait pu couler bas cent pirogues qui contenaient plus de cinq cents personnes, avant de quitter cette île, mais, dit-il, Je craignis de me tromper au choix des victimes, le cri de ma conscience leur sauva la vie[5]. Les restes de Fleuriot de Langle ont été inhumés dans le chœur de l'église Saint-Louis à Brest après des obsèques en grande pompe[6].

Au nombre de ses descendants, figure l'écrivain Jean de La Varende.

Épilogue

Après les massacres, L'Astrolabe repartira, mais le bâtiment s’abimera sur les récifs de Vanikoro, au nord de la Nouvelle-Guinée (sans doute vers mars 1788). Quant à La Pérouse et à l'équipage de La Boussole, l'on reçut en janvier 1788 de leurs nouvelles, écrites de Botany Bay (sur la côte orientale de l'Australie). Ce furent les dernières... le bâtiment périra également à Vanikoro.

C'est seulement en 1826, dans l'île de Vanikoro, que l'on découvrit les débris de son bateau : un morceau de bois sculpté, une écuelle en argent estampillée de fleurs de lys, une cloche de bord en bronze. Tous ces vestiges avec lesquels il est impossible de reconstituer la tragédie où périt l'Astrolabe furent abrités au Musée de la Marine.

Monument aux Morts

Paul-Antoine Fleuriot de Langle figure sur le Monument aux Morts commémorant cet évènement et installé sur le lieu des faits, sur l'Île de Tutuila aux Samoa américaines:

Commentaire officiel : « Inauguré en 1883 pour honorer la mémoire de onze membres de l'expédition La Pérouse massacrés en ce lieu. »

Sur le monument, sont inscrits les onze noms des onze autres marins tués aux côtés de Fleuriot de Langle.

Découvertes lors de l'expédition Vanikoro 1999

Dans le cadre des plongées sur les épaves de « La Boussole » et de « L'Astrolabe », on met à jour en 1999 un graphomètre à pinnules semblable à celui trouvé à Numbo en 1885. Cette trouvaille a été suivie des découvertes successives d'une fourchette en argent aux armes de Fleuriot de Langle, de Louis d'or, de pièces de monnaie espagnoles et russes, d'un thermomètre à alcool, d'un sifflet de manœuvre, d'un corps de pompe de cale, d'une ancre, d'un casque de dragon, d'un crucifix et d'une statuette à forme humaine, pièces auxquelles on peut ajouter une myriade de petits objets de moindre importance : des débris de vaisselle, une passoire en cuivre, des balles de mousquet, une pièce d'un jeu de dominos pyrogravée, des bouteilles, des pichets, des gobelets, des médailles et hausse-cols d'officiers, des perles de pacotille, etc.

Notes et références

  1. Il craignait le scorbut pour son équipage.
  2. Si Langle manifeste la même opinion que La Pérouse sur l'importance de la nourriture fraîche dans la lutte contre le scorbut, il est persuadé du bien-fondé de l'observation de Cook sur les bienfaits de l'eau fraîche, avis que ne partage pas La Pérouse, écrivant au sujet du drame de Maouna : Il avoit adopté le système du capitaine Cook et croyait que l'eau fraîche était cent fois préférable à l'eau que nous avions dans la cale.
  3. Mais, sur la plage, il se trouva en face de ravissantes jeunes filles, aux cheveux garnis de fleurs d'hibiscus, qui s'avançaient vers les Français et, comme le raconteront plus tard les rescapés, s'offraient d'une manière bien joliment indécente... Leurs avances, après plusieurs semaines de mer, ne furent évidemment pas unanimement repoussées. Il s'ensuivit une extrême confusion et un non moins certain désordre. Pour convaincre les chefs indigènes de rétablir l'ordre, et pour détourner l'attention des dames aux fleurs d'hibiscus, Fleuriot de Langle offrit à ces dernières divers objets de pacotille.
  4. Malheureusement, la remise des présents et les inévitables comparaisons qui s'ensuivirent créèrent des jalousies tout aussi inévitables, et la tension augmenta. Bientôt la corvée d'eau fut entourée par sept à huit mille « sauvages »... et Fleuriot de Langle se trouva dans une situation périlleuse. Il n'eut plus qu'une idée, fuir et regagner son navire. Mais, si les jeunes filles s'étaient repliées en bon ordre, leurs compagnons empêchèrent les Français de réembarquer. Les matelots tirèrent alors les premiers coups de fusil, les « sauvages » devinrent furieux et un effroyable massacre succéda aux scènes de séduction des dames tutuilas.
  5. La Pérouse a dit de lui : Il est mort de son humanité, J'ai perdu par la plus affreuse des trahisons mon meilleur ami, mon ami depuis trente ans. Un homme plein d'esprit, de jugement, de connaissance, et certainement l'un des meilleurs officiers de toutes les marines d'Europe.
  6. Léon Malu, "Fleuriot de Langle", Journal des voyages et des aventures de terre et de mer, juillet 1889, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39869x/f63.image.r=Recouvrance.langFR

Sources et bibliographie

Voir aussi

Liens externes



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