Paradoxes


Paradoxes

Paradoxe

Le paradoxe (substantif masculin) est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit l'intuition commune. Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Il nous révèle soit les faiblesses de l'esprit humain et plus précisément son manque de discernement, soit les limites de tel ou tel outil conceptuel. C'est ainsi que des paradoxes basés sur des concepts simples ont souvent amené à de grands progrès en science ou en philosophie.

Le paradoxe est également une figure de style consistant à formuler une expression, généralement antithétique, allant à l'encontre du sens commun, au sein d'un discours rhétorique.

On trouvera une collection importante de paradoxes dans la catégorie Paradoxe. Voir aussi les petites expériences de pensée (de la physique), les raisonnements fallacieux ou sophismes (en rhétorique).

Sommaire

Étymologie

Étymologiquement du grec paradoxos (παράδοξος) signifie "contraire à l'opinion commune, bizarre, extraordinaire"), de para ("contre") et doxa ("opinion"). À l'origine, un paradoxe est une idée qui va contre le sens commun. Le concept, plus restrictif, de contradiction, qui est l'usage courant du terme aujourd'hui, n'est apparu que plus tard.

Histoire

La plus ancienne trace de paradoxe est relatée dans le Nouveau Testament de la Bible:

« Quelqu'un d'entre eux, leur propre prophète, a dit : Les Crétois sont toujours menteurs, de méchantes bêtes, des ventres paresseux.
l'épître à Tite, chapitre 1, verset12, Paul de Tarse. »

Le prophète cité par Paul serait Épiménide le Crétois et aurait vécu au VIIe siècle av. J.-C.. Toutefois, cette première formulation du paradoxe du menteur n'est apparue paradoxale que bien plus tard.

Il faut ensuite mentionner la pensée paradoxale du Dao De Jing fondatrice du taoïsme au VIe siècle av. J.-C..

Les premiers paradoxes clairement énoncés comme tels apparaissent dans l'antiquité grecque et sont l'œuvre de Zénon d'Élée (par exemple le Paradoxe d'Achille). Ils étaient alors appréhendés de manière purement rhétorique. Cependant ils préfigurent et annoncent les sciences physiques et mathématiques.

Par la suite, le paradoxe sera un élément moteur de la science en devenir. Ainsi, chaque discipline balbutiante générera ses paradoxes :

La théorie des probabilités, élaborée dès le XVIIe siècle, est plus particulièrement féconde en paradoxes : Paradoxe de Borel, Paradoxe des anniversaires, etc.

La naissance de la physique moderne, au début du XXe siècle, entraîna l'apparition de nombreux paradoxes. En physique quantique, le Paradoxe EPR, et celui du chat de Schrödinger, mirent en évidence, l'opposition conceptuelle entre cette physique et la physique classique ; mais aussi, la difficulté (voire l'impossibilité) à "interpréter" la physique quantique.

Parallèlement la théorie de la relativité engendra également son lot de paradoxes : Paradoxe de Selleri, Paradoxe d'Ehrenfest, Paradoxe des jumeaux, Paradoxe du train.

Enfin, en mathématiques, certains théorèmes parmi les plus récents (Paradoxe de Banach-Tarski, Paradoxe de Skolem) heurtent l'intuition, et ainsi sont abusivement qualifiés de paradoxe.

Épistémologie

« Le bon sens, quoi qu'il fasse, ne peut manquer de se laisser surprendre à l'occasion. Le but de la science est de lui épargner cette surprise et de créer des processus mentaux qui devront être en étroit accord avec le processus du monde extérieur, de façon à éviter, en tout cas, l'imprévu »

— Bertrand Russell

Le paradoxe joue un rôle moteur dans les sciences, parce qu'il pousse à l'analyse fine, et de là à une formalisation mieux poussée et à la recherche d'une meilleure cohérence. Il a de plus un effet si motivant et mobilisateur (bien que non fédérateur) qu'on le rencontre comme élément fondamental de constructions scientifiques (le paradoxe d'Olbers et le paradoxe de Saint-Pétersbourg, par exemple).

Le paradoxe de Hempel, en particulier, joue un rôle épistémologique fort : celui d'une mise en garde concernant les sciences de la nature. Il énonce en effet qu'une théorie ne peut être totalement validée par une simple accumulation d'observations. En d'autres termes, il attire l'attention sur les dangers de l'induction logique quand ses implicites ne sont pas clairement définis.

En mathématique, l'argument diagonal à la base du Paradoxe de Russell est fondateur de la logique mathématique qui modifia en profondeur, l'appréhension des mathématiques. Le paradoxe de Bertrand Russell a un statut particulier : celui de théorème mathématique (au sein d'une théorie erronée). Il fut donc, non pas vecteur de progrès, mais à la source d'un renoncement : la caractérisation du Tout. De plus, ce paradoxe (et le paradoxe en général) révèle que le non-sens d'une proposition n'est pas intuitivement évident.

La forme paradoxale peut être utilisée pour exprimer une vérité profonde: "Les premiers seront les derniers".."Heureux les pauvres".

Le paradoxe, figure de rhétorique

Définition

En rhétorique, et selon les mots de H.Bénac : « le paradoxe cache souvent, sous une formule ou une idée qui paraît étonnante, une vérité que l'on peut soutenir ». En s'opposant à la doxa, le paradoxe argumentatif, dans le discours ou l'échange, permet l'expression des préjugés d'une communauté, autorisant ainsi la réflexion à progresser. Le plus souvent il vise à éveiller la réflexion ou la critique, par un effet de surprise, l'image paradoxale mobilisant l'attention de l'interlocuteur comme dans cet exemple de Paul Valéry :

 Les crimes engendrent d'immenses bienfaits et les plus grandes vertus développent des conséquences funestes

(Dialogues, Eupalinos.)

Le recours au paradoxe peut également avoir une visée satirique, comme chez Molière dans Les Femmes savantes, où il critique les sophismes des précieuses.

En littérature, le paradoxe est employé à des fins illocutoires, pour témoigner le plus souvent de sa bonne foi, ce qui est en soi un paradoxe. Jean Jacques Rousseau notamment fonde toute son entreprise des Confessions sur le paradoxe :

Pardonnez-moi mes paradoxes: il en faut faire quand on réfléchit; et quoi que vous puissiez dire, j'aime mieux être homme à paradoxes qu'homme à préjugés

(Emile, II.)

Au final, le paradoxe est souvent une figure permettant d'approcher la vérité, en ce sens elle est proche du symbole. Elle peut parfois soutenir une ironie.

Il faut enfin distinguer le paradoxe rhétorique du paradoxisme défini par Pierre Fontanier, dans Les Figures du discours, et qui s'apparente à l'oxymore ou à l'antithèse. Le paradoxe peut ainsi être simple ou bien complexe et reposer sur un raisonnement faux ou syllogisme.

Exemples littéraires

 Paris est tout petit, c'est là sa vraie grandeur

Constructions du paradoxe rhétorique

  • Certains paradoxes consistent à inverser un truisme :

Est-il exact que vous ayez dit et écrit ceci: ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau? - C'est vrai.- Qu'entendiez-vous par là? - C'est simplissime (...)

(Paul Valéry, L'idée fixe.)
  • on peut construire des paradoxes sur des propositions antithètiques comme :

Qui veut sauver sa vie la perdra

On en retrouve de semblables dans les livres religieux ou mytiques, et dans des aphorismes poétiques :

L'ascension procède du vide

Genres concernés

Le paradoxe est une figure essentiellement employée dans les genres argumentatifs comme le discours ou le raisonnement, néanmoins tous les genres littéraires peuvent y avoir recours.

Le paradoxe est facilement traduisible dans les autres Arts, visuelles surtout, comme en peinture. Les surréalistes fondent leur démarche esthétique sur le paradoxe comme symbole du rêve et de l'inconscient. René Magritte notamment a su exploiter les images frappantes permises par le paradoxe, dans, entre autres son tableau intitulé Ceci n'est pas une pipe.

Quelques types de paradoxe

Il faut avant tout garder à l'esprit que le paradoxe est affaire d'interprétations. Cependant, sans chercher à catégoriser, on peut énoncer quelques mécanismes de création et de résolution de paradoxes :

La prémisse erronée

Trouver une prémisse erronée est le moyen le plus simple de construire ou résoudre un paradoxe. Le paradoxe EPR, par exemple, a sciemment été rédigé afin de déterminer la prémisse erronée (un postulat en l'occurrence).

L'argument diagonal

« ... je poursuivrai dans ce sens [la mise en doute] jusqu'à ce que je connaisse quelque chose de certain, ou du moins, à défaut d'autre chose, que je connaisse comme certain que justement il n'y a rien de certain. »

— Descartes, Seconde Méditations métaphysiques.

Le meilleur moyen d'appréhender l'argument diagonal est encore l'étude des paradoxes construits en l'employant. L'exemple le plus concis est

Je mens (en ce moment).

Comme pour tout paradoxe de ce type, on aboutit à la conclusion que

Si c'est vrai alors c'est faux ... et inversement.

Les paradoxes de cette catégorie sont basés sur l'auto-référence. De manière plus élaborée, en définissant un objet, une entité ou un état ; puis l'on fait voir que l'objet défini entraine, de par sa définition même, un non-sens. Voir par exemple : Paradoxe du menteur, Paradoxe du barbier, Paradoxe hétérologique de Grelling, paradoxes de Berry, ou encore: Paradoxe du pape (Après avoir déclaré: "Je ne suis pas infaillible", un pape serait-il toujours infaillible ? )

Hormis le paradoxe de Russell, la logique mathématique rejette ce genre de définitions réflexives arguant qu'elles ne peuvent être formalisées. Elles procèdent de l'amalgame entre "pensée" et "méta-pensée", ou plus prosaïquement, entre définition et objet défini.

L'amalgame sémantique ou contextuel

C'est un procédé très subtil. Il consiste, sans que cela apparaisse, à employer un mot, ou une tournure de phrase, dans deux sens différents ou deux contextes (angle ou point de vue) différents. On effectue ensuite un amalgame (une confusion) et l'on obtient une absurdité.

Les paradoxes bâtis sur le modèle du syllogisme sont caractéristiques de ce procédé. Un glissement de sens ou de contexte s'opère entre les deux prémisses. Puis la conclusion crèe l'amalgame, qui se traduit par une aberrations. La fraude réside donc dans l'usage invalide du syllogisme.

  • Le paradoxe "bon-marché/cher" est un exemple d'amalgame sémantique.
  • Le paradoxe du gruyère est un exemple d'amalgame contextuel.

L'absence de démarcation

Les paradoxes sorites entrent dans cette catégorie.

En toute généralité, un tel paradoxe (il faut plutôt parler de question épineuse) se construit sur l'opposition de deux propositions. On fait valoir alors qu'il n'existe pas démarcation entre la validité de l'une et de l'autre.

Plus formellement, on considère un axe (le temps, une quantité ou un grandeur quelconque) apparaissant comme un continuum, et un prédicat de sorte l'une des propositions est son affirmation de ce prédicat, en un point de l'axe, l'autre sa réfutation en un second points. Où est alors, sur le segment ainsi défini, la limite de véracité du prédicat ?

Plus grossièrement : si une chose est vraie ici, et fausse là, où est la limite ?

L'exemple le plus représentatif est le paradoxe du barbu : Où est la frontière (en termes de nombre de poils ou de longueur du poils) entre le barbu et l'imberbe ? Les questions de cet acabit sont innombrables. Entre autres, de nombreux problèmes métaphysiques, éthiques, ou législatifs (concernant les limites de la vie, de l'âme, de la responsabilité, etc.), peuvent être énoncés par ce procédé.

La situation n'apparaît réellement paradoxale que si l'on démontre ou postule l'inexistence de la limite. Par exemple, considérons la question de l'œuf et de la poule et celle de la naissance de l'âme au centre de la controverse sur la théorie de l'évolution. Ces questions ne deviennent paradoxes que si l'on admet que toute poule naît d'un œuf (de poule), tout œuf (de poule) sort d'une poule ou que si un être possède une âme, alors son géniteur en possède une.


Le raisonnement sournois

Ce genre de paradoxe est construit comme une démonstration recelant une erreur sournoisement dissimulée ; c'est donc un sophisme. Il s'agit alors plus d'un exercice destiné à piéger l'étudiant ou tester sa vigilance. Par exemple, le paradoxe des trois pièces de monnaie, le paradoxe des deux chèques.

Logique dévoyée

Certaines situations sont considérées comme paradoxales car elles relèvent d'une logique dévoyée. Exemples historiques :

  1. Guy de Maupassant détestait la Tour Eiffel et pourtant, il y montait le plus souvent possible, en expliquant à ses interlocuteurs étonnés : « C'est le seul endroit d'où je ne la vois plus ! »
  2. Alors que la Gestapo vient l'arrêter avec sa compagne, Tristan Bernard affiche pourtant sa sérénité : « Jusqu'ici nous vivions dans la crainte ; à présent, nous vivrons dans l'espoir ! »[1]
  3. Sollicité par une admiratrice pour un autographe, Sacha Guitry écrit de sa main : « Pardonnez-moi, mais je ne donne jamais d'autographe. » Et il signe !
  4. Durant la prohibition, la sobriété n’était pas la qualité principale de W.C. Fields qui venait sur scène avec un thermos censé contenir du jus de pamplemousse. Un jour où ses amis lui avaient fait une plaisanterie, il s’écria : « Mais qui donc a mis du jus de pamplemousse dans mon jus de pamplemousse ? »

Le paradoxe en psychologie

On retrouve le principe de paradoxe en psychologie à travers des notions d'échanges.

  • Lorsqu'il s'agit d'un paradoxe exprimé par une seule personne on parle de langage paradoxal. Il s'agit d'une demande qui se contredit elle-même, le plus souvent l'expression de langage paradoxale fait référence a une opposition entre ce qui est exprimé par le langage verbal, et par le langage non-verbal (par exemple, une mère encourageant oralement son enfant à grandir et à devenir autonome, et distillant dans le même temps de par ses attitudes, ses intonations, son profond désir de le voir rester son bébé).
  • Lorsqu'il s'agit d'un paradoxe "interne", on parle d'un dilemme lorsqu'il s'agit d'un choix difficile, (le paradoxe se situant entre "le pour" et "le contre"); et d'une double contrainte si la situation est maintenue bloqué.

La psychologie issue de l'étude du paradoxe

La mouvance de l'école Palo Alto relie le principe de paradoxe (ou à la notion de double contrainte qui en découle) à des théorie psychologique et à de nouvelles formes de psychothérapie.

Les travaux initiés par Gregory Bateson en sont une des principale origine avec une étude collective sur le « paradoxe de l'abstraction dans la communication ». Débuté en 1952, elle permit une théorisation des mécanismes et la schizophrénie[2], qui sont présenté comme une adaptation à un contexte paradoxal. Il introduit ainsi l'idée que la maladie mentale puisse être un mode d'adaptation à un contexte extérieur qui contiendrait l'élément pathologique. C'est le principe fondateur de la thérapie familiale qui s'attache à soigner cette pathologie relationnelle directement plutôt que l'effet induit sur un individu en particulier.

Un classement des types de paradoxes est effectué par d'autres figures de proue de cette école de pensée, Paul Watzlawick, Janet Beavin et Donald deAvila Jackson, qui ont dégagé en 1972 trois types de paradoxes : les paradoxes logico-mathématiques, les paradoxes pragmatiques et l'injonction paradoxale. Anthony Wilden y ajoute la même année dans les contextes humains le paradoxe existentiel (dans Système et Structure. Essais sur la communication et l'échange, en 1972).

Peu après, en 1974, Donald deAvila Jackson, Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch publient Changements : Paradoxes & psychothérapie, ouvrage qui relie la notion de paradoxe aux méthodes émergentes de la thérapie brève.

Notes et références

  1. Philippe Boulanger & Alain Cohen, Trésor des paradoxes, Éditions Belin, 2007, (ISBN 2701146755), page 17
  2. Avec la publication en 1956 de Vers une théorie de la schizophrénie par *Gregory Bateson, John Weakland, Jay Haley et Donald deAvila Jackson

Voir aussi

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Voir « paradoxe » sur le Wiktionnaire.

La galaxie des paradoxes (site présentant divers paradoxes)

Articles connexes

Bibliographie

Bibliographie des figures de style

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De L’institution oratoire, t. I, Les Belles Lettres, coll. « Bude Serie Latine », Paris, 1989, 392 p. (ISBN 2251012028) 
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique Françoise, A. Wechel, Paris, 1557 
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des diferens sens dans lesquels on peut prendre un mème mot dans une mème langue, Impr. de Delalain, 1816, 362 p..
    Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux. Disponible en ligne
     
  • Pierre Fontanier, Les figures du discours, Flammarion, Paris, 1977 (ISBN 2080810154) 
  • Patrick Bacry, Les figures de style : et autres procédés stylistiques, Belin, coll. « Collection Sujets », Paris, 1992, 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8 (br.)) 
  • Bernard Dupriez, Gradus,les procédés littéraires, 10/18, coll. « Domaine français », Paris, 2003, 540 p. (ISBN 2264037091) 
  • Catherine Fromilhague, Les figures de style, Armand Colin, coll. « 128 Lettres », Paris, 2007 (ISBN 978-2-2003-5236-3) 
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui », Paris, 1996, 350 p. (ISBN 262531-3017-6) 
  • Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Presses Universitaires de France, coll. « Grands Dictionnaires », Paris, 1998 (ISBN 2130493106) 
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Armand Colin, Paris, 2001, 16×24 cm, 228 p. (ISBN 9782200252397) 
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », Paris, 1991, 15 cm × 22 cm, 256 p. (ISBN 2-13-043917-9) 
  • Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Honoré Champion, Hendrik, 2005, 533 p. (ISBN 978-2745313256) 


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