Paul Baril


Paul Baril

Paul Barril

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Paul Barril (né le 13 avril 1946 à Vinay, Isère) est un ancien officier de la Gendarmerie nationale, élevé au grade de capitaine, auteur de plusieurs livres sur sa carrière militaire, qui abordent diverses affaires impliquant l'État français.

Gendarme jusqu'en 1984, il a commandé le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) pendant deux ans avant de participer à la création de la cellule antiterroriste de l'Élysée sous le premier septennat de François Mitterrand. Jeune retraité militaire, il a ensuite fondé plusieurs entreprises dans le domaine de la sécurité privée. Ses activités en Afrique et plus particulièrement au Rwanda à l'époque du génocide font l'objet de nombreuses controverses.

Sommaire

Carrière militaire

Commandant en second du GIGN auprès du commandant Christian Prouteau de 1978 à 1980, puis commandant du GIGN par intérim de 1981 à 1982 (le commandant Prouteau ayant reçu pour mission de créer le GSPR). Durant cinq années particulièrement intenses au sein du GIGN, Paul Barril a « arrêté 115 personnes, participé à la reddition de 61 forcenés, neutralisé à mains nues 17 individus armés, libéré plus de 450 otages »[1].

Après l'attentat de la rue Marbeuf du 22 avril 1982, il participe avec Christian Prouteau à la création de la cellule antiterroriste de l'Élysée. Il est impliqué dans plusieurs affaires retentissantes comme celle des Irlandais de Vincennes qui éclate peu après et l'affaire des écoutes de l'Élysée, révélée onze ans plus tard.

Au service du privé

Suite à l'affaire des Irlandais, fin 1984, il crée la société Epsylon, rue d'Artois, à Paris.

Paul Barril est également le dirigeant de la société SECRETS (pour Société d'Études de Conception et de Réalisation d'Équipements Techniques de Sécurité)[2], pour des interventions de « sécurité » dans des pays étrangers (Congo-Brazzaville). Ce type de société pourrait selon certaines sources être assimilé à une officine privée de mercenaires[réf. nécessaire].

En 1988, il constitue un « groupe d'action » autour du président Félix Houphouët-Boigny, en Côte d'Ivoire[réf. nécessaire].

Rôle au Rwanda

L'aspect le plus controversé des activités de Paul Barril est peut-être son implication au Rwanda pendant la première moitié des années 1990, à l'époque où se prépare le génocide des Tutsi. Barril retourne à Kigali juste après l'attentat contre l'avion transportant le président Juvénal Habyarimana et d'autres personnalités, au moment où commence le génocide. S'il est difficile d'imaginer que les services secrets français ignoraient ses activités, Paul Barril a déclaré « n'avoir pas besoin de prendre [ses] ordres de l'Élysée ou de Matignon » et « savoir la direction qui est bonne pour [son] pays »[3].

Le capitaine Barril se présente comme un conseiller du président Habyarimana. Il a été contacté en 1989 concernant une réorganisation des services de renseignements rwandais[4]. D'autres sources parlent d'un audit de l'armée rwandaise réalisé en 1990[5].

Il est également présent à Kigali le 7 et le 27 avril 1994[6]. Après l'assassinat de Juvénal Habyarimana il est engagé, via sa société SECRETS[7], par sa veuve pour éclaircir l'affaire et déclare à des journalistes du Monde et de France 2 détenir les boîtes noires de l'avion présidentiel. Il est également l'un des promoteurs de la thèse d'une culpabilité du FPR dans l'attentat[8].

À la même époque, le 20 mai 1994, il est chargé par le gouvernement intérimaire Hutu, qui dirige le pays pendant le génocide, de recouvrer un acompte de 1 650 000 dollars US versé dans le cadre d'un contrat d'achat d'armement non honoré[9].

Selon l'historienne Alison Des Forges et le journaliste Patrick de Saint-Exupéry, le capitaine Paul Barril serait associé à l'opération insecticide qui a eu lieu d'avril à juin 1994.

Rôle au Congo-Brazzaville

Dans son livre Noir silence, François-Xavier Verschave mentionne l'aide qu'aurait apporté Paul Barril, via sa société SECRETS, en recrutant 4 mercenaires en 1991, auprès de Denis Sassou-Nguesso, pour le compte d'Elf.

Blanchiment d'argent

Mis en cause par un des suspects déjà écroués dans le cadre de l'enquête sur une affaire de blanchiment d'argent présumé au sein du cercle de jeux parisien Concorde, Paul Barril a été mis en examen pour « association de malfaiteurs, en vue de la commission d'extorsion en bande organisée, en vue de la commission d'assassinat et de corruption » dans le cadre de l'affaire du cercle parisien de jeux Concorde, instruite par les juges marseillais Charles Duchaine et Serge Tournaire et écroué le 24 décembre 2007[10].

Selon son avocate « Paul Barril nie farouchement les faits qui lui sont imputés » et il a interjeté appel de l'ordonnance de placement en détention[10]. L'appel est rejeté le 2 janvier 2008 devant la Chambre de l'Instruction de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Barril décide alors de se pourvoir en cassation contre cette décision.

Il sort de la prison des Baumettes le 24 janvier 2008 contre le paiement d'une caution. Il reste mis en examen[11].

Notes et références

  1. Biographie de Paul Barril sur le site Barril.com
  2. SOCIETE.COM : L'information gratuite sur les entreprises du Registre du Commerce
  3. Entretien avec Paul Barril publié dans le numéro de mars 1995 du magazine Playboy, reproduit sur le site du Réseau Voltaire.
  4. Informations mentionnées dans l'annexe 10 du rapport de la Mission d'information de l'Assemblée nationale sur les opérations militaires au Rwanda entre 1990 et 1994 (disponible sur le site de l'Assemblée nationale.
  5. Libération du 29 juillet 1994, cité par le Réseau Voltaire.
  6. Paul Barril, Guerres secrètes à l'Élysée, Albin Michel, Paris, 2000, cité par le Réseau Voltaire.
  7. Au Rwanda article du Réseau Voltaire.
  8. France 2, 28 juin 1994, émission évoquée dans le Rapport parlementaire sur le Rwanda, p. 238.
  9. Rapport parlementaire, p. 257-258 et annexe 10, notamment p. 575-581.
  10. a  et b L'ex-capitaine Paul Barril écroué dans le cadre de l'affaire du cercle Concorde, Le Monde, 25 décembre 2007.
  11. Capitaine Barril : « Pour les juges, je suis une belle prise » - [Bakchich]

Bibliographie

  • Paul Barril, Missions très spéciales, Presses de la Cité, Paris, 1984.
  • Paul Barril, Guerres secrètes à l'Élysée, Albin Michel, Paris, 1996.
  • Paul Barril, L'enquête explosive, Flammarion, Paris, 2000.
  • Paul Barril, Les archives secrètes de Mitterrand, Albin Michel, Paris, 2001.
  • Laure Coret et François-Xavier Verschave (Sous la direction de), L'horreur qui nous prend au visage - Rapport de la Commission d'enquête citoyenne, édition Karthala (ISBN 2-84586-620-8)
  • Alison Des Forges, Leave None to Tell the Story: Genocide in Rwanda, New York: Human Rights Watch, 1999, 789 pages. (ISBN 1-56432-171-1)
  • Alison Des Forges Aucun témoin ne doit survivre, Karthala, Paris (version française de l'ouvrage précédent) (ISBN 2-86537-937-X)
  • Robert Durand, Gendarmerie, ton honneur incendié, Éditions du Terroir, Sury-en-Vaux, 2000.
  • Patrick de Saint-Exupéry, L'inavouable, la France au Rwanda, Les Arènes, Paris. (ISBN 2-912485-70-3)
  • Benjamin Sehene Le Piège ethnique, Éditions Dagorno, Paris, 1999 (ISBN 2910019543)

Liens externes

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