Oradour-sur-Glane


Oradour-sur-Glane
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45° 55′ 58″ N 1° 01′ 57″ E / 45.932778, 1.032500

Oradour-sur-Glane
Vestiges du village martyr
Vestiges du village martyr
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Limousin
Département Haute-Vienne
Arrondissement Rochechouart
Canton Saint-Junien-Est
Code commune 87110
Code postal 87520
Maire
Mandat en cours
Raymond Frugier
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Vienne-Glane
Site web http://www.oradour-sur-glane.fr/
Démographie
Population 2 222 hab. (2008)
Densité 58 hab./km²
Gentilé Radounauds
Radounaux
Radounales
Géographie
Coordonnées 45° 55′ 58″ Nord
       1° 01′ 57″ Est
/ 45.932778, 1.032500
Altitudes mini. 227 m — maxi. 312 m
Superficie 38,16 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Oradour-sur-Glane (Orador de Glana en occitan limousin, prononcé Ouradour dé Guiâno) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne et la région Limousin. Ses habitants sont appelés Radounauds, Radounaux ou Radounales[1].

Le nom d'Oradour-sur-Glane reste attaché au massacre de sa population par la division SS Das Reich le 10 juin 1944. La petite cité est aujourd'hui divisée en deux entités, dont le centre de la mémoire constitue en quelque sorte le trait d'union : l'ancien village, conservé à l'état de ruine, qui témoigne des souffrances infligées aux hommes, femmes et enfants de cette petite bourgade, et le nouveau village, reconstruit quelques centaines de mètres plus loin.

Sommaire

Géographie

Situation de Commune d'Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Oradour-sur-Glane
Javerdat Cieux Peyrilhac
Oradour-sur-Glane Veyrac
Saint-Brice-sur-Vienne Saint-Victurnien

Héraldique

blason

Les armoiries d'Oradour-sur-Glane[2] se blasonnent ainsi : « D'or à la croix alésée haussée de sable issant d'un brasier de gueules mouvant de la pointe, cantonnée en chef de deux dagues de gueules, la garde de sable, posées l'une en bande, l'autre en barre, la pointe vers le centre de la croix.  ».

Toponymie

Le nom d’Oradour, qui vient du mot latin oratorium, indique qu’il y avait là, dès l’époque romaine, un oratoire, c’est-à-dire un autel et un lieu de prières pour les morts, qu’on enterrait alors au bord des routes et souvent au voisinage des carrefours, ou bien une petite chapelle privée adjointe à une grande maison (palais, château ou hôtel).

Histoire

Oradour avant le massacre

Oradour-sur-Glane était alors une bourgade limousine active et ordinaire, avec ses commerces, cafés-hôtels, boutiquiers et artisans. Elle vit principalement de l'agriculture jusqu'à la crise du secteur, qui fait se dépeupler les campagnes. Il ne reste en effet plus que deux exploitations agricoles en 1944 sur la commune[3].

Au début du XXe siècle, le village se modernise avec notamment l'arrivée de l'électricité et des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, qui le relient à Limoges, distante d'une vingtaine de kilomètres au sud-est. Le recensement de 1936 fait état d'une population de 1 574 âmes. Outre tous ses commerces, Oradour possède une harmonie municipale, une société de pêche et trois écoles.

La guerre en 1940 mobilisa 168 hommes de la commune. 113 hommes purent rentrer au village dès l'armistice[3].

Malgré la proximité des résistants et l'accueil de réfugiés lorrains (Charly-Oradour, village mosellan, fut nommé ainsi en hommage aux victimes, dont 39 venaient du petit village), le village fut relativement épargné par la guerre jusqu'au massacre. La population, comme dans la plus grande partie de la France, après avoir adhéré aux idées et à la personne du Maréchal Pétain, émit des critiques de plus en plus virulentes à l'égard de la politique collaborationniste, attendant fermement une victoire des Alliés[3].

Massacre d'Oradour-sur-Glane

Article détaillé : Massacre d'Oradour-sur-Glane.
Carte montrant le village ancien et moderne

Les auteurs du drame appartiennent à la 3e compagnie du 1er bataillon de Panzergrenadier (commandé par le major Adolf Diekmann) du 4e SS-Panzer-Regiment Der Führer de la 2eSS-Panzer-Division Das Reich.

Au repos autour de Bordeaux et de Montauban, la division fait mouvement vers la Normandie aussitôt connu le débarquement allié. Constamment harcelée par les Forces françaises de l'intérieur (FFI), elle riposte par de sanglantes représailles.

Le 9 juin 1944, à Tulle libérée depuis l'avant-veille par la Résistance, 99 hommes sont pendus.

Le 10 juin 1944, après l'arrivée des Allemands dans le bourg d'Oradour-sur-Glane, le garde champêtre fait savoir aux habitants qu'ils doivent tous se rassembler, sans aucune exception et sans délai, sur le Champ de Foire, munis de leurs papiers, pour une vérification d’identité.

Les SS pénètrent dans toutes les maisons, et, sous la menace de leurs armes, obligent tout le monde, même les malades, à se rendre sur le lieu de rassemblement. Un à un ou par groupes, conduits et surveillés par les SS, les villageois se massent peu à peu sur le Champ de Foire. Les Allemands vont aussi chercher des habitants des hameaux voisins. Les cultivateurs doivent abandonner leurs travaux. Plusieurs personnes sont abattues.

Les Allemands divisent la population en deux groupes : d'un côté les femmes et les enfants, de l'autre les hommes.

Massacre des hommes

Les hommes sont répartis entre six lieux de supplices : ils y sont mitraillés puis leurs corps sont recouverts de fagots et de bottes de paille auxquels les SS mettent le feu. Selon quelques rescapés, les SS tirent bas et dans les jambes de leurs victimes ; le feu est allumé sur des hommes encore vivants. La déclaration d’un rescapé établit qu'ils parlaient encore ; certains, légèrement blessés, ont pu s'échapper, la plupart des autres ont certainement été brûlés vifs.

Massacre des femmes et des enfants

Vestiges de l'école primaire

Le groupe enfermé dans l’église comprend toutes les femmes et tous les enfants du village. Des soldats placent dans la nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassent des cordons qu'ils laissent trainer sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu se communique à l'engin, qui contient un gaz asphyxiant (c'était la solution prévue) et explose par erreur ; une fumée noire, épaisse et suffocante se dégage. Une fusillade éclate dans l'église ; puis de la paille, des fagots, des chaises sont jetés pêle-mêle sur les corps qui gisent sur les dalles. Les SS y mettent ensuite le feu. La chaleur était tellement forte qu'à l'entrée de cette église on peut voir la cloche fondue, écrasée sur le sol. Des débris de 1,20 m de hauteur recouvraient les corps.

Une seule femme survit au carnage : Marguerite Rouffanche, née Thurmeaux. Son témoignage constitue tout ce qu'il est possible de savoir du drame. Elle a perdu dans la tuerie, son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils âgé de sept mois.

Le chœur de l’église comprenant trois fenêtres, Mme Rouffanche se dirigea vers la plus grande, celle du milieu et à l'aide d'un escabeau qui servait à allumer les cierges elle parvint à l’atteindre. Le vitrail étant brisé, elle se précipita par l'ouverture. Après un saut de trois mètres, elle atterrit au pied de l’église et fut blessée par un SS en gagnant un jardin voisin. Dissimulée parmi des rangs de petits pois, elle ne fut délivrée que le lendemain vers 17 heures.

Autres massacres

Peugeot 202 du médecin au milieu des ruines

Les SS inspectent de nouveau les maisons du bourg ; ils y tuent tous les habitants qui avaient pu échapper à leurs premières recherches, en particulier ceux que leur état physique avait empêchés de se rendre sur le lieu du rassemblement. C'est ainsi que les équipes de secours trouveront dans diverses habitations les corps brûlés de quelques vieillards impotents.

Un envoyé spécial des FFI, présent à Oradour dans les tout premiers jours, indique qu'on a recueilli dans le four d'un boulanger les restes calcinés de cinq personnes : le père, la mère et leurs trois enfants.

Un puits renfermant de nombreux cadavres est découvert dans une ferme : trop décomposés pour être identifiés, ils seront laissés sur place.

Au total, 642 personnes ont été massacrées lors de cette journée.

La reconstruction

L'entrée du nouveau village

Si l'on décida de laisser l'ancien village tel qu'il était à la suite du massacre, l'édification du nouveau bourg de la commune d'Oradour-sur-Glane fut envisagée sur un autre emplacement dès juillet 1944. Celui-ci sortit finalement de terre à l'ouest de l'ancien village-martyr dès 1949, les frais de reconstruction restant entièrement à la charge de l'État.

Le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme nomma quatre architectes :

  • Charles Dorian, architecte en chef chargé d'établir le plan de remembrement et d'aménagement du nouvel Oradour ;
  • André Campagne, qui réalisa les plans de la mairie et de la poste ;
  • Robert Mandon-Joly, architecte chargé du groupe scolaire ;
  • Paul Villemain, responsable des plans de l'église.

Des réactions locales critiquèrent alors cette nomination d'architectes parisiens. En conséquence, des architectes locaux furent appelés à participer eux aussi à la reconstruction mais ils n'intervinrent que pour les logements.

Procès et réactions

L'ancien village d'Oradour-sur-Glane

Après huit années d'attente le procès de 21 soldats — sur 64 identifiés — ayant participé au massacre d'Oradour a lieu en janvier-février 1953 devant le tribunal militaire de Bordeaux. Adolf Diekmann, le commandant SS, ne sera pas jugé car il est mort sur le front de Normandie ; il est enterré au cimetière normand de la Cambe. Le 12 février 1953, le tribunal prononce les peines suivantes :

  • le militaire allemand le plus gradé est condamné à mort ;
  • un autre Allemand qui a pu prouver son absence d'Oradour le 10 juin est relaxé ;
  • quatre autres Allemands sont condamnés à des peines de travaux forcés de dix à douze ans ;
  • le seul Alsacien volontaire du groupe est condamné à mort ;
  • neuf Alsaciens sont condamnés à des peines de travaux forcés de cinq à douze ans ;
  • les quatre autres Alsaciens sont condamnés à des peines de prison de cinq à huit ans.

La population alsacienne proteste contre les peines infligées aux Malgré-nous, car ceux-ci ont été contraints d'exécuter les ordres des supérieurs allemands. Le procès de Bordeaux symbolise en quelque sorte le malaise alsacien : la population française n'a, dans sa grande majorité, pas connaissance du drame des 130 000 Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans les armées allemandes. Quant aux familles des victimes - et au Limousin en général -, ils trouvent les sentences scandaleusement indulgentes : d'après eux, tous les participants au massacre auraient dû être condamnés à mort.

Image aérienne du village détruit.

La loi d'amnistie votée dès le 19 février accentue ce sentiment d'outrage. La riposte d'Oradour est immédiate. Citons  :

  • la demande pour qu'on lui rende le site commémoratif,
  • la décision de l'ANFM[4] de renvoyer la Croix de Guerre décernée à Oradour en 1947, ainsi que la Légion d'honneur décernée à l'association en 1949,
  • le refus de transférer les cendres des martyrs dans la crypte construite par l'État,
  • le refus de la présence de représentants de l'État aux cérémonies commémoratives (l'exception étant la visite du Général de Gaulle en 1962),
  • l'inscription sur une plaque à l'entrée des ruines des noms des députés qui avaient voté l'amnistie.

Le collectif « Maquis de Corrèze », dirigé par le député honoraire Pierre Pranchère, s'oppose au projet de loi voté au Sénat en 2008 portant adaptation du droit pénal français à la Cour pénale internationale. En effet, ce texte prévoit une prescription des crimes de guerre par trente ans (article 462-10), ce qui revient à déclarer une amnistie pour les responsables des massacres de Tulle et d'Oradour.

Le centre de Mémoire est un appel à la réflexion, moyennant 7,5 € par adulte, pour éviter que d'autres massacres n'aient lieu et ainsi perpétuer la notion de devoir de mémoire.

Administration

Liste des maires successifs[5]
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Raymond Frugier[6]    
10/11/1857 04/10/1861 Jean Baptiste DÉSOURTEAUX    
14/11/1883   Pierre Léonce SEGRET    
17/07/1887   Louis BARATAUD    
12/06/1895 25/05/1902 Émile DÉSOURTEAUX    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Oradour-sur-Glane compte 2 205 habitants (soit une augmentation de 9 % par rapport à 1999). La commune occupe le 4 500e rang au niveau national, alors qu'elle était au 4 545e en 1999, et le 23e au niveau départemental sur 201 communes. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Oradour-sur-Glane depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 2008 avec 2 222 habitants.

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 1 303 1 191 1 222 1 585 1 722 1 740 1 824 1 989 1 919
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 1 952 1 848 1 874 1 830 1 903 1 946 1 940 2 045 2 030
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 1 966 1 972 2 019 1 789 1 718 1 601 1 574 1 145 1 450
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 1 540 1 671 1 759 1 941 1 998 2 024 2 188 2 205 2 222
Notes, sources, ... Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962[7],base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[8],[9]

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (25,1 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (26,6 %).

Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine ( % contre 48,4 % au niveau national et 47,8 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48 % d’hommes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 13 %, 30 à 44 ans = 23,3 %, 45 à 59 ans = 21 %, plus de 60 ans = 24 %) ;
  • 52 % de femmes (0 à 14 ans = 19 %, 15 à 29 ans = 12,8 %, 30 à 44 ans = 20,9 %, 45 à 59 ans = 21,2 %, plus de 60 ans = 26,2 %).
Pyramide des âges à Oradour-sur-Glane en 2007 en pourcentage[10]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,1 
90  ans ou +
0,8 
10,5 
75 à 89 ans
11,8 
13,4 
60 à 74 ans
13,6 
21,0 
45 à 59 ans
21,2 
23,3 
30 à 44 ans
20,9 
13,0 
15 à 29 ans
12,8 
18,7 
0 à 14 ans
19,0 
Pyramide des âges du département de la Haute-Vienne en 2007 en pourcentage[11]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,6 
90  ans ou +
1,7 
8,4 
75 à 89 ans
12,1 
14,8 
60 à 74 ans
15,4 
21,8 
45 à 59 ans
20,9 
19,6 
30 à 44 ans
18,5 
18,6 
15 à 29 ans
17,1 
16,3 
0 à 14 ans
14,2 

Patrimoine communal

Centre de la Mémoire

Le centre de la mémoire[12] est un musée et un mémorial témoignant des atrocités commises par les occupants nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale. Sa vocation est de perpétuer le souvenir des victimes, d'informer et d'œuvrer afin que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Le projet, qui naît en 1989, se concrétise dix ans plus tard et est inauguré par le président de la République Jacques Chirac et le ministre de la Culture Catherine Trautmann le 16 juillet 1999.

Son architecture atypique (qualifiée de « Non-architecture » par son concepteur, Yves Devraine) s'inscrit dans le cadre tourmenté du village martyr, distant de quelques centaines de mètres. Le centre présente des expositions permanentes permettant de mieux comprendre le drame, sans omettre de replacer la tragédie dans son contexte historique. Le visiteur transite ainsi dans quatre espaces thématiques, avant de rejoindre un « espace de réflexion » où des messages de paix et des citations sont présentées.

Des expositions temporaires ont également lieu dans l'enceinte du centre, où des stagiaires du service autrichien de la Mémoire sont accueillis régulièrement.

L'ensemble du mémorial et du village martyr font d'Oradour-sur-Glane le site le plus visité en Limousin, avec 306 427 visiteurs en 2007[13].

Village martyr

Le temps s'est arrêté : rue avec rails du tramway départemental

Après la guerre, le général de Gaulle décide que les ruines du village ne seront pas reconstruites. Devenues propriété de l'état, elle se dressent comme un mémorial à la douleur de la France sous l'Occupation, et un appel à ne jamais oublier.

En 1999, le village est consacré « village martyr » par le président Jacques Chirac. Depuis cette date, le centre de la mémoire sert de trait d'union entre le nouveau village et les ruines. Grâce à des expositions permanentes permettant de mieux comprendre le contexte historique, ce centre de documentation prépare le visiteur au choc que représente le village martyr.

Les maisons et édifices publics à demi calcinés témoignent de la rage meurtrière qui s'est abattue sur le petit village en ce début d'été 1944. En suivant la rue principale, on accède à la place du champ de foire. Des plaques apposées sur les maisons signalent les différents lieux de supplice et invitent au recueillement et à la réflexion. Les principaux monuments de ce petit bourg limousin, que rien ne destinait à être le symbole de la barbarie, sont encore bien visibles : l'hôtel des postes, l'école primaire, l'ancienne église Saint-Martin enfin, où périrent 500 femmes et enfants. Les ruines des maisons conservent encore de maigres éléments de mobilier, rouillés et vermoulus, tandis que les rues sont encore jonchées de quelques carcasses de voitures d'époque, et des restes de rails de l'ancien tramway départemental.

La visite de la maison du souvenir où sont rassemblés des objets ayant résisté aux flammes et celle du cimetière où reposent dans un ossuaire les restes calcinés des victimes laissent un souvenir impérissable.

L'ensemble du village martyr est classé monument historique depuis le 10 mai 1946[14]

Lanterne des Morts

Les lanternes des Morts sont des monuments caractéristiques des anciennes provinces de l'ouest de la France (Poitou, Saintonge, Aunis, Limousin, Périgord, Guyenne). Originellement toujours situés dans l'enceinte des cimetières, ces constructions étaient sans doute des fanaux funéraires. Prenant la forme de tours plus ou moins hautes, on y allumait des feux destinés à « guider » symboliquement les défunts, selon une hypothèse couramment établie.

Celle d'Oradour-sur-Glane date du XIIe siècle. De forme rectangulaire, ornée d'une torsade sur la frise qui supporte le toit, elle se trouve toujours au centre du cimetière. Ses dimensions sont de 6 mètres 50 de haut pour 1 mètre 20 de côté[15]. La lanterne des Morts d'Oradour est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 6 février 1926[14]

Château de Laplaud

Héritier d'un ancien manoir du début du XVIIe siècle, le château actuel est restauré au XVIIIe siècle par l'architecte Mathurin Brousseau, qui reconstruit sa façade principale. Au XVIIe siècle, cette demeure accueille Marie Bruneau des Loges, un des beaux esprits de son temps, qui s'y retire en 1629. Elle y meurt en 1641[16]. Une partie du château (façade, escalier central du corps de logis, grenier en pans de bois sur portique) est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 11 juillet 1995[17].

Ancienne église Saint-Martin

L'ancienne église Saint-Martin

L'ancienne église Saint-Martin, située au cœur du village martyr, est devenue un des symboles de la tragédie du 10 juin 1944. C'est dans ses murs qu'ont été enfermés et assassinés plusieurs centaines de femmes et d'enfants de tous âges. Une seule femme a pu se hisser hors du brasier par une baie dont le vitrail était cassé et ainsi échapper au massacre. Une plaque apposée sur le mur invite les visiteurs au souvenir.

Modeste par ses dimensions, ses parties les plus anciennes datent du XIIe siècle. C'est de cette époque que date le chœur, qui conserve sa voûte romane, en berceau brisé. La nef et ses chapelles latérales sont refaites au XVe siècle, et couvertes de croisées d'ogives (disparues dans l'incendie de l'église, mais dont on voit encore le départ). Les guerres de religion conduisent à fortifier l'édifice, dont le clocher, qui se voit doté de deux tours d'angles en forme d'échauguettes.

Au XIXe siècle, l'église connaît plusieurs campagnes de restauration : le pavage et les voûtes sont refaits en 1838, de même que la charpente du clocher. De nouveaux vitraux sont mis en place à cette même époque. L'édifice est de nouveau réparé de 1860 à 1864 : la toiture est couverte de nouvelles tuiles creuses et la flèche du clocher (et des deux tours d'angles) est refaite en ardoise[18].

Une statue de saint Victurnien, autrefois conservée dans l'église, a été retrouvée après l'incendie. Datée du XVe siècle, cette œuvre mutilée (nez, mains et pieds ont disparu, et la statue a souffert des flammes) est classée au titre d'objet par les monuments historiques[19].

Nouvelle église Saint-Martin

La nouvelle église est édifiée à quelques centaines de mètres du village martyr. Dessinée par l'architecte Paul Villemain, elle sort de terre à partir de 1952 et est achevée en un peu plus d'un an (bénédiction des cloches le 12 juillet 1953). Cette construction au style un peu académique reste modeste par ses dimensions et par son vocabulaire architectural. Basée sur un plan en croix grecque, elle est inondée de lumière par une série de trois murs-rideaux comportant de fines baies rectangulaires, ornées de vitraux modernistes de Francis et Pierre Chigot (sur le dessin de Pierre Parot).

La façade est une interprétation libre des canons antiques. Le portail, qui s'inscrit dans une immense arcade rectangulaire, abrite des fresques relatant la vie de saint Martin, œuvre de l'artiste Burkhalter. Un dossier portant sur une éventuelle inscription ou un classement aux monuments historiques est en cours d'étude[20].

Jouxtant l'église (côté est) une statue d'Apel·les Fenosa est dédiée aux martyrs d'Oradour.

Philatélie

Un timbre postal avec surtaxe, au profit de l'Entraide française, commémorant l'anniversaire de la destruction d'Oradour sur Glane, d'une valeur de 4 + 2 francs, gris, représentant l'église en feu avec 2 SS en armes, a été émis le 13 octobre 1945[21]. Il a fait l'objet d'une vente anticipée à Oradour le 13 octobre 1945. Il porte le n° YT 742[22].

Dans les médias

Notes et références

  1. Habitants.fr, Site des habitants des communes françaises
  2. Les armoiries de la commune sur blason-des-villes.e-monsite.com. Consulté le 18 avril 2011.
  3. a, b et c Comprendre Oradour
  4. Association Nationale des Familles des Martyrs d'Oradour-sur-Glane
  5. Les maires de la commune. Consulté le 18 avril 2011 .
  6. Site officiel de la préfecture de Haute-Vienne - liste des maires (doc pdf)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 9 septembre 2010
  8. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 9 septembre 2010
  9. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 9 septembre 2010
  10. Évolution et structure de la population à Oradour-sur-Glane en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 9 septembre 2010
  11. Résultats du recensement de la population de la Haute-Vienne en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 9 septembre 2010
  12. Oradour-sur-Glane, village martyr, centre de la mémoire
  13. Bilan touristique 2007 - Comité départemental du tourisme
  14. a et b Notice no PA00100409, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  15. Le patrimoine d'Oradour-sur-Glane
  16. Limousin, encyclopédie Bonneton, p.208
  17. Notice no PA00135408, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  18. Oradour souviens-toi : Le village jusqu'en 1944
  19. Notice no PM87000318, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  20. L'église d'Oradour-sur-Glane
  21. Le timbre
  22. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1

Voir aussi

Galerie photos de l'ancien village

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Articles connexes

Bibliographie

  • Guy Pauchou et Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane vision d'épouvante, éd. Charles-Lavauzelle & Cie
  • Robin Mackness, "Oradour, l'or des SS", éd. Alpen Publishers, Genève. Première Publication en 1988 sous le titre "Oradour, massacre and aftermath".
  • Alain Lercher, Les Fantômes d'Oradour, Lagrasse, Verdier, 1994.
  • Guy Patton and Robin Mackness, "Web of Gold, the secret power of a sacred treasure", Sidgwick & Jackson, London, 2000.
  • Roger-René Dagobert, "Les fantômes du Panthéon", publication du Cercle Général Dagobert, Nantes, 2000.
  • Brigitte et Gilles Delluc, "Jean Filliol, du Périgord à la Cagoule, de la Milice à Oradour", édit. Pilote 24, Périgueux, 2006.
  • Sarah Farmer, Oradour, 10 juin 1944 : arrêt sur mémoire, Paris, Perrin, 2007.
  • Jean-Jacques Fouché, Oradour, Éditions Liana Lévi, 2001.
  • Jean-Jacques Fouché, "Les vestiges d'Oradour monument historique", in Yannick Beaubatie (dir.), Empreintes, Tulle, Mille Sources, 2004, p. 511-526.
  • Jean-Jacques Fouché, Oradour. La politique et la justice, Éditions Lucien Souny, 2004.
  • André Besson, Oradour-sur-Glane", poème, 1944.

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