Olivenza


Olivenza
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Olivenza
CAstillo.JPG

Drapeau
Blason
Drapeau Blason

Carte
Données générales
Statut Municipio
Pays Drapeau d'Espagne Espagne
Communauté autonome Estrémadure Estrémadure
Province Province de Badajoz Province de Badajoz
Comarque Llanos de Olivenza
District judic. Olivenza
Code postal 06100
Gentilé Oliventino, a
Fondation 1230
Données géographiques
Coordonnées 38° 41′ 04″ N 7° 06′ 00″ W / 38.68448, -7.09996538° 41′ 04″ Nord
       7° 06′ 00″ Ouest
/ 38.68448, -7.099965
  
Superficie 430.95 km2
Altitude moy. 269 m
Distance(s) Olivenza est à 428 km de Madrid.
Population (INE)
 - total :
 - densité :
 - année :

11 814 hab.
428 hab./km2
2008
Politique
Maire
 - parti
 - mandat
Ramón Rocha Maqueda
PSOE
2007-2011
Site web (es)Conseil municipal Olivenza

Olivenza en espagnol ou Olivença en portugais est une municipalité espagnole de la province de Badajoz, communauté autonome d’Estrémadure. Le Portugal ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur ce territoire, même si ses réclamations à ce sujet ne sont pas très actives.

Le canton d’Olivenza est situé à l’est du fleuve Guadiana, à 24 km au sud de Badajoz. Il a une forme triangulaire, dont l'un des côtés longe le cours d'eau, qui forme la frontière avec le Portugal. La commune est entourée des villes de Badajoz, Valverde de Leganés, Barcarrota, Higuera de Vargas, Alconchel, Táliga et de la frontière portugaise. Le Portugal ne reconnaît pas officiellement la frontière commune dans ce secteur, 100 bornes-frontière n’y ont pas encore été placées[1].

Sommaire

Géographie

Olivenza est une municipalité qui possède une superficie de 430,1 km2. Elle est située dans la province de Badajoz, en Estrémadure. Pour le Portugal, la municipalité est située dans la région de l’Alentejo, plus précisément dans le district d'Évora[2].

La municipalité est située, sur la rive gauche du fleuve Guadiana, à environ 20 kilomètres de la ville d’Elvas. Le territoire d’Olivenza a une configuration triangulaire, avec ses deux sommets sur le fleuve Guadiana et le troisième saillant au Sud-est, en Espagne[3].

La municipalité d’Olivenza inclut non seulement la ville éponyme, mais également six villages dont deux de peuplement récent - San Francisco et San Rafael - et 4 sont villages historiques Villarreal, Santo Domingo de Guzmán, San Benito de la Contienda et San Jorge de Alor[4]. Táliga a également appartenu à la municipalité et est devenue en 1850 une commune à part entière.

La population d’Olivenza était de 11 814 habitants en 2008 (INE), soit une densité de 428 habitants par km2.[réf. souhaitée]

Démographie

Répartition de la population par pedanía (2008)[5]

Pedanía Population
Olivenza 9 869
San Francisco de Olivenza 485
San Rafael de Olivenza 276
Villarreal 81
Santo Domingo de Guzmán 19
San Benito de la Contienda 583
San Jorge de Alor 507
Population totale 11 814

Évolution de la population d’Olivenza de 1991 à 2008[6].

Évolution démographique
1991 1996 1998 1999 2000 2001 2004 2005 2006 2007 2008
10 176 10 499 10 558 10 585 10 709 10 739 11 196 11 389 11 512 11 652 11 814

Statut juridique

Ruelle de San Jorge de Alor

Olivenza est une municipalité espagnole. Le Portugal ne reconnaît pas la souveraineté de ce dernier pays sur ce territoire : sa Constitution, dans son article 5, alinéa 3, rend impossible la reconnaissance de cette souveraineté espagnole.

Article IV du traité de Cadix de 1810 [réf. nécessaire]:

« De manière à effacer totalement des mémoires les funestes déconvenues entre les deux monarchies contre leurs propres intérêts, le gouvernement espagnol consent à rendre la ville d’Olivença, son territoire et ses dépendances, de façon à ce qu’ils soient réunis à nouveau et perpétuellement à la couronne portugaise. »

Article 105 du traité de Vienne de 1815 :

« Les Puissances, reconnaissant la justice des réclamations formées par S. A. R. le prince régent de Portugal et du Brésil, sur la ville d’Olivenza et les autres territoires cédés à Espagne par le traité de Badajoz de 1801, et envisageant la restitution de ces objets, comme une des mesures propres à assurer entre les deux royaumes de la péninsule, cette bonne harmonie complète et stable dont la conservation dans toutes les parties de l’Europe a été le but constant de leurs arrangements, s’engagent formellement à employer dans les voies de conciliation leurs efforts les plus efficaces, afin que la rétrocession desdits territoires en faveur du Portugal soit effectuée ; et les puissances reconnaissent, autant qu’il dépend de chacune d’elles, que cet arrangement doit avoir lieu au plus tôt. »

Histoire

Depuis 1986, le processus d’intégration dans l’Union européenne à laquelle appartiennent les deux pays, a relégué ce vieux différend territorial au rang d’anecdote dans les relations bilatérales[7],[8].

Héraldique et drapeau

Armes d'Olivenza

Les armes d'Olivenza se blasonnent ainsi : (es) De gules, una torre detrás de un lienzo de muralla, todo de oro; de entre ambos sale un olivo verde que queda resaltado de la torre, timbrado con la Corona Real española. Al timbre, Corona Real cerrada., blasonnement approuvé par la Junte d'Estrémadure, le 3 octobre 2000, et publié dans le Diario Oficial de Extremadura du 24 octobre 2000, n° 123, pages 10412-10413.

La ville possède également son propre drapeau reprenant en son centre les armoiries de la ville.

Olivenza dans le royaume de León

L’origine d’Olivenza remonte à la conquête définitive de Badajoz par le dernier roi de León, Alphonse IX, au printemps de l’année 1230. En récompense à la participation des Templiers à cette campagne, Alphonse IX leur accorde les enclaves de Burguillos et d’Alconchel.

En 1256, l’Ordre y crée l’encomienda d’Olivenza, qui n’est alors qu’un ensemble de champs, de cabanes et de quelques maisons construites à proximité d’une source généreuse. Sous le règne d’Alphonse X le Sage, l’Ordre du Temple est expulsé d’Olivenza et doit abandonner ses terres à la municipalité et à l’évêché de Badajoz[7].

Cession au Portugal

Le pont d'Olivenza.

Plus tard, sous la régence de María de Molina sur le trône de Castille, Denis Ier de Portugal profite de la faiblesse de ce royaume pour signer le traité d'Alcañices de 1297, qui comprend le transfert de la souveraineté de la ville au Portugal[9].

Olivenza renforce par la suite progressivement ses défenses. En 1298, Denis Ier accorde une charte forale à la cité, l’élevant au rang de ville, et fait construire les premiers remparts. En 1488, le roi Jean II commande l’érection de la Tour de l’Hommage, la plus élevée du royaume. En 1510, le roi Manuel Ier encourage la construction du pont fortifié d’Ajuda sur le Guadiana pour assurer la mobilité des troupes sur la rive gauche, permettant de relier Olivenza et Elvas. Cet ouvrage militaire majeur mesure de 380 mètres de long pour cinq de large, comprend dix-neuf arches et une tour de défense de trois étages en son milieu[7].

Après la paix connue sous l’Union ibérique, Olivenza renoue avec une période conflictuelle dans le cadre de la guerre de Restauration portugaise de 1640. Conquise en 1657 par le duc de Saint-Germain, après quatre tentatives infructueuses, Olivenza revient au Portugal avec la signature du traité de Lisbonne de 1668, qui reconnaît officiellement l’indépendance de ce royaume.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le Portugal redéfinit sa politique militaire contre l’Espagne vers un aspect purement défensif. Ce changement d’orientation a des conséquences importantes pour la ville-frontière Olivenza, que des stratèges recommandent d'abandonner, au motif :

  • de l’importance du coût de l’artillerie lourde, des munitions, des équipements et des hommes nécessaires à neuf bastions (en comparaison, la ville de Badajoz n’en compte que huit) ;
  • de l’interruption de la chaîne logistique provoquée par la destruction du pont fortifié lors de la guerre de Succession d’Espagne en 1709 ;
  • la situation critique dans laquelle se trouverait toute troupe envoyée en renfort avec une voie de retraite coupée par le courant du fleuve Guadiana[7].

Conquête espagnole d’Olivenza

En 1801, dans le cadre de l’alliance militaire franco-espagnole issue du premier traité de San Ildefonso (1796), Olivenza est conquise par l’armée espagnole lors de la guerre des Oranges et annexée officiellement le 6 juin 1801 par le traité de Badajoz[10]. Ce traité fixe le Guadiana comme frontière à cet endroit[7].

Revendications du Portugal

Olivenza, territoire portugais en 1773

Le traité de Badajoz précise entre autres que le non-respect d’un quelconque de ses articles entraînerait son annulation, ce qui est arrivé en 1807.

Le 27 octobre 1807, le traité franco-espagnol de Fontainebleau prévoit l’occupation du Portugal et sa division en trois zones : la province d’Entre Douro-e-Minho pour Charles II de Parme, roi de l’Etrurie ; la principauté de l’Algarve pour le ministre espagnol Manuel Godoy ; les provinces restantes ainsi que les territoires d’outre-mer devant faire l’objet d’un futur accord.

En novembre 1807, les forces espagnoles et françaises occupent le pays, amenant la famille royale portugaise à transférer la Cour et le gouvernement au Brésil. Avec la signature du traité de Fontainebleau et l'invasion du Portugal, l’Espagne aurait entraîné l’annulation du traité de Badajoz, annulant son droit à conserver la ville de Olivenza.

Le 1er mai 1808, le prince régent de Portugal, Dom João, publie à Rio de Janeiro un manifeste par lequel est rejeté, pour ces motifs, le traité de Badajoz. Le 30 mai 1814, le traité de Paris, dans son article 3 de la section d’amendements, déclare nuls et sans aucun effet le traité de Badajoz.

Au cours des décennies suivantes, le Portugal réclame la restitution de la ville, en particulier le 9 juin 1815, selon l’acte final du Congrès de Vienne, en son article 105, les droits portugais sur le territoire d’Olivenza sont reconnus. Le 7 mai 1817, l’Espagne signe le traité de Vienne, « reconnaissant la justice des réclamations formulées par Son Altesse Royale, le prince régent de Portugal et du Brésil, sur la ville d’Olivenza et des outres territoires cédés à l’Espagne par le traité de Badajoz de 1801 », et s’engage à réaliser « les efforts les plus efficaces à fin que puisse s’effectuer la rétrocession de ces territoires au bénéfice du Portugal ».

Cependant, en 1840, la langue portugaise est interdite dans la municipalité d’Olivenza, y compris dans les églises.

Au fil du temps, le Portugal abandonne peu à peu les protestations officielles, mais, dans l’opinion publique, des « mouvements irrédentistes » entretiennent la controverse en amplifiant la propagande sur le traditionnel fossé entre les deux pays, en tentant en vain de forcer la diplomatie portugaise à revenir sur la question de la rétrocession. Depuis, le Portugal et l’Espagne ont signé plusieurs traités et, en particulier à l’article 2 du traité d’amitié et de coopération de 1977, les deux pays « ont réaffirmé l’inviolabilité de leurs frontières et l’intégrité de leurs territoires ».

Position espagnole

Pour sa part, la position espagnole est indiquée sur le site de la Diputación Provincial de Badajoz[11].

Olivenza appartient légalement à l’Espagne en vertu de l’article III du traité de Badajoz du 6 juin 1801 qui a mis fin à la guerre des Oranges. Le traité n’a pas été annulé ou abrogé par un autre de niveau équivalent ou naturel. Il n’existe aucun fondement en droit qui détermine l’obligation à l’Espagne de rétrocéder le territoire au Portugal. Si le Portugal réclamait la possession d’Olivenza devant la Cour européenne de justice ou de la Cour internationale de justice, le cas serait considéré comme « non justiciable », car il n’est pas du ressort de la justice d’examiner le fondement moral d’événements historiques. Depuis la mort en 1840 du Duque de Palmela, le Portugal n’a ni officiellement, ni officieusement demandé à l’Espagne la propriété d’Olivenza. Tous les traités signés entre l’Espagne et le Portugal postérieurs au Congrès de Vienne ont consacré comme la première de leurs obligations le respect des frontières établies. À l’article 2 du traité d’amitié et de coopération de 1977, les parties contractantes ont réaffirmé l’inviolabilité de leurs frontières et l’intégrité de leurs territoires. L’appartenance du Portugal et de l’Espagne à l’espace politique de l’Union européenne instituée par le traité de Maastricht, avec pour conséquence l’abolition des frontières entre les pays membres, rend sans fondement le refus portugais de reconnaître formellement à Olivenza la rivière Guadiana comme frontière commune.

La rétrocession d’Olivenza est une sorte de tradition séculaire que maintient le ministère des Affaires étrangères portugais de manière passive et latente dans le cercle plus technique que politique de la « Comisión Mixta de Límites » (commission mixte des frontières). Mythe historiographique aux profondes racines dans l’inconscient national portugais, sur lequel se sont articulés divers mouvements irrédentistes : Sociedade Pro-Olivença (1938), Grupo dos amigos de Olivença (1944), Comité Olivença Portuguesa (1988). Bien que tous ces groupes irrédentistes manquent de poids politique et qu’ils aient échoué dans leur but principal – obliger la diplomatie portugaise à reprendre de manière active la demande de rétrocession d’Olivenza à l’Espagne – ils ont déployé un intense travail de propagande en falsifiant systématiquement l’histoire de Olivenza et en escamotant sa position géographique. L’Irrédentisme réduit l’histoire d’Olivenza à une simple chronologie dans laquelle, préalablement dépouillée de son contexte, ils incluent les faits et les textes à l’appui de leur thèse. Ceux qui les contredisent sont tout simplement ignorées[11].

Monuments

Monuments religieux

Intérieur de l’église de Marie-Madeleine
  • Églises de sainte Marie-Madeleine et de sainte Marie du Château
  • Citadelle médiévale
  • Façades des maisons consistoriales
  • Santa Casa de Misericordia
  • Couvent des Clarisses (ou de saint Jean de Dieu)

Monuments civils

Les remparts d'Olivenza, dessinées par Duarte d'Armas en 1509

Jumelages

La ville de Olivenza est jumelée avec[12] :

Références

Voir aussi

Article connexe

Bibliographie

  • (es) Máximo Cajal, Ceuta, Melilla, Olivenza y Gibraltar: ¿dónde acaba España?, Siglo XXI de España, Madrid, 2003, 303 p. (ISBN 978-84-323-1138-3)
  • (fr) Jean-Baptiste Hippolyte Lamare, Relation des sièges et défenses d'Olivença, de Badajoz et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812 : par les troupes françaises de l'armée du Midi en Espagne, Anselin et Pochard, Paris, 1825, 263 p.
  • (pt) Ventura Ledesma Abrantes, O Património da Sereníssima casa de Bragança em Olivença, Editorial Império Lda, Lisbonne, 1953, 553 p.
  • (pt) Queirós Veloso, Como perdemos Olivença, Academia das ciências de Lisboa, Lisbonne, 1939 (2e éd.), 157 p.
  • (pt) Rui Rosado Vieira, Centros urbanos no Alentejo fronteiriço : Campo Maior, Elvas e Olivença (de inícios do século XVI a meados do século XVII), Livros Horizonte, Lisbonne, 1999, 278 p. (ISBN 978-972-24-1071-7)

Liens externes

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