Paul Deroulede


Paul Deroulede

Paul Déroulède

Paul Déroulède
Portrait par Jean-François Portaels (1877).
Parlementaire français
Naissance 2 septembre 1846 à Paris
Décès 30 janvier 1914 à Nice
Mandat Député
Début du mandat 1889
Fin du mandat 1901
Circonscription Charente
Groupe parlementaire Ligue des Patriotes
IIIe République

Paul Déroulède, né à Paris le 2 septembre 1846 et mort à Nice le 30 janvier 1914, est un poète, auteur dramatique, romancier et militant nationaliste français. Son nationalisme intransigeant et son revanchisme en font un acteur important de l'antidreyfusisme.

Sommaire

Guerre de 1870

Il s'illustre lors de la guerre franco-allemande de 1870. Il est fait prisonnier à Bazeilles, s'évade et rejoint les tirailleurs algériens. Cité à l’ordre du jour et décoré en février 1871, il participe à la répression de la Commune de Paris lors de la Semaine sanglante de mai. À la suite d'une chute de cheval, il doit renoncer à la carrière militaire en 1874.

Carrière littéraire et politique

Duel avec Georges Clemenceau.
Le Petit Journal, 7 janvier 1893.

Désormais, par son œuvre littéraire et son action politique, il incarne la France de la « revanche » en réclamant le retour de l'Alsace et de la Lorraine. Il écrit les Chants du soldat, dont le fameux Clairon, qui lui vaut la gloire et reste longtemps au programme scolaire. À l'instigation de Gambetta, Déroulède, dont la devise est « Qui vive ? France ! », crée la Ligue des Patriotes en 1882. Cette passion pour la « revanche » sur l'Allemagne lui vaudra de devenir également l'un des chefs du parti anticolonial. Pour lui, la conquête coloniale puiserait l'énergie dont la France a besoin pour la future guerre contre l'Allemagne. De même, il estime que jamais les colonies ne pourront offrir une compensation à la perte de l'Alsace-Lorraine et c'est dans ce sens qu'il répond au colonialiste Jules Ferry : « J'ai perdu deux sœurs, et vous m'offrez vingt domestiques ». Adepte du général Boulanger, sa notoriété le porte à l'Assemblée nationale en 1889. Il est député de la Charente de 1889 à 1893 et de 1898 à 1901.

Lors de l'affaire Dreyfus (1894 - 1906), Paul Déroulède, contrairement à une idée souvent répandue, n'est pas antisémite et croit Dreyfus innocent[1] ; d'ailleurs, malgré ses préjugés certains contre les Juifs (préjugés qui sont alors très répandus), il a toujours refusé l'antisémitisme politique et n'a jamais rallié le slogan « À bas les juifs »[2].

Profitant des obsèques de Félix Faure en 1899, il tente un coup d'État de carnaval que le général Boulanger avait refusé dix ans plus tôt. Arrêté, relâché et, finalement, banni (expulsé en Espagne), il bénéficie d'une amnistie en 1905. Il renonce à sa carrière politique après l'échec des élections de 1906 dans son département de Charente.

Paul Déroulède en 1913

En 1908, malgré l'insistance de Maurice Barrès, Paul Déroulède refuse de poser sa candidature à l'Académie française lors de la mort de François Coppée : « Ma place n'est pas parmi votre élite, elle est dans la foule. Je puis m'en tenir à l'écart, mais je dois toujours être prêt à reprendre contact avec elle… L'habit à palmes vertes et l'épée à poignée de nacre me transformeraient trop. »

Dès lors, Paul Déroulède se retire à Langély (commune de Gurat, Charente) où il entreprend la rédaction de ses Feuilles de route. Cependant, peu à peu, il se retrouve laissé de côté par les nouveaux nationalistes qui (comme l'écrivent les frères Tharaud) « pensent comme lui mais refusent d'admirer les moyens dont il s'est servi ».

« Je sais bien ce qu'on me reproche. On dit de moi : Déroulède c'est un exalté ou un simple. Je ne suis ni l'un, ni l'autre ; je ne suis ni fou ni sot. Si ma carrière peut sembler déraisonnable, la faute n'en est pas à moi, ou plutôt la faute en est au caractère d'une existence qui a toujours été en mouvement. Et rien ne donne si naturellement l'idée du désordre et de la complication que l'action au jour le jour. En réalité, rien n'est plus simple, plus logique, plus sage que ma vie. Oui, j'ai voulu la guerre, la revanche. Mais avant de l'entreprendre, j'ai voulu que nous fussions prêts. »

Duels

Le général Roget et Paul Déroulède.
Le Petit Journal, 12 mars 1899.

Déroulède s’est battu deux fois dans des duels au pistolet :

  • contre Georges Clemenceau, car Déroulède l’avait accusé de corruption dans le scandale de Panama. Le duel à lieu le 23 décembre 1892 à Saint-Ouen devant trois cent personnes[3] contenues par des gendarmes ; six balles échangées au commandement à 25 m, sans résultat
  • contre Jean Jaurès à Hendaye le 4 décembre 1904 à propos de Jeanne d’Arc ; échange de deux balles, sans résultat.

Citation

Dans une page des Feuilles de route restée célèbre, Paul Déroulède évoque les débuts de sa conversion au nationalisme, qui le laissait jusqu'alors indifférent. La scène se déroule peu après la déclaration de guerre en 1870. Paul Déroulède se promène à la campagne avec une amie :

« Je me souviens qu'un vieux paysan, qui avait son fils sous les drapeaux, eut l'indiscrétion de troubler notre tête-à-tête pour me demander, avec anxiété, quand les troupes partiraient.

J'eus l'impudence de lui répondre : « Est-ce que je sais ! »

Le regard de mépris que me lança cet homme entra dans mes yeux comme un éclair [...] le reproche silencieux de ce père de soldat, dissipa ma torpeur et commença le réveil de ma conscience de Français.

Je sentis que je venais de manquer à la solidarité qui m'unissait, avant tout et malgré tout aux hommes de mon pays.

Pour la première fois, ma prétendue philosophie humanitaire m'apparut comme une apostasie et mon égoïsme amoureux comme une désertion.

La cruauté de ma réponse se révéla à moi dans toute sa vilénie. J'eusse voulu en demander pardon sur l'heure au vieillard, mais il nous avait brusquement tourné le dos, et nous étions de nouveau seuls sur la route [...] un grand pas était fait sur mon chemin de Damas. »

— Paul Déroulède, Feuilles de route, 1907

Principales publications

  • Chants du soldat (1872)
  • Nouveaux chants du soldat (1875)
  • Marches et sonneries (1881)
  • Le Livre de la Ligue des patriotes, extraits des articles et discours de Paul Déroulède (1887)
  • Histoire d'amour (1890)
  • Chants du paysan (1894)
  • Poésies militaires (1896)
  • Le Premier grenadier de France, La Tour d'Auvergne, étude biographique (1896)
  • Affaire de la place de la Nation, procès Paul Déroulède - Marcel Habert : cour d'assises de la Seine, 29 juin 1899. Discours de Paul Déroulède et de Marcel Habert aux jurés de la Seine (1899)
  • 1870, feuilles de route : des bois de Verrières à la forteresse de Breslau (1907)
  • Pages françaises, précédées d'un essai par Jérôme et Jean Tharaud (1909)
Théâtre

Bibliographie

Déroulède.jpg
  • Jérome Tharaud et Jean Tharaud, La Vie et la mort de Paul Déroulède, 1925
  • Bertrand Joly, Déroulède. L’inventeur du nationalisme, Perrin, 1998, 440 p.

Iconographie

  • Buste de Paul Déroulède devant la mairie de Gurat, où Paul Déroulède écrivit Feuilles de route et Nouvelles feuilles de route.

Notes et références

  1. Michel Leymarie, De la belle epoque à la grande guerre, Livre de poche, p. 106.
  2. Bertrand Joly, Déroulède, l'inventeur du nationalisme.
  3. Sur 19e.org

Liens internes

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