Oligopole


Oligopole
Article principal : Régime du marché.

Une situation d'oligopole se rencontre lorsque sur un marché il y a un nombre très faible d'offreurs (vendeurs) et un nombre important de demandeurs (clients). On parle aussi de situation de marché oligopolistique. Il s'agit du type de marché le plus répandu[1].

Il s'agit d'une situation de marché imparfait : dans le cadre de la concurrence pure et parfaite, le profit de chaque producteur dépend de l'attitude des autres offreurs, alors que dans le cas d'un oligopole les offreurs sont indépendants, car la demande est plus forte que l'offre, ce qui assure à une entreprise la vente de ses produits, quel que soit le prix ou la qualité.

Lorsque les rendements sont constants ou croissants, les producteurs sont naturellement incités à grossir afin de réaliser des économies d'échelle, ce qui tend à la concentration, et l'équilibre d'un tel système est une situation de monopole où il ne reste plus qu'un producteur. Néanmoins, dans le but de protéger le consommateur des abus, les institutions politiques s'opposent à la constitution de monopoles. Ces marchés tendent alors désormais naturellement vers un équilibre oligopolistique.

Une fois cet équilibre atteint, les producteurs peuvent se livrer une concurrence féroce (cas d'Intel et AMD sur le marché des microprocesseurs), mais peuvent aussi s'entendre de manière plus ou moins formelle et constituer un cartel. De même qu'elles interdisent l'abus de position dominante, les institutions politiques s'opposent aux ententes abusives. Par exemple en France, il existe trois sociétés (offreurs) qui proposent des services de téléphonie mobile à des millions de demandeurs (clients). La concurrence devenant quasi-inexistante entre les opérateurs, l'État français est intervenu afin d'obliger les offreurs à réviser le coût des SMS (Short Message Service) qui étaient facturés six à huit fois leur prix de revient[réf. nécessaire]. (NB: le marché des opérateurs télécoms a été ouvert à la concurrence récemment).

Le cas d'oligopole le plus simple est un duopole, où il y a deux producteurs.

Certains secteurs d'activité sont des secteurs « naturellement oligopolistiques » : les rendements d'échelle sont tellement grands qu'il est plus rentable pour l'économie que le nombre d'acteurs soit limité (voir aussi monopole naturel).

Sommaire

Exemples

Aucun duopole ou oligopole n'est parfait, mais quelques cas de figure s'y apparentent en 2008, dont :

  • Quasi-duopole : Intel et AMD, qui équipent à eux deux la plus grande partie des ordinateurs personnels ; Christie's et Sotheby's, qui se partagent la quasi totalité du marché des ventes aux enchères d'art de prestige dans le monde.
  • Quasi-oligopole : les 4 fournisseurs principaux de télécommunication mobile aux États-Unis : AT&T, Sprint, T-Mobile et Verizon, accusés le 26 décembre 2008 par le New York Times de ne pas se livrer à une concurrence très acharnée sur les prix des SMS[2].

Notes et références

  1. Marchés oligopolistiques : les boissons, les systèmes informatiques, les céreales, l'essence, la téléphonie mobile etc.
  2. http://www.nytimes.com/2008/12/28/business/28digi.html?_r=1

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • (en) Microeconomics by Elmer G. Wiens: Online Interactive Models of Oligopoly, Differentiated Oligopoly, and Monopolistic Competition
  • (fr) Concurrence oligopolistique - CERNA, Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris

Bibliographie

  • Morgenstern O., « Oligopoly, Monopolistic Competition and the Theory of Games », American Economic Review, mai 1948
  • Stigler G., « A Theory of Oligopoly », Journal of Political Economy, n° 72, 1964



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